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II. Mouvement du suc nourricier dans les végétaux

Il est peu d'objets en botanique sur lesquels on ait tant discuté que sur le mouvement du suc nourricier des végétaux. Les botanistes ne tardèrent point à s'accorder sur un point , celui que la sève pompée par les racines parvient dans les feuilles, et que là elle acquiert, sous l'influence de la lumière , de la chaleur et de l'air , les qualités nécessaires pour servir à la nutrition. Mais la question de savoir s'il existe un courant rétrograde des feuilles vers les diverses parties , et dans quels organes il a lieu, n'est point encore résolu. Grew etjlalpighi , les fondateurs de la physiologie végétale, se fiant à l'analogie des plantes avec les animaux , ont conjecturé qu'il existe chez elles un mouvement du suc nourricier semblable à la circulation du sang. Malpighi pensait que la sève montée dans les feuilles est assimilée par l'évaporation de ses parties aqueuses, et qu'elle revient ensuite par des vaisseaux particuliers , qui la conduisent aux divers organes des végétaux, à l'accroissement desquels elle sert. Major, Perrault, Parent, Mariette, Delabaisse, Duhamel, Van Marum, Carradori et autres se prononcèrent en faveur de l'hypothèse d'une circulation dans les plantes. D'autres physiologistes, d'une autorité non moins grande , Dodart, Magnol, Haies , Duclos, Bonnet, etc., rejetèrent cette idée, et n'admirent qu'une fluctuation ascendante et descendante du suc dans les mêmes vaisseaux.

Dans ces derniers temps, Knight a soutenu avec force l'idée d'un courant du suc végétal des feuilles vers les parties. D'après son opinion, qui repose sur des expériences, la sève qui monte dans les feuilles, à travers le jeune bois des arbres , devient , par l'évaporation de ses parties aqueuses, plus riche en matériaux combustibles, et coule ensuite, au moyen de vaisseaux particuliers des pétioles, dans la couche interne de l'écorce et dans l'aubier. De là elle est répartie dans le tronc et dans la racine, où elle sert à l'accroissement. Une partie du suc nourricier s'amasse dans l'aubier vers la fin de l'été, et contribue, avec la sève qui monte, au printemps, des racines , à former les nouvelles feuilles et fleurs. Knight rapporte les expériences suivantes à l'appui de son opinion. Si l'on applique sur un jeune arbre une ligature qui pénètre dans l'écorce, l'arbre croît davantage au-dessus du lien qu'au-dessous. Le même effet a lieu quand on pratique deux incisions circulaires autour du tronc , et qu'on enlève la portion d'écorce qu'elles interceptent. Knight a montré , en outre, que les racines, comme l'ont observé aussi d'autres physiciens, notamraentDuhamcl, croissent en longueur parleurs ramifications les plus déliées, ce qui suppose la descente de la sève. Ces expériences et beaucoup d'autres l'ont déterminé à admettre le retour de la sève des feuilles au tronc.

tnb. 2, fig. 4 , celui Je l'aslérie lab. 8, et celui de Toursin lab. 10, fig. 2-;j.

Bell et autres ont cherché également à pronv^r mouvement rétrograde du suc végétal

Avec le secours du microscope on observe •>. mouvement du suc nourricier dans les plantes il parties transparentes des confcrves laissent iu^ cevoir des grains ou globules verts , qui se œen vent , ainsi que l'ont vu Ingenhouss , Vaucher G rod-Chantras et L.-C. Treviranus. B. Corti a j premier reconnu , dans une plante aquatique (pm bablement le caulinia fragilis, Willd.) , un liquid \ contenant des globules et produisant des courani

réguliers, ascendants et descendants. Ce liquide i mouvait dans les internœuds séparés par desclo sons, où il paraissait renfermé dans des vaifseaux i d'un côté il montait jusqu'au nœud ou renfleraen puis là se courbait'sur lui-même, et descendait < l'autre côté, pour ensuite remonter. Corti asim avoir remarqué des mouvements semblables dsi plusieurs autres plantes aquatiques et terregfrei dans le cresson de fontaine , dans les feuilles de sagittaire , et dans diverses cucurbilacées. Fon», a confirmé les observations qu'il avait recneiUii L.-C. Treviranus , a vu également dans les u

