‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 80 sur 102 · V. Mouvements dès feuilles · texte numérisé non relu

V. Mouvements dès feuilles

Les feuilles exécutent des mouvements endiver ses circonstances chez la plupart des plantes. Non* seulement elles ont une situation el une direction déterminées, par suite du développement etde l'accroissement, mais encore elles les reprennent quanl des influences mécaniques leur en ont fait cbaDger. Les feuilles d'un grand nombre de végétaux cbangent de directifin pendant la journée. Celles de plusieurs sont même mises en mouvement par àet actions extérieures et des excitations d'espèce diverse. Enfin , celles d£ quelques-uns sont dans UM oscillation continuelle. Examinons déplus préscM mouvements.

Les feuilles de presque toutes les plantes ont oM situation telle qu'une de leurs faces, la pUis colorée, se trouve tournée en haut el exposée à l'ilt' fluence de la lumière, tandis que celle qui •stii' moins colorée regarde en bas. Si l'on relire feuille de celte situation , el qu'on la retourne, ne larde pas à reprendre sa direction primitif*» ainsi que Bonnell'a prouvé par de nombreuses exp^ riences. La torsion s'effectue dans les pétioles on dans leurs nœuds et articulations , et elle a lieo plus rapidement dans les feuilles des herbes qu* dans celles des arbres. Du reste, on l'observe l«B* chez les plantes qui vivent dans l'air que chez cclW qui habitent l'eau , et elle s'opère même cbei le*

GÉNÉRALE ÎT COMPARÉE.

p) ères loTsque leurs branches sont plongées ét,i 'eau. Elle se fait aussi dans le vide. Elle s'exécii a nuit comme le jour , mais avec plus de rapii cependant sous l'influence de la lumière soul La saison influe sur ce mouvement , car il est pti| irompt par un temps chaud , sec et serein, que 1 temps froid, humide et couvert. Sa rapidité jamais plus grande qu'au soleil. Lorsque les u es ont déjà été retournées plusieurs fois , la t. n s'opère avec lenteur. La répétition fréquente d. xpérience est nuisible à la vie de la feuille. 1 le pétiole a été percé dans le nœud, le mouit se fait d'une manière lente , et après plupiqûres, il cesse lout-à-fail. Un fait digne de n que , en outre, c'est que les feuilles de branque Dutrochet avait exposées à un mouverotaloire dans un ballon de verre , dirigèrent ace supérieure vers le centre de rotation , et i ieure vers la périphérie. Ce phénomène avait h u moyen d'une torsion dans les pétioles.

tendance des feuilles à conserver la situation e lirection qui leur sont communiquées par le <^ oppementet l'accroissement, et à les reprenland elles en ont été détournées par une action n nique extérieure , paraît tenir à un afflux de i; e vers leurs vaisseaux , et à un état dp turgesc qui en résulle , état duquel dépendent leur p on et leur déploiement. Ce qui vient à l'appui â '. le hypothèse, c'est que les feuilles des plantes qi'ianquent d'eau se relâchent, se détendent, se £i ; t et deviennent tombantes; mais, à mesure

0 ; végétal absorbe du liquide, les feuilles se T -ssent promptement et s'épanouissent. On peut e e alléguer en sa faveur que ces mouvements (1 ;uilles sont activés d'une manière toute spé- " par l'action de la lumière solaire, qui favorise

lence de la sève vers les feuilles, et entretient j ilalion et l'échange de matériaux gazéiformes.

