I. Phosphorescence des végétaux vivants
On assure que les fleurs de plusieurs plantes dégagent de la lumière, des espèces d'étincelles, après le coucher du soleil, dans les soirées sereines et chaudes d'été. Ce phénomène , dont parlent déjà d'anciens écrivains , a été observé par la ûUe de Linné sur les fleurs de la capucine. Linné prétendait ne l'avoir remarqué que sur les fleurs dont les pétales ontune couleur orangée.Haggren croyait avoir aperçu des émanations lumineuses sur le souci , le lilium bulbiferum, et l'œillet d'Inde, par conséquent sur des fleurs jaunes , peu de temps après le coucher du soleil, quand l'air était serein et chaud, mais non lorsqu'il élaithumide. Johnson dit avoir vu des étincelles jaillir des fleurs de plusieurs végétaux, du souci , des lilium bulbiferum et chalcedonicum , de l'œillet d'Inde, du tournesol et de la tubéreuse. Cette dernière plante devint lumineuse dans une soirée étouffante d'élé.et.en la considérant de près, il trouva que trois fleurs qui commençaient à se faner lançaient des étincelles d'une lumière jaunâtre, trouble, répendant une odeur extraordinairement forte ; cependant , malgré toute l'attention qu'il y apporta , il ne put entendre de pétillement semblable à celui de l'étincelle électrique. Les fleurs d'autres végétaux répandent, dit-on, durant la nuit, une lumière faible et uniforme, de couleur verdàtre tirant sur le bleuâtre , ainsi que Sznets dit l'avoir observé sur lephytolacca decandra. Quelques physiciens ont élevé des doutes sur la phosphorescence des fleurs, parce qu'ils ne l'ont point aperçue dans leurs expériences. Ainsi, Ingenhouss n'a vu aucune trace de lumière sur les fleurs de la capucine , ni au crépuscule, vers le soir, ou dans les nuits d'été, ni dans une obscurité complète. Senebier et Saussure le jeune n'ont point été plus heureux. L.-C. Treviranus n'a pu non plus apercevoir aucune phosphorescence , dans une obscurité parfaite , sur les fleura d'œillet d'Inde, de tithonia , de coreopsis tinctoria el ùe gonteria pavonina. Il pense donc, avecGœthe, que la lumière qu'on croit voir sur ces fleurs, à l'époque du crépuscule, n'est qu'une pure illusion. Quelques naturalistes prétendent avoir remarqué un dégagement de lumière dans le suc d'une euphorbe croissant au Brésil, à l'instant où il s'écoule.
THAITÉ DE PHYSIOLOGIE
Miirray fui le premier qui parla do ce phénomène. Marlius, qui mentionne la plante sous le nom à'euphorbia phosphorea , dit l'avoir vu une fois.
Uu dégagement de lumière a été observé sur plusieurs cryptogames. Linné parle de la phosphorescence du byssus phosphorea {demathim violaccum, Pers.). Ducluzeau a vudes conferves luire. Le mémo phénomène a été offert à Funk elBraudcnburg par le schistotega osmundacea , qui croît dans les ca- ■yernes. Brewsler a observé que les chara hispida eivulgaris étaient phosphorescents , surtout quand il les posait sur un fer chaud. Derschau et Nœggcralh ont observé un dégagement de lumière sur une plante cryptogame qu'on trouve à la surface du vieux bois dans les houillères et autres mines, et qui a été décrite sous le nom de rhizomorpha. Bischof a recherché les circonstances dans lesquelles la phosphorescence a lieu. Elle s'aperçoit bien sur toute la plante , mais principalement sur les jeunes pousses blanchâtres. Elle est plus vive ciiez les jeunes plantes que chez celles qui sont avancées en âge. La lumière est plus forte chez les individus croissant dans les endroits humides et chauds des mines, que chez ceux qui en habitent les parties sèches et froides. Lorsque la température est portée à 40 degrés, la phosphorescence devient plus ■vive. Les rhizomorphes ne luisent point dans le vide , ni dans les gaz qui ne contiennent pas d'oxigène en mélange. La faculté de luire reparaît à l'air, même après plusieurs heures de séjour dans le vide, ou dans le gaz azote. Les plantes luisent davantage dans l'oxigène que dans l'air ; le premier disparaît, et il se produit de l'acide carbonique , dont une partie semble être absorbée , car il ne remplit pas parfaitement l'espace qu'occupait l'oxigène qui a été consommé. La phosphorescence paraît s'éteindre avec la vie des rhizomorphes.
Les causes de la phosphorescence des végélaux ne sont point encore connues. Pulleney et Voila la considéraient comme un phénomène électrique, produit par le pollen idio-éleclrique. Mais ce qui s'élève contre cette hypothèse, c'est que Uaggren a vu la lumière émaner des pétales et non des filets des étamiues. Probablement ce phénomène , s'il a réellement lieu, dépend de l'émanation d'une matière combustible, peut-être d'une huile volatile, qui eutredans unesortede combustion sous l'influence de l'air. Le dictame blanc répand , dit-on , autour de lui, durant les soirées chaudes d'été, une atmosphère qui prend feu à l'approche d'une bougie , et produit une flamme bleue brillante. La phosphorescence des cryptogames paraît également dépendre d'une combustion lente, à en jugerd'après les expériences précédentes.