les des internœuds des charagnes ( chara ,

vulgaris et htspida ) , le mouvement circulaire, cendant et descendant, d'un liquide qui conlii des grains verts. Un mouvement pareil du suc gétal a été vu , non-seulement dans les cliaragn par Gozzi (1), Amici , Schultz , Kaiilfuss G.-G. Bischoff (2) , mais encore dans les cauliiti par Amici, dans les nitelles par Agardh, et da les cellules du vallisneria et de Vhydrocharis ft Meyen. La chaleur accélère ce mouvement; l froid le ralentit , et finit par l'arrêter toul-à-fî l Les liqueurs acides dont l'action s'exerce sur : i plantes, le suspendent aussi. Quand l'accroissenK du végétal marche bien , le suc se meut avec pl de rapidité. On n'a point encore observé qu'il p vînt des racines dans les internœuds , ni qu'il bi( tât d'un internœud dans l'autre , à travers la cl Ç son. Probablement il n'y a que la partie la plus i i^q liée de ce suc qui traverse les cloisons transver t< les , et c'est seulement dans les intervalles de c|< les-ci qu'elle prend la forme de globules. | '

Schulz (3) a reconnu l'existence du raonvem du suc nourricier dans les plantes d'organisal j.i plus compliquée, ou les plantes vasculaires pro{ J^, ment dites, en particulier dans la grande chélidoi . ^ le rhus typhinum , l'angélique , le figuier, le i & rier , etc. Il résulte de ses observations miscros * f piques que la sève , parvenue des racines aux fc les , où elle se convertit en suc nourricier par'

dit M

(1) Giornale difisica , 1819, t. 1, p. 1^19. Il observé que Tascension et la descente du suc p( dans chaque (lartin, après la ligature des inleniœiid»

(2) Die Char en vnd Equisclen. Nuremberg» 1 p. 17. — Bischoff a eu la complaisance de me monl mouvement du suc dans le Chara htspida.

(3) Uchcr dc.ti Krcislavf drs Saffs im Schtei vnd in mchrcrcn andcvn Pfliinscn. Berlin, 1812, «Jj ri'achtraegp ucber die Cirhvhition des Sa fis in denl" zen. Berlin, 182i.— Die N'niur der lehcndigen Pm t. I, p. 557 — Schultz m'a fait voir , ainsi q"'».*''' dolle , le mouvement du suc végétal dans les fe""' figuier.

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

1 de l'air , passe dans les vaisseaux de la nutri- 1 , au moyen d'anastomoses nombreuses que ilienuent les réseaux les plus déliés des feuilles, iiu'ensuile elle est conduite , à travers le pétiole, is l'écorce des rameaux, des branches et du ne. Les \aisseaux s'anastomosent fréquemment is l'écorce, et se répandent dans le liber, l'aur et le bois , comme aussi dans les racines , par- ; auxquelles ils amènent le liquide nourricier prement dit, pour servir à l'accroissement, ulz prôlend qu'une fois parti des feuilles, le suc est plus ramené. Savi dit avoir observé un raoujent semblable du suc végétal. Meyen l'a vu si dans les musa , zea , canna , maranta , arum , a, campanula, papaver,chelidonium, rhus, ficus mires plantes.

