‹ Nouveaux éléments de physiologieChapitre 84 sur 102 · EXCITABILITÉ · texte numérisé non relu

EXCITABILITÉ

On peut donner aux influences extérieures qui

TRAITÉ DE l'HYSIOLOCrE

affectent les corps vivants , lo nom de puissances excitantes {stimuli , incHamenta , jwtenliœ irritantes) , parce qu'elles les sollicitent à agir , et déterminent leur mode spécial d'action. Nous appellerons excitabililé la propriété qu'ont ces corps d'être affectés par des puissances excitantes , de se montrer sensibles aux impressions qu'ils reçoivent do leur part, et d'entrer enjeu à cette occasion. Tous les végétaux et animaux sont doués de cette propriété, et nous devons conclure son existence des phénomènes que nous voyons succéder à l'influence des agents excitateurs. Les cryptogames, conferves, tremelles , champignons , mousses , etc. , et les plantes phanérogames, tant monocolylédones que dicotylédones , sont déterminées à se former, à se nourrir , à s'accroître, par des influences extérieures, dont l'impression suppose l'aptitude à être affecté par les puissances excitantes. Tous les animaux sont excitables , depuis l'animalcule infusoire jusqu'à l'homme ; car non-seulement leur conservation par la nutrition a lieu sous l'influence d'Impressions du dehors , mais encore ils se laissent mettre en mouvement par des puissances excitantes de nature diverse. Le germe fécondé, la graine et l'œuf jouissent déjà de l'excitabilité. Les germes capables de se former ne commencent à entrer dans l'état de formation et de développement, qui s'accompagne de mouvements , que sous l'empire d'influences du dehors , à un degré déterminé de chaleur , et dans certaines conditions des milieux ambiants , de l'air ou de l'eau. Les germes mêmes qui se développent dans le corps de la mère, ont besoin de certaines impressions extérieures faites sur cette dernière , et qui sont nécessaires pour que la formation s'accomplisse.

Tontes les parties solides sont excitables , dans le sens attaché précédemment à ce mot, et elles ne peuvent être mises que par des impressions de diverses sortes , extérieures à elles , dans un état d'activité , dont les manifestations , variables en raison des différences de constitution qui leur sont imprimées par le travail de la formation , au moment du développement, consistent en un changement du mode de nutrition , ou en mouvements visibles , ou en sensations. On doit aussi regarder comme excitables les globules que renferment les liquides formateurs : du moins les mouvements de ceux qu'on -trouve dans la semence du mâle, les animalcules spermatiques , varient-ils en raison des puissances excitantes qui agissent sur ces molécules. Les mouvements des animaux qui naissent dans les infusions se distinguent de ceux des molécules de corps inorganiques sur lesquels R. Brown a le premier appelé l'attention des physiciens , en ce qu'ils peuvent être modifiés par certaines incitations qui, d'après mes expériences, n'influent en rien sur ces derniers.

L'excitabilité, dans l'acception la plus large du mot, est donc une propriété inhérente à tous les corps organisés, que nous ne devons point borner à un seul groupe d'êtres vivants, ou à certains tissus de ces êtres, ou seulement à la Gbre musculaire, comme le faisait Ilaller. La propriété d'être déterminé à des mânifcsitations de force par des influences extérieures n'appartient pas uniquement à tous

les solides organiques nourris et doués de la force plastique, ainsi qu'aux globules contenus dans le. liquides formateurs , mais paraît même être inhérente à la nialière organique encore amorphe et susceptible d'acquérir la forme. Ce qui le prouve c'est que, dans la génération dite spontanée, nom voyons les matières organiques, l'albumine, la fi. briue, la gélatine, le mucus animal, l'amidon, le gluten, la gomme, etc., prendre une forme orgânU que sous l'empire d'influences extérieures, et 4e leur sein surgir des êtres organisés de la plusgim. pie espèce, des infusoires, des conferves, des moisissures , qui varient suivant les différences que présentent ces influences extérieures elles-mème».

La propriété qu'ont les corps vivants de se montrer impressionnables aux excitations présente de grandes différences, à en juger d'après lescirconstances dans lesquelles ces corps se trouvent. Ch». que espèce végétale et animale vit dans un certain cercle d'influences extérieures. Elle se tient dans un milieu déterminé , est bornée à une certaine zone de la terre , à un certain climat, conti., nue à vivre dans une certaine température , m trouve soumise à une certaine pression atmosphérique , et dépend de certains aliments. Si on la fait sortir des circonstances au milieu desquelles elle a été placée par la nature , le changement des influences extérieures , c'est-à-dire des conditions de sa vie, anéantit toute activité en elle, ou modifie cette activité , soit en l'exaltant, soit en la diminuant. Un certain degré de chaleur qui suffit pour faire vivre une plante ou un animal, est trop pen considérable ou trop élevé pour une autre plante ou un autre animal, en qui il éteint la vie. On ne peut concevoir ce résultat qu'en admettant dei différences dans la quantité et dans la nature de l'excitabilité départie aux végétaux et aux animaux. L'excitabilité varie en outre, quant au degré, suivant les âges, et nous voyons les effets produits par les puissances excitantes différer en raison de la durée de l'existence des corps vivants. Les parties qui entrent dans la composition d'un corps organisé n'ont également point la même dose ni le même caractère d'excitabilité. Chaque organe, chaque tissu d'un végétal et d'un animal est déterminé à agir par certaines excitations. L'excitabilité offre donc une grande diversité dans les différentes espèces de corps organisés, ainsi que dans leurs divers tissus, et ces diversités sont tout aussi nombreuses que celles qu'on observe dans les manifestations et les résultats de la force plastique.

Si nous partageons les influences extérieure» qui font impression sur les corps vivants, et les excitent à agir, d'après leur nature, elles forment deux classes, les inorganiques et les organique». La première classe comprend lacTialeur, l'air t l'eau et la lumière, ainsi qu' un grand nombre d« choses du dehors ; à la seconde se rapportent lel aliments puisés dans le règne organique. >

Dans les circonstances ordinaires où setrouvew ' les corps vivants, les influences ou agents inorganiques agissent tantôt à certains intervalles sculemcnlf

comme la lumière, cl beaucoup de choses extérieures qui ne font impression sur eux qu'acciden-

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

Icmcntoa dans certaines occasions, tantôt d'une i uiére continue , comme la température exté- [ are, l'air, qui influe non-seulement sur les ani- . iux et végétaux aériens, mais encore, par son t lange avec l'eau, sur ceux auxquels cet élément

I t d'habitation, et entin l'eau elle-même, ou l'état

Jaamidilé de l'air et de la terre.

ELes agents extérieurs du régne organique ne ravent, d'après leur nature, faire impression sur ^ corps vivants que d'une manière mécanique ou unique. Us agissent mécaniquement lorsqu'on ttti des propriétés générales dévolues à tous les rfps, leur pesanteur, leur densité, leur dureté et HT forme, ils impriment une pression ou une selosse à l'organisme, et tendent à produire des chan- ■neuts daus la continuité ella cohésion. Usagis- !|it chimiquement lorsque leur activité tend à uuager la composition des corps vivants et la dilition spéciale de leurs affinités, pour les soumetaux lois de la chimie , comme font la chaleur, llumière, l'électricité, l'air atmosphérique, les ifi,les acides, les alcalis caustiques, les divers sels, t oxides métalliques et autres substances. Les uns l ies autres manifestent la tendance à altérer la nmposition chimique, soit en cherchant, comme mt le feu, l'air, les alcalis caustiques et les acides méraux, à ramener les combinaisons organiques Tnaires, quaternaires et autres, à la condition îKléments ou de combinaisons inorganiques binaii), soit en s'introduisant eux-mêmes dans cette mposilioD, oasoustrayant quelques-uns des corps i i y entrent

