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III. Mouvements des globules dans les sucs forma' ^ teurs

Les globules contenus dans le suc formateur oa nourricier des plantes, ont, comme ceux du saog des animaux, la propriété de se mouvoir , ainsi qu'il résulte des observations déjà précédemment rapportées do G.-R. Treviranus et de Schuli. C. Mayer a vu aussi, avec le secours du microscopet des mouvenwnts en sens divers dans les globule* du suc qui s'écoulait d'iucisions faites aux feuille*

CÉNÉnALE ET

, lUisneria spiralis, de chara vulgaris , d'anthentostratum et de tropœolum majus. 11 a égalet observé des mouveraenls dans le suc encore

, enu dans les cellules et les vaisseaux du vallis-

1 t, des chara el du lemna polyrrhiza. Ces uiouiuls étaient plus vils sous l'influence de la lue. Mayen a remarqué de même les niouvets des globules du suc dans les cellules des a, vallisneria, hydrocharis , strattoles, sagittacucurbila, cucumis et potatnogeton. Ils élaient

i lérés par la chaleur et raienlis par le froid, arrêlaient dans le vide. Les substances acres élerminaient la suspension. On peut encore uer cil faveur de la mobilité spéciale el prolesglobules du suc, les mouvements des grains i dans les articulations des conferves, qui ont )bservé8 , à l'aide du microscope , par lugens, Girod-Chanlran , Vaucher el L.-C. Trevi-

a été également observé , dans les corpuscuphériques des grains du pollen, des mouve- Is qui ont donné lieu à des contestations dans derniers temps. Needham el Gleicben avaient reconnu que , quand les grains de pollen lient à éclater, il en sort de petits corpuscules lorsqu'ils tombent dans l'eau , s'y meuvent me des animalcules infusoires. Schmiedel I que même les petits globules qui se trousur les tiges du jungermannia pusilla , et (edwig regardait comme des organes généra- 5 mâles, rejetaient de petits corpuscules qui osient avec vivacité dans l'eau. Un phénomène ogueaélé remarqué par Nées le jeune dans lobules desanlhèresdu tphagnum capilUforme. mouvements de tournoiement ont élo aperpar Aiuici dans les particules polliuiques portulaca spinosa. GuiMernin a observé 3ment qu'au moment où les grains du policlalent, il s'en échappe un liquide qui ne se ! point avec l'eau , el qui conlienl une multide très-petits globules , lesquels se meuvent lant longtemps. Il comparaît ces globules aux lalcules spermutiques. Alex. Brongniarl a vu léme de petits corpuscules sphériques ou ellip- !s dans les grains polliniques du pepo macrO' >us, de plusieurs malvacées el d'un grand nomd'aulres plantes, el il a observé les mouve- Is de ces corpuscules après que les grains ent crevé dans l'eau. Ces mouvements se manilienl, dans le pepo, sous l'apparence d'une ostion lente, accompagnée de déplacement ; dans libiscus palustris et syriacus , le sida hastata î rosa bractcata, ils élaient très-vifs , el les ules, en les exécutant, changeaient quelquede forme el se courbaient. Ces corpuscules, appelait granules spermatiques , et qui varient, le voiumeetla forme, dans les différenlsgenres lanles , lui sembiaientaussi être analogues aux lalcules spermatiques; il leur attribuait, comme s derniers, un mouvement spontané, qui ne esl point communiqué du dehors. Leur mouents'arréle dans l'alcool.

obert Brown a vu sortir des grains polliniques larkkia pulchella , au moment où ils se déchi- 3t, des particules d'une forme intermédiaire

entre la cylindrique el l'ovale, et qui 8e mouvaient dansl'eau. Le mouvement de ces particules ne consistait pas uniquement en un changement de leur silualion relative, mais assez souvent aussi en une mutation de forme, attendu qu'une inflexion ou courbure devenait sensible en elles. R. Brown s'est convaincu que les mouvements ne provenaient ni de courants existants dans le liquide, ni de l'évaporalion lente de ce dernier. lia reconnu des particules, ou , comme il les appelle , des molécules semblables dans les grains polliniques d'un grand nombre de plantesdes diverses familles appartenant aux deux grandes divisions des végétaux phanérogames. Elles avaient une forme tantôt obi ongue ,. tantôt sphérique , et leurs mouvements s'accompagnaient toujours d'un déplacement , parfois aussi d'un changement de forme. Plusieurs plantes de diverses familles , principalement de celle des graminées , dont les grains polliniques- sont transparents , lui offrirent les mouvements des molécules dans les grains eux mêmes. Il a observé aussi des molécules mobiles dans les organes des Tégélaux cryptogames , les mousses et les prêles en particulier, que quelques botanistes considèrent comme des étamines. Il a reconnu les mouvements, nonseulement dans les particules des grains du pollen frais, mais encore dans ceux du pollen de plantes qui étaient eonservées depuis vingt-cinq ans eu herbier. EnGn, il a vu des molécules sphériques et exécutant des mouvements dans d'autres parties de plantes qu'il avait écrasées dans l'eau.

