VI. Mouvements des fleurs et des organes génitaux
D'abord on remarque dans les fleurs des mouvewents , liés aux époques de la journée , qui ressemblent à ceux des feuilles. Tels sont l'élévation et l'abaissement périodique des pédoncules , l'épanouissement et la clôture des fleurs. D'après les observations de L'mné, Veuphorbia germanica, tant qu'elle est fleurie , laisse tomber chaque nuit ses ©mbelles, qui se redressent le matin. Le géranium striatum, le ranuncuîiis polyanthemus , le draba verna, le verbascum blattaria, etc., inclinent également leurs feuilles pendant la nuit. Les fleurs de nymphœa, de lotus , de stratiotes, de potamogeton , de myriophyllum, etc., s'élèvent au-dessus de l'eau dans la journée , el s'immergent le soir.
Dans la plupart des végétaux les fleurs ne s'oa- \rent qu'une seule fois, et reslentépanouies jusqu'à ce qu'elles se fanent. Beaucoup de fleurs , au contraire , s'ouvrent et se ferment plusieurs fois , ce <]u'e]les exécutent à certaines époques de la journée. L'occlusion de certaines fleurs au moment de la nuit était déjà connue de Bâcon, qui la comparait au fommeil des animaux. Linné a fait des observations très-soignées sur ce sujet. Toutes les fleurs qui s'ouvrent le jour et se ferment la nuit étaient appelées par lui flores solares , et il fonda son horloge do Flore sur celles qui s'épanouissent à certaines heures. Pulteney , D. deGorter , et Th. Martyn se sont également occupés de cet objet.
Les plantes présentent des différences nombreuses sous le rapport de l'époque à laquelle elles ouvrent et ferment leurs fleurs. Dans plusieurs les fleurs s'épanouissent au lever du soleil , et ne se reploient qu'à son coucher; c'est le cas de Vhemerocallis flava, du leontodon taraxacum , du bellis perennis, du papaver nudicaule , etc. Certaines ferment leurs fleurs dès l'après-midi , comme le mesembryanthemum barbatum , Valyssum sinuatum , ]'alyssumalyssotdes,]'anthericum album , les hieracium pulmonaria , fruticosum , rubrum et latifolium, lecichorium intybus , les hypochœris hispida et pratensiSfXe crépis rubra, les calendula officinalis et africana. D'autres encore les ploient entre dix heures et midi , comme les tragopogon luteum et pratense , les crépis tectorum et alpina , le scorzonera tingilana , les sonchus arvensis, oleraceus , alpinus, lapponicus, palustris et repens, le lapsana glutinosa. Plusieurs plantes n'épanouissent leurs fleurs qu'entre huit et dix heures , et les ferment vers midi , ou peu de temps après , comme le dianthus prolifer, les malva helvola et caroliniana, les portulaca hortensis el oleracea, les mesembryanthemum crystallinum, neapolitanum et nudiflorum, le calendula arvensis , Varenaria purpurea , Vhieracium pilosella , V hypochœris chondrilloïdes , le drosera longiflora, le morcea undulaia. Quelques-
unes enfin ne les ouvrent qu'à midi, comme le mesembryanthemum spectabile ; ou vers le soir comme Tte/a cinnamomca; ou même pendant ù nuit, comme les œnothera tetraptera et mollissima U silène noctiflora,]c mirabilis longiflora, Icyladio'lus tristis , les cactus grandiflorus et triangularit Linné partageait les fleurs qui s'ouvrent le jour en météoriques, tropicales et équinoxiales. Il ap. pelait météoriques celles dont l'épanouissement et la clôture varient suivant les influences extérieures la lumière, la chaleur , l'humidité, et en générai l'état de l'atmosphère. Ainsi les fleurs des caiendula plwvialis el africana, de ïanagallis arvensis et de plusieurs oxalis restent fermées quand le temps est couvert. Celles du sonchus sibiricus , au contraire , ne se ferment pas pendant la nuit , lorsqu'il doit pleuvoir sous peu. Dans les fleurs trop!cales l'époque de l'épanouissement et de la clôture des feuilles dépend de la longueur des jours. Le» convolvulus, les mesembryanthemum et les oxaU$ ouvrent leurs feuilles plus tôt dans les jours long», et plus tard dans les jours courts. Enûn les fleur» équinoxiales sont liées , pour leur épanouissement et leur clôture , à une époque déterminée et invariable.