PnOSPnOllESCENCE DES ANIMACX VIVANTS.
Des phénomènes lumineux nous sont offerts par un grand nombre d'animaux, tant aquatiques qu'aériens. Cependant ils sont plus communs chez les premiers que chez les derniers. La plupart des animaux des classes inférieures qui habitent la mer , les infusoires , les méduses, les radiaires, les annélides, beaucoup de crustacés, plusieurs mollusques, cl inéme'quelques poissons, sont phosphorescents.
C'est d'eux que dépend la phosphorescence de 1» mer, qui a été observée dans toutes les zones, mai» plus fréquemment néanmoins entre les tropique» par LœlUing, Ternstrœm, Osbeck , Kalm , Uassel' quist, Banks, Solander , Forster , Legentil , LabiÛ lardière, Péron, Ilumboldt, Krusenslern .Tilesim et autres. Lorsqu'un vaisseau fend l'océan par un vent gaillard durant la nuit, les ondes en uiouvement répandent une lumière éclatante et rotigeâ- Ire qui rayonne sur la mer comme feraient dei éclairs (1). QuoyetGaimard ontvu la mer lumineuse jusqu'au 60'- degré de latitude méridionale, et Mac Culloch a observé ce phénomène sur les côtes det îlcsSchettland etOrkncy.Les naturalistes sont partagés d'opinion touchant sa cause. Boylc le croyait produit par la révolution rapide de la mer sur ellemême, qui entraîne un frottement de l'air contre la surface de l'eau. Bajon, Legentil, Uelaperriére^ Waesstroem et autres, le considéraient comme ua phénomène électrique produit par le frottement, delà mer et de ses particules salines. Beale, Bourges, Leroy, Godeheu de Riville, Martin, Canton, Hulmc et autres l'attribuaient à la putréfaction d0 corps animaux, et à une décomposition de nature particulière, qui la précède et qui engendre une matière mucoso-huileuse phosphorescente. Silberschlag, Borch et autres voyaient en lui un effet da phosphore qui existe dans la mer. Mayer, Ileiwig, Brugnatelli, etc., pensaient que les animaux absorbent pendant le jour de la lumière qu'ils exhalent ensuite dans l'obscurité.
Les observations faites par Vianelli et Griselinî^ dans les lagunes de Venise, ont démontré que U phosphorescence de la mer dépend d'animaux vi« vanls. Noilet et Fongeroux de Bondarroy ont vu aussi , en cet endroit , des animaux répandre de la lumière. C'est un fait , d'ailleurs , qui a été mis hors de doute pàr les recherches de Linné, Forskael, Donati , Banks, Forster, Spallanzani , Viviaui, Péron, Macartney, Mitchill , Tuckey , Tilesius ^ Mac Culloch, Quoy et Gaimard, Murray et autres. Citons les animaux chez lesquels on a observé ' phosphorescence.
Parmi les infusoires de la mer , plusieurs ont été trouvés phosphorescents par Baster , Rigaud , Lt* billardière , Tilesius , Mac Culloch , Quoy et Gaimard. Ceux-là appartenaient particulièrement an|| genres cercaria , volvox et vibrio. Tels sont encor^. les trichoda granulosa et triangularis , la lincophMr echinoides. Tilesius a observé la phosphorescence des animalcules reçus dans un cylindre de verre plein d'eau de mer, chaque fois qu'il remuait l eaa, ou qu'il l'agitait par un coup donné sur le vase. Mac Culloch a remarqué que la lumière s'éteignait à la mort des animaux. Quoy et Gaimard versèrent de l'acide sulfurique étendu dans un vase d'eau de mer contenant des infusoires phosphorescents; ceuxci répandirent tout-à-coup une lueur très-brillante, mais qui disparut promptement. L'addition d'acide sulfurique pur ou de vinaigre de vin tua les ani-
(1) J'ai vu ce beau spectacle en 1811 , au moi» de septembre, dans la mer Adriatique. U dépendait d'infusouf» lumineux que j'aperçus dans l'eau avec le secours du microscope.