>i ces observations sont exactes, il en résulte rique, chez les plantes, un mouvement du suc Tectue , à travers le végétal entier , dans des iseaux de différentes sortes, et en deux sens opés , des racines aux feuilles , et de celles-ci aux srses parties de la plante. Cependant les deux tes de vaisseaux ne sont pas tellement unies enible , que le suc végétal, comme le sang des anijx , se meuve dans des carrières circulairement ies. Le système vasculaire des plantes diffère ore de celui des animaux , en ce qu'il n'existe lui aucun tronc vasculaire, aucun organe chargé complir le mouvement du liquide, un cœur ou Ique chose qui en tienne lieu. En outre, chez lupart des animaux, il y a des courants doubles sang, dans des artères et des veines, à travers organes respiratoires et le corps entier, elles les ramifiés des artères et des veines se réunist en cercles fermés, puisqu'ils sont joints enible tant par les plusdéliés d'entre les vaisseaux, par les troncs eux-mêmes, dernière communion qui a lieu presque toujours par le moyen cavités du cœur. Dans les végétaux , au coni e, on ne rencontre que des courants du suc dans ramifications vasculaires très-nombreuses, anajes aux vaisseaux capillaires des animaux, et s troncs qui dégénèrent les uns dans les autres, vaisseaux qui conduisent le suc des racines aux illcs, par le tronc, et de là aux parties, sont s ensemble, dans les feuilles , par des anaslo' ses , mais ne forment pas de carrières circulaiproprement dites et closes de toutes parts. Par iséquent aussi les parties et les tissus qui entrent s la composition d'une plante sont moins étroilent enchaînés par le système vasculaire et le uveraent du suc, et moins concentrés en un seul l organique, qu'on ne le voit chez les animaux, it les parties sont pins intimement unies par la inexion des troncs vasculaires avec les cœurs cialemcnt chargés d'entretenir le mouvement sang, et dont rcxistcnce parait tenir aux maiiilations d'action de cet organe. C'est sans doute en lie de cela qu'il dépend que le caractère de l'inisibilité organique soit plus saillant dans les aniiiv que dans les plantes. Tandis que, chez les maux pourvus d'un système vasculaire sanguin uplet et d'un cœur , les parties séparées de leur ps meurent, parce que le mouvement du sang, est la condition de leur vie, se trouve supprimé

en elles , des parties arrachées d'une plante peuvent continuer à vivre , parce que le moi^vement du suc qui préside à leur nutrition n'est point aussi concentré, et nedépend pas d'un organe central, comme chez les animaux.

Le suc que les vaisseaux nourriciers ramènent des feuilles et conduisent aux parties, paraît différer par ses propriétés de la sève qui monte des racines aux feuilles. II représente le suc propre attribué aux plantes par Malpighi, qui le comparait au sang des animaux, et le regardait comme le liquide nourricier proprement dit des plantes. La plupart des physiciens , et tout récemment encore L.-C. Treviranus , ont vu en lui un liquide sécrétoire versé dans des aréoles particulières du tissu cellulaire. G.-R. Treviranus a donné le nom de suc plastique des végétaux au liquide spécial qui diffère des autres humeurs végétales par sa couleur et sa consistance. Schulz le distingue également des sucs sécrétés dans certains espaces, et lui donne le nom de suc vital , parce qu'étant employé à la nutrition des plantes , il entrelient par là leur vie. Ce suc serait donc comparable au sang artériel qui revient des tfrganes respiratoires des animaux pour aller gagner les diverses parties du corps ; et, de même que lui , il paraît, en raison de son assimilation complète , être destiné à la nutrition et à l'accroisseraent des plantes.

Le liquide nutritif ou le suc plastique diffère de la sève qui monte aux feuilles, et qui est presque toujours limpide , en ce qu'il a une couleur différente , avec plus de consistance et de pesanteur spécifique , contient des globules , et jouit de la coagulabilité à un plus haut degré. Du reste, il offre un grand nombre de différences dans les divers familles, genres et espèces de végétaux. Quanta ce qui concerne la couleur, il est blanc ou laiteux dans les asclépiadées, les euphorbiacées, les campanulacées ( campanula , lobelia , phyteuma ) , les chicoracées (lactuca, scorzonera, leontodon, cichorium, etc.), dans les genres r/ius, morus, ficus, papavor, carica, galactodendrum , etc. ; jaune à différents degrés dans les genres chclidonium, œnanthe, aloe, ornithogalum, etc. ; rouge dans les sanguinaria, bocconia, etc. Relativement à sa composition et aux éléments qui y prédominent , il offre aussi beaucoup de différences. Il est riche en sucre dans la canne à sucre, le maïs, la carotte, la betterave ; il contient beaucoup de mucus végétal dans les malvacées; on y trouve une grande quantité d'albumine végétale dans les carica, hevœa caoutchouc, galactodendrum trichotomum,jalropha elastica,elc. Celui du chêne et du sumac renferme du tannin; celui des conifères, des substances résineuses, balsamiques et térébenihinacées. C'est aussi dans ce suc que paraissent être contenus les principes narcotiques el acres appartenant à divers végétaux, de même que les alcalis végétaux ou bases salifiables végétales.