^Quoique les agents extérieurs de nature inorgaique doivent être considérés commodes conditions Hérieures de la vie, en ce sens que laconservai»n de l'activité des corps vivants dépend de leur Bûoence, par exemple de celle de la lumière, de •au , de l'air et de la chaleur, et que d'autres iniiences puissent également, en certaines circoniinces, les exciter à agir, cependant les effets qui wullentde là, daus les corps doués de la vie, ne int point purement mécaniques ou chimiques , Mai qu'on pourraitle présumer d'après leur origine, tais ils sont organiques ou vitaux. Les choses du |hors ne font que solliciter les corps vivants à en- SBr en action, et ces corps résistent à l'action raéinique ou chimique qu'elles voudraient exercer ireux. L'action produite dans un corps organisé «r un objet extérieur, c'est-à-dire, l'excitation, est >a acte vital, qui consiste dans la réaction du corps lYanl contre l'impression mécanique ou chimique, qui écarte ou fait cesser cette dernière. Ainsi, tour qu'une chose du dehors mérite le nom de idissance excitante et produise une excitation, il lot que le corps organisé sur lequel elle exerce Mn influence jouisse d'une activité organique. Tous •s objets extérieursqui agissent avec asse^de force lU les corps organisés pour anéantir leur activité, essent d'être des excitants. Une violence mécanine extérieure quidélruilTorganisalion et annihile iftctivité dont celte dernière est la condition, no MUt plus être appelée une puissance excitatrice, ees acides minéraux concentrés, les alcalis causti- ■aes, le feu et le fluide électrique, notamment la )Qudre, ne sont plus des excitants, lorsque, par leur

action sur des corps -vivants, ils en délruisenl lacomposition spéciale, et en font cesser aussi l'activité, qui se rattache à cette dernière. Quand l'acti- -vité vitale est éteinte dans un corps organique, l'action que les choses du dehors exercent sur lui n'est plus que purement mécanique ou chimique, et ces choses cessent d'être des puissances excitatrices. Il existe celte différence entre les corps inorganiques et les corps organisés, sous le rapport des changements produits par les objets extérieurs, que les changements provoqués dans les corps sans vie, par des agents du dehors, sont constamment mécaniques ou chimiques, tandis que ceux qui surviennent dans les corps organisés constituent une classe à part, et supposenll'existence de forces organiques , dont ils sont des eifels. Le rapport des choses extérieures avec les corps vivants, sous le point de vue de l'excitation, est par conséquent organique ou vital. Les propriétés physiques des objets du dehors sont, en quelque sorte, dans un conflit avec les propi-iétés vitales des corps organisés , et celles-ci réagissent sur celles-là. Les corps vivants ne conservent ce caractère d'êtres vivants qu'aussi Inng-lemps qu'ils résistent aux impressions physiques par leur réaction.

Les manifestations de la vie et les phénomènes organiques qui ont lieu à la suite d'influences extéi'ieures diffèrent donc essentiellement des mouvements communiqués aux corps inorganiques, en ce qu'il n'existe pas de rapport purement mécanique ou chimique entre eux et les causes qui les déterminent, ou les puissances excitantes. En disant que les mouvements organiques sont occasionés par des excitations , nous n'admettons pas qu'ils soient les effets immédiats de l'impression mécanique ou chimique, mais qu'ils sont toujours ceux des forces de l'organisme , que l'impression extérieure ne fait que solliciter à entrer en jeu. Les mou- Tements provoqués, dans les corps vivants, par des chosesdu dehors, ne sonldonc point communiqués, mais spontanés , et les objets extérieurs ne font que leur donner occasion de se manifester. Enfin, ce qui prouve que les excitations provoquées, dans les corps organisés , par les choses du dehors , sont des produits de l'activité organique , ou des forces de l'organisme , c'est qu'elles n'ont point lieu dansles corpsqui ne possèdent pas lavie.

Gomme les effets occasionés , dans les corps vi- Yanls, par des agents extérieurs , c'est-à-dire, les excitations , sont des actes vitaux ou des produits de leurs forces organiques, on ne doit point les apprécier d'après l'échelle absolue de la puissance avec laquelle agissent les choses du dehors , mais toujours d'après l'état relatif des forces appartenant aux organismes dans lesquels des activités sont mises en jeu par les objets extérieurs. En d'autres mots , le mode de l'excitation produite dans un corps vivant par une puissance excitante ne dépend point de l'intensité de l'action qu'exerce cette dernière, mais de l'état et du degré des forces du corps organisé lui-même qu'elle détermine à agir. L'excitabilité el les forces organiques offrent un grand nombre de différences, dans les divers corps vivants , sous le rapport de leur mode et do leur intensité , et c'est là ce qui fait que les phéno-

TBAITÉ DE PUYSIOI.OGIE

mènes produits par les puissances eioitaiileson présentent aussi de fort grandes, eu cj;ard à la facililé avec laquelle ils se manirestenl, elà l'iiilcnsilo que déploie la réaction. Ainsi, par exemple, une pression sur un arbre no produit pas d'effet sensible, tandis qu'elle peut déterminer de vifs mouvements dans un animal, et qu'il sufût du plus léger contact pour faire mouvoir un polype ou une méduse. L'effet des puissances excitantes, dans les organismes, varie donc beaucoup suivant l'état et rinteusité des forces de ces derniers. Mais leseffcts que lesinûuences du dehors produisent dans les divers tissus et organes d'un organisme offrent aussi des variations en rapportavecla différencedes propriétés vitales qui leur ont été départies au moment de la formation. Une même excitation, porlanlsur un nerf, provoque une sensation; sur un muscle, détermine une contraction ; sur une glande , occasione un changement dans la sécrétion. Elle peut également , dans chaque organe , modifier le travail de la nutrition. Si donc une influence extérieure produit tel effet dans un organe , et tel autre dans un autre organe , et si cet effet lui-même varie , quant à son intensité, d'après l'état de vie dans lequel se trouve l'organe irrité, il faut en chercher la cause dans la constitution différente des forces. De là résulte que les effets produits par les causes excitantes, dans les corps vivautsel leurs divers tissus , ne peuvent être appréciés que d'après la constitution particulière de ces corps et de leurs tissus, d'après les forces qui leur sont inhérentes, d'après les divers états de vie dans lesquels ils se trouvent , et non pas uniquement d'après la nature et l'intensité des excitations elles-mêmes, dont l'effet est toujours relatif, ou dépendant de l'étal des forces organiques.

Quant à ce qui concerne la manière d'agir des choses du dehors, ou matières alimentaires, que les corps vivants tirent du règne organique lui-même, parleur propre activité et dans le but de leur conservation , elle n'est pas non plus purement mécanique ou chimique. Toutes ces choses agissent sur les corps organisés, etles déterminent à entrer en activité, non par leurs qualités mécaniques et leur constitution chimique , mais principalement par les propriétés organiques dont elles jouissent, qui leur sont inhérentes à titre de matières organiques, et qui varient infiniment suivant les espèces de corps vivants dans la composition desquels elles entraient. Voilà pourquoi aussi les effets qu'elles produisent dans les corps doués de la vie qui s'en sont emparés par absorption ou par des mouvements , varient beaucoup. Au premier abord , en leur qualité de puissances excitantes , elles sollicitent les parois des espaces excitables dans lesquels elles sont introduites à exécuter des mouvements et à sécréter des liquides , ce qui leur fait acquérir des propriétés qui les rendent aptes , comme matières susceptibles de prendre des formes, à passer dans les sucs formateurs des organismes , et à devenir parties constituantes de ces liquides. A ce titre, elles agissent sur les solides excitables en raison de leur mode spécial de constitution , et les maintiennent en action durant le travail de la nutrition et de la sécrétion.

Si Je corps vivant ne pent point convertir eu ses

propres humeurs , par le travail de l'assimilaiioi, les aliments qu'il a puisés au dehors, s'il tia parvenir à détruire les propriétés d'organisation et de composition qui leur sont inhérentes, etlei ramener aux conditions spéciales de la composition chimique de ses propres sucs formateurs , ils déterminent des réactions diverses ; un accroissement de mouvement et une augmentation des sécrétiom ont lieu dans les voies alimentaires , pour les ei. puiser comme choses hétérogènes , non assimila, bles. S'ils se sont glissés, par suite de l'absorption dans la masse deshumeurs, les organes cxcrélcurt s'efforcent de les éliminer. Quand ils sont raèléi avec le suc formateur, ils produisent des troublei divers dans les fonctions des parties solides sur lesquelles ils agissent.

Une foule de matières organiques dont les corpi vivants s'emparent au milieu du monde extérieur, sont tellement invariables dans leurs rapports de composition chimique , que l'activité vivante dei corps organisés succombe dans ses efforts pour Im neutraliser ou les éliminer, et que la vie s'éteint. Certaines substances, comme les poisons desrégaei végétal et animal , anéantissent même les forcei de l'organisme. Au reste , le rôle de poison qu'one substance animale ou végétale joue à l'égard d'ui corps organisé, ne dépend pas uniquement dei qualités de celte substance elle-même , mais encore de l'état des forces du corps vivant dans lequel elle a été introduite. C'est pour cela qu'une même substance est un poison pour un végétal oo un animal, et ne l'est point pour un autre. Mais l'action des poisons varie aussi d'après l'état de la vie chez un même corps organisé.

