V. Mouvements de formation et de nutrition
Il y a, dans tous les animaux , des mouvements qui se rattachent aux phénomènes do l'origine et de la formation des organismes animaux et de leurs parties, à ceux de la nutrition , de l'accroissement et du décroissemenl, à ceux enfin du renouvellenaenl continuel de matériaux que nécessite l'exercice de la vie. Ces mouvements n'ont pointencore été jusqu'à présent reconnus d'une manière immédiate par les sens, mais nous devons conclure leur existence des changements de consistance et de composition, de l'augmentation et delà diminution de masse, enfin des changements de structure olde texture que les animaux offrent, en général et dans toutes leurs parties, pendant le cours de la vie, phénomènes qu'on ne peutconcevoir sans de continuels mouvements internes de la matière qui les constitue.
Les premières manifestations de la vie, quand un animal naît, sont accompagnées de mouvements dans la matière du germe, puisque les parties constituantes de cette matière se réunissent d'une manière déterminée, correspondant à l'espèce qui a produit le germe, et représentent ainsi une trame organique. Les premiers mouvements de cette sorte ont lieu avant la formation du sang, des vaisseaux sanguins , du cœur, des muscles et des nerfs, et ne peuvent par conséquent point être des effets de tous ces organes. Loin de là, nous devons bien plutôt considérer ceux-ci comme étant les produits des mouvements de formation. Une fois formés, ils contribuent pour leur part au développement ultérieur du germe, en vertu des facultés vitales qui leur ont été données par l'activilé plastique. Chaque tissu, chaque organe, chaque appareil d'un corps animal a sa manière propre de naître , et se développe dans des directions déterminées , ce qui suppose des mouvements dans les molécules en travail de formation. Ces mouvements ne sont pas communiqués du dehors à la matière organique du germe, qui doit les accomplir d'elle-même et par une activité spontanée.
On ne peut non plus concevoir sans mouvements l'accroissement et l'amplialion des organes une fois formes, opération dans laquelle ils attirent des particules du suc formaleurqueles vaisseaux leur amènent, se combinent avec elles, et les font entrer dans leur texture et leur structure. Toutes les parties animales subissent en outre, durant leur existence, des changements dans leur volume, leur forme, leur composition chimique et leur texture. Dans le travail de la nutrition, et pendant le changement que subit leur matériel, des principes constituants du suc nourricier passent dans leur trame organique, et s'y solidifient, tandis que des molé-
cules de cette dernière retournent à l'état ûmm Les mouvements de formation sont , comme » été démontré plus haut, différents de tous J qu'on observe dans les corps sans vie, et onuenl"'! les expliquer par aucune cause mécanique ouX mique. Voilà pourquoi nous les avons considS comme des effets d'une force organique spécij!' la force de formation ou de nutrition. Nous avi^' rangé aussi dans cette catégorie les mouveme^ qui accompagnent la préparation et la sécrétion 21 humeurs. •
Les mouvements dont il s'agit s'exécutent, daiu les diverses espèces d'animaux , dans chaque parUa et chaque organe, avec des modifications spécial^ et déterminées , qui les maintiennent en exercice pendant un certain laps de temps. Dans tou» lu
animaux compliqués, lapremière impulsion est doi. née aux mouvements plastiques par l'acte de lagf nération. Quoique cet acte trace une directionspé. ciale à leurs effets , cependant ils dépendent aaiti de conditions et influences extérieures, d'un certain degré de chaleur, de l'air, de l'humidité et dai matières alimentaires. Ces diverses circonstanc» peuvent même les modifier, dans la circonscrif. lion toutefois de certaines limites. Ainsi nous vojo^ des parties qui sont exposées à une stimulation coi» linuelle, offrir des changements dans leurformatioB et leur nutrition. Tel est, en particulier , le cas phénomènes de l'inflammation, qui se développeit à la suite d'irritations mécaniques, chimiques etao- Ires; tel est aussi celui de tant d'autres formation! pathologiques qui se manifestent après des irritt lions inaccoutumées. On peut encore citer ici 1^ phénomènes plastiques qui succèdent aux blessures.
Les mouvements qui accompagnent l'acte delà formation et de la nutrition des animaux en général et de leurs parties, sont la condition de tous lesaatres mouvements visibles, de la contraction et de l'expansion des muscles irrités, des phénomènes de contractililé du tissu cellulaire et d'autres tissas non musculeux, des mouvements des humeurs, et des mouvements de turgescence, en tant que les parties dans lesquelles on observe ceux-ci sont des produits de la force plastique, et ne conservent l'aptitude aux mouvements qui leur sont propres qu'aussi long-temps qu'elles sont nourries et qoe la nutrition les maintient en possession de leurs propriétés vitales.