1 ésentent également plus de rapidité dans les splantes en état dedéveloppement, à l'époque

c inlemps, où la sève marche avec plus de vit , que dans les végétaux plus âgés, à l'automne, c courant de la sève versla périphérie diminue. • ndant les pétioles, leurs vaisseaux ou leur I cellulaire, paraissent jouir d'un certain degré f) ntractililé, en vertu duquel, après avoir été t de leur situation , ils font effort pour s'y re- ' r. Les feuilles des plantes qui ont été expoi l'action de substances vénéneuses , perdent <: propriété.

j feuilles d'un très-grand nombre de végétaux < (it dans leur direction des changements corres- » anis aux diverses heures du jour. Ce phénoétait déjà connu jusqu'à un certain point de phraste et de Pline. Acosta et Prosper Alpin i ' ent observé sur les feuilles pinnées de quelplantes des pays chauds. Linné y consacra une lion spéciale , et lui donna le nom peu conveï de veille et de sommeil des végétaux. Déplus es recherches à ce sujet ont été faites par Il , R. Pulleney , R.-A. Vogel , Zinn et autres, ndant la journée , les feuilles sont déployées et lues, et leur face supérieure, exposée à l'imion de la lumière solaire, est la plupart du s concave ou un pea cannelée. Celles d6 di-

verses plantes herbacées , par exemple de Vhclianthus annuus , de ïlielianthemum annuum, du croton tinctorium , etc. , suivent mèm« le cours du soleil dans leur situation.

Vers le soir , ces organes prennent une autre direction. Les feuilles simples qui sont opposées , tantôt se redressent de manière à se toucher par leurs faces supérieures , comme dans plusieurs espèces à atriplex et d'asclepias , tantôt s'appliquent contre la tige , comme dans le sida abutilon et Vœnothera mollis. Certaines forment un entonnoir qui enveloppe les fleurs, telles que celles du malva peruviana , de ïiva anniia , et de plusieurs espèces do parthenium , amaranlhus et dalura. Dans d'autre» plantes encore , les feuilles abaissent leur pointe et couvrent les fleurs à la manière d'une voûte, comme dans Vhibiscus sahdariffa , Vimpatiens noli me tangère , le sig^sbeckia orientalis , le millera quinque-' flora , etc. Des mouvements plus marqués s'aperçoivent le soir dans les feuilles composées et pinnées , dont les pétioles se courbent de haut en bas vers la tige , et dont les folioles prennent une autre, direction. Dans plusieurs de ces plantes , ces folioles s'appliquent les unes contre les autres par leurs fa' ces supérieures , ce qu'on voit dans le eolutea arho^ rescens , l'hymenœa courbaril , le lathyrus odoratus, le psoralea pinnata , et les espèces de bauhinia. Dans d'autres , telles que le tamarindus indica , le gleditsia triacanthos, Vhœmaîoxylon , etc., les folioles fermées s'abaissent en même temps comme des tuiles sur le pétiole. Dans le lotus tetragonolobus et le trifolium incarnatum , il n'y a que les sommets des folioles redressées qui se touchent. Enfin, dans beaucoup de végétaux , les folioles se penchent vers la terre , et leurs faces inférieures s'appliquent les unes contre les autres , comme dans le robinia pseudacacia , Vipomœa œgyptiaca , le glycina abrus , et plusieurs espèces de lupinus , de cassia^ de glycirrhiza , à'oxalis , elc.

A ces mouvements, qui varient suivant l'époque du jour , peuvent être également rapportés l'épanouissement et l'occlusion périodiques des cavités pciiolaires du nepenthes destillatoria el du phyllampliora madagascariensis .

La plupart des écrivains sur la physiologie végétale ont cherché la cause déterminante de ces mouvements dans l'influence d'agents extérieurs sur les plantes , et dans la variation que cette influence exerce aux divers moments de la journée. Quelques-uns les ont crus dépendants de la lumière ; d'autres les ont attribués aux vicissitudes de la température , et d'autres encore aux divers élals d'humidité de l'atmosphère. On a dit que la présence de certains stimulants pendant le jour met les feuilles en activité, ce qui entraîne leur déploiement , tandis que le défaut de ces mêmes excitations pendant la nuit les fait tomber dans le repos , le relâchement et l'affaissement. La direction différente de ces organes selon les époques de la journée , tant leur redressement et leur expansion durant le jour, que leur abaissement et leur plissement pendant la nuit, doit être considérée comme ]e résultat d'un état d'activité dans l'un et l'autre cas. Linné avait déjà dit que le sommeil des feuilles no peut point être attribué à un relâcliemeul , et qu'il

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE

diffère tout-à-fait de l'affaissement qu'on remarque en elles quand elles se fanent ou que le végétal manque d'eau. Cet état s'accompagne, au contraire, d'un certain degré de tension. Si l'on cherche à faire sortir une feuille qui s'y trouve de la situalion qu'elle a prise, elle fait résistance , et, abandonnée ensuite à elle-même, elle reprend vivement la position qu'on lui a fait perdre, ainsi que l'ont observé plusieurs botanistes.