De ce qui précède, il résulte que les influencei extérieures, ou excitations, qui sollicitent les corpt vivants à agir , tant celles du règne inorganique que celles du règne organique , sont la cause de leur conservation et de leur persistance à l'état de vie, mais ne produisent pas la vie elle-même. Leur action suppose déjà l'existence d'une activité organique, qu'elles ne font qu'exciter et déterminera entrer enjeu. Pour qu'une chose extérieure agisse comme puissance excitante sur un corps organisé, et le détermine à un déploiement de force, il faut que ce corps ait la propriété de pouvoir être affecté par les objets du dehors, et d'agir par une force propre , à l'occasion de l'influence qu'ils exercent sur lui. L'excitation produite par un objet extérieur, dans un corps doué de la vie, n'est donc point un état passif, mais bien un état actif, un acte de la vie , qui suppose l'existence de forces organiques. Autant ces forces sont diversifiées dans les corps organisés, autant les effets des puissances excitantes sont également variés. C'est ce qui ressort e^tre autres de ce que les phénomènes de la vie se prononcent d'une manière spéciale et unit'orrae datis chaque être organisé , malgré la diversité des eïcitalions, et de ce que des corps vivants différente déploient une activité différente au milieu du mémo monde extérieur.

L'excitabilité , ou la faculté d'être affecté par les puissances excitantes et mis par elles dans 1 éUt d excitemeul , est communiquée au germe des coif» organisés , en même temps que la force plastique»

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

I l'activitc des organismes généralears , qui proisont la couslilution spéciale de leurs malériaux paniques et la répartition également spéciale de > malériaux sous le rapport de leur quantité relae. Elle se manifeste , dans chaque germe , d'une luière spéciflque, correspondant à l'espèce des rps générateurs, et sous l'influence de puissances (.ilatrices déterminées. La force plastique des I mes doués d'excitabilité produit peu à peu tous - lissus et tous les organes , avec leurs différentes )priéiés organiques ou vitales, en observant la :rche tracée à la formation et au développement l'espèce, et avec le concours de puissances " ilantes qui sollicitent cette force à entrer en lion. Nous voyons ensuite d'autres manifestations force se déployer d'après la nature diverse des ^ganes qui ont été produits par la formation. jA l'égard de la dépendance dans laquelle les rrps organisés sont des agents extérieurs, elle ;«nl immédiatement à ce que ces derniers fournisont à la fois et le stimulus et les malériaux au ooyen desquels s'exécutent les actes de formation . de nutrition dont l'existence et la conservation »!S corps vivants sont le résultat. La chaleur fait lUtrer eu action la force plastique inhérente au «rme des végétaux et des animaux , la sollicite à tioduire des formations , et met la matière organime de la graine et de l'œuf, avec laquelle elle se i»inbine, dans l'état nécessaire au développement, uucun germe ne se développe sans un certain degré ' ! chaleur. L'influence de celle-ci est nécessaire tour la continuation du travail de nutrition de tous ss végétaux et animaux, parce que l'assimilation «s aliments , la respiration, les actes de la nutrition itDs les parties solides et la sécrétion des humeurs MCcompagnentde changements organiques dans la «mposition , qui n'ont lieu qu'à certaines tempérantes. Toutes les autres manifestations de force des ii-rps vivants, le mouvement, le sentiment, la tnéralion , ne se déploient non plus qu'à des temiferatures déterminées , ainsi que je le démontrerai lus tard en traitant de la chaleur comme condition iltérieure de la vie. Le stimulus de la lumière est iialement, chez les plantes et même chez la plupart «8 animaux, un agent important pour le maintien «s actes de formation et de nutrition , et pour lexcitation de tous les actes de la vie. Les autres choses extérieures desquelles dépend I maintien des corps organisés, comme l'air atmokhérique , l'eau et les aliments, agissent comme itiissances excitantes sur les parties avec lesquelles Ues entrent en contact , et c'est avec ces matières ae , dans l'acte de l'assimilation et de la respiraton , les corps vivants préparent le suc formateur I nourricier, par l'aclivilé qui leur ajjpurlienl on ropre. Ce suc est absolument nécessaire à la counrvalion de l'activité des organismes, parce qu'en ) qualité de puissance excitante, il détermine les Mides à entrer en action , et parce qu'il fournit les Mtériaux au moyen desquels ils se maiutiennent, ■r l'acte de la nutrition , en possession de leur fganisalion et de leurs propriétés vitales. On con- Mt , d'après cela , la nécessité do ces agents cxté- Wurs pour la durée des corps organisés et le main- «n de leur activité. Sans eux, point de phénomè-

nes vitaux , point d'aclion de la part des force« organiques. Lorsque les corps organisés sont son?traits à leur influence , la vie s'éteint iulailliblement en eux.

Indépendamment des agents extérieurs nécessaires à la conservation des corps organisés, la chaleur , la lumière, l'air , l'eau et les aliments , il y a encore des puissances excitantes internes, inhérentes aux corps vivants qu'eux-mêmes produisent , et qui les maintiennent en activité. A celte classe se rapportent les humeurs existantes dans tous les végétaux et animaux, qui sont les produits de leur propre activité. Dans la matière fécondée du germe de chaque plante et do chaque animal se forme un liquide contenant des globules qui entrent en mouvement sous l'influence de la chaleur. Des parties solides naissent des principes constituants de ce liquide, qui prennent une texture organique. Dans l'embryon végétal et animal à l'état de développe^ ment se forment des organes qui, en vertu des propriétés vitales que l'acte formateur leur a communiquées , s'emparent, par absorption , de la matière alimentaire fournie par le corps générateur au germe dans la graine ou dans l'œuf, et la convertissent en leur propre suc nourricier, en leur propre sang, par les actes de l'assimilation et de la respiration. Des espaces se dessinent dans lesquels coule le liquide formateur , et celui-ci fournit le stimulus qui sollicite les parois contractiles de ces mêmes espaces à exécuter des mouvements. C'est de cette manière que , dans les embryons qui se développent peu à peu , rapidement ou lentement, à des périodes fixes , et dans un ordre déterminé , il se produit , aux dépens du liquide formateur qu'eux-mêmes élaborent , des organes qui , en ■vertu de leurs propriétés, sont aptes, sous l'intiuence excilalrice du liquide formateur, à remplir les fonctions indispensables à la conservation du nouvel être organisé.

Les végétaux et animaux continuent , pendant toute leur vie , à introduire en eux des alimenls , de l'air , de l'eau et des substances organiques , aux dépens desquels ils préparent des sucs servant de stimulus et de nouveaux malériaux pour la formation et la nutrition , qui , dans chaque espèce végétale et animale , acquièrent , par l'assimilation, les propriétés spéciales nécessaires à la conservation de son activité. Les humeurs excitatrices président aux actes de la nutrition. Les parties solides leur communiquent l'impulsion à des mouvements automatiques , qui déterminent leur progression dans les espaces qu'elles remplissent. Chassées dan& les organes, ces humeurs les sollicitent à accomplir l'acte de la nutrition. En présidant ainsi, par la nutrition , à la conservation spontanée des corps organisés cl de toutes les parties , le suc nourricier est la condition de leurs propriétés vitales , et les reud a pies à tous les autres genres de manifestations de force. Dans les animaux , le système nerveux les organes des se»i6 et ceux du mouvement sont rendus aptes à produire les effets qui leur sont propres par l'acte de la nutrition , sous l'influence des excitations occasionces par les humeurs. C'est le suc nourricier qui sollicite les organes sécréteurs nourris à sécréter , et les liquides que ces organes

TRAITÉ DE PUYSIOLOGIB

préparent agissent en môme temps comme puissances stimulantes sur les parois contractiles des conduits excréteurs et des canaux dans lesquels ils s'épauclient et qu'ils mettent on mouvement. Ainsi la conservation de tous les corps vivants , pendant un certain laps de temps , dépend de l'existence des humeurs qui , sous l'intlucnce des agents extérieurs , sont préparées aux dépens de ces derniers eux-mêmes , et qui mettent les corps doués delà ■vie dans un état d'excitation intérieure. Lorsque les corps organisés se trouvent placés dans des circonstances telles qu'ils ne puissent pas fabriquer du suc nourricier , ou quand ce suc vient à leur être soustrait par une blessure quelconque, ou enûn quand ii perd ses propriétés, la vie s'éteint en eux.