Ces mouvements des fleurs qui ont lieu à certaines époques de la journée paraissent dépendre, comme ceux des feuilles, d'un changement dan» la vitalité des plantes, qu'accompagnent, sous l'influence d'agents extérieurs , des différences dan» l'afflux de la sève et dans le degré de turgescence dont les pédoncules deviennent le siège. Le redressement des pédoncules et l'épanouissement des fleurs tiennent sans doute à une affluence plus considérable de la sève et à une turgescence qui en est le résultat. L'abaissement des pédoncules , au contraire , et la clôture des fleurs paraissent être la suite d'une diminution dans l'affluence de la sève , et de la cessation de l'état de turgescence. Cet effet peut tenir d'une part à un changement, périodique et lié aux époques de la journée, dans la contraclilité des vaisseaux séveux, d'autre part aussi à une modification dans les agent» extérieurs qui déterminent l'étal de la vitalité et le mouvement de la sève. Ce qui prouve en faveur de la variabilité de l'état vital , c'est que les mouvements des feuilles sont exactement en rapport avec la nutrition et l'accroissement, et qu'ils s'exécutent avec plus de vivacité dans les plantes bien portantes et vigoureuses, que dans les végétaux maladifs et languissants. Les plantes qui manquent d'caa n'épanouissent point ou n'ouvrent que très-peu leurs fleurs. Après le temps de la fécondation , les mouvements périodiques des fleurs cessent toutà-fait. Ils sont détruits aussi par diverses substances narcotiques et vénéneuses , qui paraissent anéantir la contraclilité des vaisseaux séveux. La lumière et la chaleur exercent également une grande influence sur eux. Ils n'ont point lieu quand la température de l'atmosphère est très-basse ou fort élevée. Lorsque les plantes sont soustraites pendant long-temps à l'influence de la lumière , les mouvements périodiques des fleurs cessent , et celles-ci ne s'épanouissent point. Dccandolle a trouvé , dan» es expériences sur des plantes tenues au milieu.
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
ne cave qu'on éclairait la nuit par des lampes, qu'où laissait obscure durant le jour, que l'épo- 9 de l'ouverture et do la fermeture des fleurs ingeait chez plusieurs. Quelques végétaux dont
fleurs s'épanouissent dans la journée , les eurent la nuit et les fermèrent le malin. D'autres urs qui s'ouvrent la nuit , se déployèrent le ma-
et se fermèrent le soir. Tel fut le cas de l'ornijgalum umbellatum, du convolvulus purpureus,
mesembryanthemu7n noctiflorum, de Vhieracium iplexicaule , de Vanthemis maritima. Les fleurs ï'ornithogalum umbellatum, qui s'ouvrent le ma-
yers onze heures et se referment à trois, se reèrent de suite lorsqu'on les eut soustraites à la nière, et s'épanouirent de nouveau quand on les posa à l'influence de cet agent. Dans d'autres vé- •aux les mouvements périodiques des fleurs ne rent point changés par la lumière et l'obscurité. Dans quelques plantes les corolles exécutent ssi des mouvements après avoir été irritées. ipomœa sensitiva se trouve dans ce cas, d'après i observations de Turpin. Le tissu membraneux
la corolle en cloche de ce végétal est soutenu par s filets ou vaisseaux, qui au moindre contact se issent, se recourbent, et déterminent l'occlusion
la fleur. Après l'éloignement de la cause irrinte ils se déploient de nouveau. Schwagerman et irtolozzi disent aussi avoir aperçu, dans les fleurs
l'apocynum androsœmifolium , des mouvements casionés par des irritations.il résulte des obserilions de Roxburgh que les fleurs de Vamaryllis Uatoria, plante des Indes orientales dontSims a )nné la première description, jouissent de la molité à un haut degré. Au plus léger attouchement un insecte , à la moindre excitation mécanique, i plus petit souffle de vent, elles exécutent des ouvements oscillatoires en diverses directions. Il peut à peine douter que ce phénomène dépende une faculté contractile -vivante. La propriété disiraît, à ce qu'on assure , dans les plantes élevées 1 serre.
