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DÉ&AGEMENX DE LUMIÈRE DANS LES CORPS ORGANISÉS

eaucoup de corps organisés, végdlaux et ani- X, ont la faculté de luire. Avant de les nommer 'indiquer les condilions dans lesquelles ils ndeut de la lumière, je crois à propos de faire ques remarques sur la phosphorescence des 5 en général. On appelle lumineux tons les s dont l'existence nous est révélée par le sens i vue , même au milieu d'espaces incoramenblps. line paraît y avoir de corps absolument neux que le soleil et les étoiles fixes. Tous les is deviennent visibles en réfléchiissaut lalue , ou n'offrent ce phénomène que dans cerîs circonstances. Comme un corps, en dcve-

visible pour nous , affecte les nerfs de nos , il faut qu'un milieu existe entre ces organes i. Or , les physiciens sont partagés d'opinion a nature de ce milieu. Les uns pensent qu'il y lire les corps lumineux et l'œil, un fluide exement délié et élastique, qui remplit tout ace du monde , et qu'ils nomment éther. Suieux, ce corps éprouve, par l'activité des corps neux, comme l'air par l'effet du son, des vibra- > ondulatoires , qui se propagent avec la plus de rapidité, et qui produisent la sensation de la , quand elles rencontrent la membrane nere de notre œil. Cette théorie est celle que ^hens a rlablie , qu'EuIer a soutenue et déveée. D'autres admettent que des particules malles déliées émanent des corps lumineux, que particules traversent l'espace en ligne droite ; une vélocité extrême, cl qu'en arrivant dans jrieur de l'œil, elles occasionenl la sensade la vue. On leur donne le nom de lumière, latière lumineuse. C'est là la théorie ébauchée parEpicure, et que Newton a développée. Les

hypothèses présentent de grandes difticullés ,

la plupart sont cependant plus faciles à écarans la seconde que dans l'autre. Presque tous )hysiciens se sont prononcés pour l'existence e matière particulière, extrêmement déliée , àraement extensible et impondérable , qui ne des corps lumineux. Tous les corps pondées paraissent recevoir en eux une portion de miere solaire aveclaquelle ils sont mis en con-

et en admettre d'autant plus qu'ils sont moins àparents, que leur surface est plus obscure et

raboteuse. Le degré d'échauffement d'un s par la lumière solaire est proportionnel à uanlitc de lumière que ce corps absorbe. Plurs chimistes distingués regardent, en outre , me probable que la lumière se combine chiuement avec les matières pondérables , et lie peut les abandonner ensuite dans diverses 'nstances.

es corps inorganiques nous présentient le phcléne d'un dégagement de lumière dans lescirîtances et conditions suivantes:

' Beaucoup de corps inorgani(][ue8, tant transmis qu'opaques, incolores ou faiblement colo-

rés, mais jamais noirs, ont la propriété de luire quelque temps dans l'obscurité , lorsqu'ils ont été préalablement exposés à l'éclat de la lumière solaire , ou même d'une autre lumière , ainsi que l'ont démontré Beccaria , Canton, Dessaignes, Grotthuss, Ileinrichel autres. Les substances qui présentent ce phénomène au plus haut degré sont le diamant, l'arragonite, la strontiane, le marbre, le spath calcaire, la craie et les diverses pierres phosphoriques. Le sel ammoniac , l'albâtre , le salpêtre, le basalte, la galène luisent moins. L'ocre ferrugineuse, la célestine, le béryl, etc., luisent encore moins. La silice, l'améthyste, la chrysolilhe , l'émeraude, etc., sont les minéraux qui luisent le plus faiblement , et qui , même souvent , ne luisent pas du loul. L'eau et tous les corps liquides, le soufre , le graphite, la baryte , la chaux et les régules métalliques ne répandent pas de lumière. Comme les corps précédents luisent dans tous les milieux transparents par lesquels ils ne sont point décomposés, même dans les gaz qui n'opèrent pas de combustion , même dans le vide , et cela avec un dégagement notable de chaleur, la lumière qu'ils avaient absorbée par l'effet d'une faible affinité , pendant l'insolation, paraît les abandonner dans l'obscurité.