L'appareil nerveux est une autre source importante d'excitations internes dans les organismes animaux. Tant qu'il est nourri, cet appareil produit des stimulations qui sont essentiellement nécessaires à la conservation des animaux. Ici se rangent les excitations qui font naître la contraction dans les muscles, et au moyen desquelles les animaux se mettent en mouvement d'une manière spontanée , par suite d'idées. On doit également rapporter à cette catégorie les penchants naissant de l'état du corps animal et de son système nerveux, qui les sollicitent à certaines actions , accompagnées de mouvements, dont leur conservation est le but. En outre , les nerfs exercent sur tous les organes dans la composition desquels ils entrent, une influence automatique et soustraite à la conscience, qui est indispensable pour les actes de la nutrition et de la sécrétion, ainsi que pour l'excitation des mouvements involontaires. Les plantes sont totalement privées de cette source d'excitations internes, produites par l'appareil nerveux nourri, qui mettent les muscles en action d'une manière automatique ou arbitraire , et qui déterminent par excitation une foule d'autres effets dans les organes.

Chaque corps vivant ne se montre actif que dans on certain cercle d'agents extérieurs , et sous l'iniluence de certaines excitations internes produites par lui-même. Chaque tissu, chaque organe exige , pour l'excitation de son activité , des puissances excitantes particulières , proportionnées exactement à sa constitution et à son excitabilité spéciales. Le canal alimentaire est mis en action par les aliments introduits dans son intérieur et par les sucs digestifs qui y sont versés. Chaque glande est sollicitée par des stimulations spéciales à opérer sa sécrétion. Chaque organe des sens n'entre en action qu'à l'occasion de certaines influences extérieures. L'œil est excité par l'impression de la lumière , l'oreille par le son, l'organe olfactif par les matières odorantes , la langue par les corps sapides.Le cerveau est sollicité à agir par des impressions externes ou internes qui lui parviennent an moyen des nerfs irrités. Les muscles appartenant au squelette , aux organes des sens et à ceux de la respiration, sont mis en jeu pur les excitations de l'appareil nerveux. Sans cesse les diverses parties d'un corps organisé s'excitent mutuellement, et réagissent les un^p sur les autres, de manière que l'activité de l'uneréagit comme puissance excitantequi sollicite une autre partie à entrer en action. C'est

de cette réaction mutuelle des organes et delaprodnclion d'excitations internes pour le maintien de leur activité, que dépend la nécessite deleurindividualité pour qu'ils continuent à exister, et c'est en cela que les organismes se distinguent des simpies agrégats inorganiques , dans lesquels on n'observe point cette dépendance réciproque des parties agrégées.

Outre les excitations externes et internes nécessaires à la conservation de l'activité des corps organisés, ilya encorebeaucoupd'aulres impressions, de nature mécanique , chimique ou organique , qui agissent en certaines circonstances sur les corpj organisés. Celles-là peuvent également les déterminer à des manifestations d'activité, lorsqu'elle» ne détruisent pas leur organisatiou et leurs forces par une violence mécanique , ou par la puissance des affinités chimiques. Elles peuvent occasioDer des excitations ou des réactions anomales et insolites, qu'on appelle maladies. Toujours on observe, dans les corps vivants qui sont affectés par des excitations inaccoutumées , une tendance à réagir contre elles , et à écarter leur influence nuisible. Il ne faut pas seulement avoir égard, dans l'action qu'elles déterminent, à la somme de l'impression et de l'excitation produite , mais on doit encore prendre en considération Te mode de cette impression et celui de la réaction qu'elle détermine.

Maintenant, d'où dépend la propriété qu'ont les corps organisés de se montrer impressionnables aux excitations , et de se laisser déterminer par elles à entrer en action ? Nous trouvons qu'elle paraît tenir immédiatement à l'état particulier de la matière organique qui les constitue. Cet état est communiqué aux germes de tous les végétaux et animaux par l'activité plastique des organismes générateurs , et les rend aptes à se former et à se développer sous l'influence d'agents extérieurs ou de puissances excitatrices. Il est vrai que l'état particulier de la matière des germes qui les rend excitables et aptes à se former, n'est point encore tombé sous nos sens, qu'il n'a pu être soumis ni à l'observation ni aux expériences; cependant nous devons conclure son existence de ce que nous voyons les phénomènes de formation qui ont lieu dans les germes , à la suite d'excitations , varier suivant la diversité des espèces végétales et animalesgénéralrices, et suivant les différences qu'elles présentent dans leur organisation et leur composition. La formation se manifeste dans les germes de chaque espèce de corps vivants d'une manière spéciale, en rapportavec la constitution des corps générateurs qui ont communiqué à ces germes la faculté de se former. La force plastique et l'excitabilité se montrent différentes dans les germes suivant la nature spéciale de la matière organique qui les rend susceptibles déformation.

Les parties qui, dans les germes en état de développement, naissent, sous l'influence d'agents extérieurs ou de puissances excitantes, suivant un ordre donné et une progression déterminée, se montrent diversement irritables et actifs , chacun à sa manière, d'après les différences de l'organisation et de la composition qui leur sont communiquées f*t l'acte de formation. Les racines , les feuilles, le»

GÉNÉRALE ET COMPARÉE

ours et les organes fécondateurs qui proviennent eu à peu de la graine, le tissu cellulaire et les iiisseaux séveux des plantes, soutdélerminés à agir l à remplir leurs fondions spéciales, par diverses uissances excitantes, extérieures et intérieures, hez les animaux, les muscles, les nerfs, le tissu -Mulaire, les vaisseaux , les glandes, les organes es sens, et tous les viscères produits par l'acte forlaleur, offrent une réceptivité différente pour les \cilations, et sont mis, par des puissances exoilans d'espèce diverse, dansun élatd'aclivitéqui varie 1 raison de l'organisation . de la composition et

^ propriétés vitales que la formation leur a com-

iniquées. La formation de parties différentes et Duées de propriétés vitales diverses, dans les gerlos qui se développent, ne peut point être attribuée l'influence des agents extérieurs ou des puissants excitatrices qui sollicitent les germes à se foricr ; nous devonsen chercher la causeuniquement ins une force inhérente à la matière susceptible

formation, dans une force qui règle les actes 3 formation et y préside , en un mot dans la .rce plastique. Les effets que cette force proiiit dans les germes , sous l'influence d'agents ! dehors, se montrent tout aussi différents qu'ils ; sont dans les espèces qui ont produit les germes isceptibles de développement. Si chaque organe, laque tissu, chaque partie est doué d'une récepvité spéciale pour certaines excitations, et maniste son action d'une manière qui lui appartient 1 propre, cet effet tient aux propriétés qui lui ont é communiquées par l'acte de formation et de iveloppement. Mais comme ces propriétés sont

s effets de la force plastique et nutritive, nous ne ouvons chercher ailleurs que dans cette force la lusedes différences qu'on observe dans l'excitabi- (é et l'activité des parties.

Une condition indispensable pour que les orgasmes, une fois formés, puissent pendant quelque mps, avec toutes leurs diverses parties, rester extables et se montrer actifs d'une manière spéciale, )us l'influence d'excitations externes ou internes, est que l'acte de la nutrition les maintienne en )ssession de leur organisation, de leur composion et de leurs propriétés vitales. Chaque partie un corps organisé, d'un animal ou d'un végétal, e demeure excitable d'une manière correspondante sa constitution propre, et ne manifeste l'aclivilé )éciale qu'elle possède, qu'autant qu'elle est noure. Un muscle n'est impressionnable aux excitaons, elnese contracte sous leur influence, qu'aussi tng-temps que l'acte de la nutrition le maintient JUS les conditions d'organisation, décomposition latérielleel de propriétés vitales qui lui appartienent en propre. Il n'y a que les nerfs qui sont nours, qui soient sensibles. Chaque organe des sens

0 peut exciter des sensations spéciales à l'occasion impressions du dehors, qu'autant qu'il conserve

1 constitution particulière par le travail de la nuilion. Les excitations ne peuvent solliciter une lande à sécréter son humeur qu'autant qu'elle est ourrie. Il en est de même pour les manifestations ■ la vie dans tous les autres organes. Chez les vénaux également, nous ne voyons des mouvements exécuter, à l'occasion de stimulations, qu'autant

que les parties mobiles sont nourries. La condition fondamentaleinteruedel'excitabilitéetde la faculté de réagir d'une manière spéciale contre les excitations , repose donc , dans tous les organismes et dans toutes leurs parties, sur l'état et le caractère propre de leur organisation, de leur composition chimique, et de leurs propriétés vitales, état et caractère qui leur sont communiqués par la force de formation ou de nutrition , et dans lesquels ils sont maintenus par cette même force.