Les mouvements des organes de la génération mt plus sensibles que ceux des corolles. Dans ;aucoup de végétaux, à l'époque de leur dévelop- >ment complet, et pendant l'acte de la fécondation, 'sorganes exécutentdes mouvements qui font que 'S parties placées souvent à une distance consiirable les unes des autres, se rapprochent et se luchent. Dans quelques plantes les élamines et iithères se redressent, et se penchent vers le stiglale ; dans d'autres, c'est le pistil qui se rapproche 3S anthères ; dans d'autres encore, les deux ordres
organes se rapprochent mutuellement l'un de autre.
Le mouvement des étamines vers le pistil paraît voir été observé pour la première fois par Yailint, sur la pariétaire. Linné a vu , dans le pâmasiapalustris et ]cruta graveolens, les élamines s'aprochcr l'une après l'autre du stigmate , répandre î pollen, et reprendre ensuite leur situation première , tandis que , dans le saxifraga tridactylites, lies s'inclinent tontes à la fois sur le pistil. Des (louvements semblables ont été remarqués par lielf sur Vamaryllis formosissima , par Stehelin , ur la pariétaire, par Kœlreuter, sur des espèces
de ruta, à'antirrhinum et de scrophularia ; par J.-F. Gmelin, sur un grand nombre de syngénèses, le cactus opuntia et le vislus heliantfiemum ; par Leske , sur des espèces ù'aquilegia et de saxifraga. Les plus nombreuses observations à ce sujet sont celles qui ont été faites par F.-C.Medicus et Desfontaines. Il en résulte qu'à l'époque de la fécondation, les étamines se dressent et se courbent vers le pistil , que les anthères s'ouvrent et répandent le pollen sur le stigmate, qu'ensuite les filets staminaux reprennent leur situation primitive. Tantôt les étamines se portent les unes après les autres vers le pistil , à mesure que leur pollen est mûr, comme dans Vhyoscyamus aureus , le fritillaria persica , le butomus ombellatus , le polygonum orientale , les scrophularia nodosa , aquatiea , canina et lucida , le tamarixgallica, etc.; tantôt elles se meuvent deux par deux, ou trois par trois, comme dans les espèces de saxifraga , de stellaria , de veronica et de halmia , Yalsine média, le moerhingia muscosa, le swertia perennis , le rhus coriaria, etc. ; tantôt enfin elles se portent toutes à la fois sur le pistil, comme dans \e zygophyllumfabago, Vagrimonia eupatoria, les ricinus humilis et lœvis , Vatropa physalo'ides , etc. Des dix étamines du sedum telophium et du sedum reflexum , il n'y en a d'abord que cinq qui se redressent , après quoi les cinq autres se raetlcnl en mouvement.
Les étamines des delphinium , aconitum et garidella , qui entourent immédiatement le pistil , s'en éloignent aussitôt que le pollen est répandu. Dans beaucoup de plantes les anthères seules se dressent, se penchent sur le stigmate, laissent échapper le pollen, et se retirent ensuite , comme dans le lilium superbum , l'amaryllis formosissima , les pancratium illyricum et maritimum , etc. Humboldt a reconnu que les étamines àu parnassia palustris se rapprochent l'une après l'autre du pistil , d'abord par saccades , puis tout d'un coup, et qu'après avoir versé leur pollen en trois fois, elles reprennent leur situation première , jusqu'à ce qu'elles soient renversées sur la corolle.