On peut encore alléguer comme argument favorable .î l'hypothèse d'après laquelle les mouvements périodiques des feuilles dépendent d'états \ilaux intérieurs, qu'ils varient suivant la marche de la nutrition , de l'accroissement et du développement. Chez les plantes jeunes , robustes, qui végètent avec vigueur , et qui sont dans la période d'accroissement, on les voit plus vifs que chez les végétaux âges , mal portants, et chez ceux qui soni •déjà défleuris.

Les changements de direction et de situation que les feuilles éprouvent en raison des époques de la journée , ont leur source, comme ceux d'accroissement et de formation, dans une activité intérieure des plantes, sous l'influence d'agents extérieurs, de la lumière et de la chaleur. Ils paraissent être produits immédiatement par des variations dans l'affluence de la sève, et dans le degré de turgescence qui dépend de là. Sous l'empire de la lumière solaire , qui s'exerce pendant le jour , et sous celui de la chaleur, qui se trouve alors plus élevée , les mouvements de nutrition et d'accroissement deviennent plus vifs, et celui de la sève est accéléré. Ce liquide monte en plus grande quantité , se répand dans les vaisseaux des feuilles , et les met dans un état de turgescence qui s'accompagne du déploiement et de l'expansion de ces dernières. Les opérations de la respiration, de l'exhalation et de l'échange de matériaux aériformes , s'exécutent alors d'une manière plus vive et plus rapide dans les feuilles. Lorsqu'au contraire, pendant la nuit, la lumière solaire étant absente et la température de l'atmosphère abaissée, l'accroissement végétal devient moins énergique, le mouvement de la sève plus lent et la respiration moins active , il arrive moins de liquides aux vaisseaux des feuilles , et celles-ci s'affaissent La sève parait alors s'accumuler davantage dans les nœuds et renflements des pétioles , peut-être même celle que contenaient les vaisseaux des feuilles se retire-t-elle là. Il en résulte , dans ces parties, une turgescence et un certain degré de tension, qui ont pour effet leur changement de direction et de situation. La cause pour laquelle les feuilles et folioles de quelques plantes «'abaissent , pendant la nuit , contre les nœuds et l enfleraenls des pétioles, tandis que , dans d'autres végétaux , elles se redressent, tient probablement aux modes divers de disposition dis vaisseaux dans ces nœuds et renflements, circonstance à l'égard de laquelle il n'a cependant point encore été fait de recherches anatomiques. On peut dire , en faveur de la dépendance dans laquelle les mouvements des feuilles sont supposés être des variations dans l'affluence de la sève , et des différents degrés de turgescence qui résultent de là , sous riqflucnce dfe la chaleur et de la lumière , que cer-

taines plantes , par exemple , l'euphorbia, lathvrit 1 octjmum fruticosum , Vasclepia» curassavica |« sotanum bahamente , etc. . offrent, durant rhiter un changement dans la direction de leurs feuille.* semblable à celui que les végétaux appelés dorl meurs présentent pendant la nuit, et que les feuiû les pinnées d'un grand nombre de plantes ne s'élé^ vent et ne s'épanouissent pas, ou le font très-peu" dans les jours froids. Adanson et Bonnet ont observé que les feuilles, lorsqu'on approche un fer chaod ou rouge do leur face supérieure , se redressent comme elles le font quand elles ressentent l'in-' fluence des rayons du soleil. Les plantes qui ontélé soustraites pendant long-temps à l'action de la la. mière solaire, perdent la propriété de ployer et d'étendre leurs feuilles. On connaît, en outre quelques observations de Hill et Zinn , desquelles il résulte que les feuilles s'abaissent le jour quand on les porte dans un endroit obscur, et qu'elles se redressent et s'épanouissent lorsqu'on les expote de nouveau à la lumière. On a même vu celles de quelques végétaux être déterminées , par la In. mière artificielle des lampes , à se dresser et s'éteii< dre pendant la nuit.