Mais le mode et le degré de réceptivité des corps vivants et de toutes leurs parties, aussi bien que le mode et l'énergie de l'activité qu'ils déploient à l'occasion d'excitations dirigées sur eux, sous la condition toutefois d'une nutrition préalable, dépendent encore de la nature des agents extérieurs, des aliments , de l'eau et de l'air, aux dépens desquels les corps organisés préparent leur suc nourricier et les matériaux qui servent tant à leur formation qu'à leur nutrition. Si ces matières possèdent les qualités nécessaires pour fournir un bon suc nourricier , et si les parties vivantes s'entretiennent, par le moyen de ce suc, dans un élal convenable dénutrition, celles-ci se montreront aussi excitables et actives à leur manière. Des végétaux et des animaux bien nourris sont ceux qui conservent le mieux leur excitabilité et leur activité, et qui déploient le plus d'énergie quand ils agissent. Si, au contraire, les matières alimentaires sont de mauvaise nature, le suc nourricierchange de qualités, letravailde lanutrilion souffre, et l'excitabilité, l'activité des parties sont également changées. Que la nutrition devienne languissante, ou vienne à changer, soit par défaut d'alimentation , soit par un mauvais choix d'aliments , par un séjour dans des milieux respiratoires altérés , soit enGn par d'autres influences nuisibles qui la troublent et la dérangent , il s'ensuit toujours aussi un changement dans l'excitabilité et dans la faculté d'agir.

L'excitabilité et l'activité des corps yivants et de leurs parties peuvent encore être changées par diverses substances extérieures qui n'agissent pas toujours sur elles , mais ne le font que dans certaines circonstances. Ici se ranfjentles médicameûts. La plupart des substances médicamenteuses sont absorbées et ajoutées au suc nourricier. Tantôt elles changent la composition organique et les qualités de ce suc, tantôt elles sont conduites avec lui aux parties solides , dans lesquelles elles produisent des changements qui se donnent à coa< naître par l'exaltation ou l'affaiblissement de leur excitabilité et de leur activité , et par une modiflca-» lion de leurs manifestations de vie. C'est envisager la chose sous un point de vue trop restreint que de borner leur action , comme font les partisans de Brown, au différent degré d'excitation qu'elles déterminent dans les parties. Au contraire, toutes agissent d'abord en modifiant la constitution matérielle et le modo de nutrition des organes, qui sonlla sourcede la réceptivité et de la faculté d'agir, et c'est par là seulement qu'elles produisent un changement dans l'excilabililé et les forces de ces mêmes organes.

L'action des médicaments varie beaucoup , ea

TRAITÉ DE PHYSIOLOGIE

raison de leur naUire. Les uns, en changeantrélat de )a nutrition dans les nerfs, exaltent ou diminuent la réceptivité et l'aclivité de ces organes. Les autres exercent la même influence, soit surles ranscles, soit sur telle ou telle glande, ou modifient la vitalité des membranes ou d'autres parties du corps. L'effet produit ne s'explique pas toujours par le seul degré d'excitation que déterminent les médicainents. On ne peut s'en rendre raison qu'en admettant des différences de modalité dans la manière dont agissent ces derniers, et dans les modifications qu'ils impriment à l'état de la nutrition. L'addition de diverses matières, de l'électricité, de la chaleur, d'alcalis, d'acides, de narcotiques , etc. , à la substance organique des parties change diversement, exalte , diminue ou modifie de toute autre manière leur excitabilité et leur faculté d'agir , ainsi que Humboldt etG.-R. Treviranus l'ont démontré par leurs expériences relatives à l'application de matières diverses sur les nerfs et les muscles d'animaux vivants, sujet sur lequel je reviendrai dans une autre occasion. Il est clair qu'un changement, opéré par des médicaments dans l'état de la nutrition et dans les forces qui en dépendent, doit entraîner aussi des modifications dans les effets des excitations ordinaires et nécessaires au maintien de la vie.

L'excitabilité et les manifestations spéciales d'actÎTilé que les corps vivants déploient sous l'empire Ôes puissances excitatrices , peuvent être anéanties par diverses influences extérieures , par un certain degré de chalenr , de froid et d'électricité , par certaines impressions mécaniques ou chimiques. Ces influences présentent, relativement au degré où elles produisent ce résultat, des différences nombreuses , tenant à celles qui existent dans la constitution des corps vivants et leur état de vie. Toutes n'occasionenlla mort qu'en détruisant l'état intérieur et la constitution spéciale du matériel organique des corps vivants, c'est-à-dire, en faisant disparaître les circonstances qui sont les conditions de leur activité plastique et nutritive, et desquelles dépendent leur réceptivité pour les excitations et leur activité vivante. A cette classe d'influences destructives de l'excitabilité et des forces organiques appartiennent enfin les poisons organiques , dont l'action toujours relative , c'esl-à-dire , en raison de la constitution diverse des corps vivants. Ces poisons n'agissent non plus sur les végétaux et les animaux qu'en changeant les propriétés particulières du suc nourricier , et détruisant en lui les conditions nécessaires au maintien de la nutrition, ou en anéantissant la nutrition dans les parties solides elles mêmes, ce qui entraîne l'extinction de leur éxcitabilité et de leurs forces, dont cette nutrition est l'indispensable condition.

L'opinion de certains physiologistes et médecins, qui pensent que les poisons détruisent immédiatement la force nerveuse ou la force musculaire , et que c'est ainsi qu'ils occasionent la mort, est erronée. Comme il y a beaucoup de poisons qui détruisent la vie, tant des végétauxquc des animaux, leur action ne peut consister que dans la cessation de la nutrition et l'anéantissement de la force nutritive , qui appartient en commun aux plantes et

aux animaux ; elle ne saurait consister dans l'abolissement de la force musculaire ou nerveuse dont les végétaux sont dépourvus. Cependant nous accordons que, chez les animaux, certains poisons anéantissent immédiatement la nutrition desnerfe et , par conséquent , la force nerveuse , tandis qué d'autres détruisent primitivement la nutrition de» muscles, et, avec elle, la force musculaire, en sorte que la mort peut avoir tantôt les nerfs et tantôt les muscles pour point de départ.

La réceptivité des corps vivants pour les excitations et l'intensité de la réaction contre ceg derniers, varient encore suivant les périodes de développement et les âges. Les végétaux et animant jeunes sont très-excitables , et mis en activité par de faibles excitations ; mais des puissances excitantes plus énergiques épuisent aisément leurs forces. Avec le temps , lorsque la vie est parvenue à son plus haut point d'activité organique , la réceptivité pour les excitations diminue peu à peu , quoique la réaction provoquée par un degré suffisant de stimnlation se fasse avec beaucoup d'énergie. A cettç' e'^poque aussi , l'excitabilité et la faculté d'agir ne sont pas aussi facilement détruites par les excitations. Dans un âge avancé , quand les corps organisés ont dépassé le terme de leur plus grand développement, non-seulementla réceptivité pourles excitations a baissé , mais encore la force de réaction n'est plus aussi puissante. Cette variabilité de l'excitabilité et des forces de l'organisme en raison de l'âge, dépend du changement qui survient dans la constitution matérielle des corps vivants etdang leur faculté nutritive , aux différentes époques de leur développement et de leur vie. Chaque corpj vivant a une certaine durée d'existence, selon l'espèce dont il fait partie, et chacun parcourt la vie dans des périodes fixes, présentant des différences infinies suivant les espèces , quanta leur étendue et aux actes de formation qui les accompagnent. La cause de ces changements et de ceux qui s'ensuivent dans l'excitabilité et l'activité , tient aux différences que présente la force plastique ellemême, et dont il faut chercher la source dans les circonstances naturelles qui ont appelé les diverses espèces de corps vivants à l'existence. Nons ne connaissons point encore ces circonstances, de sorte que nous ne pouvons nullement nous en rendre compte , dans l'état actuel des sciences physiques.