Il n'est pas si commun d'observer des mouvements dans les organes génitaux femelles que dans ceux de l'autre sexe. Linné a vu les pistils et stigmates s'incliner vers les étamines et les anthères dans \e nigella arvensis , le passiflora, le tamarindus. Medicus a remarqué l'inflexion des pistils et l'application des stigmates aux étamines dans les plantes suivantes : nigella sativa et orientalis , sida americana et umbellata , passiflora vesportilio , suberosa , minima et coemlea , œnothera repanda , mollissima , biennis et fruticosa , hibiscus malvaviscus , manihot , abelmoschus , africanus , phœniceus , et trionum , cactus hexagonus et grandiflorus, turnera ulmifolia. Desfontaines a trouvé qu'un mouvement des pistils et des stigmates vers les étamines elles anthères a lieu principalement dans les plantes dont les étamines très-courtes sont situées au-dessous du pistil. Il a vu ce dernier s'incliner vers les étamines , non-seulement dans plusieurs des végétaux précédents, mais encore dans les lilium candidum , martagon et chalcedonicum, les epilobium angustifolium et spicatuin, le collinsonia canadensis. Cette inflexion a lieu aussi dans les
i:raité de puVsiologie
espèces des genres gloriosa, cymbidium , elc. Les deux sexes se rapprocticnt inutucllcincnl l'un do l'autre, d'après les observations de Medicus, dans le boerhaavia diandra et dans plusieurs espèces de vialva , d'althœa , û'alcea et de lavatera.
Desfoulaincs rcj^ardo ces mouvements comme des effets de l'irritabilité des étamincs et des pistils, ot pense que les émanations des liquides générateurs sont le stimulus qui provoque la contraction. Ou peut objecter contre celte hypothèse que les «tamines de plusieurs plantes à Ûeurs monoïques mâles, comme celles des espèces du genre wrtîca, entrent également en mouvement, et que leurs anthères lancent le pollen. Les mouvemenls des parties génitales, qui ont lieu avec tant de régularité, doivent sans doute être considérés comme le résultat immédiat des mouvements intimes d'accroissement ayant leur source dans le progrès que font les végétaux vers leur développement complet, mouvements qu'accompagnent et un état de turgescence produit par l'afflux de la sève et les manifestations d'une faculté contractile vitale. Les influences extérieures n'excitent pas les mouvements à titre de stimulus, mais elles n'ont sur eux qu'une influence médiate, en tant qu'elles sont une des conditions de l'accroissement des plantes en général. Les effets nuisibles des poisons semblent attester qu'une faculté vitale de contraction prend part aux mouvements qui se manifestent dans les organes générateurs parvenus à maturité. Goeppert a remarqué que les étaraines des ruta graveolens , angustifolia et divaricata , des saxifraga aizoon, sarmentosa, longifolia et punctata, du polygonum orientale el du zygophyllum fabago perdaient la faculté de se rapprocher du pistil, de lancer le pollen, et de reprAidre leur situation primitive, lorsque les plantes avaient été plongées dans l'acide prussique ou l'eau d'amandes amères , et que le poison absorbé était arrivé jusqu'aux fleurs. L'humeclalion immédiate des étamines avec les liquides vénéneux détruisit de suite leur mobilité, et elles se fanèrent.
