‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 115 sur 329 · I. — AT.rOOL ORDINAIRE C^lT · texte numérisé non relu

I. — AT.rOOL ORDINAIRE C^lT

Réactions caractéristiques. — Je me contenterai de «loiiner ici les réactions qui permettent de déceler de très petites quantités d'alcool. — 1° On distille les matières qui sont supposées contenir de l alcool; les [tremières gouttes ((ui distillent se condensent sur le col de la cornue eu formant des stries caractéristirpies. — 2" Le produit de la distillation est traité par un niélan^îe de hicliromate de jxiiassinm et d'acide sulfurique; en chauHaut légèrement ou a une coloration verte. — 3" On ajoute au liquide distillé un'peu de potasse et d'iode eu quantité suffisante pour donner au liquide une teinte jaunâtre; au hout de qu<'lqiie temps on a d(>s lamelles hexagonales d'iodoforme facilement reconuaissables au microscope. Cette réaction se produit avec d'autres corps et en particulier avec l'acétone, les sucres, la dextrine et plusieurs nudières albuminoïdes [H. de Lieben.)

— 4" Ou ajonlo au lifinidc distiUé mi peu d'acide sulfuriqno cuarciitré et une à deux gouttCïJ d aride butyri([ue ; il se dégage du butyrate d'éthyle, recouuaissable à sou odeur tl'auauas.

Fermentations alcooliques. — L'alcool se produit dans un grand uombrc de ferlui ntations et sons rintlueuce d'un grand nombre de ferments divers : levures {saccharoiiiijces); mucédiuées ijoe«i( /7//M»i fjlauctun ; uspergillus glaucus; rnucor racemosus^ mucedo, rircinelloides , spinosus): bacillus hulyUcus et œlhylicus de Fitz, actinobacter pobjmorpfius, etc. (voir : Fermentations).

Existence dans l'organisme. — D'après Bécliamp et Rajewski, l'alcool existerait à l'état normal dans l'organisme, même en dehors de toute ingestion de boissons fermentées. On en aurait constaté la présence dans l'urine ainsi que dans le lait des herbivores. Si le fait se confirmait, il aurait une grande importance physiologique, puisqu'il semblerait indiquer que la destruction du glycose formé dans l'organisme peut se faire autrement que par oxydation, par fermentation alcoolique. On a vu déjà que Blondeau admet que la fermentation glycogène peut donner lieu dans le sang à la formation d'alcool. Béchamp en a trouvé dans le foie et le cerveau de moutons €t de bœufs, traités encore chauds.

La présence d'alcool dans les végétaux a été aussi vériliée par Muntz. 11 semblerait donc y avoir là un fait général de l'activité des cellules vivantes et l'alcool se formerait dans ces cellules, comme dans les fermentations à l'abri de l'air, aux dépens du glucose de ces cellules à côté de l'acide carbonique et de l'eau, quoiqu'on quantités beaucoup plus faibles.

Après l'ingestion d'alcool et d'alcooliques, l'alcool se retrouve dans les organes, dans le sang et dans les urines; mais, contrairement aux conclusions de Lalleniand, Perrin et Duroy et de Subbotin, la plus grande partie de l'alcool ingéré, d'après les recherches de Binz et de Bodlander, est brûlé dans l'organisme et converti en eau et acide carbonique ; on ne retrouverait dans les urines et l'air expiré que 3 à 4 p. 100 de l'alcool ingéré et la peau n'en éliminerait que des quantités à peine appréciables.

Ilibliog^raphie. — iMuM'z : Sur la fermentation alcoolique intracellulaire des végétaux (C. rendus, t. LXXXVI, 1878). — A. Bkgiiamp : Sur la fermentation alcoolique et acétique xponfanée du foie (C. rendus, t. LXXV). — Id. : Sur l'alcool et l'acide acétique normaux du lait, etc. (C. rendus, t. LXXVI). — J. Béciiami' : .S«?- la présence de l'alcool, dans les tL<ssus animaux (C. rendus, t. LXXXIX). — Brsz : Die Aussclieidung des Weingeistes (Arch. f. cxp. Pat., t. VI). — G. Bodl.vxokk : Die Ausscheidung auf genommenen Wei7igeistes aus dem Kôrper (Arch. de Piliiger, t. XXXII, 1883). — J. A. Peeters : L'alcool (Bruxelles, 1886).

n. — CUOLIiSTÉRliNE C^''H'*'*0, H-Q.