Le suc nourricier diffère principalement de la sève par la présence de globules. Fonlana a vu ^ ces globules, avec le secours du microscope, dr.ns le suc laiteux du rhus toxicodondron, et il les comparait à ceux du sang. Rafu a reconnu des globules dans le suc des euphorbes , du bananier , de la

AU

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE

grande chëlidoînc , du potentilla anserina , etc. G.-R. Tioviraiius a conslald leur cxislenco dans celui des rhus cotimis et vinca major. Schulz les a observés dans le suc do la cbélidoine et d'aulres plantes. L.-C. Treviranus a remarqué la structure grenue du suc des chelidonium, leontodon, bocconia.fruiescens, lobelia longiflora.rhus typliinum,(i\.c. Il est probable que ces globules sont composés do grains de fécule.

Si les physiologistes sont partagés d'opinion relativement au mouvement du suc végélal et aux es- })aces dans lesquels il a lie» , ils le sont bien davantage encore sur les causes et les forces d'où il dépend. Malgré les observations et les expériences faites par des hommes de mérite, ces causes ne sont point encore connues. On a émis diverses conjectures par rapport à elles. Quelques botanistes font mouvoir le suc par l'atlraclion capillaire des vaisseaux. D'autres attribuent à ces derniers une contractilité vitale, et même une irritabilité , qui les rend susceptibles de contractions et d'expansions alternatives. D'aulres encore cherchent la cause du mouvement du suc datis le suc lui-même et dans sa propriété de se mouvoir, par une force à lui propre, sous l'influence d'excitations du dehors. Soumettons ces diverses opinions à un rapide examen.

La plupart des anciens physiciens , Grew , Mariette, Delahire, Tournefort et autres, qui faisaient dépendre l'absorption des liquides de l'allraction capillaire exercée parles racines, regardaient également la capillarité des vaisseaux comme la cause motrice du suc. Quoiqu'on ne puisse disconvenir que les vaisseaux qui contiennent le suc des plantes paraissent, en vertu de leur structure analogue à celle des tubes capillaires, être propres à élever ce suc jusqu'à une certaine hauteur, puisque même les parties végétales mortes exercent une attraction sur les liquides, les admettent et les font cheminer en elles, cependant l'attraction capillaire n'explique pas d'une manière satisfaisante l'ascension et le mouvement du suc. Yan Marura a démontré par des calculs que le suc ne peut monter que jusqu'à une hauteur de huit pouces en vertu de la seule capillarité. Les expériences de Haies (1), Walker (2) et autres ont prouvé aussi que son mouvement s'opère, au printemps, avec trop de vélocité et de force pour qu'on puisse le regarder comme un simple effet de l'attraction capillaire, ainsi que Enight en a fait judicieusement la remarque. D'ailleurs il n'est pas facile de concilier avec la capillarité l'influence de la lumière , de la chaleur et d'autres excitations extérieures, qui accélèrent le mouvement du suc végélal. Enfin , d'après la théorie que Laplace a donnée de ce phénomène, le suc qui monte dans les plantes ne devrait point s'écouler par une ouverture -faite aux vaisseaux , ce qui arrive néan-

(1) Végétal. Staiik. Y. l, p. 105, — Haies a trouvé que la force de la sève ascendante dans un pii d de vigne coupé au printemps faisait équilibre à une colonne de mercure de trente-trois pouces de hauteur.

(2) Trans. of tho Edinlurg socielj, t. I, p. 7. — Le mouvement du suc dan» les jeunes plantes est bien plus rapide que dans les végétaux àfjés.

moins. Ces molifs nons obligent à rejeter la Ihéorie qui explique le mouvement du suc végélal par l'ai traction capillaire.

