I -f H20 = I + C6H»^C0.01I CO.OH CO.OH
Acide hippurique. Glycocolle. Acide benzoïque.
Existence dans l'organisme. — L'acide hippurique se rencontre dans l'urine des herbivores, cheval, bœuf, etc. Dans l'urine des carnivores et en particulier de l'homme, il n'existe qu'en très petite quantité, sauf après l'ingestion de certains végétaux, asperges, prunes de reine-Claude, airelles rouges, fruits de la ronce arctique, etc., ou après l'administration d'acide benzoïque, d'acide cinnamique, d'acide quinique et de quelques autres corps analogues. Sa présence a été constatée dans l'urine des nouveaunés les premiers jours après la naissance. Son existence dans le sang, les capsules surrénales, la sueur, admise par quelques auteurs, est douteuse.
L'acide hippurique se trouve dans l'urine à l'état d'hippurate de sodium ou de calcium (urine de cheval). Il est peu probable qu'il soit à l'état libre, même pour une faible partie.
Origine et mode de formation. — L'acide hippurique peut provenir de deux. sources, de l'alimentation, autrement dit des substances (jui contiennent ou peuvent fournir de l'acide benzoïque et en second lieu de la désassimilation des albuminoïdes de l'organisme.
C'est un fait aujourd'hui bien constaté que l'ingesliou d'acide benzoïque fait apparaiire des quantités notables d'acide hippurique dans les urines, et cela non seulement chez les herbivores, mais encore chez les carnivores et chez l'homme, dont l'urine n'en révèle que des (races à l'état normal. L'acide benzoïque ingéré, qui ne se retrouve plus dans les urines à l'élat d'acide benzoïque, s'unit au glycocolle formé dans l'organisme (Voir : Glycocolle) et forme avec lui de l'acide hippurique avec perle d'une molécule d'eau, comme le montre l'équation donnée ci-dessus. Toules les substances qui contiennent de l'acide benzoïque ou qui peuvent lui donner naissance par leur décomposition (acide cinnamique, essence d'amandes amères) sont dans le même cas. Il en serait de même de l'acide quini-
que, CH'-O*, d'après Laulemann etMaltschersky; mais le fait est nié par G. Meissner et Sbopard. Les acides henzoïques subslitués, chloro-benzoïque, amido-benzoïque, donnent naissance dans les mêmes conditions aux acides chloro-hippurique et amido-bippuiique.
En résumé, tous les aliments qui contiennent une des substances précédentes lont apparaître Tacide hippurique dans les urines, ou en augmentent la qiianlité; c'est ce qui arrive, en elîet, pour un ceiiain nombre de végétaux dans lesquels on a constaté la présence de l'acide quinique (les prunes de reine-Claude en particulier). Mais ni l'acide benzoïque ni l'acide quinique ne se rencontrent dans la plupart des fourrages qui servent à la nourriture des herbivores. Hallwachs a bien constaté dans ces fourrages la présence de ]a. coimarine ; mais cette substance ne pi'oduit pas d'acide hippurique et passe inaltérée dans l'organisme. Harten a, il est vrai, trouvé des traces de quinon dans beaucoup de graminées, mais pas d'acide quinique, et Shepard et Meissner ont montré que le résidu des fourrages, résidu composé de cellulose, de ligneux et de substance culiculaire, et à peu prés dépourvu de matière azotée, donne encore lieu à l'apparition de l'acide hippuiiiiuc dans l'urine. Je dois faire remarquer pourtant que Lôw a trouvé dans l'extiail. de foin un acide qu'il consid<Me comme identique à l'acide quinique.
S'il est cependant un fait bien démontré, c'est (pie l'acide hippurique est sous l'influence de l'alimentation végétale; en etfet, il existe en quantité notable dans l'urine des herbivores et manque presque complètement dans celle des carnivores. Chez le veau, comme l'a vu Woehier, l'acide hippurique est absent de l'urine tant qu'il lette, tandis qu'il paraît dès qu'on lui donne du fourrage.
D'après Shepard et Meissnei-, la substance qui, dans l'alimentation végétale, donnerait naissance à l'acide hippurique, serait la substance cuticulaire, la cuticule qui recouvre toutes les parties des plantes exposées à l'air, et dont la composition se rapprocherait beaucoup de celle de l'acide quinique. Ils ont remarquique les i)arties riches en substance cuticulaire, paille de céréales, foin, graminées, etc., augmentent la proportion d'acide hippurique, tandis qu'il diminue ou disparait par l'ingestion de graines décortiquées, de carottes, de pommes de terre, de betteraves, etc. Harten, en nourrissant des lapins avec du foin riche en sultslance cuticulaire, a vu que l'acide hippurique disparaissait de l'urine quand on détruisait cette substance cuticulaire avant de donner le foui-rage à l'animal. Cependant les expériences de Meissner et Shepard ont été récemment contredites par H. Weiske, (jui est ari-ivé à cette conclusion que ce n'est pas la substance cuticulaire qui contribue à la formation de l'acide hippurique.