Préparation. — La cholestérine s'extrait de la bile (voir: Bile). .Alais habituellcmeut <m la retire des calculs biliaires qu'on pulvérise, et qu'on traite d'abord par l'éther, puis par l'alcool bouillant. Elle cristallise pai- refroidissement.

Caractères. — La cholestérine cristallise soit en fines aiguilles incolores, soye-uscs (cholestérine anhydre), soit en tables rhomboédriqucs {cholestérine hydratée) (flg. 43). A l'état amorphe, c'est un corps blauc, inodore, gras au toucher, qui brûle à l'air comme de la cire. Elle fond à 137" et distille dans le vide à 3G3». Son pouvoir rot:itoire = — 32. Elle <^st insoluble dans l'eau, les alcalis et les acides étendus, très peu solublc daus l'alcool froid, soluble dans l'alcool bouillant, l'éther, le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone, l'essence de térébenthine, le pétrole, l'acide acétique glacial, la glycérine bouillante, les acides gras volatils, les huiles grasses, les graissas liquides, les sels alcalins des acides biliaires, les solutions de savous (solution trouble), etc.

Réactions. — 1° Dissoudre la cholestérine daus le chloroforme et ajouter un égal

PRODUITS DE DÉSSASSIMILATION.

volume d'acide sulfuriquc conceutré ; la solution est d'abord rouge, puis bleue, verte et eufm jaune. — 2» En chaulfant peu à peu jusqu'à dessiccation un peu de cholcsteruic avec une goutte d'acide nitrique, il reste une tache jaune qui devient rouge par l'addition d'ammoniaque et ne change pas par l'addition de

soude, ce qui la distingue de l'acide urique. — \--/ — "~7 3° Chauffée doucement avec un mélange d'un volume 1 SI / j

de perchlorure de fer et deux volumes d'acide chlor- /A \ / /

hydrique, elle se colore en violet ou en bleu. — J / \ \ / /

4° Chauffée fortement avec l'acide phosphorique, elle 1 j r- — -V — -— '

se colore en rouge brun. — 5" Triturée avec l'acide / /7y \ VT/

sulfurique concentré, elle prend uue coloration jaune ^ ^ /

orangé, puis brune. — 6° Chauffée avec un mélange N/:v>-Jlo-ov- \ \

de 5 parties «l'acide sulfurique pour une partie d'eau, v N

elle donne une coloration rouge carmin qui par l'ad- *- — ■"■

dition de teinture d'iode passe au violet, puis au jaune, ^xg, 43. — Cristaux de cholestérine.

vert et bleu.

Propriétés chimiques. — 1° Oxydation, Avec l'acide azotique, elle donne un acide, Vacide cliolestérique, CHioQ^, et d'autres produits volatils parmi lesquels l'acide acétique. — Avec le permanganate de potasse elle fournit deux acides monobasiques, les acides cholesténique, C'Mi*-^0'\ et oxycholesténique, C-^H'^O» et un acide bibasique, l'acide dioxijcholesténique, C^^n^iQ^ (Latschinoff). — 2° Déshydratation, Avec l'acide sulfurique concentré, elle donne trois carbures d'hydrogène isomères, C^^H'*'^ {cholestérilènes).

— Avec l'acide phosphorique elle donne deux carbures de même formule (choies té rones).