3" La plupart descorps luisants après l'insolation, mais, de plus, divers autres , comme la chaux, la baryte , la slrontiane , la magnésie, etc., presque tous les fossiles terreux , tels que le cristal de roche, l'asbeste , le quartz , la topaze , le cyanile , le mica et la limaille de beaucoup de métaux , du zinc , de l'antimoine, du fer, de l'argent et de l'or, répandent de la lumière dans l'obscurité, quand ils ont été échauffés, ainsi qu'il résulte des expériences de Wedgwood , Haiiy , Dessaignes, Heinrich, Brewsler ,. Children et autres. Cependant le degré de chaleur nécessaire au dégagement de la lumière varie beaucoup. Il paraîtque dansées corps la combinaison de la lumière avec eux est plus intime , et qu'elle ne peut être détruite que par l'inQueuce de la chaleur.

3" L'ébranlement des corps inorganiques par le frottement, la percussion ou le choc , produit un dégagement de lumière dans plusieurs, d'après les observalions faites par Homberg, Bergmann , Macquer. Pelletier, Dolomieu, Gillet-Laumont , Saussure et Dessaignes. La plupart du temps, ce sont des corps qui luisent après l'insolation ou réchauffement, comme le diamant, le spath pesant, le chlorate de potasse, le quartz, le spath fluor, l'arragonite, la dolomite , la blende, le sublimé , etc. Des fluides, l'eau et l'air, dégagent delà lumière quand on les comprime brusquement. Il n'est pas décidé si, dans ce cas, le dégagement de lumière est seulement l'effet de la commotion , ou celui de l'excitation de l'électricité, comme l'admettent Dessaignes et Becquerel.

4" Un dégagement de lumière accompagne quelquefois des changements de cohésion , et il paraît s'allier alors à une excitation d'électricité. Des phénomènes lumineux ont élé observés par Pikcl , Schœiiwald, Schiller, Giobert, Hermann , Berzélius, Woehler et Pfaff sur divers sels , au moment de leur crislallisaliou dans l'eau qui les dissolvait ,

TRMTÉ DE PUYBIOLOGIB

particulièrement sur lo sulfate de potasse et le fluate Ue souJe.

5" On aperçoit un dégagement de lumière et de chaleur au moment de la réaction d'un Irés-grand nombre de matières pondérables différentes. Ce phénomène n'est nulle part plus sensible que dans la combinaison de l'oxigène avec d'autres matières, qu'on appelle combustion. La quantité de lumière qui se dégage pendant la combustion est proportionnelle à la nature du corps combustible. Le phosphore en dégage beaucoup , le charbon moins , et l'hydrogène moins que tous les autres corps. La lumière est d'autant plus vive, que la combustion se fait plus rapidement. Sa couleur dépend de la nature du corps qui brûle. Un dégagement de lumière a lieu également dans la combinaison du chlore, de l'iode, du sélénium, du soufre et du phosphore avec d'autres matières. Quelques corps composés offrent aussi ce phénomène quand ils se combinent ensemble , comme l'acide sulfurique et la magnésie, la chaux et l'eau , la baryte et l'eau. La lumière qui se dégage pendant la combinaison des corps , existe ou dans l'un ou dans l'autre de ces corps, ou dans tous deux à la fois, et se sépare d'avec eux au moment où ils s'unissent ensemble. Ou bien elle se produit lors de la combinaison des matières pondérables avec des matières impondérables que ces derniers contenaient, c'est-à-dire, comme le pense Berzélius , par le concours des deux électricités opposées.

6° Un dégagement de lumière accompagne fréquemment les phénomènes électriques. Dés que l'électricilé se produit avec quelque énergie seulement, elle apparaît sous forme d'étincelli'. L'électricité a le pouvoir de faire naître des phénomènes lumineux dans beaucoup de corps. Les corps luisants par insolation acquièrent aussi la propriété de luire quand on les fait traverser par la décharge électrique , ainsi que Dessaignes, Heinrich , Grot- Ihuss et Seebeck l'ont démontré par leurs expériences. La lumière fail-elle parlie de l'électricité? ou bien est elle composée des deux électricités ? ou enfin est-elle chassée, par l'action de l'électricité, des milieux et des corps sur lesquels agit cette dernière ? ce sont là autant de questions que la physique n'a point encore résolues.

