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GÉNÉRALE ET COMPARÉE
ly et Sigwarl brûlèrent dôs foliole^ à la flammo li bougie; il s'ensuivit des inouvemenls plus el plus rapides qu'après l'emploi d'excitations .'ment mécaniques. Ici encore, on voit l irrita-
se propager comme dans le cas précédent, que l'ustion d'une foliole entraîne les mouveits de tous les autres, et même de plusieurs lies et divisions de feuilles. Une \arialion ra-
daiis la température de l'air détermine les )lesàseferraeret les péliolesà s'abaisser. Hooke, ly et Duhamel ont reconnu que, quand Une lie est demeurée pendant quelque temps coue d'une cloche de verre et exposée à la chaleur oleil , et qu'ensuite on enlève la cloche avec onspeclion , sans toucher à la plante, toutes les )les se ferment et tous les pétioles s'infléchis- . Duhamel a expérimenté aussi l'action d'un J arliticiel; il lit entrer une branche de sensicummuniquaul avec la plante dans une boulo erro creuse, et entoura celle-ci d'un mélange , lace et de sel : les folioles s'arquèrent d'abord tiaut en bas, mais ensuite elles se fermèrent mptement.
après lés expériences de Ritter, les plante» les el très-irritables ferment leurs folioles quand es expose tout-à-coup à une lumière fort vive,
0 les déploient ensuite que quand la lumière
1 à s'affaiblir. Sigwart a observé aussi que tid une plante avait été tenue à l'ombre pendant Ique temps , et qu'on l'exposait subitement à la lé du soleil, les pétioles s'abaissaient et les fo- ;s se fermaient, comme à la suite d'un ébranlett mécanique.
es physiciens sont partages d'opinion relaliveil à l'influence de l'éleclricilé sur les sensilives. ru, appelé aussi Cornus, qui est le premier à qui doive des expériences sur ce sujet, loucha léîment les folioles avec un morceau de verre, el arqua qu'elles ne se fermaient point. Après qu'il rendu le verre électrique, elles se rapprochè- . les unes des autres par l'effet d'un contact éré. Une bouteille de Leyde chargée, qu'il ap- ;ha des feuilles, détermina la fermeture des aies el l'inflexion des pétioles. Ayant déchargé louleille à plusieurs reprises, il vit toutes les )les s'appliquer les unes contre les autres , et pétioles se courber de haut eu bas. Le simple i électrique ne produisit aucun effet. L'éleclriun répétée souvent, pendant plusieurs jours de e, affaiblit la mobilité des plantes à tel point les feuilles ne se fermaient plus ensuite quand ifenait à y loucher. Ingenhouss et Schwankart élèreut ces expériences , et ohlinrent les mêmes iltals, quant au fond ; cependant ils allribuaient mouvements des feuilles au simple ébranleil. Celle opinion élail aussi celle de Landriani, améthérie et Cavallo. Néanmoins Percival a ronu qu'il sufflt de l'approche d'un bâton de cire xheler éleclriso pour provoquer la fermeture folioles. Van Marum a trouvé que les conducrs , qu'ils soient chargés d'électricité positive ou eclricilé négative, n'agissent pas plus que le bain îlrique, lorsqu'on les approche des feuilles de cnsilive; mais quand le conducteur donnait des icelles, les folioles se fermaient, cl les pétioles
s'abaissaient. Il attribue aussi ce phénomène à l'dbranlement causé par la secousse électrique. Les expériences de Ritter sur l'action de l'électricité développée par le frottement, paraissent démontrer que les courants éleclriques dirigés sur les piaules à travers des flls métalliques, provoquent la fermeture des folioles el l'inflexion des pélioles.
Le galvanisme a été également appliqué aux sensilives. Schmuck , Iberli , Fowler , Cavallo , Hum- Loldt, Crevé, Rafn et Giulio n'obtinrent aucun effet de la chaîne simple. Cependant Giulio dit avoir -yu les folioles se fermer et les pétioles s'abaisser par l'emploi de la pile. Il avait armé les renflements des pélioles d'une branche avec de petites plaques d'élain el de plomb , el le lendemain, lorsqu'il vint à mettre en communication l'une desarraaturesavec le pôle zinc d'une pile voltaïque, et l'antre avec le •pôle cuivre, au moyen d'un ûl d'or , il s'aperçut que les feuilles s'inclinaient peuvent l'une vers l'autre à l'instant où le circuit était fermé.