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
IX , Cl la phosphorescence cessa sur-le-champ, on a vu luire des serUilaires , des gorgones , alcyons , des éponges et des isis qui avaient été s du fond de la mer, sur les côtes de la Noue-îloUande. La phosphorescence des plumes de ■ (pennatiila phosphorea, grisea, rubra, anjmtea) é observée par Linné , Shaw , Spallanzani et es. D'après les remarques de ce dernier , il n'y le les polypes situés au bout des laciniures qui eut de la lumière quand ils se meuvent. La phosrescence dure long-temps après la mort , et il oule un liquide muqueux , que Spallanzani rele comme la source de la lumière, es méduses, surtout celles des mers tropicales, lissent être toutes phosphorescentes en certaicirconstances, d'après les observations faites beaucoup d'espèces {medusanoctiluca„peîagiGa, tillans, hemisphœrica, aurita, ovata, capiUata, (la et autres), par Forskael, Banks.Dicquemare, llanzani, Macarlney, Humboldt, Tilesius, Mac loch et autres. La phosphorescence a lieu pent les mouvements de l'animal, surtout autour tentacules. Macartney l'a vue augmenter, dans ledusa lucida, quand il chauffait l'eau.^ La Jure devenait également plus vive dans l'alcool; endant les animaux y périssaient promptement, 3ur lumière s'éteignait. Spallanzani a remarqué I suinte de la surface des méduses un liquide jueux, qui a une saveur hrùlante, et qui proun sentiment de prurit à la peau. Ce liquide , é avec de l'eau ou du lait, les rend phosphores- Is pendant quelques heures, surtout lorsqu'ene on les échauffe et les remue. Des animaux Is, dont la lumière était éteinte, redevinrent sphorescents par l'addition d'une certaine quand'eau douce , et par le mouvement à une chade 26 à 37 degrés. Humboldt a observé que doigts luisaient pendant quelque temps, après I avait touché des méduses ; il a -vu aussi la lure devenir plus forte quand on galvanisait les naux, La lumière de méduses auxquelles Ma- ; ney donna une commotion électrique, s'éteipour un instant, mais reparut ensuite plus vive par le passé. La phosphorescence des beroes roe fulgens, ovatus, pilms) a été observée par c, Macarlney et autres. Elle est d'autant plus S que ces animaux exécutent des mouvements i forts. On a vu aussi des espèces de phijsalia , ophora, stephanomiael phtjsophora, qui étaient ineuses. Viviani a observé une petite astérie sphorescente, et Péron a trouvé, sur lesrochers île Bernier, des ophiures ( ophiura teluates , nphorea ) qui jetaient de la lumière, •es phénomènes lumineux ont été observés sur vers marins , des néréides ( nereis noctiluca, aphorans, cirrigera , mucronala, etc. ) et des laires ( planaria rctusa), par Auzout, Delavoye iclli, Griselini, Linné, Viviani et autres. Les i de (erre eux-mêmes répandent de la lumière à oqiie de l'accouplement , d'après les observais de Flaugergucs et de Bruguièrc. Parmi les lusques, il en est également quelques-uns qui t lumineux, comme la jy/toZos dactylus , dont le connaissait déjà la phosphorescence, et sur ■elle Réaumur et les académiciens de Bologne
ont fait beaucoup d'expériences. Sa lumière, qui a une teinte blanche tirant sur le bleuâtre, est d'autant plus sensible , que l'animal est plus vif, plus frais et plus rempli de sucs. Elle est plus forte en été et au moment de la propagation qu'en tout autre temps. Ce ne sont pas seulement les parties extérieures, notamment les tubes respiratoires, mais encore les parties internes, qui luisent. L'eau qui découle de ces animaux, et une mucosité visqueuse qu'ils exsudent, jettentaussi de la lumière. Ils communiquent la phosphorescence aux doigts qui les touchent, de même qu'à la bouche et à la salive de ceux qui en mangent. La lumière disparaît dans le vide, mais reparaît au retour de l'air. Une chaleur modérée en accroît l'intensité, tandis que le froid et la chaleur de l'ébullition la font cesser. Si on arrose les pholades avec de l'eau ou du lait tiède, la lumière acquiert plus de vivacité, et ces liqueurs deviennent lumineuses. La phosphorescence dure quelque temps dans l'huile. La dissolution étendue de sel marin et de salpêtre et l'esprit de sel ammoniac la rendent plus prononcée. Au contraire, les dissolutions concentrées, le vinaigre, le vin, l'alcool, l'acide sulfurique, le vitriol et le sublimé l'anéantissent rapidement. Elle continue encore quelques jours après la mort , et s'éteint à l'invasion de la putréfaction. Quand les animaux se dessèchent, la propriété de luire disparaît, mais elle renaît pour quelque temps si l'on vient à les frotter et à les humecter avec de l'eau, surtout tiède.
Au nombre de mollusques phosphorescents , se rangent encore les biphores , d'après les observ.*»tions de Bosc , Tilesius et autres , et les pyrosomes [pyrosoma atlanticumet giganteum) , suivant celles de Péron, Desmarets et Lesueur.
Beaucoup de crustacés sont phosphorescents. Tbulis et Bernard ont observé ce phénomène sur le gommarus pulex , pendant l'été, dans le raidi de ' la France, et il l'a été dans la mer Caspienne par Ilablilzl. Banks , Macarlney , Tuckey et Tilesius ont vu luire quelques crabes, notamment le cancer fulgens. On a également remarqué la phosphorescence dans plusieurs espèces des genres astacus (1), palaemon, crangon , panaeus , squilla , Umulus , lynceus et autres.