L'excitabilité et les manifestations de force des corps vivants varient suivant les époques du jour, et offrent des alternatives périodiques d'exaltation et d'affaiblissement. La réceptivité et l'activité de l'appareil nerveux, des organes sensitifs et des muscles de tous les animaux , sont changées et diminuées par les excitations qui portent sur eux, et par les effets que ces excitations produisent, etil arrive un moment de repos et d'inaction, un état de sommeil, dont on doit chercher la cause dans une suspension d'action de la part des forces dévolues à cei parties. Dans le sommeil, pendant la durée duquel les fonctions nutritives continuent sans interruption, la réceptivité de ces parties s'exalte peu à pen, et les forces qui leur appartiennent reprennent de l'énergie, de sorte qu'elles peuvent cire denouvean mises en acli\ilé par des excitations externes et

GÉNÉRAIS BT COMP.VRÉÏ.

itcrnes. Ces phénomènes lienncntâ ce quela con- Litution matérielle de l'appareil nerveux, des crânes sensilifs et des muscles subit, par suite des \citatious qui les déterminent à entrer enjeu, et ar le fait même de leur propre réaction, des chanoraents qui les rendent inaptes à un exercice durale de leurs fonctions. Pendant le sommeil, cette onslitution matérielle est ramenée aux conditions ; écessaires par le travail de la nntrilion, ainsi que ■s excitations externes et internes qui l'entretienent ; de là résulte que les forces de ces parties re- 1 ennent de l'énergie, et qu'elles recouvrent la faille d'agir de nouveau sous l'inûuence des puisances excitatrices qui les mettent en activité. C'est onc la force de nutrition, qui, non-seulement onde en général l'excitabilité et l'activité des nerfs, t's organes sensitifs et des muscles, mais encore 5 rétablit quand elles ont été épuisées parl'exerice. Des phénomènes semblables d'un état variale de l'excilabilité et de la mobilité, suivant les poqnes du jonretla nature des puissances excilarices, s'observent dans les feuilles, les fleurs et les rganes génitaux des plantes, chez lesquelles ils ne ont également qu'un indice du changement que ces très éprouvent dans l'état de leur nutrition, selon es époques de la journée et les excitations qui agiscnt sur eux.

C'est donc la force de nutrition dirigée vers le lul de la conservation des corps organisés , qui réablit l'excitabilité et l'activité des végétaux et des riimaux diminuées par l'impression des puissances •xcitatrices et le fait même de l'exciteraent , et qui os rendent aptes à entrer en jeu. Le phénomène le la variabilité de l'excitabilité chez les animaux , livant les périodes du jour, était bien connu des lartisans de la théorie brownienne ; mais il ne savaient comment en rendre raison. C'est au rélablisûment de l'excitabilité et de l'activité des organisnes, par le travail de la nutrition , que tendl'intusiisception d'aliments nouveaux, de matières orgaliques, d'eau et de parties constituantes de Tair , J'où dépend la conservation des corps vivants , I larce qu'ils préparent avec ces nouveaux matériaux Je nouveau liquide nourricier, aux dépens duquel haque organe se maintient dans l'état d'excitabilité et d'activité, et rétablit ce que les puissances excitantes et la réaction contre les excitations ont pu changer en lui.

Il résulte des recherches auxquelles nous venons Je nous livrer, que nous désignons par le mot d'excitabilité, la propriété ou faculté, dévolue à tous les corps vivants , animaux et végétaux , à toutes leurs parties , et même déjà à leurs germes, de ■se montrer impressionnables par les agents ou influences du dehors , ainsi que par les excitations qu'eux-mêmes produisent , et de se laisser déterminer par ces influences et ces excitations à des manileslalions d'action et des changements continuels. Reil et Hufeland avaient déjà employé le mot d'excitabilité dans celte acception générale. Cependant nous ne devons pas nous représenter cette faculté comme une force à part, adhérente seulement aux organismes , et objectivement différente de leur matière organique constituante , qui serait susceptible de changer, de s'exalter ou de diminuer, sans

qu'il survînt un changement simultané dans celle dernière. Bien loin de là nous devons voir en elle une qualité qui a son fondement dans l'état spécial de la matière organique et de l'organisation , qui en dépend lout-à-fait , et qui se montre aussi diversifiée dans les espèces d'êtres vivants que l'est leur constitution organique elle-même. Autant les organes produits par l'activité plastique dans les germes , d'après le mode de développement propre à chaque espèce , varient , autant leur excitabilité varie aussi. Chaque tissu, chaque organe est sollicité à agir par des excitations spéciales , suivant la constitution également spéciale qui lui a été donnée par l'acte de formation.

Nous devons admettre, dans les animau]t , autant de sortes d'excitabilité qu'il y a en eux de parties différentes , par conséquent une excitabilité du tissu cellulaire , des muscles , des nerfs , des os , des organes fibreux, etc. Chaque organe, chaque viscère, chaque glande, chaque appareil sensitif, a, suivant les différences de structure et de constitution qui lui ont été communiquées par l'acte de formation , sa réceptivité propre et spéciale pour les excitations, et il est sollicité à ses manifestations d'activité ou de vie par des puissances particulières. La même chose a lieu dans les plantes. Le tissu cellulaire , les diverses espèces de vaisseaux, les racines , les feuilles , les organes sécrétoires , les parties génitales , les fleurs , le pistil , les étamines, sont diversement excitables en raison des différences qu'ils offrent dans la structure elles propriétés qué l'acte de formation et de développement leur a imprimées, et ils sont déterminés à leurs fonctions par des excitations différentes.

L'excitabilité est communiquée parractivilé formatrice des organismes générateurs à la matière plastique des germes, avec la propriété de prendre forme sous certaines influences extérieures. L'excitabilité des organismes et de toutes leurs parties ne subsiste qu'autant qu'ils sont nourris. Toutes les influences qui changent l'état delà nutrition en général ou dans quelque partie apportent aussi du changement dans leur excitation. Un changement d'excitabilité accompagne ceux qui ont lieu dans l'état de la nutrition du corps entier et de ses parties pendant le développement des divers corps vivants et durant les périodes de leur vie. Toutes les Influences qui arrêtent la nutrition et anéantissent la force de formation ou de nutrition détruisent l'excitabilité.

L'excitabilité ne pouvant point être considérée comme une force particulière des corps organisés , mais seulement comme une propriété des germes et des organismes aaxquels ceux-ci donnent lieu en se développant, qui leur est communiquée primitivement par la force plastique , et que cette force maintient également en eux , on voit dans quelle erreur sont tombés les médecins et physiologistes qui l'ont érigée en force fondamentale de la vie , ou qui ont fait d'elle le principe delà vie. Ils ont pris pour la cause de la vie une simple propriété des corps organisés, qui est un effet de la force plastique.

Après avoir démontré que les excitations extérieures et intérieures sont nécessaires à la consev-

THAITÉ DE PHYSIOLOGIE

valion des corps organisés, que d'elles aussi dépendent l'aclivilé et les actes vilauxdeces corps, enfin que l'excitabililé est une propriété des organismes fondée par la force do formation ou de nutrition, il nous reste à examiner les effets qui sont occasionés par les excitations. Que les agents du dehors produisent une excitation dans un corps organisé , ce phénomène, comme je l'ai fait voir plus haut, no dépend pas uniquemenl-des puissances excitatrices, mais suppose aussi dans le corps -vivant l'existence de forces qui puissent être par là sollicitées à entrer en action. De plus, les effets qui se manifestent à la suite d'excitations ne sont ni mécaniques ni chimiques, mais organiques ou vitaux , e'est-à-dire que ce sont des produits des forces inhérentes aux corps organisés et que les puissances excitantes déterminent à entrer en jeu. Nous ne pouvons juger qu'un corps organique est excitable, ou qu'une puissance excitante fait impression sur lui et produit une excitation, que d'après les phénomènes d'activité qui s'étahlissent, et c'est d'après ceux-ci seulement qu'il nous est permis de conclure qu'un excitement a eu lieu. L'impression causée par la puissance excitante et la manifestation d'activité qui s'ensuit ne peuvent point être distinguées par les sens comme deux phénomènes différents , attendu qu'elles se résolvent dans le même acte, l'impression de la puissance excitante sur l'organe vivant mettant de suite en jeu la force qui lui est inhérente.