Quant aux phénomènes qui surviennent après l'éloignement de l'irrilation par laquelle le mouvement a été déterminé, les observations ont appris ce qui suit sur ce sujet. Constamment les pétioles restent abaissés pendant quelque temps et les folioles fermées. Au bout d'un demi-quart d'heure oïl d'un quart d'heure, parfois même déjà de dix minutes, temps qui varie suivant la vigueur et l'âge des plantes, comme aussi d'après la saison et l'époque de la journée , les folioles commencent peu à peu à s'étaler, les pélioles se redressent, et les feuilles prennent une direction divergente. L'ordre dans lequel ce phénomène alieu est sujet à varier. Tantôt ce senties pétioles communs quiseredressenlles premiers, tantôt les pétioles particuliers; quelquefois aussi les folioles s'écartenl d'abord les unes des autres. La condition générale de ces mouvements est réloigncmentde l'impression extérieure qui a occasioné ceux eu sens inverse. En outre ils paraissent être favorisés par l'influence de la lumière solaire. Cependant ce n'est point là une condition indispensable , puisqu'on voit aussi des feuilles se redresser pendant le jour, lorsqu'après l'excitation qu'elles ont reçue on les soustrait à la lumière du soleil. On ne peut non plus provoquer les mouvemenls de force, ni en redoublant l'éclat des rayons solaires, ni en faisant usage d'une lumière artificielle.
Le redressement des pélioles et l'épanouissement des folioles ne peuvent point être considérés comme un effet de l'élasticité , ainsi que Sigwart en a fait la remarque fort jusle, puisqu'ils n'ont lieu qu'à un intervalle plus ou moins long après l'éloignement de l'influence extérieure. II existe d'ailleurs une grande différence de rapidité eulro les mouvements provoqués par l'irrilalion et ceux qui s'élablissent après son éloignement. Les premiers sont beaucoup plus rapides que les seconds. Les corps élastiques , au contraire , qui ont été tirés de leur position par une violence extérieure, la reprennent avec la même force el la même vitesse , quand celle violence cesse d'agif, ce qui n'est point le cas des mouvements qu'exécutent les feuilles des sensilives.
La mobilité des feuilles de mimosa est dépcn-
TRAITS DE PHYSIOLOGIE
daiUo de conditions exiêricures cl intérieures , cl variable eu raison de ces dernières. La plus importante des conditions intérieures est l'exercice normal des fonctions nutritives. Plus une plante est robuste , plus elle pousse vigoureusement , cl plus il est facile de la mettre en mouvement par des irritations extérieures , plus aussi ses mouvements onl de vivacité. C'est avant le temps de la floraison que la mobilité esl le plus considérable , el clic diminue notablement après celte époque. Les mimosa sont plus mobiles le malin qu'après juidi. Uufay el Duhamel ont remarqué que ceux qu'on élève dans des serres onl des mouvements bien plus lents en hiver qu'en été. Parmi les conditions extérieures de la faculté de se mouvoir , se rangent la chaleur, la lumière, l'air atmosphérique et les matières alimentaires. Une température moyenne de l'atmosphère est la circonstance dans laquelle les mouvements provoqués par une excitation se manifestent avec le plus de facilité el de vivacité. Lorsque la chaleur s'élève à sept degrés , la plante, d'après les expériences de Dutrochet, ne peut être mise en mouvement par aucune stimulation , pas même par l'ustion. Un air très-chaud , ou les rayons brûlants du soleil diminuent également la mobilité. J'ai déjà dil plus haut que les immosa continuent encore pendant quelque temps d'exécuter leurs mouvements périodiques d'après les époquesde la journée quand on les place dans des endroits obscurs, mais qu'ils perdent bientôt leur faculté d'être sensibles aux impressions , et qu'ils finissent pardevenir immobiles. Il esl digne de remarque que cet effet a lieu plus promptemenl , d'après les expériences de Dulrochet , à une haute qu'à une moyenne