On prétend avoir observé aussi des phénomènes de lumière chez les poissons. Lœffling et Bajon ont vu luire des dorades qui marchaient par bandes , et Ri ville des troupes de scomber palemys. Mac Culloch cite une espèce de leptocephalus , comme étant phosphorescente. Cependant la phosphorescence des poissons peut dépendre des mouvemenls qu'ils impriment, en nageant, aux infusoires et aux autres animaux luisants contenus dans la mer. Tilesius l'attribue au brillant des écailles de plusieurs.
Parmi les animaux qui vivent dans l'air, plusieurs insectes se font remarquer par leur phosphorescence. Ici se rangent , dans l'ordre des coléoptères, les vers luisants {lampyris noctiluca, splendidula , italica , ignila , phosphorea, nitidula, lucida, japo-
(I) Tilesius a cilé et en partie figuré beaucoup de crustacés pliosplioresccnts , flans Pallas du voyage de Kniscn- «lern , lab. 22,
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
nioa , pensyîvanica , etc. ) , dont la source de lainière a son siëge dans l'abdomen. Plusieurs taupins hiisenl aussi , notamment l'olater noctilicus des Iles Antilles et de l'Amérique méridionale, dont la lumière éclatante, et qui simule l'émcraudc, a été mentionnée par Sloanc, P. Browne et Fougeroux. Les elater ignitus , phosphoreus , et diverses autres espèces dont parle llliger, sont également luisants. Dans V elater noctilucus, la lumière émane, d'après les observations de Curlis , de deux élévations ocellées du corselet et de la base de l'abdomen. Ce physicien croit avoir remarqué que l'aninaal peut à volonlé l'exciter et l'éteindre. Ayant enlevé la matière lumineuse immédiatement après la mort d'un insecte , il vit la phosphorescence durer encore quelque temps.
Luce décritun scarabé(scara6«B«* phosphoricus), du midi de la France, dont l'abdomen luit. Suivant Afzelius, les antennes creuses et renflées en boule du paussus spheroceros répandent une lueur phosphorique. Lati ciile rapporte l'observation d'un de ses amis, qui dit avoir vu luire les taches ocellées du buprestis ocellata.
Parmi les orthoptères, le taupe-grillon est phosphorescent , au dire de Sulton.
L'ordre des hémiptères offre les porte-lanternes {fulgora lalernaria et serrata de l'Amérique méridionale, pyrrhorkyncus des Indes orientales, et candelaria de la Chine), qui sont dans le même cas. La partie lumineuse de leur corps est la région antérieure de la téte , qui forme un renflement vésiculaire. Olivier assure que les cigales répandent aussi de la lumière.
Parmi les lépidoptères, ]e pyralis minor a l'abdomen faiblement lumineux, selon Brown.
Parmi les myriapodes, les scolopendra electrica, phosphorea et morsitans , se distinguent par leur éclat phosphorique, au rapport de Garman , Réaumur , Linné , Fougeroux elMacartney. MacCuUoch a fait la même observation sur des jules, et parmi les arachnides sur les phalangium. Macarlney prétend que la scolopendra electrica laisse échapper au dehors une matière lumineuse , qui , enlevée avec les doigts, répand une lueur phosphorique pendant quelques secondes.
La phosphorescence des insectes a beaucoup (îxé l'attention des naturalistes. Les plus nombreuses expériences ayant pour but d'en rechercher les conditions elles causes, ont été faites sur les vers luisants, savoir : sur le lampyris splendidula, par Templer, Waller, G. Forsler,GuénauddeMontbeillard, Razumowsky, Macartney etG. R.Treviranus; sur le lampyris noctiluca , par Hermbstœdt, Heinrich et Murray; sur le lampyris ituUca, par Nollet, Spallanzani , Carradori , Brugnalelli elGrotlhuss; sur les lampyris noctiluca et splendidula, par Macaire ; sur les trois premières espèces, par Tweedy John Todd. Les résultats dos recherches Eontcn coniradiction ensemble à plusieurs égards, elles théories imaginées pour expliquer le phénomène portent plus ou moins le cachet des opinions dominantes en chimie à l'époque où les expériences pnt élé faites. Nous allons en faire connaître les principaux points.
La source de la lumière a principalement son
■il
siège dans les derniers anneaux de rabdomen f pendant les points lumineux présentent deg dff férences suivant les espèces . et en général ilg goni plus étendus chez les femelles que chez les mdli La lumière jaune verdâire du lampyris splendidli part de taches jaunâtres situées à la face inférieure des trois derniers anneaux. Chez les mâles oi , quelques naturalistes ne croient pas êtres luisant, il n'y a que deux petits points lumineux. Le lamt., ris noctiluca icU^ une lueur bleuâtre ou verdâtr qui émane du milieu des deux avant-dcrnierg s, raents , et de deux taches placées sur les côtés i dernier anneau. Le quatrième anneau n'a qu'un petit point brillant, sur son bord postérieur. Dans le lampyris italica , les deux derniers anneaux de l'abdomen sont luisants en totalité, et leur lumière est d'un bleu vif. Ce ne sont pas seulement les insectes parfaits des deux sexes , mais encore Itv larves, qui luisent, comme l'ont observé Swammerdam , Degeer, Schmidt, Macaire et Todd. 5h Caire a vu deux petits points lumineux sur des lar ves qui venaient de quitter l'œuf, et qui n'avaient pas une ligne de long. Les œufs eux-mêmes jellenl une faible lueur, semblable à celle du phosphore.il i 'f^ semblerait résulter de là que le dégagement de lumière ne se rattache point étroitement à l'acte penérateur, quoique, d'après Mueller, ilsoitplii' considérable pendant l'accouplement qu'en tout " autre temps, qu'il persiste avec une très-gracde >i- ' ' vacité encore chez la femelle, à l'époque de lalM*,'! ponte, et qu'il diminue chez le mâle quand la co- ' pulation est terminée.