— 3° Èthers. Chauffée avec les acides organiques dans des tubes scellés elle fournit des éthers, éthercholestérylacéiique, C-'^H^^X-H^O^, etc. Sapouifiés, ces éthers régénèrent l'acide et la cholestérine. — 4° Substitutions. H peut être remplacé par Na pour former un cholestérate de sodiu7n, C26H*^NaO. — Cl peut se substituer à l'oxhydrile OH pour former un chlorure de cholestérine, C-^H^^Cl. — 5" Union molécule à molécule. Elle s'unit aux acides gras volatils en s'y dissolvant et forme ainsi des composés de formule C^SH+^O.C^H+O^ (pour l'acide acétique par exemple) qui se dédoublent par l'addition d'eau et d'alcool. — G" Produits d'addition. Avec le brome elle donne un produit d'addition, le bibromwe de cholestérine, C'^H»»OBr-. — 7° Amide. Chauffée en vase clos à 100° avec une solution alcoolique saturée d'ammoniaque elle donne une amide, C^^H^^AzH^,

Isomères et corps analogues. — On a décrit plusieurs corps qui se l'approchent beaucoup de la ohi)lestérine ; tels sont : Visocholestérine, isomère trouvée dans le suint de mouton ; la physostérine extraite de la fève de Calabar (Hesse) ; la paracholestérinc trouvée dans V/Ethalium septicum (Reinke et Rodenwald) ; la caulostérine, constatée pai- Schuize et Barbieri dans les graines et les pousses de lupin. Tous ces côrps n'ont pas encore été étudiés d'une façon complète.

Constitution. — Les caractères chimiques indiqués plus haut et spécialement la propriété qu'a la cholestérine de former des éthers en s'unissant à une molécule d'acide prouvent que la cholestérine est un alcool monoatomique (i). Cependant sa constitution chimique n'est pas encore complètement élucidée. C'est ainsi que Latschinoff lui attribue la formule suivante : C^^H^^O, ou mieux (C^H^jMl^O. Th. Weyl, dans des recherches récentes sur les cholestérones et les cholestérilènes, retrouve aussi dans la cholestérine et dans ses carbures le groupement CH» admis par Latschinolf. Ce groupement rattache la cholestérine à la série camphénique (térébenthine et camphre). Cette opinion s'appuie sur ses recherches sur les densités de vapeur de ces substances et sur un certain nombre de réactions de coloration. C'est ainsi que la réaction du perchlorure de fer et de l'acide chlorhydrique est commune à la cholestérine et à ses carbures d'une part et de l'autre à l'essence de térébenthine, au camphre et à l'acide choialique. Ces faits tendraient à faire admettre la formule ci-dessus de Latschinoff. Un fait important au point de vue physiologique, c'est cette relation qui e.xiste entre la cholestérine et les acides biliaires. D'autre part l'acide cholestérique, Cm^<^0\ que nous avons vu se former par l'oxy-

(1) La formule do la cholestérine la rapproche des alcools cinnanémiques de la formule générale C"ll^"i-8 0.

Beaunis. — Physiologie, 30 édition. L — 16

dation de la cholestérine, se produit aussi par celle de l'acide cholalique (Voir : Acides biliaires).

Existence dans l'organisme. — La cholestérine se rencontre dans la bile, le sérum sanguin, les globules rouges et les globules blancs du sang, la substance nerveuse (nerfs, cerveau, moelle), le sperme, la sueur, le lait, la matière sébacée, le vernix caseosa de l'embryon, la rate, le contenu de l'intestin, les fèces, le jaune de l'œuf, les œufs des poissons et des crustacés. Elle existe en forte proportion dans la laitance des poissons. Elle fait partie du protoplasma, et on la trouve surtout dans les tissus jeunes en voie de développement. Elle manque dans l'urine.

A l'état pathologique on la rencontre dans les calculs biliaires dont elle conslilue la presque lotalilé, dans le pus, le liquide des hydropisies et des kystes de l'ovaire, dans les ovaires et les testicules malades, dans les tumeurs de diverse nature, dans la dégénérescence graisseuse du cœur, dans les masses tuberculeuses, dans l'humeur vitrée [synchisis étinc'elant), etc.

On a cru longtemps que la cholestérine était exclusive au règne animal. Mais des recherches récentes ont prouvé au contraire qu'elle est très répandue dans le règne végétal ; c'est ainsi qu'on a constaté sa présence dans un certain nombre de plantes et principalement dans les graines de lentilles, de pois, de céréales, dans les jeunes plantes vertes, dans les pousses el les bourgeons, les champignons, etc.