Le changement que subissent , au diverse» éfo. ques de La journée , Taffluence de la sève et la tar. gescence des différentes parties des feuilles , qui en dépend , paraît s'accompagner en même tempi d'un degré différent de contraction dans les T«i». seaux séveux et le tissu cellulaire de ces organei et de leurs pétioles. Une circonstance qui le prooTe, c'est l'effet que déterminent diverses substaoeei pompées par les racines , qui changent le mode de vitalité des végétaux, et modifient aussi ou détruiient par là leur mobilité. Schuebler et Zeller ont trouvé, dans des expériences à ce sujet , que les feuilles des espèces d'acacia, de cassia et de mimofa, aprèl l'absorption de substances narcotiques , soit de l'extrait d'opium ou de noix vomique , soit de l'eau distillée de laurier-cerise, étaient privées d< la faculté de mouvoir leurs feuilles , de les abaisser et de les ployer pendant la nuit'; celles-ci restaient étendues , et tombaient peu à peu , souvent an boni de quelques jours seulement , quoique encore vertes. Après l'absorption d'une dissolution de camphre, les folioles s'appliquèrent les unes contre iM autres, comme à l'approche de la nuit , mais cllei ne se déployèrent plus. Si l'on plongeait des branches dont les feuilles étaient fermées dans des diS' solutions de substances narcotiques, elles restaient dans cet état, sans ouvrir leurs feuilles pendant le jour, et périssaient peu à peu. Goeppert a va to feuilles de cDTon/Wa securidaca, tamarindus tndiea, acacia farnesiana elpoincinia pulcherrima , ceun de se mouvoir d'après les époques de la journée , après qu'on eut plongé des branches dans de le*" contenant de l'acide prussique et des prussiatei ,<«• dans de l'eau d'amandes amères, de l'eau de lanner* cerise et autres poisons semblables. L'action de ces substances no peut s'expliquer qu'en admet'*'»* qu'elles anéantissent la cootractilité dont parai»»en| être doués les vaisseaux séveux des plante» f C qu'après celte destruction le mouvement de Usere cesse dans les feuilles, avec la turgescence qo' dépend.

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

es fouilles de certaines plantes ne se raeiit pas seulement d'après les époques de la juur- , mais entrent encore en raouveuienl à l'occa- I d'iuûuènces ou d'excitations extérieures d'esl's diverses. Ce phénomène a été remarqué dans iieurs plantes des pays chauds , appartenant oui à la famille des légumineuses , telles que Losa [pudica, sensitiva, cas ta , viva, asperata , lilis , pellita, dormiens, etc. , ) desmanthus {difis ) , schrankia ( aculeata ) , smithia (sensitiva) , 'lynomene (sensitiva , indica, pumila) , oxalis sitiva ) , dioncea (muscipiila ) , et averrhoa ( cabota). Les expériences et observations les plus ibreuses à ce sujet ont été faites sur des mimosa, unment sur le mimosa pudica , par Hooke , ickart et Cammerer , Mairan , Dufay , Duhamel, une , Th. Percival , Gahagan , Comparetli , Jsay , G.-C. Sigwarl, Dulrochet , Burnelt et \Iayo. Je vais en faire connaître brièvement les icipaux résultats.