Les organes génitaux de plusieurs plantes se laissent mettre aussi en mouvement par des excitations extérieures. Les parties mâles, soit les étamines et les anthères à la fois, soit seulement ces dernières, sont celles dans lesquelles on observe le plusfréquemment ce phénomène. Parmi les végétaux qui sont dans ce cas, on compte des espèces iecactus, centaurea,cistus, berberis, scabiosa, cichorinm , onopordum, serratula , hieracimn , ventenatia, etc. Linné, Duhamel et Adanson ont observé la mobilité des étamines àn cactxis opuntia. Lorsqu'on touche aux nombreuses étamines de ces plantes , qui, après l'épanouissement des fleurs , sont éloignées du pistil, elles se rapprochent promptement de ce dernier, et s'appliquent en partie sur lui ; peu à peu ensuite elles retournent à leurancienneplace. Une nouvelle excitation lesdélermine une seconde fois à entrer en mouvement. Des phénomènes semblables ontété observés par Kœlreuter sur le cactus tuna, et par Medicus sur les cactus hexagonus et grandiflorus.
Covolo a observé, sur le centaurea calcitrapoides, que les étamines , qui , à l'ouverture des fleurs , sont arquées de dedans en dehors , se portent rapi-
dement vers le pistil, quand on les irrite avec one épingle , et que les aulbères laissent échapper le pollen. Il a cru remarquer que ce mouvement était accompagné d'une contraction sensible des étamines. Il prétend même que ces dernières continuent encore de se mouvoir pendant quelque temps après avoir été coupées , sous l'inllucncedei stimulations. Kœlreuter a observé des mouvemenig semblables dans les centaurea spinosa, cineraria ragusina , eriophora et salmanttca. Les étamines qui avaient été irritées reprenaient au bout de quelque temps leur situation première. On pouvait les déterminer plusieurs fois de suite à se mouvoir. Leur mobilité variait suivant la température de l'atmosphère.
Dans les espèces du genre cistns , les étamines entourent immédiatement le pistil. Lorsqu'on y touche, ouqu'on les ébranle, elles s'en écartent lentement et se rejettent du côté delà corolle, dont elles se rapprochent d'autant plus qu'elles ontété stimulées davantage. Ensuite elles retournent rapidementversle pistil, etles anthères, qui s'ouvrent, lancent le pollen sur le stigmate. Les secousses occasionées par le vent suffisent déjà pour provoquer le mouvement des étamines. C'est le matin que le» mouvements ont le plus de vivacité. Quand l'air est très-chaud et sec, les étamines sont immobiles. Ces mouvements ont été observés par Duhamel, sur le cistus helianthemum , par Koelreuler, sur le cistus apenninus, par Medicus et Desfontaines , sur ces deux espèces, ainsi que surle cistus ledifolius.
C'est sur le berberis vulgaris qu'ont été faite» les plus nombreuses expériences relatives à la mobilité des étamines , sous l'empire des excitations, par Linné , Duhamel , Adanson , Koelreuter ,Smilh, Medicus , Desfontaines , Humboidt , Ritter , Hasse , Descemet , Macaire- Prinsep , et Goeppert. On sait que les fleurs <le cet arbrisseau ont six étamines , qui, durant le jour, sont écartées du pistil, dans la fleur épanouie , et arquées en dehors. Pendant la nuit, les fleurs se ferment et les étaraines s'appliquent au pistil. Lorsque , durant le jour , les étamines viennent à être irritées mécaniquement, à leur base ou à leur côté interne, soit par des insectes, soit avec la pointe d'une aiguille, elles se portent rapidement vers le pistil , et laissent échapper le pollen sur le stigmate. Si l'on enfonce l'aiguille dans les filets staminaux, le mouvement s'exécute avec plus de vivacité , et quelquefois on remarque de légère» oscillations. A une basse température le mouvement est lent , et parfois il s'écoule quelques moments avant que les étamines irritées s'approchent du pistil. Peu de temps après elles retournent avec lenteur vers les pétales, qui ont une formeconcave. Il leur faut , pour exécuter ce mouvement , plusieurs minutes , quelquefois un quart-d'heure et davantage , ce qui varie en raison de l'état dans lequel se trouve la plante et de la température atmosphérique. Le retour des étamines à leur place primitive étant extrêmement lent en comparaison de la promptitude aveclaquelle elles se portent ver» lepislil, cette circonstance prouve que les mouvements ne peuvent point être dos effets de I elasticilé. La mobilité des élamincs persiste après