Les naturalistes sont partagés sur la question de savoir si la phosphorescence est produite par des organes spéciaux. Macarlney croit avoir observé que la lumière part du corps gras situé immédialement au-dessous des téguments transparents des parties lumineuses. Il a vu en outre, dans le dernier anneau de l'abdomen , deux petits sacs ovales, formés de filaments en spirale , comme des trachées, et contenant une substance molle et jaune. Carradori, Mueller et Murray admettent égale- 1 ment que la matière lumineuse est contenue dans j des vésicules ou petits sacs. Treviranus rejette! l'existence d'organes spéciaux pour le dégagement | de lumière, et regarde les parties génitales internes comme le siège de cette dernière. Macaire a remarqué , après avoir enlevé les légunoents cornés , minces, transparents et mous des points lumineux, une substance demi-transparente, et d'un blanc jaunâtre, qui, examinée au microscope , paraissait être formée d'une multitude de fibres rameuses , et dans laquelle se répandaient des filets nerveux ; une matière grenue adhérait aux fibres. Cette substance jouit d'une phosphorescence très-vive daus l'obscurité, tant qu'elle est humide;Ia dessiccation la rend opaque, et fait qu elle l| cesse de luire. A l'air et dans l'eau , elle continue pendant deux à trois heures de jeter une li" jaune verdâtre. La chaleur et l'action dugalvanism^ raniment la phosphorescence, aussi long-temps ?" la matière n'est point sèche. Spallanzani dori onlreconnu également que les parlicsiuisan du lampyris italica ne répandaient de la lunif^ qu'autant qu'elles étaient humides. Spallaniam
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GÉNÉRALE ET COMPARÉE
«rich el Todd assurent qu'après a^oir sépare ces ies du corps, el tant qu'elles n'étaient point sèj, ils parvenaient à les rendre phosphorescentes es touchant ou les piquant avec une épingle, sque Macaire exposait la substance à une chaallant jusqu'à 41 degrés , son éclat devenait 1 vif; mais , s'il continuait à la chauffer , la !ure diminuait, et prenait une teinte rougeâtre ; 1 degrés elle s'éteignait totalement; la matière t alors blanche, opaque, et semblable à du ic d'œuf coagulé. Les expériences de Murray "ordent avec celies-là, quant aux points essen- ;. La lumière s'éteignait dans le vide , et se raait au retour de l'air. Carradori et Brugnalelli nt, au contraire , l'avoir observée même dans ide, ce qui est douteux cependant. Elle disparaît i les gaz non rcspirables, et reparait ensuite dans l'air que dans le gaz oxigène. Murray end que la matière continue à luire dans les gaz e carbonique , hydrogène et azote. Le chlore , de nitrique , l'acide sulfurique détruisent pour ours sa phosphorescence. Exposée au feu , elle e de luire , brûle , et répand une odeur ammo- ;ale. Les acides minéraux et végétaux concentrés ^ulenl la substance lumineuse, ce qui éteint la iére. Les premiers la dissolvent avec le secours a chaleur. L'acide sulfurique produit une coloon en vert bleuâtre. L'éclat de la matière lumise disparait dans l'huile et les substances grasqui ne dissolvent cette substance ni à chaud , froid. Macaire présume que la lumière cesse s parce que les corps gras empêchent l'air d'arr jusqu'à la matière lumineuse. Carradori , Brulelli, Murray et Todd prétendent avoir vu la sphorescence continuer dans l'huile. L'éther et ;ool la font cesser sur-le-champ, et la matière lineuse devient blanche et opaque. La lumière Mnt aussi dans l'alcool camphré, d'après les exicnces de Sheppard. La potasse pure détruit la sphoresccnce , et dissout complètement la raaa , en prenant une teinte jaune. Une dissolution >ubiimé corrosif et de sels cuivreux fait cesser le-champ les phénomènes lumineux, et coagule oatière. Celle-ci n'est point soluble dans l'eau illante, et elle y acquiert une plus grande coa* ^nce.
•'après ces expériences, Macaire admet une mae luisante spéciale , qui se compose principaleit d'albumine à l'état de demi-transparence, et est phosphorescente sous l'influence d'une chamodérée et de l'air atmosphérique, mais cesse épandre delà lumière dès qu'elle a été coagulée iplétement.