température. Les mimosa perdent leur mobilité, dans l'obscurité, à une tempéralure de -[- 20 à + 25 degrés , au bout de quatre jours, et à une température de — 10 à — 15 degrés, au bout de quinze jours seulement. L'air atmosphérique, et la respiration qu'il entretient, sous rinflucnce delà lumière , sont nécessaires à la persistance de la mobilité. Quoique les mimosa continuent pendant quelque temps, dans le vide, à exécuter leurs mouvements périodiques en rapport avec les époques du jour, cependant, d'après les expériences de Dufay, Percival elSigwarl, ils perdent peu à peu la faculté de se mouvoir à l'occasion do Bliraulations mécaniques. La dépendance dans laquelle la faculté motrice se trouve de la respiration , a été prouvée aussi par les expériences que Ingenhouss el Humboldt onl faites sur la manière dont les mimosa se comportent dans les diverses sortes de gaz. Leur- mobilité diminua el s'éteignit dans les gaz acide carbonique elazote, tandis qu'elle persévéra dans le gaz oxigène. Si les mimosa manquent d'eau ou de matières alimentaires , leur nutrition souffre, el la mobilité s'affaiblit ; celle dernière dispannl totalement à l'instant où les plantes se fanent. Si on les arrose de nouveau , la mobilité se rétablit. Lorsqu'on blesse la lige , de manière qu'il s'écoule beaucoup de sève, la faculté de se mouvoir s'éteinl. Il faut ajouter, enfin, que celte facullé est détruite par certains poisons et par les substances narcotiques, lorsque ces substances viennent à élro absorbées par les racines, ou mises im-
médialement en contact avec les feuilles et \t% renilemenlsdes pétioles, llope, Wilson elLink disent avoir observé que la mobilité esl détruite par l'action de l'opium. G.-F Jaeger a vu les feuiHgg de Jiitmosa cesser , avant même d'avoir perdu leur couleur verte , d'être sensibles à l'action des excitanls, lorsqu'on les avait soumises à celle de l'argenic ; la même chose cul lieu, dans les expcricneei de Becker et de Goeppert, après l'emploi de l'acide prussiquc. Macaire - Prinsep mit des mimosa eo contact avec des dissolutions étendues d'oxide d'«r« senic et d'arséniato de potasse, de sublimé, d'opiaiQ el d'acide prussique , el vil que ces substancei leur enlevaient la faculté de se mouvoir sous l'iofluence des excitations. Des expériences semblables onl été faites avec le même résultat par Mulder,
Ces phénomènes dénotent manifestement nne certaine analogie avec les lois qui président aux manifestations de l'irritabilité musculaire dans let animaux , et ils indiquent qu'une facullé contractile vitale doit entrer en jeu dans les mouvements des feuilles de mimosa.
A l'égard des parties ou organes qui produisent les mouvements dans les circonstances dont il vieat d'être fail mention , tous les observateurs s'accordent à dire que ce sont les renQcmentsou boorrelels situés à la base tant des pétioles communs qoe des pétioles particuliers et des folioles. Un certaio degré de tension se manifeste dans ces parties pendant les mouvements qui surviennent à la suite d'excitations , et les feuilles , une fois qu'elles sont courbées , font résistance lorsqu'on essaie de les ramènera leur situation primitive. Elles se brisent plutôt que de céder, comme l'avait déjà remarqué Gahagan. D'autres physiologistes onl fail la même observation. Les premières expériences relative! à l'influence que les bourrelets des pétioles exercenl sur les feuilles sont dues à Lindsay. Ce physicien enleva une porlion de la face inférieure du venQemenl d'un pétiole commun, el le pétiole se redressa après l'opération. Sur un autre pélioieil excisa une portion de la face supérieure , el aussitôt la feuille s'abaissa. Il soumit les bourrelets des pétioles particuliers à la même mutilation , el obtint des résultats identiques. De là il conclut que II force qui redresse les pétioles doit avoir son siège à la partie inférieure du renflement , el celle qui les abaisse à la partie supérieure.