Le tableau suivant donne la proportion de cholestérine (pour 100) trouvée dans un certain nombre d'organes, de tissus et de liquides.

Noms des auteurs

des analyses.

Bile

Rittor.

Sang artériel

l-'liut.

Drosdoff.

Drosdoff.

Saug de la veine jugulaire

Mint.

Chyle

Hoppe-Seyler.

Sérum du sang

Pus

Hoppe-Seyler (2 cas).

Miescher.

Calculs biliaires.

Substance blanche (avec la graisse)..

Petrowski .

Substance grise (avec la graisse)

Potrowski,

Cahu.

Cristallin de bœuf

Laptschinsky.

Hnhlbcck.

Zwcifel.

Jaune de l'œuf de poule non fécondé.

Parkc.

— — au 10e jour. .

Parko.

— — au 17c jour. .

Parkc.

LentiUes desséchées, non mûres

— — à maturité ...

État. — Dans la bile elle est en dissolution grâce aux sels des acides biliaires. 11 en est de môme dans le sérum sanguin et un certain nombre de liquides grâce aux savons solubles qui existent dans ces li([uides. Il faut cependant remarquer que la caolestérine ne se trouve pas en réalité à l'état de dissolution dans les solutions de savon, mais plutôt à l'état de division extrême ; car le liquide, quoique filtrant facilement, reste toujours trouble. Dans d'autres liquides, comme dans certains liquides

PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. ^4-^

pathologiques, elle se rencontre à l'état de suspension. Dans los éléments anatomiques, dans le proloplasma des tissus, dans la substance nerveuse, elle est associée à la {graisse et aux substances phosphorées et en particulier à la lécithine.

Origine. — L'origine de la cholestérine dans l'organisme est encore très obscure. On a fait à ce sujet un certain nombre d'hypothèses.

1" On peut éliminer de prime abord, vu la constitution de la cholestérine et sa faible oxygénation, l'hypothèse qui la fait provenir d'une oxydation incomplète des matières grasses.

2° A. Flint la fait provenir de la lécithine, et la considère comme un produit de désassimilation de la substance cérébrale et des tissus nerveux, dont le foie serait l'organe éliminateur. Il s'appuie sur des analyses comparatives du sang de la carotide et du sang delà jugulaire, dans lesquelles la proportion de cholestérine était plus forte dans le sang de la jugulaire; mais ces analyses ne peuvent être acceptées comme exactes, à cause de la trop faible quantité de sang analysée, et les conclusions de FUnt ne peuvent être admises tant que des expériences plus précises ne les auront pas confirmées

3° Mialhe fait dériver la cholestérine d'une oxydation incomplète des* albuminoïdes. Quoique acceptable que soit cette hypothèse, elle n'a jusqu'ici aucun fait expérimental à son appui.

■i" Enfin, vu l'existence bien constatée aujourd'hui de la cholestérine ou des corps analogues dans les végétaux comestibles, il y aurait peut-être lieu de rechercher si une partie de la cholestérine existant dans l'organisme ne proviendrait pas de l'alimentation.

Lieu de formation. — On ne sait pas mieux oii se forme la cholestérine, si c'est dans le sang, dans les tissus, dans un organe en particulier (foie), dans l'intestin, et on ne peut que rester dans le doute jusqu'à nouvel ordre. Cependant il parait vraisemblable qu'elle se forme sur place dans l'intimité des tissus, et par les processus nutritifs qui se passent dans ces tissus.

Décompositions. — On ne sait pas non plus si la cholestérine formée et existant dans l'organisme y subit des décompositions, en quoi consisteraient ces décompositions, et quels en seraient les produits. Théoriquement, en se reportant aux propriétés chimiques indiquées plus haut, l'oxydation de la cholestérine pourrait fournir les corps suivants qui épuiseraient le carbone et l'hydrogène de cette substance :

3C8Hif>05 + VM[H)i + 5H20 Ac. cliolest(''pi((iiu. Ac. ;ir(''ti(ju('.

Mais l'acide cholestérique n'a pas été rencontré jusqu'ici dans l'organisme.