îelalivèment aux circonstances dans lesquelles animaux vivants luisent, voici ce que les expéices ont appris à cet égard. La phosphorescence imence ordinairement à la fln du crépuscule ; parties luisantes apparaissent alors comme de its points , qui grandissent peu à peu. Si l'on reuc les animaux dans un endroit obscur , avant oucher du soleil , ils commencent à luire Jongips avant le crépuscule. Si on les expose à la luîre tandis qu'ils répandent des lueurs , l'éclat de leg-ci diminue sensiblement , mais il ne tarde à reparaître dans l'obscurité. La lumière s'éteint
à l'aube du jour , excepté dans deux points du dernier anneau, qui continuent à jeter une faible lueur, ainsi que Razumowsky et Macaire l'ont fort bien observé. Macartney dit avoir remarqué que les insectesne luisent pas le soir quand ils ont été soustraits dans la journée à l'action de la lumière solaire. Macaire assure avoir fait la même observation , du moins le premier jour de l'expérience. Au contrairej Todd et Murray ont trouvé que toutes les espèces, quoique ayant été tenues pendant le jour dans des endroits obscurs, n'en luisaient pas moins le soir, et même beaucoup plus tôt que quand elles avalent été exposées à la lumière du jour.
Carradori , Brugnalelli , Macartney, Treviranus et autres ont observé que l'émission de la lumière est soumise à la volonté des animaux. Mueller et Blurray pensent que la phosphorescence est volontaire, en ce sens seulement que les animaux peuvent retirer et cacher les organes lumineux derrière des parties opaques. Treviranus explique le phénomène par la faculté qu'ont les insectes d'accélérer ou de ralentir la respiration, et par l'influence de l'air sous laquelle il prétend qu'est l'intensité de la lumière. Macaire croit qu'on ne peut pas nier l'empire de la volonté sur la production de la lumière , attendu que le bruit et un coup porté à l'animal le déterminent quelquefois à cesser de luire, et que la lumière disparaît alors, excepté dans les deux points du dernier anneau. Ce physicien attribue la cause du phénomène à l'influence des nerfs. Il est constant d'ailleurs que la lueur augmente par l'effet des mouvements du corps.
La phosphorescence des animaux vivants est dépendante de la température de l'air. Dans les circonstances ordinaires , les animaux , d'après les expériences de Macaire, ne luisent qu'à une température atmosphérique supérieure à 12 degrés. Si l'on plonge un insecte vivant qui ne luit pas dans de l'eau ayant la température de 13 degrés, la lumière paraît quand on échauffe le liquide jusqu'à 25 ou 31 degrés , et augmente jusqu'à 41 : à ce moment l'animal périt, sans que la phosphorescence cesse ; mais elle disparaît à 57 degrés. Si on laisse l'eau se refroidir, la lumière s'éteint quand la chaleur tombe au-dessous de 25 degrés. Si l'on jette des insectes vivants dans de l'eau ayant une température de 43 à 51 degrés, ils meurent sur-lechamp, mais répandent une lueur très-vive. A 62 degrés la lumière s'éteint, et il n'est plus possible de la ranimer. Lorsqu'on chauffe les animaux dans l'air , les mêmes phénomènes ont lieu : seulement la phosphorescence ne cesse qu'à une température un peu plus basse. Les rayons solaires qu'on fait tomber sur l'insecte à travers un verre lenticulaire, excitent aussitôt la lumière à se montrer. Si l'on" expose des animaux qui luisent à un froid arliticiel, leur éclat diminue peu à peu , et il disparaît dès que la température devient inférieure à 1 2 degrés. A zéro les animaux périssent , mais une chaleur de 21 degrés peut encore reproduire la lumière. Ces expériences s'accordent avec celles qu'ont faites Spallanzani et Carradori. D'après les observations de Hulme, Spallanzani el Ileinrich , la phosphorescence cesse à la congélation des lampyres, mais reparaît quand on fait déceler les aui-
TRAITÉ DE VUT810LOGIK
maux, quoique coux-ci ne rcprcnucnt pas vie, La phosphorescenoo est encore sous la dépendance de l'air atmospliërique. Macaire mit des vers luisants sous le récipient d'une bonne machine pneumatique, et vit la lumière disparaître à mesure qu'il soutirait l'air. Lorsqu'il faisait rentrer ce dernier tout-à-coup , la phosphorescence reparaissait vivement. Il pouvait ainsi éteindre et ranimer la lumière en soutirant et laissant rentrer alternativement l'air. Il renferma un lampyre dans un tube de verre , et enleva l'air, ce qui ne tarda pas à entratncrla mortde l'insecte; lorsqu'ensuite il fil chauffer le tube jusqu'à 50 degrés, la phosphorescence ne reparut point , et cependant elle redevint sensible quand l'air put rentrer dans le tube. Ces expériences ont été très-souvent répétées avec le même résultat.