'ans le mimosa pudica, plante de l'Amérique idionale, que L'Ecluse nous a fait connaître le nier, il y a la plupart du temps deux ou trois es de feuilles sur unpéliole commun. Âu point lion de celui-ci avec la tige, se trouve un nœud enflemcut , long d'une à quatre lignes , et coude poils courts. Chaque feuille est pinnéc , et ae également un petit renflement à l'union de pétiole particulier avec le pétiole commun. Les 3les , qui sont opposées , en montrent égaleit un sur chacun de leurs pédicclles. C'est dans points renflés seulement que le mouvement a

endant le jonr , tous les pétioles communs déenl un angle presque droit avec la tige. Les pé- !S perriiculiers sont également dressés etécartés uns des autres. Toutes les folioles sont étendues izontalement. Âu coucher du soleil, les feuilles igcnt de direction. D'abord les folioles s'élèvent le manière insensible, s'inclinent l'une vers Ire, et s'appliquent par leurs faces supérieures; elles s'abaissent par leur bord antérieur vers étiole ; ensuite les pétioles particuliers se rap- :hent les uns des autres et se courbent de haut as; enlln, les pétioles communs s'abaissent vers ge. Cependant il résulte des observations de vart , que , plus lard , ceux-ci se relèvent peu à , pendant que les feuilles se rapprochent dalage les unes des autres , et que , vers minuit , ont étendus tout le long de la lige. Au lever du il, les mouvements ont lieu dans un ordre inse. D'abord , les pétioles reprennent leur situaprimitive; puis les feuilles s'élèvent et s'étent en évenlail; enfin, les folioles s'écartent et iencent à la direction horizontale. Quand le ps est couvert et froid . les folioles restent fer- ;s.

.es mouvements de la sensitive ont lieu tout ^i bien à l'air que dans le -vide. Dufay clDuhamel nt placé non-seulement des branches coupées , s encore des pieds entiers , sous le récipient de nachine pneumatique , ont vu les feuilles s'^> sr et s'étendre le matin , s'abaisser et se replier ^oir : cependant les mouvements s'opéraient c moins de vivacité que dans l'air. Ces expéri-

mentateurs ont vu aussi des livanches et des plantes entières , qu'ils avaient submergées dans l'eau . continuer à exécuter leurs mouvements alternatifs correspondants aux époques de la journée, mais seulement d'une manière plus faible. Les varialions de la température inlliienl sur la mobilité, comme l'ont remarqué Dufay et Duhamel. Les mouvements n'étaient point aussi vifs dans les jours froids que dans les journées chaudes , les folioles ne s'ouvraient pas si rapidement ni si complètement, et, en se fermant, elles ne s'appliquaient pas aussi exactement les unes contre les autres, que quand le temps était chaud. Dulrochet a trouvé que les mouvements cessaient lout-à-fait à une température de -f- 7 degrés. Un air Irèschaud les arrête également. Cependant, ce n'est pas dans la seule variabilité de la température qu'il JTaut chercher la cause extérieure du phénomène; car , Dufay et Duhamel ont observé qu'une sensitive qui se trouvait dans une chambre dont la tempéralure était de -f- 15 degrés , fermait ses folioles et abaissait ses feuilles le soir, et que , le matin , elle ouvrait les unes el redressait les autres , quoique alors le thermomètre marquât environ deux degrés de moins. Ayant fait passer une plante , vers le soir, d'une température de + 20 degrés à une autre de 4- 28 degrés, elle n'en ferma pas moins régulièrement ses feuilles. Des expériences semblables ont été faites par Zinn, avec le même résultat , sur les desmanthus virgatus.