Comparelti et Dutrochet ont étudié la structure des renflements. Ces organes sont composés d'un tissu cellulaire délicat , mou et flexible , qui contient, avec de petits globules, un grand nombre de petites cellules arrondies , pleines d'un liquide coa* gulablo , el qui esl couvert extérieurement d'un épidémie très-fin. A l'intérieur de ce tissu analogue, à 'la matière muqueuse des animaux gélatineux-' el que Dutrochet regarde comme un développ*"! ment spécial du parenchyme de l'écorce, se Irouvi un mince faisceau de vaisseaux séveux et de vaW' seaux en spirale. On n'a point aperçu de fibres qui pussent être comparées aux fibres musculaires. Afil de s'assurer si le mouveuicnl était produit par !• tissu cellulaire mou ou par les faisceaux de vaisseaux contenus dans son intérieur, on enleva le prennes
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
culaircment avec procaution , ce qui priva les liolcs do la faculté de so mouvoir par l'applican des stimulanls. Il est clair , d'après cela , que lissu esl le siège des raouvemenis. Dulrochet épéto , eu outre , les expériences de Lindsay , a ce qu'il parait il ne connaissait pas. Toujours 1 vu les pédoncules communs et particuliers se re- 3sser après l'excision d'une partie de leur face périeure , et s'abaisser quand leur face infé- ;ure avait éprouvé une perte de substance. S'il levait un petit morceau de la face latérale , la lille se tournait du côté où la substance du paichyme avait été soustraite. Ayant détaché des iguettes longitudinales du renflement péliolaire , les ayant plongées dans de l'eau, il les vit se urber de suite en dedans , dans la direction 'elles auraient eue par rapport à l'axe du pétiole, idis qu'elles devenaient convexes à leur face exne. Quand il plongeait les morceaux qu'il avait tachés dans des acides ou dans une dissolution potasse, leur courbure cessait de suite , et ils levenaient droits. Il considère l'inflexion delà bstance des renflements pétiolaires comme un énomène vital , et donne au pouvoir qu'a cette bstance de se courber dans une direction déternée , le nom d'irritabilité végétale. De ses expénces sur la manière dont les mouvements des lilles iemimosa s'exécutent en des directions opsées, il conclut qu'ils ont lieu uniquement par □ flexion du parenchyme celluleux des pétioles , i se trouve appliqué, en manière de ressorts istiques vivants et antagonistes les uns des auis , aux différents côtés du pétiole. Le ressort [)érieur , qui courbe le pétiole en bas , est mis en 1 par l'action de la plupart des irritations extéures , notamment par les commotions mécanies, le froid subit, la grande chaleur et les sliilants chimiques. L'incurvation du ressort infcur , au contraire, qui redresse le pétiole, s'ef- •tue en l'absence de ces excitations et sous l'inence de celle de la lumière. Lorsque la lumière . absente , le ressort supérieur redouble d'acliéetle pétiole se trouve abaissé. Il attribue les ernatives d'activité des ressorts vivants opposés ine affluence différente de la sève vers les mois supérieure et inférieure des renflements péliores, de telle sorte que, quand les feuilles sont alevées par le ressort inférieur , celui-ci entre en gescence, tandis que, quand elles sont abais- )s par le ressort supérieur , c'est dans ce dernier e la turgescence a Jieu. Une circonstance qui id à prouver que ces mouvements dépendent de sève , c'est que le défaut d'eau diminue la mobi- 3 des feuilles , et que les irrigations lui redonnt de l'énergie.