Les manifestations qui succèdent à l'impression des puissances excitantes varient beaucoup dans les corps organisés et leurs parties, et de là nous de- Tons conclure qu'il existe de la différence entre les forces qui sont mises en jeu. En faisant attention aux effets produits par des agents excitants, on trouve qu'ils se réduisent aux suivants. D'abord nous apercevons des phénomènes de formation, de»nutrition et de sécrétion , qui survieimentà l'occasion d'excitations. Des phénomènes de formation ont lien dans les germes fécondés des plantes «t des animaux, à un certain degré de chaleur et avec le concours de l'air. Les actes de la nutrition s'effectuent dans tous les corps vivants sous l'influence de puissances excitatrices. Toutes les parties nourries peuvent subir, par l'action de stimulants, divers changements dans leur état de nutrition, ainsi que les organes mis à découvert , blessés ou malades, nous procurent si souvent l'occasion de nous en convaincre. Dans les organes sécréloires , les glandes et les membranes qui fournissent une sécrétion , l'activité mise enjeu par les puissances excitantes se manifeste par la sécrétion des liquides, et quelquefois par un changement dans leur composition et leurs propriétés. Dans d'autres organes cette activité qu'éveillent les stimulants s'exprime par des mouvements qui diffèrent quant à leur nature. Les muscles irrités nous montrent des oscillations qu'accompagnent des alternatives de contraction et d'expansion de leurs fibres. Dans le tissu cellulaire et les membranes qui en sont formées, dans les parois des vaisseaux et des conduits excréteurs des glandes , même dans les organes fibreux , on observe un resserrement lent et une condensation de leur tissu. Le sang ou le suc nour-

ricier afaue en plus grande abondance vers le» parties riches en vaisseaux qui viennent d'être slimulées, et celles-ci entrent en turgescence, bang d'autres organes encore l'activité que lespuiggau. ces excitantes ont éveillée se donne à connaître par des sensations qu'accompagne une action de noire principe spirituel, de notre propre conscience, comme il arrive dans les irritations qui portent sut les organes des sens et sur les nerfs, ou sur les on gaues munis de nerfs. L'analogie seule nous permet d admettre aussi ces manifestations d'activité dan» d'autres organismes, soit parce qu'il y a là des nerf» et des organes sensitifs construits de même on d'une manière analogue, soit parce que nous sommes témoins d'actions qui , chez nous s'effectuent à la suite d'excitations nerveuses.

Comment ou de quelle manière les corps vivants et leurs parties se monlrent-ils actifs quand ils viennent à êtrefrappés par des causes excitantes; autrement dit en quoi consiste l'effet qui se manifeste? En général , l'excitation occasionée pardes puissances excitantes, ou l'état d'activité qui succède à l'impression des excitants, paraît consister en un mouvement des parties excitées, ou être accompagné de mouvements. Cependant les mouvements offrent des différences en raison de celles que présentent aussi les corps vivants et leurs parties, leur organisation et les forces qui leur sont inhérentes. Dans beaucoup de parties , telles que les muscles et tous les autres tissus contractiles , les mouvements qui se manifestent à la suite des excitations sont visibles. Lorsque nous n'apercevons point de mouvements , nous sommes forcé» également d'admettre l'existence de phénomène» que nous ne saurions concevoir sans changement» de lieu, comme ceux de la formation , de l'accroissement, de la nutrition, de la sécrétion , comme les opérations intérieures qui se passent dans les nerfs irrités, et qui sont suivies de sensations ou de mouvements des muscles. En tant que les corps vivants et leurs parties ont la faculté de se mouvoir par une activité propre , sous l'influence des excitations, nous devons leur attribuer des forces motrices. Il ne nous est permis d'apprécier les forces que d'après le genre de mouvement qui en résulte. Passons à la recherche des causes on forces qui opèrent les mouvements des animaux et des végétaux retracés dans les deux chapitres précédents et désignons ces forces sous des noms particuliers, toutes les fois que nous ne pourrons point les ramener les unes aux autres.

ACTIVITÉ DE FORMATION OU DE NUTRITION COSIBfB CAUSE EFFICACE DES MOUVEMENTS QUI ACCOMPA- GNENT LA FORMATION , LA NUTRITION ET LA SÉCRÉ- TION.

Les premières manifestations d'activité qui, son» l'influence d'agents extérieurs, ont lieu dans le» germes fécondés des animaux et des végétaux, sont celles de la formation. Elles sont accompagnéode mouvements intérieurs , mais lents , de lamas tière organique des germes , et on ne saurait les concevoir sans cela. Cependant la formation ne consiste pas uniquement en des mouvemcnls , car cilc coïncide avec des changements dans la composition

GÉNÉRALE ET COlIPARÉB.

nmique des matières organiques qui ne sont point yblicables par des mouvements seuls. Les mouvcunts qui accompagnent la formation , quoique «asionés par des inûuences excitantes , ne sont :iirtanl point communiqués aux germes par elles, in de là , ils sont opérés et réglés par une force tiérente à ces mêmes germes , force de laquelle rendent et le mode particulier de la formation et 1 mouvements qui y sont associés. La formation «es mouvements qui l'accompagnent s'exécutent me manière spéciale dans le germe de chaque irtèce végétale et animale, de sorte que les parties I i le forment, et qui apparaissent dans un ordre terminé, à des époques flxes, ressemblent, pour l'(forme, la composition chimique , l'organisation Ides propriétés vitales , aux organismes qui ont ibelé les germes à l'existence.

NNous avons désigné sous le nom de mouvements imaleurs les mouvements qui accompagnent la rmalion. La manière dont, ils s'accomplissent sst soustraite jusqu'à présent à nos sens. Leurs' tels admirables frappent nos yeux, quoique nous I connaissions pas les opérations intimes d'où ils L-couleut. Ils paraissent dépendre du même prin- «e intérieur , inhérent à la matière plastique des rrmes, qui produit la composition chimique et la DDtexture organique, et auquel nous avons im- «é le nom de force plastique. Rien ne jusliherait ddmission d'une force spéciale chargée de présirr aux mouvements de formation, et nous sommes irs d'état d'assigner un caractère d'après lequel' j pourrait conclure l'existence d'une telle force , ,

irentedela force plastique. Aptitude à prendre rme et mobilité pour l'acquérir sont des proés inhérentes à la matière organique des ger- , dont nous ne pouvons nous rendre compte l'état actuel de la physiologie , et dont nous mes obligés d'admettre l'existence , sans rien laitre ni de la manière dont elles agissent, ni de cause absolue (1). Il eaestde même à l'égard ) Dutrochet (l'Agent immédiat du mouvement vital y \, 182b", in-8°,cb.4, p. 105) a reconnu par hasard les capsules de certaines moisissures se remplissaient i à travers leurs parois , tandis qu'une substance plus e , contenue dans leur intérieur , s'écoulait au de- , Ce phénomène fixa son attention , et lui suggéra une d'expériences. Des cœcums de poule , qu'il plongea l'eau, se remplirent de liquide, quoique leur extrébéanle eût élé liée. Quand on les laissait ouverts , , pénétrait à travers leurs parois , et chassait les mas qui s'y trouvaient contenues , comme du chyme ou lit. Ces phénomènes duraient aussi long-temps queles ères dont il s'agit ne tombaient pas en putréfaction ; , dès que la putréfaction s'emparait d'elles y le cone avait lieu, c'est-à-dire que l'eau qui se trouvait dan» Prieur de l'intestin était chassée au dehors , et que eitin s'affaissait. Duirochet introduisit alors l'cxtréintérieure d'un tube plein d'eau de gomme dans un im , et enfonça celui-ci à moitié dans l'eau \ le liquide iant pénétra à travers les parois de l'intestin , avec une i force , que l'eau gommée fut soulevée , et qu'elle s'éa par l'extrémité supérieure du tube, e ces expériences, et antres analogues, Dutrochet dut que toutes les fois que deux liquides de densité Tente sont séparés l'un de l'autre par une membrane inique, le moins dense se dirige avec violence vers le

d'un grand nombre d'autres forces , dont les effets' nous sont bien connus, mais dont un voile d'obscurité couvre encore la manière d'agir.