Après ces remarques préliminaires, passons aux phénomènes lumineux des corps organisés. Quelques-uns de ces derniers ue luisent que durant leur pleine activité ou dans l'état de vie , et d'autres, au contraire, le fout quand la vie est éteinte en eux. Examinons d'abord ces derniers.

Les corps ou substances organiques sans vie dégagent de la lumière dans plusieurs circonstances où des corps inorganiques se montrent lumineux.

1° Beaucoup de substances organiques luisent après l'insolation. Suivant les expériences de Heinrich , on doit ranger ici , parmi les matières végétales , les graines , la farine , l'amidon , la gomme arabique et autres; parmiles animales, les plumes, la corne , les coraux, les coquilles de limaçon , les perles, les dents, les os, le cuir, le jaune d'œuf, les tendons, les muscles, la colle de poisson, lacolle à l'état sec. Lo bois, laplupartdcs gommes, lasoicetlcs Diulicrcs animales non sèches dégagent peu ou point

de lumière après leur exposition aux rayons soli] res. Les parties fraîches des végétaux ne sont polni lumineuses.

2° La cire , les huiles volatiles et grasses la sucre elle bois, le sulfate de cinchonine, d'aprèg Pelletier, et le sulfate de quinine, suivant Callauj dégagent de la lumière par l'action de la chalear' Comme les matières organiques , d'après les objer! valions de Dessaignes , ne luisent que dans l'air.ei comme le dégagement de lumière augmente dani legaz oxigène , la phosphorescence des corps orgaul. ques sous l'iniluence de la chaleur doit être comp. tée au nombre des phénomènes de la combustion.

3" Un ébranlement mécanique , le frottcmeot fait luire le sucre ordinaire , celui de manne et les sous-résines , la gomme élémi , la gomme alouchi et la gomme arbol a brea, d'après les observations de Bonastre , probablement par suiie d'une excitation d'électricité. L'huile volatile celle d'olive dégagent de la lumière, surtout quand i on les agite dans le vide. Dessaignes prétend que les matières animales ne luisent point dans ces circonstances.

4o Tous les corps organiques , en leur qualité de combustibles , répandent de la lumière pendant U combustion.

5" Un dégagement de lumière . accompagntnt| l'excitation de l'électricité , s'observe dans les réN< nés que l'on frotte.

Suus le rapport de ces modes de phosphoi cence , les corps organiques morts ressemblent au: inorganiques. Mais beaucoup d'entre eux répandei aussi delà lumière pendant leur décomposition lorsque la putréfaction s'empare d'eux.

Chez les végétaux morts, c'est dans le bois qu'i observe le plus souventun dégagement de lumière surtout dans celui de la racine, mais cependani aussi dans celui du tronc et des branches, lorsqo'i se décompose à une chaleur modérée, à l'humi dite , et sans être pleinement exposé à l'acticodi l'air. D'après les expériences de Dessaignes et Heinrich, la phosphorescence n'a lieu qu'à température moyenne. Elle disparaît dans les lées et les grandes chaleurs. L'eau chaude la fait ser, ainsi que la dessiccation. Le dégagemeol de lumière s'opère dans l'air atmosphérique devient plus fort , mais dure moins long le dans l'air comprimé. Dessaignes assure qu'il dis{ rait peu à peu dans le vide. Le bois ne luit davantage dans le gaz oxigène que dans l'air al mosphérique , comme l'ont reconnu Heinrich Dessaigues , Gaertner et Bœckmann ; cependant résulte des expériences de ces deux derniers, la phosphorescence y dure plus long-temps. Elle persiste que quelques heures dans les gaz azote hydrogène et hydrogène phosphoré; mais elle commence lorsque l'air atmosphérique s'introdwl dans le vase. Elle cesse au bout de quelques aâv tes dans les gaz acide carbonique, hydrogène fiiré, niireux, chlore, ammoniaque et acide hydl chlorique , ainsi que l'ont observé Spallaniani Hulme , Humboldt et autres. Elle disparait au boi de six à vingt-quatre secondes dans l'eau non boni! lie et dans les huiles grasses. Elle s'éteint pl rapidement encore dans l'alcool, l'cther,!^

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GÉKÉRALE ET COMPARÉE.

cbaax , les acides étendus et les dissolutions sacs. Elle cesse de suite dans l'acide sull'urique. bois qui luit dans l'air ou dans le gaz oxigèno isomme de l'oxigène et produit du gaz acide caralque , sans que pour cela le volume de l'air soit isiblement diminué.