Enflii, Dutrochet a fait encore quelques expénces sur la transmission des irritations d'un pèle à d'autres. Afin de découvrir par l'intermède quels tissus celle transmission s'opère , il détruile tissu cortical, les renflements pétiolaires, la )elle et les faisceaux do vaisseaux, chacun à rt. Le résultat fut que les excitations ne sontprogées ni par l'ocorcc, ni par le lissu cellulaire, ni r la moelle , et qu'il n'y a que la partie ligneuse , ce les vaisseaux et la sève, qui soit propre à cet
usage. Dutrochet a reconnu, en outre, que le maximum de rapidité de ce mouvement intérieur do transmission s'élève à quinze millimètres par seconde dans les pétioles , et à trois millimètre» seulement dans le corps de la tige, durant le même laps de temps. L'élat de la température paraît ne pas exercer d'influence à cet égard»
En répétant les expériences de Lindsay et de- Dulrochet, L.-C. Treviranus , Burneit et Mayo ont également reconnu que les mouvements des feuilles , dans les sensitives , sont produits par une activité qui réside dans les renflements pétiolaires, et au déploiement de laquelle préside la loi de l'antagonisme. Quelques-unes des observations qui ont été rapportées plus haut, peuvent être alléguées en faveur de l'opinion émise par Dulrochet, que l'activité de ces renflements, mis en jeu par des irritations , dépend de l'affluence de la sève en eux. Déjà Hooke attribuait l'abaissement des pétioles , après l'application d'un stimulus , au reflux de la sève des feuilles vers les nœuds pctio** laires. Bellardi et Beccaria pensaient aussi que les mouvements des pétioles en des directions différentes proviennent d'une répartition inégale delà sève dans le parenchyme de leurs renflements , que s'il se porte davantage de liquide à la partie supérieure de ces derniers , les pétioles s'abaissent, et que le mouvement inverse a lieu quand c'est la partie inférieure qui reçoit une plus grande quantité de sève. Lindsay a vu les renflements pétiolaires prendre une couleur plus foncée en dessous pendant l'inflexion des feuilles. Rilter a remarqué qu'au moment où les folioles se ferment et où les pétioles se courbent vers le bas, un afflux de sève a lieu vers les renflements pétiolaires. Ces renflements, qui sont blanchâtres et demi-transparents durant l'expansion des feuilles, devinrent alors opaques, plus colorés, plus pleins, plus turgescents. Il dit, en oulre , avoir vu , avec le secours du microscope , la sève s'épancher dans les renflements pétiolaires. A mesurequelesfoliolesse déployaient de nouveau, et que les pétioles se redressaient , le liquide paraissait refluer des renflements dans les folioles. Enfin, Burneit et Mayo ont également remarqué un changement de couleur dans les renflements pétiolaires pendant le mouvement.
Ces observations rendent donc très -probable que les mouvements des feuilles, après les excitations , dépendent de la turgescence des renflements pétiolaires produite par l'affluence de la sève.
Il est deux points importants sur lesquels les expériences que je viens de rapporter n'ont point encore répandu de lumière. Pourquoi la sève affluet-elle dans les renflements des feuilles après des excitations, et par quelle raison l'afflux de ce liquide .a-l-il lieu dans la partie inférieure des pétioles quand ils se redressent, dans la supérieure lorsqu'ils s'abaissent? Dulrochet ne s'est point posé ces questions, et ni ses recherches analomiques , ni ses expériences ne fournissent aucune donnée pour les résoudre. Je me permettrai d'émettre à cet égard l'hypolhèse suivante. Le soulèvement des pétioles , l'épanouissement des feuilles et le déploiement dos folioles pendant le jour sont probablement la suite de l'affluence de la sève dans les
TRAITÉ nE rnYSlOlOGlE