Des physiologistes modernes, Saussure, \Uyxa mansel Coulon , Decandolle , Carradori et autres" cherchent la cause du mouvement du suc végétai dans une faculté contractile vivante, inhérenleam parois des vaisseaux, et analogue à l'irrilabiliié musculaire, sinon même identique avec elle. Le suc absorbé par les racines excite, suivant eux.lei vaisseaux àse conlracler, ce qui le pousse en avant Brugmans et Coulon allèguent en faveur de cette théorie des expériences relatives à l'action que leg substances astringentes exercent sur les véj^élaui blessés. Us prétendent que l'écoulement du suce»3 supprimé par l'application d'une solution de viirioj martial ou d'alun sur une plaie faite à une plante, par exemple à une euphorbe, ce qui semble arino ' cer une conslriction opérée dans celle deriiièreJ Cependant van'Marum , Liuk et L.-C. Treviranus] en répétant l'expérience, n'ont point observé cel effet de la part des substances astringentes. Garni dori dit avoir remarqué un haut degré d'irrilabilili dans la laitue commune, à l'époque de sa floraison. Il lui sufQsait de toucher légèrement avec le doigl les petites feuilles tombantes éparsesle longdeJ tige , ou les calices , pour voir un suc laiteux sainl 1er, par suite de lirritalion, des points qui avaienj éprouvé le contact. L.-C. Treviranus, qui a obser?| un phénomène semblable sur le calice des lailuesj des laitrons, etc., attribue aussi aux réservoirsdl suc laiteux l'irrilabiliié, qui est plus prononc dans les parties jeunes que dans celles avancéeseJ âge, qui se manifeste davantage au chaud qaU froid , et qui est mise en jeu par le contact , la dJ chirure partielle et autres stimulations analogues.)

11 est très-vraisemblable que les parois des esp4 ces dans lesquels le suc se trouve contenu, conco rent , comme chez les animaux , au mouvementt ce liquide, quoiqu'on n'aperçoive jamais dans vaisseaux, même à l'aide du microscope , de coij tractions comparables à celles des muscles vivan D'ailleurs la disposition et la nature des vaissea conl«nus dans le bois et dans l'écorcene paraisseij pas permettre les mêmes expansion et conlractioji que dans les muscles doués de la vie. Si les vaisseau! des plantes sont réellement doués d'une facullécoiT traclile vivante , celle-ci n'est probablement anil loguequ'à la contractililé organique ou à la tonicilf qui , dans le tissu cellulaire , les parois des artère! des veines et des lymphatiques , ainsi que dansdj verses membranes des animaux, se manifeste, « certaines circonstances, par une faible contraction sans cependant être identique avec l'irritabiHI musculaire. On peut, d'après la judicieuse remai que de Van Marum, alléguer, en faveur d'uneU cul lé contractile vivante dévolue aux vaisseaux da plantes, l'écoulement abondant du suc laileux M la partie supérieure d'une tige d'euphorbe, of d'une feuille , soit de figuier, soit de miirier, qu'oj tient dans une situation verticale, après l'avoircfl pée en travers. Si les vaisseaux conservaient le raéroj diamètre qu'ils avaient auparavant, on ne voit M pourquoi le suc sortirait. Cet écoulement a de M nalogie avec la sortie de la lymphe à travers un

GÏKÉRAIE ET COMPARÉE.

lire faite h un "vaisseau lymphatique , ou à celle sang par une plaie pratiquée à une ■veine, quand iverture se trouve tournée en haut et que les 11iles coulent contre leur propre poids, -es physiologistes qui cherchent la cause du uvemenl dusuc végélaldanscedernierlui-raênie, lettent l'influence sur lui d'agents extérieurs qui brcent à monter des racines, ou lui attribuent >, motililé propre. Les premiers , au nombre des- ■Is se rangent Malpigiii , el en partie aussi Grew, ahire, Linné, Haies, Bonnet, Dupelilhouars et es , pensent que le suc, absorbé en verlu de raclion capillaire, est dilaté ou même vaporisé la chaleur extérieure qui agit sur les plantes , (u'i! monte aux feuilles par suite de celte expan- 1. Muslel, prétend que les "vaisseaux se distenl par la chaleur , et que le suc se précipite dans ide qui résulte de là. En supposant que le moujeut ascensionnel du suc, des racines aux feuil- , s'opérât réellement de cette manière, ce qui it point prou"vé , on ne peut nullement expliquer •là son mouvement descendant à partir des feuil- , ni sa distribution dans le corps des végétaux ir y servir à la nutrition.