Élimination. — C'est le foie qui est l'organe d'élimination de la cholestérine. Elle passe avec la bile dans l'intestin et est éliminée avec les fèces.

Rôle physiologique. — Le rôle physiologique de la cholestérine est encore très obscur. On la considère en général comme un simple produit de désassimilation. Cependant son alliance presque constante avec la lécithine, sa proportion dans des éléments et des tissus comm^b les globules sanguins, la substance nerveuse, sa présence dans les éléments en voie de formation, ou

dans les matériaux de germination, comme dans les graines des plantes, semblent indiquer un rôle histogénétique important, et permettent de croire qu'elle entre comme partie intégrante dans la constitution d'un grand nombre de tissus.

L'accumulation de la cholestérine dans les tissus et les organes, telle qu'on l'observe dans certains cas pathologiques, sa présence en excès dans la bile déterminant l'apparition des calculs biliaires pourraient tenir, soit à une augmentation de production de cholestérine dans l'organisme, soit à l'insuffisance de la destruction, soit à l'insuffisance de son élimination. De ce qui a été dit plus haut, il ressort que la question est à peu près impossible à résoudre. Tout ce que l'on peut dire c'est que la cholestérine se rencontre toujours en plus grande quantité toutes les fois que les phénomènes d'oxydation sont ralentis soit dans un organe, soit dans l'organisme entier. C'est ainsi que la vie sédentaire, un âge avancé, l'emprisonnement favorisent la production des calculs biliaires. Dans l'hibernation la production de cholestérine augmente dans le contenu de l'intestin.

A. Flint a admis que l'accumulation de la cholestérine dans le sang, (^cholesterhémie) pouvait produire des symptômes nerveux graves, et en particulier du coma, mais rien n'a démontré dans ces cas l'augmentation de cholestérine dans le Scing, et les phénomènes s'expliquent beaucoup plus facilement par l'introduction des acides biliaires dans le sang.

BibliosTraphie. — 0. Hesse : Veher Physosterin und Choîeslerin (Ana. Ch. Pharm., t. CXCIV, 1878). — P. Latsciiinoff : Ueber einigc neutrule Oxydât ionsproducte des Cholesterins {Bev. d. d. ch. Ges., t. II, 1878). — W. Walitzky : Ueber einige Derivate des GehirnchoLesterlns (id.). — K. Preis et B. Ray.mann : Beitr. zur Kenntniss des Choleslerins (Ber. d. d. ch. Ges., t. XII, 1879). — J. Reinke et H. IIodenwalu : Veher Paracholeslerin am JEthalium seplicmn (Ann. Ch. Pharm., t. CCVII, 1881). — W. Walitzky : Sur le cholest'ene {choies 1er ilè ne) (C. rendus, t. XCXIl, 1881). — E. Schulze et J. Baubieri : Zur Kenntniss cler Cholesterin (Journ. fur pr. Ch., t. XXV, 1882). — 0. Hesse : Ueber Physosterin und Paracholesterin (Ann. Ch. Pharm., t. CCXI, 1882). — E. Schulze : Ein Nw-htrag zu der Abhandlung : Zur Kenntniss der Cholestérine (J. fiir pr. Ch., t. XXV, 1882). — Th. Weyl : lieber die Beziehungen des Cholestearins zu den Terpenen und Camplierarten (Phj'siol. Ges. zu Berlin, 1885-86). — G. Lewin : Mikrochemischer Nachv)eis von Cholesterinfett in der Kornerschicht der Epidermis (Berl. kl. Wocheusch., 1886). — Ed. Heckel et Fa. Scijlagdenhauffen : Sur la présence de la cholestérine dans quelques nouveaux corps gras d'origine végétale (C. rendus, t. CII, 1886). — A. Aunaud : Sur la présence de la cholestérine dans la carotte (id.) (Voir aussi : Bile).

Article III. — Acétones.

ACÉTONE ORDINAIRE C^H^O.

Caractères. — Liquide incolore, d'odeur élhérée, de saveur brûlante, bouiUant à 56°. — Solublc dans l'eau, ralcool et l'éther en toutes proportions. Elle dissout les corps gras.