Si l'on juge d'après les phénomènes qui viennent Ire énumérés , on est porté à croire , comme le lise L. Graelin, qu'il se produit, pendant la déuposilion du bois , une combinaison organique s-€ombustible de carbone, d'hydrogène et d'oxile, qui, semblable au phosphore, brûle et dé- ,'e de la lumière à la température ordinaire, ut-êlre même le phosphore joue-t-il ici un rôle, isque les recherches de Berthier ont démontré xislence du phosphate calcaire dans les cendres m grand nombre de bois.

Dn dégagement de lumière a clé observé aussi • les racines de valériane et de tormentille , sur pommes de terre, sur les courges , et pendant putréfaction de divers champignons.

Le phénomène de la phosphorescence est beauap plus commun dans les animaux morts que us les végétaux. Th. Barlholin , Boyle, Beale , :di et autres l'ont observé sur la chair de mammies d'oiseaux et de reptiles, peu de temps après mort. C'est chez les poissons qui commencent se pulréOer, que le dégagement de lumière voit le plus souvent et au plus haut degré, rlholin, Jacobaeus , Redi, Spallanzani , Tileis, etc., ont vu des sèches, des mollusques ■•alves, des entozoaireset des méduses luire après ir mort. J'ai remarqué aussi ce phénomène sur s étoiles de mer mortes. Les expériences les plus mbreuses sur la phosphorescence des poissons nt dues à Canton , Martin , Spallanzani , Hulmc, einrich et Dessaignes. Les poissons de mer sont ux qui luisent le plus souvent; cependant la losphorescence a été remarquée également sur ux d'eau douce, comme sur les brochets et les ures par Heinrich. La plupart du temps elle comcnce un ou deux jours après la mort , lorsque le ; rps est à l'humidité, dans l'air atmosphérique ou gaz oxigène , à une température de 12 à 18 deés. Une température iul'érieurcà zéro la suspend, pendant les poissons qui ont été gelés redeviennt lumineux quand ils sont dégelés. La chaleur l'ébullition , et notamment l'eau bouillante , déuisent ce phénomène pour toujours. Il n'a point ;u dans le vide, dans les gaz acide carbonique, drogène , hydrogène sulfuré et nilreux, et , s'il ilait établi auparavant, il disparaît; mais un le )it renaîlre dès que les poissons sont replacés ins l'air atmosphérique. L'eau de chaux , l'alcool, ither , les dissolutions concentrées d'alcalis et de Is, elles acides, le suppriment; mais il se rétait lorsqu'on étend les liqueurs d'une grande quanié d'eau. Le dégagement de chaleur n'est point xompagné de phosphorescence, d'après les obser- (tions de Ilulme , et cependant Dessaignes assure l'il se produit de l'acide carbonique. Durant la losphorescence à l'air , on aperçoit, à la surface ;s poissons, une matière claire, liquide, mucilaneuse, qui devient peu à peu trouble , consistante lumineuse. Cellesubslance phosphorescente peut

être enlevée par le lavage, et elle se combine ainsi avec l'eau , qui devient par-là lumineuse. Si l'on met des poissons dans des vases de verre avec de l'eau , il ne tarde pas à paraître un anneau brillant sur la surface du liquide ; agite-t-on celui-ci, il devient lumineux. La lumière disparait dans l'eau bouillie et garantie du contact de l'air, mais elle reparaît dès que l'air peut affluer. La phosphorescence cesse aussitôt que la putréfaction fétide commence.

De tous ces faits, il résulte que la phosphorescence des animaux morts est précédée d'une décomposition opérée sous l'influence de la chaleur et de l'air , et qui a pour effet de produire ou de mettre en évidence un liquide lumineux ; probablement ce dernier contient du phosphore , qui se dégage de la combinaison organique, et qui brûle lentement.

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