D'abord il prit ces particules pour les molécules élémentaires des corps organisés qu'ont décrites Buiion , Needham , Wrisberg, MuUer et autres, parce qu'il en découvrait dans les tissus, tant végétaux qu'animaux , quand il les écrasait, vivants ou morts , dans l'eau , et les réduisait en fragments de la plus grande ténuité. Mais il revint de celte opinion , quand . après avoir examiné des corps inorganiques an microscope, il eut observé des molécules semblables, déforme sphérique, et exécutant des mouvements, non-seulement dans le bois fossile , mais même dans le verre , le granité , l'obsidienne , la lave, la pierre ponce, le manganèse , le nickel, le bismuth, l'arsenic et autres substances inorganiques réduites en poudre Irès-ûne et délayées dans l'eau. Lescendres de matières organiques brûlées, du bois, de la toile, du papier, du colon, de la laine, de la soie, des poils et des Cbres musculaires , lui en offrirent également lorsqu'il les eut jetées dans de l'eau. D'après cela il présume que tous les corps solides du règne organique et du régne inorganique sont composés de molécules actives. Les plus petites particules mobiles ont une forme sphérique , et leur volume esl d'un vingt-millième à un Irenle-miliicme de pouce. Répandues dans de l'eau , et nageant au milieu de ce liquide, elles y exécutent des mouvements qui ne leur sont point communiques par des courants , qui ne résultent pas non plus de l'évaporation, mais qu'elles accomplissent en vertu d'une activité propre et qui leur est inhérente.

D'après ces recherches, les mouvements des particules contenues dans les grains polliniques paraissent ne point être des phénomènes organiques

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE

OU vitaux. Raspail croit aussi devoir conclure de ses obseï valions que les corpuscules dont il s'agit lie peuvent pas être considérés coinaie des animalcules spermaliqnes , mais que ce sont des {gouttelettes d'une substance résineuse qui , après avoir été rejelées hors des grains , se tiennent éloignées les unes des autres à cause du peu d'attraction qu'elles ont pour l'eau.

II faudra donc encore de nouvelles recherches , portant principalement sur la manière dont divers excitants se comporteront à l'égar^l des particules du pollen , pour décider si les mouvements de ces dernières doivent être ou non regardés comme des manifestations de la vie.

Euûn , je dois parler encore des mouvements remarquables qu'exécutent les grains germiualeurs de diverses conferves, lesquels, après leur séparation du végétal qui les a produits . se meuvent à l'iostar d'infusoires. Des mouvements de ce genre ont été observés par Nées d'Esenbeck , dans les corpuscules reproducteurs du nostoch et de ïectosperma clavata. G.-R. Treviranus et Dittmar les ont vus dans ceux du batrachospermum el du conferva compacta. Bory de Saint-Vincent a observé ]a propagation par des germes vivants doués de la laculté de se mouvoir (zoocarpes) dans le groupe nombreux des plantes analogues aux eonferves , les zoocarpées , de la famille des arthrodiées. Gruitbuisen a trouvé que les corpuscules reproducteurs d'une petite espèce de conferve (conferva ferax) , se mouvaient librement comme des infusoires. Garus a été témoin d'un phénomène semblable. Nées d'Esenbeck a réuni les genres dont les grains germinaleurs ont offert des mouvements en une famille qu'il désigne sous le nom à'hydronemateœ , elqui correspond sous beaucoup de rapports à celle des arthrodiées de Bory. F. Unger a tout récemment examiné aussi les corpuscules reproducteurs de ïectosperma clavata : il a vu naître aux Clamentsde petits globules verts, qui se détachaient ensuite , el nageaient dans l'eau comme des animalcules infusoires : lorsque ces corpuscules cessaient de se mouvoir, ils se développaient en filaments de eonferves. Gaillon el Desmazières croyaient déjà avoir remarqué que les globules qui exécutent des mouvements , se disposent en série les uns à la suite des autres, et que de là naissent des filets nouveaux de eonferves. Ingenhouss , G.-R, Treviranus , Girod-Chaulran et autres ont émis une opinion analogue, celle que la matière verte de Prieslley se forme d'une réunion d'infusoires, et qu'elle se résout aussi ea infusoires.

Ces diverses observations paraissent démontrer d'une manière à peu près certaine que les corpuscules reproducteurs de certaines eonferves exécutent des mouvements qui ressemblent à ceux des infusoires , et que ces corpuscules, après avoir joui pendant quelque temps de ce mode de vie , germent à la manière des grains séminaux d'autres cryptogames ^ et représentent alors des filaments de eonferves.

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