Propriétés chimiques. — Elle se l'orme dans un grand nombre de réactions : dans l'oxydation des corps contenant le radical iso-propyle C>'H'', dans la distillation de l'acide acétique et d'un grand nombre de substances organiques, etc. — Par l'eau et l'amalgama de sodium, l'acétone se transforme eu alcool iso-propylique : C^H^O -j- = C^H^O. Par l'acide nitrique fumant eUe se décompose en donnant de l'acide oxalique : C^Heo -)- 70 = C^H^O* 4- C02 -f- 21120. Avec l'acide chromique, elle donne de l'acide acétique et de l'acide carbonique : C^HeO + 40 = CSH^O^ -(- CO^ + H^Q. EUe se combine avec le sullite acide de sodium.

Réactions caractéristiques. — 1° B- de Lieben. Voir : Alcool. — 2'> fl. de Légal. EUe prend uue coloration rouge avec une solutiou de nilroprussiate de sodium addition-

PRODUITS DE DÉSASSIMILATION.

née d'un peu de lessive de soude ; cette coloi*ation ne disparaît pas avec l'acide acétique, mais passe au pourpre. — 3" R. de Penzoldt. Chautîer quelques cristaux d'orthonitrobenzahléhyde daus un peu d'eau, et alcaliniser avec de la lessive de soude; si le liquide coutiont de l'acétouc, il se produit uue couleur jaune et ensuite a lieu la séparation d'indigo bleu. Nobel emploie l'ammoniaque au lieu de soude. — 4° Pour éliminer l'alcool avaut d'essayer la réaction de Lieben, Albertoni distille le liquide contenant de l'acétone avec du sullite acide de sodium.

Existence dans l'organisme. — D'après V. Jaksch, il existerait des traces d'acétone dans l'urine normale. On la rencontre en tout cas dans l'urine diabétique {acétonurie), et on a même attribué à l'acétone et à sa présence dans le san^ [acétonhéynie) quelques-uns des accidents du diabète et en particulier le coma diabétique.

Origine et mode de formation. — On sait jusqu'ici fort peu de chose sur le mode de production de l'acétone dans l'organisme.

Markownikoff la fait provenir du glucose; mais Albertoni, en faisant ingérer de grandes quantités de glucose ou de dextrine à des lapins, n'a pu retrouver d'acétone dans l'urine. Rosenfeld l'attribue à la désassiniilation des albuminoïdes ; il a vu, chez les diabétiques, l'acétonurie se produire pour un régime exclusif de viande et celle acétonurie augmenter quand on passait d'un régime mixte à une alimentation de viande pure. D'autre part il ne faut pas oublier qu'un certain nombre de substances qui se produisent dans les fermentations intestinales, acide lactique, acide acétique, etc., peuvent donner naissance à de l'acétone qui absorbée passe dans le sang et de là dans les urines. L'acétone peut aussi se former dans les urines même aux dépens de l'acide acétylacétique. Frerichs et Albertoni ont montré en etfet que cet acide existe souvent dans les urines diabétiques qui se colorent alors en rouge par le perchlorure de fer. Cette réaction se montre fréquemment chez les urines des buveurs.

Élimination. — L'acétone est éliminée, sans altérations, par l'urine et par les poumons.

Bililiog^raphie. — R. V. Jaksch : Uebcr Acétonurie (Zeitsch. f. phys. Ch., t. IV, 1883).

— E. Légal : Nitroprusxidnntrium als Reuf/ens, etc. (Zeitsch. f. anal. Ch., t. XXII, 1883).

— P. Albertoni : Action et métamorphoser de quelques sub-tances dans l'économie, etc. (Arch. ital. de biologie, t. V, 1884). — Le Nobel : Uebcr einige neue chemische Eigcnschaften des Acetons, etc. (Arch. f. exp. Pat., t. XVIII, 1884). — K. V. Jaksch : Weit. Beob. ilb. Acétonurie (Zeitsch. f. kl. Med., t. VIII, 1884 et id., t. X, 1886).— G. Rosenfeld : Ueber die Entslehung des Acetons (Deut. med., Wochensch. 1885).

Article ÏV. — Acide urique et dérivés uriques.

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