Relativement à l'inQuence de lu lumière sur les mouvements des sensilives , les observateurs sont arrivés à des résultats différents. Mairan a vu les feuilles de celles qu'il avait déposées dans un lieu obscur, se mouvoir^ des époques 6xes , comme celles qui se trouvaient à l'air dans les circonstances ordinaires. Dufay et Duhamel disent, au contraire , avoir remarqué que les feuilles de sensilives qui avaient été renfermées pendant deux jours dans des caves parfaitement noires, s'ouvraient à la vérité, mais ne se refermaient plus , et restaient constamment étendues et déployées. Ils assurent avoir observé le même effet sur une plante qui était renfermée dans un coffre. Lorsque , pendant la nuit , ils faisaient tomber la lumière d'une bougie sur des sensilives dont les feuilles étaient closes , celles-ci ne s'étendaient pas. Hill , d'un aulre côté , assure avoir vu les folioles se fermer pendant le jour, lorsqu'il empêchait la lumière de pénétrer dans le lieu oiî se trouvait la plante. Zinn a observé quelquefois le même phénomène. Decandolle plaça un mimosa leucocephala dans une cave obscure, el un autre pied de la même plante dans une cave vivement éclairée par des lampes. Les plantes ouvrirent et fermèrent bien leurs feuilles à l'époque ordinaire , mais le repliement n'eut pas lieu le soir d'une manière aussi complète qu'à l'air libre. Deux pieds de mimosa pudica, au contraire, qui se trouvaient le jour dans un lieu obscur qu'on éclairait la nuit au moyen do lampes , changèrent peu à peu le temps de co qu'on appelle leur sommeil , à lel point que , le troisième jour , les feuilles s'ouvrirent le soir ët se fermèrent le matin. Lorsqu'on les remit au grand air , elles reprirent leur ancienne manière de se corajior-

TRAITÉ Dl^ 1>UY8I0I,0CIB

ter, RiUcr a obscrvd qiio lo vHmoaa pudica ouvrait cl fermait ses feuilles , eu l'absuuco tolalo de la lumière, aussi régulièrement que par lo passé, mais non au même liagré : si on couvrait la plante tandis qu'elle avait ses feuilles étendues, les folioles se rapprochaient un peu. Dutrochel a fait plusieurs expériences relatives à l'action de la lumière sur lo mimosa pudica. Des plantes qui se trouvaient dans un endroit obscur, aune température de + 20 à + 25 degrés, abaissèrent leurs pétioles le soir et rapprochèrent leurs folioles; lo malin, au contraire, elles étalèrent celles-ci et redressèrent ceux-là. Le troisième jour, les mouvements périodiques eurent lieu d'une manière moins sensible cl moins complète, et, le quatrième jour, la mobilité avait totalement disparu. On ne put même plus alors exciter de mouvements à l'aide de slimulalions di- \erses. Lorsque, le sixième jour, Dutroçhet exposa de nouveau les plantes à la lumière solaire, les mouvements reparurent peu à peu. Il résulte de là que la persistance de la mobilité des sensitivcs dépend de TinQucnce de la lumière, en tant que cet agent est une condition nécessaire pour le maintien de l'état de vie de ces plantes d'où dépend leur faculté locomotive.

Des mouvements semblables à ceux que les mimosa exécutent vers le soir, dans les circonstances ordinaires , peuvent être excités , pendant le jour, par des stimulations de diverse espèce. Des irritations mécaniques , un coup , un choc, ou tout contact accompagné d'ébranlement , mettent les feuilles en mouvement. Si l'on pince une foliole , ou qu'on la coupe avec des ciseaux, elle s'élève , avec celle qui se trouve en face d'elle. Le même effet a lieu dans la pairevoisine, et dans les suivantes , jusqu'à ce que tontes les folioles insérées au pétiole soient fermées , après quoi le pétiole luimême s'abaisse. Bientôt après, les folioles des pétioles voisins se ferment. EnGn , et , la plupart du temps , au bout de douze à quinze secondes , le pétiole commun s'infléchit à son tour. Si la secousse a été très-forte , toutes les feuilles de la plante entrent en moureraent. Ainsi on ne peut méconnaître que l'irritation se transmet d'une foliole à toutes celles d'une feuille , et même à plusieurs feuilles et divisions de feuilles. £n général , les mouvements commencent dans la foliole qui a été irritée, puis ils s'élendenl aux voisines, jusqu'à la pointe et à la base de la feuille ; après quoi l'irrilalion se propage , par le pétiole , dans la feuille "voisine, dont les folioles se ferment l'une après l'autre , de la base au sommet, etc. Quelquefois seule inenl la stimulation saute pour ainsi dire quelques folioles , ou feuilles, ou portions de feuilles, et les inouvemcnts de celles-ci s'accomplissent plus tard. Ce phénomène paraît tenir à un degré différent d'irapressionnabilité. On remarque généralement que l'irritation se transmet et se propage d'autant plus loin , que les plantes sont mieux portantes et végètent avec plus de vigueur.