vaisseaux des p<5lioles , des fouiHcs et dos folioles, sous l'intlueiico du la lumière solaire et dos agciils provocaleurs du inoiivciueiil do ce liquide vers la périphérie, d'où résulte qu'ils sont mis dans un état de turgescence. La sève qui s'accumule dans les vaisseaux et dans le tissu cellulaire de la i'ace supérieure des renflements pétiolaires , y produit une turgescence , dont l'abaissement des pélioles est le résultat. La raison pour laquelle, au moment de la turgescence , la sève s'amasse dans certains poin(s des renflements , lient vraisemblablement à une disposition particulière des vaisseaux sévcux, que les recherches anatomiques n'ont point encore fait connaître. Les mouvements qui se manifestent après les irritations portées sur les feuilles dépendent également d'un reflux du liquide nourricier des vaisseaux périphériques des feuilles vers la partie supérieure des rcnfleluenls pétiolaires ; ou bien les excitations exercent sur la sève elle-même une influence qui la détermine à un mouvement rétrograde ; ou , ce qui est plus probable, les vaisseaux sont doués d'une faculté vitale de se contracter que les excitations mettent enjeu. Quand les vaisseaux se contractent et diminuent de calibre, la sève est chassée du côté des renflements, lesquels entrent dans un état de turgescence et de tension qui a pour résultat un changement de direction des feuilles. Dès que les excitations extérieures cessentd'agir, la sève reprend peu à peu son cours vers les vaisseaux des feuilles , particulièrement sous l'influence de la lumière solaire ; on voit alors les feuilles se relever et se déployer de nouveau. Cette hypothèse se concilie fort bien avec les effets des influences qui (lélerminent les mouvements. Toutes les influences qui favorisent la marche de la sève , comme l'abondance de ce liquide, la lumière solaire et la chaleur, accroissent la mobilité des feuilles des mimosa. Celles, au contraire, qui rendent le mouvement de la sève plus lent et plus tranquille, comme le peu d'abondance de ce liquide , le froid , la grande chaleur , la surexcitation par le fluide électrique , diminuent ou anéantissent la motilité. Ou peut encore alléguer en faveur de l'opinion suivant laquelle line faculté vitale de contraction prend essentiellement part aux mouvements, les effets des substances narcotiques et des poisons, qui n'arrêtent sans contredit les mouvements que parce qu'ils détruisent la coniractilité des vaisseaux. La transmission des excitations d'une feuille à l'autre se fait vraisemblablement par l'intermédiaire des vaisseaux séreux, que les stimulants mettent les premiers dans un état de contraction qui se propage ensuite plus ou moins loin , suivant le degré d'impressionnabililé et celui de stimulation. Il faudra de plus amples r;echerches anatomiques sur la disposition des vaisseaux dans les renflements pétiolaires, suivies d'ex- ])ériences sur des sensitives vivantes, pour décider si celte hypothèse est juste.
Citons encore quelques autres plantes dont les feuilles peuvent cire mises en mouvement pur des excitations.
L'oxalis sensitiva, qui croît à Java , est celle qui aie plus d'analogie avec les mimosa. Ses feuilles sont pinuécs, et consisléul en huit à dix paires de
folioles ovales, dont la grandeur va en auçtmentattt de la base au sommet de la feuille. D'après les ob* servations de Uumph et de Garcin, les folioles sont étendues horizontalement pendant le jour.Aucottcher du soleil , elles s'abaissent et s'appliquent lei unes contre les autres par leurs faces inférieure». Quand on y louche, elles prennent la même posilion que durant la nuit. Il suffit même , pour dëleN miner cet effet en elles , qu'on s'en approche , oa qu'on ébranle lesol. Elles sont également ahaii* sées dans les jours pluvieux et orageux. Plus elieg sont éclairées par le soleil, et plus leurs mouvoments sont vifs. Le malin elles sont an maximum de redressement et de déploiement , et à celle époque elles ne se ferment pas si facilement , sous l'influence des excitations mécaniques, que vers midl^ temps où il suffit de souffler dessus pour les déterminer à s'abaisser. Après avoir été irritées, «( s'être abaissées, elles se redressent peu à peu à || clarté du soleil , et ce phénomène lient probablement à l'affluence de la sève dans les vaisseaux dei feuilles.