Les lampyres devinrent très-vifs dans legazoxigène, et lorsqu'on accrut la chaleur, ils répandirent une lumière très-brillante , qui parut plus forte que dans l'air atmosphérique. Quand Macaire plongeait des lampyres luisants dans ce gaz , la phosphorescence augmentait; mais elle cessait au bout de quelque temps. Le même phénomène a été observé par Forsler, Lichtenberg, Spallanzani , Carradori ^t Sorg. Hulme, Davy , Hermbslaedt , Heinrich et Murray disent, au contraire, n'avoir point vu la lumière devenir plus intense dans ce gaz. Le gaz oxide d'azote produisait presque le même effet , d'après Macaire. Les insectes périssaient de suite dans le chlore ; cependant, à l'aide d'une faible chaleur, il se manifestait une lumière rougeâtre, au lieu d'être yerle jaunâtre, mais qui ne tardait pas à disparaître. La phosphorescence cessait rapidement dans le gaz hydrogène ; les anima,ux périssaient, et leur lumière ne pouvait plus être ranimée par l'action de la chaleur. Les gaz acide carbonique, hydrogène sulfuré, hydrogène carboné et azote , déternainent absolument les mémes effets, ainsi que Hulme , Spallanzani , Razumowsky, Macartney , Hermbstaedt, Grollhuss et Heinrich s'en sont assurés. H. Davy et Murray ont vu la phosphorescence ne point s'affaiblir dans le gaz hydrogène. Murray prétend qu'elle a continué aussi dans le gazacide carbonique. Si l'on plonge des lampyres luisants dans de l'eau, leur lumière disparaît au bout de quelques minutes. Cet effet paraît devoir être attribué au froid , d'après les expériences de Macaire , car la lumière s'éteint d'autant plus vile que la température de l'eau est plus basse, tandis que la phosphorescence dure long-temps dans l'eau échauffée jusqu'à 31 degrés. Ce phénomène cesse dans l'alcool au bout de deux minutes , et l'on ne peut plus ensuite le reppeler par la chaleur. La lumière s'éteint sur-le-champ dans les acides minéraux concentrés, au bout de quelques minutes seulement dans ceux qui sont étendus, et ne peut plus être ranimée ensuite par aucun moyen.
Macaire exposa des lampyres non luisants à un eouranl électrique , sans qu'il en résultât d'effet sensible. Ayant fait tomber une étincelle delà bouteille de Leyde sur des insectes de ce genre , il ne se manifesta aucun dégagement de lumière. Un lampyre vivant, et qui ne luisait pas, ayant été placé dans le circuit galvanique , commença à ré-
pandre une lueur faible. Ce physicien ayant hn mectô un insecte avec un peu d'eau , et amené gwr lui le fluide galvanique, au moyen de deux fil» platine , le vit luire sur-le-champ. Le dégagement de lumière dura tant que l'animal fut exposé à l in. fluence du galvanisme, et sa température augtnenû d'environ un demi-degré. Un pôle seul n'excilait point la phosphorescence. Un lampyre fut décapité et un fil conducteur enfoncé dans letronc jusqu'aoi anneaux luisants , tandis que l'autre fut appliqué sur le corps de l'insecte un peu humecté ; la chaîne ayant été formée, on observa la phosphorescence la plus vive. Des lampyres que l'étincelle éleclrique n'avait pu faire luire, devinrent lumineux sur-le. champ par l'action du galvanisme. Ce dernier agent n'excite point la phosphorescence dan« le vide mais il la fait paraître dès que l'air peut avoir accèi! Tous les excitants mécaniques et chimiques qai causent de la douleur aux lampyres , excitent la lumière, d'après les expériences de Todd. Suivant «e physicien, divers poisons, une dissolution alcoolique d'iode , la teinture d'ellébore noir , celle de noix vomique, le cyanure de mercure et d'ammoniaque, tuent les lampyres, et cependant la pho»phorescence de ces animaux persiste encore quelque temps après leurmort. Quand on sépara la léte dd tronc d'un insecte vivant , ou qu'on coupa les anneaux lumineux , la lumière s'éteignit an bout de cinq minutes ; le corps et les anneaux se mirent quelque temps après à exécuter des mouvements, et la phosphorescence reparut alors, quoique faiblement, mais elle devint plus vive sous l'influence de la chaleur.