GÉNÉRALE ET COMPARÉE
xcision de la corolle, da calice et du pislil ; iilemenl elle n'est plus alors ni aussi vive ni aussi iiiplèle. Ces fllamenls sont encore susceptibles L ire mis ou mouvement par des stimulations méuiques après qu'on a retranché leurs extrémités. On a également expérimenté l'action de diverses lires stimulations sur les étamines. Koelreuter vu que la lumière solaire concentrée par un verre dent et les commotions électriques les mettaient \ mouvement. Humboldt a reconnu que les étaines irritées revenaient bien quelquefois vers la rolle, dans les fleurs auxquelles on imprimait Il violentes secousses électriques, mais qu'elles savaient plus ensuite l'aptitude à se rapprocher do «nveau du pislil, quand on continuait à les stittUler. Nasse a excité le mouvement par l'emploi rj-galvaaisme de la pile voltaïque. Sur des branmes fleuries , qui étaient plongées dans de l'eau rbhauffée jusqu'à 32 à 35 degrés centigrades, les étaliiues se portèrent aussitôt, ou peu de temps après, sers le pistil ; mais elles ne le firentpas dans de l'eau )jiit la température ne s'élevait qu'à 10 ou 14 defés. Dans les expériences de Rilfer, les étamines î3 furent point mises en mouvement par l'effet de aur huraectation avec de l'alcool et de la teinture oorpiura- Nasse et Gœppert, au contraire, ont excité ! mouvement par l'éther, l'alcool, les huiles esseneelles , l'essence de térébenthine , l'acide acétique 1 ; l'acide hydrochlorique ; mais les organes perdirent ainsi la faculté de ressentir ensuite les excitaoons mécaniques. La même chose eut lieu quand na introduisit de l'acide prussique, de l'eau d'amanees amôres , et de l'eau de cannelle dans les fleurs. il/acaire-Prinsep plongea des branches fleuries dans ee l'acide prussique étendu ; les étamines perdirent I! faculté de se mouvoir sous l'influence des stimufcUons extérieures. Les vapeurs de l'acide prussique RROduisirent un effet semblable. La mobilité fut ggaleraenl détruite par la teinture aqueuse d'opium, It par les dissolutions étendues d'oxide d'arsenic, Varséniate de potasse et de sublimée. Gœppert mit ees branches fleuries daps différents liquides , aûn '«'éprouver l'action que les substances absorbées uerçaient sur la mobilité des étamines. Dansl'acide rrossique , l'eau d'amandes amères . l'ammoniaque iquide , l'alcool , l'éther , les huiles volatiles , l'essence de térébenthine, l'acide acétique , l'acide hyrrochlorique , les dissolutions de sels métalliques , ■'oxide d'arsenic, d'acélale deplombetdecuivre, de Lilrate d'argent et de sulfate de zinc, ces organes pertipent leur mobilité , dès que les substances absor- 4ées furent parvenues jusqu'aux fleurs. L'effet n'eut •as lieu dans la dissolution d'opium, et dans les in- Misions de fève S.-Ignace, de noix vomique, de bella- <one et d'autres substances narcotiques, aussi long- Kmps que les branches conservèrentleurfraîcheur.
Il est digne de remarque que les filels des élamiles conservèrent leur mobilité sur des pieds qui ivaient été soustraits pendant trois jours et demi à Tinûuence de la lumière.
Les étamines d'autres espèces do berberis , telles ^ac les bsrberis hutnilis , canadensis , emarginata , Kretica et cristata , possèdent également, d'après les tibservalions de Link , et de Gœppert, la propriété Ae se mouvoir quand on les irrite.