R. Bruce a observé des mouveroenls dcterroiiiéi par des excitations dans les pétioles de l'aterrkoa carambola , arbre qui croît au Bengale. Les feuilles piiinées de celte plante sont étalées horizon'* talement dans la journée ; cependant la direction de toutes les folioles n'est point la même , les unes étant plus et les autres moins redressées. Dans l'espace d'une heure , elles changent souvent de situation , et s'élèvent ou s'abaissent , sàns qu'on ail remarqué en cela d'ordre délerrainé. Après le coacher du soleil, toutes les foliolcss'iiiclinent en bas, et se touchent par leurs faces inférieures. Lorsque les feuilles sont fortement ébranlées par le veni, et poussées les unes contre les autres, elles s'abaissent. Si l'on plie une branche, sans ébranler les feuilles, il ne se fait pas de mouvement ; mais si l'inflexion a lieu d'une manière brusque , et qu'elle soit accompagnée de secousses, les folioles s'abaissent peu à peu , jusqu'au point de se loucher par leursfaces. Les jeunes feuilles glissent souvent alors Tune sur l'autre et s'entrecroisent. Toutes les folioles insérées sur un pétiole commun se meuvent à la fois , lorsqu'on frolte ce dernier avec l'ongle oïl tout autre corps dur. Mais chaque foliole peut aussi être mise seule en mouvement , lorsqu'on lui communique une faible secousse. On parvient de cette manière à faire baisser toutes les folioles d'un côté l'une après l'autre , tandis que celles du côté opposé restent droites. On peut aussi déterminer des folioles de 1 un et de l'autre côté à entrer en mouvement. Mais , si la secousse est forle . toutes tombent en uicme temps , et parfois aussi les pélioleâ voisins avec elles. L'abaissement s'exécute peu à peu , et au bout d'un quart d'heure les parties se redressent. Le siège proprement dit du mouvement est dans les pétioles particuliers des folioles. Si l'on comprime, écrase ou coupe avec des ciseaux une de ces dernières , sans ébranler les pétioles , il s'opère point d'abaissement. Lorsqu'on irrite le pc* lioleavec la pointe d'une aiguille , les folioles s'ioclinent. Bruce fil un Irou dans une feuille aveciicj verre ardent, sans qu'elle entrât en mouvement; mais , dès qu'il concentra les rayons Inmiucoxsur
GESÉUALE ET COMPARÉE.
péliolcs , il les \il toutes s'abaisser. Quand il levait un morceau circiiiairc à une brandie . jnsau bois , de manière à interrompre toul-à-fail la nlinuité des \aisseaux del'écorce, les feuilles no angeaienl pins do position. La commotion éiecque, même faible, dclerroinail un prompt mouve- ■nl des fcui-lies.
Il est probable que ces mouvements sont occa- .nés par des stimulants qui changent le cours la sève dans les pétioles.
Les feuilles du dionœa muscipula sont doue'es in haut degré de mobilité. Cède plante, qui croît us les contrées ombragées et marécageuses du rd de la Caroline, a été décrite, pour la première s, par J. Ellis. Tout autour de sa lige se trouvent isieurs feuilles épaisses et composées de deux 'ces. La plus grosse pièce , qui tient à la lige , et i failfonclion de pétiole , est plate et en forme de 'ur alongé. L'externe , plus petite , ou la feuille oprement dile , est arrondie et composée elleîme de deux lobes égaux , unis sur la ligne même , de manière à pouvoir joner l'un sur l'autre, garnis de poils raides sur le bord. On aperçoit, r la face supérieure, unemullitude de petites glaus qui sécrètent une humeur sucrée. En outre, cha^ e moitié de feuille offre trois petites épines dissées perpendiculairement. Lorsqu'un insecte, iré par le suc mielleux , se pose sur la moitié surieure de la feuille, les deux segmenls se rapproent l'un de l'autre , le retiennent et le percent de !irs dards. D'après les expériences de Bonnet, les lilles de cette plante sont mises en mouvement r toute autre excitation mécanique. Leurs lobes pressent avec tant de force l'un contre l'autre , 'il n'est point aisé de les écarter sans les déchir. La mobilité dépend de la vigueur de la plante , devient plus grande quand l'air est chaud. Les feuilles de ïhedijsarum gyrans , plante du mgale, qui a été découverte par Lady Monson, et lies de ïhedysarum cuspidatum, présentent deux rtesde mouvements, dont les uns, périodiques, règlentsur les époques du jour, et les autres sont ns connexion avec ces dernières. Chaque pétiole rte , quand il est complètement développé, trois ailles, une moyenne, lancéolée, et deux latérales, •js petites, étroites, situées en face l'une de l'autre, i sont fixées au pétiole principal par le moyen pétioles