Quelques physiologistes attribuent au suc luime , ou plutôt à ses globules , une faculté motrice re , et regardent le mouvement qu'il exécute nme une manifestation vitale de sa part. Kieltfer a soupçonné le premier l'existence d'une ce semblable dans le suc de végétaux, de même cdans le sang. G. -R. Treviranus , a observé des uvements dans le suc de quelques plantes. En (templant au microscope le suc laiteux qui s'é- •le par le sommet d'une branche de rhus cotinus de vinca major, il a vu les globules qu'il conlit exécuter des mouvements lents. Schullz , dit tir reconnu aussi , à l'aide du microscope , que le I nourricier qui s'épanche des vaisseaux d'une .ate vivante, est composé de particules offrant I mouvements qui durent souvent une minute ore après l'écoulement. Ce phénomène a donc ucoup d'analogie avec les mouvements desglo- 8 du sang qui vient de sortir des veines d'un nal vivant. Schrank(l) et L.-C. Treviranus (2) rirent cependant n'avoir point remarqué de nvements propres dans les sucs végétaux. Mais " me le microscope fait voiries globules du suc 'tal en mouvement , tant dans les interuoeuds < cbaragnes , des caulinies et des nitelles , que s les cellules des vallisnéries , par conséquent uorsdes vaisseaux, cette circonstance paraît être nrable à l'hypothèse d'un mouvement apparteten propre à ces mêmes globules. Ceux-ci cou- •l aussi en divers sens , par les vaisseaux anasto- •liques, dans les pétioles des feuilles, sans que

)l) Landshut'sche Nelensiundèn sur Erweiterung Natur y eschichtc Lanilshui, 1802, cah. I, p. 75. 11 a» TU «e mouvoir le» corps qui existent dans le suc ^chelidonivm majvs , glaucium, iragopogon picroïdcs *kua iijphinuin.

'i) Zeitschrifl fuer Physiologie , t. II, p. 147. — 11 pas TU de mouvement dans le suc luiteux des Icontodon ixacvvi ^ rhua lijphiuwn , chclidonium majus , loa lonijiflora , cuphorbia ccspiiosu ot aulrcs.

jusqu'ici aucun observateur soit parvenu à voir des contractions dans les vaisseaux.

Que le mouvement du suc dans les végétaux dépende d'une faculté motrice propre et inhérente à ce suc, qu'il résulte de la contraction vivante des parois vasculaires doués d'une faculté analogue ou semblable, soit à la tonicité, soit à l'irritabilité musculaire, ou que peut-être il soit l'effet de ces deux causes réunies, on ne saurait méconnaître que la chaleur, la lumière, l'électricité et autres excitations du dehors exercent une grande influence sur lui. Duhamel a vu la sève couler fort abondamment , par un temps chaud , des trous pratiqués à des arbres , sortir en moindre quantité quand l'air était frais, et ne pas couler du tout par un temps froid. Le mouvement du suc s'exécutait déjà plus lentement lorsque le ciel était couvert de nuages. Bonnet et Walker ont reconnu également celte influence des variations de la température. Haies a prouvé, par ses expériences , que la rapidité de l'ascension de la sève est en raison directe de l'évaporation , et que la chaleur , qui favorise celle-ci , accélère aussi la première. Les expériences de Van- Marum, WiUdenow , Barlon, Humboldt, Coulon, Schnurrer, G.-R. Treviranus et autres, relativement à l'influence d'excitanls divers sur les plantes, ont démontré aussi que des excitations extérieures modérées accélèrent le mouvement du suc, tandis que de trop fortes l'épuisent.