Dans plusieurs plantes , les étamines entrent en mouvement, à l'époque de leur parfait développement, sans y être déterminées par des excitations extérieures, tandis que la rupture des anthères peut, au contraire, être provoquée par des stimulations mécaniques. On observe ce phénomène sur les espèces deparietaria , de spinacia , à'atriplex , d'urtica et de quelques autres genres. J. Bauhin paraît être le premier qui l'ait remarqué sur \epanetana officinalis , dont les anthères lançaient le pollen toutes les fois qu'il voulait arracher les étamines des fleurs. Morison, Ray, Vaillant, Stehelin, Linné et autres ont également vu les anthères de la pariétaire éclater sous l'influence d'excitations mécaniques. Les fleurs hermaphrodites et les fleurs mâles de cette plante ont quatre étamines renfermées dans la corolle , qui peu à peu s'élèvent et se courbent en dehors; si on les touche dans cette situation, elles répandent leur pollen. La même chose arrive quand on irrile les anthères des cinq étamines de l'atriplex patula. Dans les espèces du genre spinacia, où les organes génitaux occupent des fleurs différentes, les cinq étamines se dressent au moraentde la maturité et se- courbent en dehors : si alors on irrite les anthères, elles éclatent. Les quatre étamines des fleurs mâles des espèces d'urtica sont d'abord courbées en dedans ; à mesure qu'elles mûrissent , elles s'.éièvent et se jettent en dehors, de manière à prendre une situation presque horizontale. Dès qu'on touche aux anthères, elles s'ouvrent tout-à-coup et lancent le pollen. Ce phénomène a été observé par Stehelin , Haller, Âlston, Gmelin , Medicus et autres , sur les urtica, dioïca , cannabina, pilulifera et autres. Des phénomènes semblables ont été vus dans les anthères de plusieurs espèces de morus , chenopoditim, forsJiaela, ononis, stachys , anemona et aulres.
Le stigmate de plusieurs plantes peut être mis en mouvement par des irritations extérieures» Linné a parlé le premier de l'occlusion du stigmate ouvert du gratiola quand il vient à être touché par le pollen , ce qu'Adanson a observé également. Dans les martynia annua , perennis et probosoidea, dans les bignonia catalpa et radicans, dont le stigmate est composé de deux lobes largement ouverts à l'époque de l'épanouissement complet des fleurs , ces lobes se rapprochent l'un de l'autre, d'après les remarques d'Adanson, Kœlreuter et Medicus , aussitôt que du pollen tombe suc le stigmate ou qu'on irrite celui-ci avecune aiguille; rinlérieur se porte alors rapidement vers- le supérieur. Le mouvement a lieu avec d'autant plus de vivacité que l'air est plus chaud. Quand la température est basse et le temps pluvieux, le stigmate demeure immobile.. Des mouvements analogues ont été observés par Medicus dans le stigmate des lobelia syphililica, erinus et erinoïdes, des antirrhinumalbescens clglaucum, du clcome arabicum, des justicia ciliaris et hysopifolia, des lavandula latifolia, mullifida et spica , du scrophularia lucida. Le stigmate du mimulus gutlatus se montre également très-mobile, quand on l'irrite, d'après les expériences de Kielmeyer, et celui du mimtiltis glutinosua, d'après celles de Braconnot. Le pistil du stylidium graminifoliuni est doué aussi do la mohiUt<$
TBAITÉ DE PHYSIOLOGIE
à un haut degré. Dans la floor épanouie, il estar- •lué au-dessus de la lèvre renversée do la corolle, de manière que le stigmate se trouve en contact avec les anthères; si l'on touche légèrement à sa base, il se redresse subitement. Au bout de quelque temps, il reprend sa situation primitive. Lorsqu'on l'irrite de nouveau, le mouvement se répète; mais des excitations fréquentes lui fout perdre de sa vivacité et de sa force.