Les naturalistes sont partagés d'opinion sur la cause de la phosphorescence des lampyres. Beccaria et Monti la comparaient à celle des minéraux qui luisent après avoir été exposés au soleil. Carradori et Brugnatelli pensaient que la lumière combinée avec les substances organiques , est ingérée par les insectes avec leurs aliments , et qu'elle »e dégage sous forme apercevable pour nous à la suite d'une opération vitale de leur part. Spallanzani et Grotthuss regardaient le phénomène comme l'effet d'une combustion qui est entretenue par l'influence du gaz oxigène de l'air atmosphérique. H. Davy, Heinrich et Treviranus l'attribuent à une matière contenant du phosphore , qui se sépare des humeurs de l'animal pendant la vie , se combine avec le gu oxigène de l'air atmosphérique qu'amène la respiration , devient, comme le phosphore , lumineuse en brûlant. Cette opinion se fonde sur la présence de l'acide phosphorique dans les humeurs animale», sur la grande analogie qui existe entre la luroier» du phosphore brûlant avec lenteur et la lumière animale, enfin sur ce que la phosphorescence des insectes a lieu dans les mêmes circonstances que celle du phosphore , sur ce que la chaleur et le gaz oxigène la rendent plus vive , tandis que le froid elle* gaz irrespirables l'élcignent. Macartney et Todo considèrent le phénomène en question comme une opération immédiate de la vie , comme une action vitale , comme un effet ou une maniff slalion de » force vitale. Ils pensent que les innuences cxiérieores, la chaleur, l'air atmosphérique, le gaz oxigeo* et. autres excitants , ne sont capables de produire »
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
îphorescenco qxi'auJant qu'ils eïallent la vitades animaux , nolammenl la sensibililé de Tor- ; hnuineux , et qu'elles pourraient la diminuer 1 faire cesser en dimiimanl ou anéantissant l'acé \ilale. Celte hypothèse n'est guère admissible, e que les parties lumineuses et la matière qui ind la lumière continuent de luire même après r été séparées du corps de l'animal , et après tinction des manifestations de la vie , quand s sont placées dans les conditions qtii sont indi- ?s plus haut , ainsi queMacaire et Murray l'ont hors de doute par des expériences multipliées. )esajil bien toutes les circonstances , la phos-
escence semble dépendre d'une matière qui est iuile par les changements décomposition dont le s'accompagne, et , à ce qu'il paraît , sécrétée ta masse des humeurs par des organes parlicu- .Celiquidecontieut vraisemblablenaent du phosre , ou une substance combustible analogue , qui irabineavec l'oxigènede l'air ou de l'eau aérée, le température moyenne, et produit ainsi ledé- ;ment de lumière. La préparation et la sécrétion cette substance sont des actes de la vie , qui ngent , augmentent ou décroissent par l'inoce de stimulations du dehors , dont l'action sur animaux modifie leurs manifestations de vie. s la phosphorescence elle-même tient à la coration de la matière sécrétée , et ne peut point
regardée comme un acte vital, parce que, dan» aines occasions , elle persiste des jours entiers , ne après la mort de l'animal. Tout ce qu'ott l dire sur la destination de la lumière pour l'é- Dmié des insectes luisants , c'est que probableit la préparation et la sécrétion de la matière incuse importent à la conservation de la vie de animaux. Nous ne contesterons pas non plus celte lumière ne permette aux sexes de se trouplus facilement à l'époque de la^ copulation; du ns observe-l-on que les mâles sont attirés par objets qui brillent. Peut-être même sert elle à garantir des agressions de certains ennemis, a phosphorescence est un phénomène rare ni les animaux aériens des classes supérieures, endier, Slurm el autres ont vu les œufs de lé- 1 gris répandre de la lumière. Il paraît aussi^ rès les observations de Rolander, qu'une es- 9 de crapaud ou de grenouillequi vit à Surinam, lumineuse. L'urine est phosphorescente chez Iques mammifères, suivant ce qo'Âzara elLangsf disent àes viverra mephitis et putorius, d'às ouï-dire. La même chose arrive quelquefois urine et à la sueur de l'homme, dans des cir> stances que je ferai connaître plus tard, luelques naturalistes , F. -A.-A. Meyer, Pallas» nrich et G.-R. Treviranus, ont rangé ici le scin- ;ment des yeux de plusieurs mammifères, des ts, des chiens, des loups, des renards, des mar-
et d'autres carnassiers , comme aussi des bre-
des vaches et des chevaux. Pallas pensait que umière de ces animaux émanait de la membrane veusfr de l'œil, et il la regardait comme un phénène électrique. B. Prévost a observé le scintillent des yeux non-seulement chez les chats cl chiens, mais encore chez la brebis, la vache et :;heval, en général dans les animaux dont l'œil
renferme ce qu'on appelle un tapis. Il l'a vo aussi dans les yeux de divers ophidiens et de quelques insectes, particulièrement du sphinx tète do mort. Ce phénomène n'avait jamais lieu dans l'obscurité complète, et n'était produit ni volontairement ni par suite d'émotions morales; mais il provenait uniquement de la réflexion de la lumière qui était tombéedans l'œil. Gruithuisen a trouvé également, dans ses^ expériences, qu'il n'émane aucune lumière des yeux dans les endroits tout-à-fait obscurs, et que cette émission n'a lieu que quand la lumière, après être parvenue dans l'œil, quoiqu'à un faible degré, se trouve réfléchie. Il a reconnu en outre que lesyeux des chats, tant vivants que morts, scintillaient. J'ai moi-même observé ce phénomène sur une tête de chat qui, depuis vingt heures, était séparée du tronc ; il ne disparut que quand les humeurs oculaires furent devenues troubles. Tout récemment, Esser a fait, sur la scintillation des yeux, des expériences qui l'ont conduit aux mêmes résultats. Les yeux de chats, de chiens, de lapins, de brebis et de chevaux ne brillaient pas dans des en-' droits complètement obscurs. La réflexion de la lumière avait lieu sur les yeux morts, après l'enlèvement de la cornée, de l'iris et du cristallin. Le phénomène ne peut donc point être mis au nombre des effets phosphoriques.