La vélocité et même la direction du conrant du suc paraissent dépendre principalement des actes de formation et d'accroissement des plantes , et des circonstances extérieures qui influent sur ces actes, en ce sens que les parties qui se forment et qui s'accroissent exercent une attraction vitale sur le SHc. Le printemps, où la température de l'air augmente, où l'action de la lumière solaire devient plus forte et plus prolongée , où le développement et le déploiement des bourgeons à feuilles el à fleurs s'opèrent, est l'époque à laquelle le suc végétal offre le mouvement le plus rapide, el se dirige le plus vers la périphérie. Ensuite il s'opère, dans les arbres et les arbrisseaux, un courant de ce même suc vers le Ironc et les racines; de nouvelles couches ligneuses et corticales se forment, ainsi que de nouvelles libres radiculaires. Au mois d'août, il survient, dans les arbres et arbrisseaux de nos climats, une seconde ascension du suc, moins "vive que la première, dès que les bourgeons à feuilles et à fleurs de l'année suivante commencent à se former, ce qui, d'aprèsles observations de Th. Saussure et de Decandolle (1) , n'est sensiblement accéléré ni ralenti par la chaleur ou le froid , l'humidité ou la sécheresse , circonstance de laquelle Decandolle conclut que les bourgeons attirent, par une force

(1) Rapport sur un Mémoire de Decandolle , intiixiléTahleuu de la nviriiion dos vôgêiav.v , par Chapial , LabiUardière elCuvier ; dans Mêvi. de l' Institut , t. Vlll , p. 68. <i L'auteur remarque que l'ascension de la sève s'eii'ectue au moment où les boutons de l'année suivante commencent à poindre, comme celle de la sève du printemps, au moment où les boutons do rannéc tendent à se développer, et qu'il semble que ces boulons , animés d'une force vilalc qui leur est propre , attirent à eux toute la sùvo cuvirunnontc, »

TRAITÉ DE PnYSIOLOGIE

qui leur est propre , le suc nécessaire à leur formation. Pendant l'hiver, le mouvement du suc paraît être lout-à-fail interrompu dans les plantes vivaces, en mémo temps que les phénomènes de formation «ont suspendus chez elles, sans qu'il résulte de là aucune atteinte portée à leur existence.

Un fait bien connu parle en faveur de la dépendance dans laquelle le mouvement du suc est de la formation et du développement des parties végéta' les. On sait qu'un cep de vigne qui passe dans une chambre échauffée pousse des feuilles et donne des fleurs, même en hiver, tandis que les bourgeons du reste de la tige exposé nu froid ne se développent pas. Il faut pour cela ({ue le suc nécessaire au développement et à l'accroissement soit attiré par les bourgeons soumis à l'inUuence de la chaleur, et mis par elle dans un redoublement d'activité. Les expériences connues sur le renversement des arbres prouvent aussi que la direction suivant laquelle le suc se meut dépend de l'influence de la lumière etde la chaleur sur les parties végétales (1). Lorsqu'on met en terre la couronne d'un jeune arbre , et qu'on expose ses racines à l'air , à la chaleur, à la lumière, les rameaux et les branches produisent des racines, tandis que les anciennes racines poussent des feuilles et des {leurs. Ici doue, le mouvement du suc s'opère dans des directions opposées et inverses, correspondantes aux influences extérieures qui déterminent la formation et le développement des parties végétales. Entin , on sait que le suc afflue abondamment aux parties des plantes que des irritations morbides provoquent à des formations anormales. C'est ainsi que nous voyons des galles survenir lorsque des espèces de cjnips déposent leurs œufs dans le parenchyme des feuilles du chêne, du rosier, du hêtre, du saule, etc. , et que des excroissances morbides se manifestent en très-peu de temps sur les points où ces dépôts ont eu lieu. Il suit de tout cela qu'il n'y a pas de circulation proprement dite dans les plantes comme chez les animaux , et que le mouvement du suc n'est point aussi régulier chez elles que chez ces derniers. Le suc formateur se porte principalement des nombreux vaisseaux nourriciers répandus dans le corps entier, et communiquant tous ensemble , \ers les parties dont l'influence d'agents extérieurs, de la lumière etde la chaleur, exalte l'activité et rend la formation plus énergique.

LE MODVEMEKT Dtl StJC NOCRUICIEÙ COMME PBOPKIÉi'K DES COBPS VIVANTS.