Gœppert , dans ses expériences au sujet de l'action que l'acide prussiquo exerce sur les plantes, a trouvé que le stigmate du bignonia catalpa , du martynia proboscidea et des mimulus glutinosus et guttatus, perdait sa mobilité après l'emploi de cet acide , soit qu'on y eût plongé la plante ellemême, soit qu'on eût seulement exposé cette dernière à sa vapeur.
Les mouvements que des stimulations provoquent dans les organes génitaux de l'un et de l'autre sexe, ne peuvent être considérés que comme des effets d'une seule et même faculté contractile vitale , inhérente à ces organes, qui est mise en jeu par des excitants de diverses espèces. L'influence des poisons sur l'extinction de cette faculté est un argument qui vient à l'appui de notre hypothèse. La contractilité dont il s'agit a probablement son Biége dans le tissu cellulaire.
Les capsules mures de quelques plantes , des genres balsamina, cardamîne, dentaria, momordica, impatiens , etc. , exécutent, comme l'avait déjà remarqué Tournefort, des mouvements bien sensibles quand on vient à y toucher; elles éclatent, et lancent au loin les graines , tandis que les segments de leurs propres parois se roulent eu spirale. Quoique ces mouvements aient été regardés, parlaplupart de ceux qui ont écrit sur la physiologie végétale, comme de sinii)les phénomènes d'élasticité , ils paraissent dépendre aussi d'une faculté contractile vitale du tissu cellulaire. Ce qui témoigne en faveur de celte opinion , c'estque la propriété dont il s'agit est anéantie par l'emploi des poisons. Garradori plongea des capsules de balsamine dans de l'eau de laurier-cerise, et reconnut qu'elles avaient perdu parla leur faculté de se briser avec éclat sous l'influence d'un stimulus mécanique, tandis que celles qui avaient été immergées dans l'eau froide , demeurèrent mobiles. D'après les expériences de Gœppert sur les capsules de cardamine pratensis et de dentaria enneaphtjlla, elles perdirent leur mobilité dans l'acie^e prussique. Ce physicien considère aussi le phénomène comme une manifestation de la vie qui est pro> dnite par la contractilité du tissu cellulaire. Dutrochet attribue les mouvements à la propriété qu'a le tissu végétal de se courber, quand il est dans un certain état de turgescence. Suivant ses recherches, chaque valve d'une capsule est formée de couches concentriquesde pctilesvésicules, qui vont toujours en diminuant de la périphérie au centre. Il prétend que la tendance à se courber dépend de l'inégalité de gonOement entre les couches composées de grandes et de petites vésicules, dès qu'une cause qtielconque détermine un état de turgescence. Cette théorie mécanique ne s'accorde point avec la manière d'agir des poisons.
VII. Mouvements des plantes qui dépendent l'état hygrométrique de l'air.
Enfin il est , chez les plantes , des mouvemeoti qui dépendent de l'étal hygrométrique de l'almosphère, et do son influence sur le tissu végétal , et qu'on observe , dans ces corps , tant durant la vie qu'après la mort. Le earlina vulgaris en offre un exemple remarquable , d'après Bierkander. Celte plante se dessèche après la floraison , et persiste avec ses feuilles et ses calices jusque dans le court de l'année suivante. Pendant cet intervalle , le calice se contracte lorsque le temps est humide et couvert, au lieu que quand le temps est sec et le ciel pur , il s'ouvre et s'étale dans une directioa horizontale. L'anastatica hierochantina sec pré* sente des phénomènes du mémo genre. Les mouvements des soies du funaria hygrometrica , ceux des barbesdu stipa pennata&lde l'avenu fatua, coox enfin de plusieurs jferanium sont bygromélriquet, et l'on s'en est servi à titre d'hygromètre. Peut-cire doit-on ranger également ici les mouvements des feuilles composées du porliera hygrometrica, qui se serrent les unes contre les autres à l'approche do temps pluvieux. Il faut encore y rapporter ceux des capsules des mousses, et des graines du jungermànnia et du marchuntia.