Du reste, il y a des ditl'érences très grandes entre les animaux, au point de vue de la production de l'acide hippurique ; ainsi la paille d'avoine qui, d'après Henneherg et Stohniann, amènerait chez les bœufs une production notable d'acide hippuriciue, n'en produit pas chez le lapin (Harten).
La transformation d'acide quinique en acide benzoïque (qu'on peut produire par l'iodure de phosphore) se fait probablement par oxydation et par réduction : C7I11206 4- 4H2 + 30 = C'ti^O'- + lim.
Les substances qui, ingérées, fout apparaître l'acide hippurique dans les urines sont les suivantes :
Acide ciunamiquc
Ao. phénylpropioniquc
Ac. a-phéiiylamidopropioiii(pn'
Toluot
Ethylbenzol
Px'opylbenzol normal
Cll^.CH.AzH.C6H5.CO.OH GGHs.CH2.CH2. CM-'.
c6h8.ch.ch.co oh C6Hî;.ch2.ch2.co oh
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. 281
Tous ces corps se transi'ormeiit en acide l)enzoïque par oxydation de Ja chaîne latérale; ex. :
C8H5.CH2.CH2.C113 + 90 = cens. GO 011 -f- 3II20 + 5G0^.
Les dérivés benzoïques donnent de même des dérivés hippuriques parallèles; ainsi l'acide métachlorobenzoïque donne l'acide mélachlorohippurique, l'acide métanitrobenzoique, l'acide métanitrohippurique, etc.
Kn dehors de l'acide hippurique provenant de l'alimentation, il y en a toujours une petite quantité qui se forme dans l'organisme indépendamment du régime alimentaire. Liebig admettait déjà l'existence constante de l'acide hippurique dans l'urine normale de l'homme. Schultzen en a constaté des proportions notables dans l'urine d'un homme soumis à l'inanition depuis quatorze jours. Weismann est arrivé aux mêmes résultalsaprès s'être soumis pendant plusieurs jours à un régime composé exclusivement d'œufs et de viande (quinze œufs et une livre de viande par jour) et en a trouvé aussi chez des malades qui ne prenaient que du lait et du bouillon. D'où provient dans ces cas l'acide hippurique? il est très probable qu'il a son origine dans la désassimilalion des substances albuminoïdes. On sait, en elTet, que les albuminoïdes, par l'oxydation, donnent entre autres produits de l'acide benzoique et de l'essence d'amandes amères d'une part, et de l'autre du glycocolle. Or ces deux substances, mises en présence, donnent naissance à l'acide hippurique absolument comme quand l'acide benzoique est ingéré expérimenlalement ou introduit par l'alimentation.
Lieu de formation de l'acide hippurique. — Où se fait maintenant l'union de ces deux facteurs de l'acide hippurique, acide benzoique et glycocolle, soit que l'acide benzoique provienne de l'alimentation, soit qu'il provienne de la décomposition des albuminoïdes? Ixs recherches les plus récentes tendent à localiser dans le rein la formation de l'acide hippurique.
Kiihiie et Haliwachs avaient admis qu'elle se faisait dans le foie, où se trouverait déjà le lieu de formation du glycocolle. Si on fait ingérer de l'acide benzoique après avoir lié les vaisseaux du foie pour interrompre la circulation hépatique, l'acide benzoique passe inaltéré dans l'urine et il ne se forme pas d'acide hippurique ; si, au contraire, on injecte dans le sang du benzoale de soude et de la bde, ou du giycocholate de soude, ou du glycocolle, l'acide hippurique apparaît dans 1 luiiie. Mais les expériences de Kùhne et Haliwachs ont été contredites par la plupai't des physiologistes, liunge et Schmiedeberg ont constaté chez des grenouilles dont le foie avait été extirpé que l'injection d'acide benzoique et de glycocolle dans les sacs lymphatiques du dos était suivie de l'apparition de cristaux d'acide hippurique. Cet acide a pu donc se former sans participation du foie, il faut cependant remarquer que des expériences plus récentes de Salomon Jaarveld et Stokvis tendraienl. à faire admettre que le foie prend part aussi à la formation de cet acide.