Un mouvement du suc préparé avec les aliments

(1) Comme le prouvent les expériences faites par Leeuweiilioek ( Arc. nat.^ vol. II , p. 2G5 ) , heal et Tongue {Pliil. Uans., no43, p. 853), Perrault [OEueres de physique , t. i, p.yC), Magnol {Mcm. de Paris, 1709, p. 36), Haies {Statique dos végétaux) , Uiiliumel {Physique des arhresy l. Il, p. 310) et autres. Cependant Kniglil {PhU. Trans. ,1804. P. I, p. 188) a observé que l'accroissement des arbres renversés en terre est beaucoup plus lent que celui des arbres qui ont conservé leur situation nalurelle. Les plantes annuelles ne peuvent être traitées ainsi sans pûrir, d'après les expériences de Link (Zusatz zu Willdcnotv's Kracuterhundc, t. I, p. 388).

assimilés , mouvement en vertu duquel ce suc par vient aux différentes parties el divers tissus det corps vivants, pour servira leur formation, à leur accroissement et à leur nutrition , est par conséquent une propriété dévolue à tous les corpg or ganiques, el de laquelle dépend la conservation de ces corps. Aucun corps organique n'offre dansl son intérieur d'espaces contenant des liquideg en ' i mouvement. Ce mouvement n'est point explicable ' ! par les principes de la mécanique , et l'on ne peu! f le considérer que comme un phénomène vital. Lei forces qui l'accomplissent sont des forces organi. ' ques ; elles se manifestent tant dans le suc nourri- ' cier lui-même, que dans les parois des espaces qoi le renferment. La motilité inhérente au liquide nu tritif lui-même paraît appartenir à ses éléments or gauiques de forme, aux globules du suc végétal etl'i/ du sang. Ces globules exécutent des mouvemenlf dont la direction est vraisemblablement déterminée par les actes déformation el de nutrition des parties solides , et par l'attraction que ces derniérei exercent. Cependant ils ne conservent la faculté de se mouvoir qu'aussi long-temps qu'ils sont en connexion avec le corps vivant. Nous appellerons force propulsive, avec Kielmeyer (1), cette force, énig matique dans sa manière d'agir , de l'existence dt laquelle on ne peut guère plus douter , et que C.-F. Wolff admettait déjà. Celle qui se manifeste dans les parois des espaces contenant les liquides/' ' dans les vaisseaux des animaux et probabiemen» * ' aussi des plantes , par la contraction et le rétrécis sèment de ces espaces , à quelque faible degré que ce puisse être, recevra de nous le nom de contrac tilité organique ou tonicité. Dans la grande majo ritédes animaux, il existe encore un organe mus culeux uni aux troncs vasculaires, le cœur, qui aussi long-temps que la vie dure , possède la pro priété de se contracter en vertu de l'excitatior produite sur lui par le sang, et de chasser ainsi ii dans les artères le sang qu'il avait reçu des veioei i pendant sa dilatation. La force qui se déploie lî dans la substance musculeuse du cœur, est aw i' pelée irritabilité musculaire; c'est elle qui, chezlej'' * animaux, constitue l'agent principal du mouTej'-> ment du sang , celui sans lequel il n'y a point d^' j» circulation chez les animaux dont l'organisation es| li compliquée, car la force propulsive des globuIe|«rt du sang , et la tonicité des parois vasculaires, ' i sont pas par elles-mêmes en élal d'entretenir M progression du suc nourricier. Cependant, chcile • J embryons , lors de la première apparition du ssng le mouvement de ce liquide doit être attribué im ' f* médiatementà la force de propulsion des globules » X Dans les animaux qui n'ont point de cœur, lacii » i culation du suc nourricier est le résultat de la f« ' »

culte motrice inhérente aux globules sanguins, de la contraclilité vitale des parois vasculaires.

(1) Loc. cit., p. 12. Kielmeyer dit à ce sujet : " sers de ce mot tiniquemeut parce qu'il s'est offert A ^ premier , et peut-être qu'un autre conviendrait reste, il exprime le phénomène qui a besoin d'être indiq" ici, et qui consiste en une poussée des liquides en bt»" sans que la cause du choc soit snflisamment connue, pour lequel on la désigne sous le nom de force jus^i qu'on soit parvenu à résoudre le phénomène.

GÉNÉRALE ET COMPAnÉE.

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