plus courts. Le pétiole commun est rni, jusqu'aux petits pétioles particuliers, de 'ils disposés sur deux séries. Lui, la grande folle et les petites feuilles exécutent , d'après les .servations de Linné jeune , Pohl , Broussonnet, -S.Kerner, Hufeland, Gahagan, etc., des mou veents particuliers, indépendants les unsdes autres, i feuille médiane est, dansla journée, horizontale immobile. Sous l'action d'une vive lumière soire elle so dresse vers la tige. Au moment du créiscule, elle so courbe de haut en bas et s'applique long de la lige. Quand le soleil reparaît sur l'hoion, elle se redresse peu à peu. Ce mouvement t dépendant à tel point do l'influence de la luièrc, qu'il suffit que la plante soit à l'ombre pennt quelques minutes, pour produire un affaissoenl sensible de sa foliole médiane. Au soleil do idi, et sous l'action de laiumière concentrée par
un verre ardent, qu'on fait tomber sur la feuille ou sur son pétiole, elle entre dans un mouvement do tremblotement. La lumière de la lune et des bougies n'a, d'après les expériences de Hufeland, aucune influence sur ce mouvement, pas plus que n'en exercent les stimulations mécaniques et le bain électrique. Mais si l'on fait jaillir une étincelle électrique sur une feuille, elle s'abaisse peu à peu et ne se redresse pltis le même jour ; son redressement a même lieu plus lard le lendemain. L'élcctrisation continuée quelques minutes détruit totalement sa mobilité; elle demeure pendante et finit par mourir. Des incisions dans le pétiole lui enlèvent également la faculté de se mouvoir.
Les petites feuilles latérales sont continuellement en mouvement. Elles décrivent un arc en devant, du côté de la grande feuille, puis un autre en arrière, du côlé du pétiole, et cela, en se tordant dans leur articulation avec le pétiole commun. Elles parcourent, en trente ou quarante secondes, l'espace qui vient d'être indiqué, et demeurent en repos pendant prés d'une minute, après quoi le mouvement recommence. L'inflexion de haut en bas se fait presque toujours un peu plus rapidement que cellede bas en haut. L'abaissement a lieu quelquefois par saccades, mais l'élévation est uniforme. La plupart du temps, les folioles se meuvent dans des directions opposées, l'une se levant tandis que l'autre s'abaisse, et vice versâ. Parfois une foliole s'arrêle, et l'autre continue à se mouvoir. Ces mouvements ne s'établissent que quand les folioles sont tout-à-fait développées, mais eosuite ils continuent sans interruption, la Tiuit comme le jour. Cependant ils sont plus lents dans les nuits froides que pendant la journée, d'après les observations de Kerner. Quand le soleil est fort chaud, les folioles restent souvent en repos. Les mouvements sont plus vifs par un temps chaud et humide, ainsi que par une pluie chaude. L'époque de leur plus grande vivacité est cellede la floraison et de la fructification. Ce temps une fois passé, ils deviennent plus lents et finissent par s'arrêter toul-à fait. Broussonnet a observé que les mouvements des feuilles duraient deux à trois jours sur les branches que l'on coupait et qu'on tenait plongées dans l'eau. Ilufelanda vu les folioles continuer à se mouvoir, même sur des pétioles qu'on avait fait abaisser par l'effet de l'étincelle électrique. Les irritations mécaniques , les attouchements, la chaleur, l'humectationavecde l'huile et des esprits volatils, n'exercèrent aucune influence, non plus que l'aimant. L'électricité produisit les effets suivants : les étincelles, tant positives que négatives, et les commotions, ne changèrent point les mouvements; le contact avec un corps électrisé, positivement ou négativement, n'eut pas plus de résultat ; le seul bain électrique simple , soit négatif , soit positif, qui n'avait absolument aucune, influence sur les grandes feuilles , détermina tou-i jours un balancement plus vif et plus rapide de& folioles latérales , qui , non-seulement dura pendant toute l'électrisalion , mais encore persisia long temps après. Giulio n'a observé aucun effet sensible de l'emploi des deux pôles d'une pile vollaïque. 11 est digne de remarque encore que les mou-
TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE
vemenl» dovinrenl plus faibles el plu sleiils, après que Ilufclaïul eutconpéics petits poils dcspéliolcs.
Les inouvcinents d'oscillation des feuilles parais* sent étro , coinnie l'admet Rittcr, la suite d'une afûuence différente de la sève, qui produit une alternative de turgesceuce et de vacuité dans les \aisseaux des folioles.