Les opérations inconnues de la formation et les mouvements qui les accompagnent sopt la condition de tous les autres mouvements de liquides qui s'exécutent dans les corps organisés sous l'influence de puissances excitantes , en tant que toutes ces parties sont des produits de l'acte formateur, et que c'est la formation qui leur communique la propriété de se mouvoir à l'occasion d'excitations. Les globules contenus dans le suc formateur et nourricier, avec la mobilité qui leur appartient, sont des produits de la formation. Toutes les parties contractiles qui naissent dans le germe, le tissu muqueux chez les animaux , le tissu cellulaire chez les végétaux, les différents vaisseaux doués de la contractilité , les membranes contractiles, sont produits parla force plastique, et lui doivent la propriété d'être contractiles. Il en est de même des muscles et de leur faculté contractile vivante. Les nerfs etl'aptitude qu'ils ont à être agités de mouvements intimes par les stimulants, dépendent aussi de cette force, qui les appelle à l'existence, avec leurs pro-' priétés. La nature des mouvements que l'impression des stimulants produit dans les organes, et la

côté où se trouve le plus dense , et que la cavité dans laquelle ce dernier est contenu se remplit et devient turgescente , aussi souvent du moins que la nature chimique du liquide n'y met point obstacle , attendu que , dans certains cas, l'alcalinité produit le même effet que la densité moindre. Dutrochet appelle enc?os7«ose la tendance d'un liquide à pénétrer dans l'intérieur d'une cavité organique, et CiTOSîflOse la tendance opposée. 11 croit avoir trouvé l'ex-' plication de ce phénomène dans l'observation faite par- Porrett, que quand deux liquides sont séparés l'un de l'autre par une membrane, et qu'on électrise l'un d'eux, celui-ci se dirige avec une grande impétuosité du côté où se trouve le liquide éleclrisé, comme aussi dans la loi générale de Pélectricité galvanique sur laquelle Becquerel a appelé l'attention des physiciens, et qui veut que quand deux' corps de densité différente entrent en contact mutuel, l'un prend l'électricité positive, et l'autre rélectrici té négative. De celtemanière il fut conduit à la conclusion que l'élec-- Iricité est l'agent immédiat des mouvements vitaux.

Dutrochet n'hésile point à regarder, non- seulement l'absorption des liquides par les racines, et les courants ascendant et descendant de la sève, mais encore la nutrition et la formation des végétaux , comme de purs effets d'endosmose et d'exosmose de fluides d'une densité différente à travers les parois des globules séveux et des cellules des plantes. « 11 résulte , dit-il (cap 184), de tout ce qui vient' d'être exposé , que la vie de nutrition des végétaux con-' siste tout entière dans l'endosmose et dans l'exosmose j et comme ces actions physico-organiques reconnaissent pour cause l'agent électrique , il résidte en dernière analyse , que cet agent est le principe de la vie de nutrition des végétaux. »

Mais alors d'où proviennent les premiers globules, dans la formation des végétaux, globules qui doivent nécessairement précéder l'endosmose et l'exosmose? Comment s'en forme-t-il de nouveaux , et comment ceux-ci s'ajoutenlils aux différents tissus des plantes qui ont leur caractère particulier dans chaque espèce végétale ? Tant que Dutrochet n'aura pas résolu ces deux problèmes , nous devons considérer sa doctrine comme une hypothèse hasardée et tout-à-fait dénuée de preuve, qui n'explique point les phénomènes de In formation.

TttAITÉ DE PUYSIOLOGIK

réaction do ceux-ci par lo fail d'une aclivilé qui leur appai lient en propre , offrent tout autant de différences qu'il y en a dans leur organisation et dans Icurç propriétés vitales , lesquelles leur gonl communiquées par l'activité plastique et le travail de la formation.

Tous le? corps organisés , sivec leurs diverses parties , qui se forment dans un prdre déterminé de succession, ne conservent la faculté de se mouvoir d'une manière spéciale, après avoir été excités, qu'aussi long-temps qu'ils sont nourris. Mais la nutrition, comme je l'ai démontre précédemment, est accompagnée de changements continuels dans l'organisation et la composition chimique, et de mouvements intimes également continuels, qui ont lieu tant entre le suc nourricier et les parties solides , que dans les particules ou molécules des tissus eux-mêmes. Quoique ces^ mouvements ne tombent pas sous les sens , nous devons conclure leur existence des changements que nous apercevons dans toutes les parties, sous le rapport de la composition, de la consistance , de la configuration, de l'augmenlatioç et de la diminution de masse , pendant la durée de leur vie , et qui ne sauraient avoir lieu sans des mouvements intérieurs. Ces mouvements dépendent aussi de la force plastique ou nutritive, et c'est elle qui fonde le maintien de la mobilité des diverses parties, du tissu cellulaire , des membranes, des vaisseaux , des muscles et des nerfs , dans leç animaux. C'est également de la nutrition et des mouvements qui l'accompagnent que dépend la propriété dont les parties végétales sont douées de se mouvoir sous l'influence d'excitations d'espèce diverse. Toutes les puissances excitantes qui sont en état de provoquer des mouvements visibles dans des tissus organiques, paraissent déterminer en premier lieu des mouvements de nuîrilion ou des mouvements moléculaires organiques . et c'est seulement à la suite de ces derniers que se manifestent les autres mouvements que nous apercevons dans les parties irritées.

Les opérations de la nutrition etles mouvements moléculaires qui s'y rattachent peuvent être modifiés, dans toutes les parties solides, par des influences de diverses espèces, et à ces moditicalions sontliés des changements dans leur état de nutrition et dans leurs propriétés vitales. Chez les animaux , le tissu cellulaire, les différentes membranes, les muscles, les nerfs, les os, les tissus fibreux, les glandes , en un mot tous les viscères et organes éprouvent, de la part des puissances excitantes et des impressions de nature insolite, des changements dans leur état de nutrition etdans leur organisation, comme nous avons occasion, entre autres, de l'observer au début de l'ipflammalion. Les parties qui éprouvent une irritation anormale ou morbide 8e gonflent ; elles augmentent de masse, elles changent de structure et de texture. La marche de la nutrition est troublée dans l'induration et 1^ ramollissement morbides , ainsi que dans une foule de productions pathologiques, dégénérescences, squirrhes, cancers , tubercules , etc., qui sont accompagnées d'un état anormal de la composition et de la structure des organes , et dans lesquelles l'excitement morbide ne se manifeste au premier abord

que par un trouble et une modification , tant de l'aclo même de la nutrition , que des mouvements moléculaires qui s'y rattachent. Toujours le chaugemem du travail do la nutrition , dans l'état pathologique s'accompagne d'un changement dans les propriélég vitales dévolues aux organes, dansleurexcitabilité dans leur mobilité et dans les mouvements qu'elles exécutent sous l'empire des excitations. Les parlieg des plantes peuvent également être, de mille manières différentes, déterminées par diverges influences à des formations anormales et morbides, circonstance dans laquelle aussi le changement qui arrive porte en premier lieu sur les opérations de la nutrition et les mouvements qui les accompagnent.

Parmi les mouvements moléculaires organiques qui sont produits par la force de formalioa ou de nutrition, nous comptons enfin ceux qui accompagnent la sécrétion des humeurs. Des matériaux du liquide nourricier amené aux organes sécrétoires sont employés , dans le parenchyme de ceux-ci , à la préparation d'humeurs de nature spéciale , qui sont douées de qualités particulières, et versées dans des espaces différents. Nous ne pouvons considérer la préparation des humeurs dant les organes sécréloires que comme un effet de la force qui opère et règle les changements de composition dans les corps vivants en général. La préparation et la sécrétion de ces humeurs doivent être accompagnées de mouvements intérieurs ou moléculaires , sans lesquels on ne saurait les concevoir. Or ces mouvements , que des puissances excitantes diverses occasionent dans les organes sécréloires doués d'excitabilité et d'activité formatire, nous les considérons également comme des effet» de la force de formation et de nutrition. Ils varient suivant les organes sécréloires et l'acUvU* plastique dont ces organes sont doués. L'activitâ des organes sécréloires et la constitution des bnlueurs sécrétées subissent aussi des modificaliane nombreuses de la part d'excitants externes etinler-t nés , des matières diverses dont l'absorption s'empare et qu'elle introduit dans la masse des humeurs, enfin des irritations mécaniques , chimiques et nerveuses , qui agissent sur les organes de la sécrétion , changent leur activité et la nature de leuri produits. De violentes excitations peuvent metlre ces organes dans un étal d'inflammation , et modifier en eux le travail de la nutrition.

Tous les phénomènes accompagnant la formation, le développement, l'accroissement, la nutrition et la sécrétion , qui surviennent dans les corp» organisés et leurs parties à la suite d'une impression de la part d'agents excitants , phénomènes auxquels se rattachent des mouvements intérieurs ou moléculaires , sont donc considérés par nou» comme des effets de l'activité plastique. Ce sont eux qui fournissent les conditions de loua les aulr£Si mouvements visibles survenant dans les organes et les tissus, à la suite d'excitations , tant parce qu'ils appellent à l'existence les parties mobiles, arec leurs propriétés , et les douent d'un autre genre de mobilité , que parce qu'ils les maintiennent , par les actes de la nutrition, en jouissancede la facultéd'exécuter des mouvements sous l'influence d'cxcitaliont*

Passons maintenant à l'élude des autres force»

GÉNÉRAIS EX COUPARÉE.

rices qui dépcDdent de la structure des par

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