Si l'attouchement exercé sur une foliole est faible, et qu'il ne soit point accompagné de secousse, on n'observe pas de mouvements. Un léger ébranlement, une section faite à nue foliole avec un instrument tranchant, se bornent à faire redresser celle-ci

et celle qui la regarde. On peut aussi plonger une«U guille dans une feuille , pourvu que co soit aven précaution, sans qu'elle se meuve, comme l'oiiiob serve Dufay, Percival et Sigwarl. Lorsqu'au ooti traire on irrite le renflement d'un pétiole , celui-ci s'infléchit sur-le-champ. Le vent et la pluie occa. sionent également la clôture des feuilles et la! baissement des pétioles. Il est digne de remarque en outre, que le wtmosa pudtca s'accoutume aux ébranlements. Desfonlaines prit une seusifive aveo lui dans une voiture; les folioles se fermèrent d'àbord, mais peu à peu elles s'ouvrirent , et elles demeurèrent étendues, malgré la continuation des »«. çousses.Meyer a trouvé aussi, dans ses expérience» que les folioles finissaient par se déployer lorsque l'ébranlement continuait pendant quelque teiapt^

Des irritations chimiques d'espèce diverse mel^ teut également les feuilles en mouvement. Hook« avait déjà vu les folioles s'élever et s'appliquer Ici unes contre les autres, lorsqu'il faisait tomber dm goutte d'eau forte sur un pétiole, et le mouvement avoirlieunon pas seulement dans celui-ci, maigca» core dans les autres feuilles. Le lendemain, cellewl étaient étalées de nouveau, à l'exception de celles qii se trouvaient au-dessus du point où l'eau forte ayail été appliquée , et qui étaient flétries. Dufay a ob< servé le mouvement à la suite du contact avec l'em forte, l'ammoniaque caustique et la vapeur du soRfre en combustion. Les vapeurs ammoniacales agi|sent ainsi comme un stimulus violent , d'après htfay , Gahagan et SigwarL Ce dernier a remarqué que , de toutes les substances , c'était le chlore qû déterminait les mouvements les plus vifs. Le gai hydrogène, la vapeur de l'alcool et l'essence de térébenthine ne produisaient aucun effet. Meyera expérimenté aussi l'action des acides, des alcalis, des huiles essentielles et deséthers; c'étaient les plus volatiles de ces substances, et surtout lesélbcrs, qui agissaient avec le plus de force. Lorsqu'on mouillait avec un de ces liquides les deux dernières folioles d'un pédoncule partiel, celles-ci se rapprochaient , et les suivantes après , jusqu'à la base du pétiole; ensuite les mouvements se propageaient aux autres feuilles du pétiole commun , en allant de la base au sommet , et le pétiole lui-même ùaiisait par s'infléchir. Les renflements des pétioles forent les parties qui se montrèrent le plus sensible! à l'impression des irritants chimiques. Quoiqu'on n'ait point aperçu de mouvement dans la lige, 1» branches , les fleurs et les racines , ces parties ont cependant de l'aptitude à recevoir les stimulation», et elles sont en état de les transmettre aux feuille* mobiles. Desfontaines a vu toutes les feuilles M* baisser et les folioles se fermer après qu'il eut versé do l'acide sulfurique sur les racines. DutrocbcK donné lieu au même phénomène, en arrosant* une fleur avec cet acide.

Les impondérables , chaleur , lumière et élec- Iricilé , provoquent également les mouvements de» feuilles de mimosa , en leur qualité d'excitant»- Hooko et Dufay ayant fait tomber des rayons lumineux, à travers un verre ardent, sur les fobO" les , virent celles-ci se fermer et les pétioles s'aba'S' ser. La même chose arrive quand on porte un fe' rouge dans le voisinage des folioles ou des fcuill**-

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