Une opinion qui a réuni plus de suffrages est celle de Shepard et Meissner, qui placent dans le rein môme le lieu de production de l'acide hippurique. Les laits sur lesquels ils s'appuient sont les suivants : absence de l'acide hippurique dans le sang des herbivores, même après l'extirpation des reins (il est vrai qu'ils en ont trouvé après la ligature de l'artère et de la veine rénales, ce qui est en opposition avec leur théorie); absence de l acide hippurique dans la salive et dans la sueur apiès l'injection d'acide benzoique dans le sang. Les recherches récentes de Bunge et de Schmiedeberg, de Holfmann, celles de Jaarveld et Stokvis sont venues api)uyer
l'hypoliièse de Shepard et Meissner. Che7 le chien, lorsque les vaisseaux des reins ont été liés, on ne trouve pas d'acide hippurique dans le san^', dans le foie el dans les muscles après Tinjeclion d'acide benzoïque, mais seulement l'acide benzoïque injecté. Il en est de même après l'extirpation des reins. Les circulations artificielles dans les reins extirpés ont donné les mômes résultais. En faisant passer à travers des reins frais un courant de sang contenant de l'acide benzoïque et du glycocoUe, Bunge et Schmiedeberg ont conslalé la présence de l'acide hippurique dans le sang de retour et dans le liquide qui s'écoulait par l'uretère. Dans ce processus, les globules rouges paraissent jouer un rôle essentiel, car en remplaçant le sang par du sérum, la formation d'acide hippuri((ue n'avait pas lieu. Hoffmann est arrivé aux mômes conclusions. Il a constaté en outre que le sang privé d'oxygène par l'oxyde de carbone avait perdu la propriélé de former de l'acide hippurique, et que cet acide ne se produisait plus quand le rein était délruit et diminuait de quantité quand les reins avaient subi l'action toxique de la quinine. Si au contraire on pratique seulement la ligature de l'uretère (lapin), les transsudations séreuses ne contiennent que de l'acide hippurique et pas d'acide benzoïque. Dans les maladies du rein la transformation de l'acide benzoïque en acide hippur ique est entravée et une partie de l'acide benzoïque ingéré reparaît inaltéré dans les urines.
II est cependant possible que d'autres or-ganes que le rein, et en par ticulier le foie et le canal intestinal, interviennent aussi dans la production de l'acide hippurique (A, de Velde, Stokvis).
Quelques auteurs (Ilaliwaclis, v. Maack, Fiobde) ont supposé, d'après des raisons théoriques, que l'acide hippurique pouvait provenir de la tyrosine par oxydation; Frôhde en a, en elfet, obtenu de l'essence d'amandes amèresetde l'acide benzoï- (]ue. Mais ces faits ne suffisent pas pour faire admeltr-e celte opinion. Kùhne cr'oyail qu'il pouvait provenirde l'acide succinique ; mais Hallwachs a monti'é que la qnanlilé d'acide hippurique de l'urine n'augmentait pas après l'ingestion d'acide succinique.
Transformations dans l'organisme. — 11 est probable que tout l'acide hippurique formé dans l'organisme est éliminé tel quel, sans subir de transformations ultérieures. Cependant les recherches de Hennebertet Stohmann. de G. Meissner et ShepanI, ont montré qu'il y a un rapport entre les proportions d'urée et d'acide hippurique éliminé; quand l'une des deux substances augmente, l'autre diminue. Il semble que la formation d'acide hippurique emploie une substance (glycocolie ?), qui sans cela se convertirait en urée (Voir : Urée). La chaleur, l'exercice musculaire, l'énergie des oxydalions inlra-organiques paraissent augmenter la quantité d'acide hippurique de l'urine.
Cependant dans certaines conditions l'acide hippurique peut se dédoubler dans l'organisme en acide benzoïque el glycocolie. Ainsi ce dédoublement paraît se produire, au moins partiellement, quand l'acide hippurique est introduit dans l'estomac, surtout dans les cas de lésion du rein. Il peut se produire aussi dans l'urine alcaline ou dans l'urine acide contenant de l'albumine, probablement sous l'influence des ferments. Chez les animaux carnivores (chien), le rein et quelquefois les muscles cl le foie renferment un ferment qui décompose l'acide hippurique ; ce ferment manque dans tous les organes chez le bœuf et le lapin (0. Minkowski).
L'acide hippurique n'a pas d'autre rôle physiologique que celui d'un produit d'excrétion.
PHODOITS DE DÉSASSIMILATION. 283 Corps analogues à l'acide hippurique. — Un certain nombre de substances se conibinenL dans l'organisme avec le }^lycocolle à la manière de l'acide benzoïque pour donner des corps comparables à l'acide bippurique. Tels sont : 1° deux acides isomères, acides paratolurique et mctatoluriques, (ClF.CflH'.OjHAz.COOH, qui se retrouvent dans l'urine après l'ingestion d'acide paratoiuyliquo et de xylol ; 2° i'andcphénacéturiqiie, (C«H^CH^^COJHAz. CIP.COOH, après l'ingestion d'acide pbénylacélique ; 3" l'acide mcsilylcnique (CIP)2.C«H^.C00II, après l'ingestion de mésitylcne ou liimèlhyUienzol; 4° l'acide ciminique (CIPj^CH.CH^.COOlI, et l'acide cuminutique, (C^ir.C«n*.C0)HAz.Cd1-'.C00H, après l'ingestion de cymol.
Acide ornithurique C^HV-'^Az'-'OK — Tandis que, dans l'organisme des mammifères, l'acide beiizoïcpie se transforme en acide bippurique en s'unissant au glycocoUo, dans l'organisme des oiseaux il s'unit à une substance non encore isolée, Vomithine, C^H'-Az-'O- pour donner un acide, l'acide ornithurique; cet acide cristallise en petites aiguilles incolores, presque insolubles dans l'eau et dans l'élher, solubles dansl'alcool et dans l'élber acéticfue.
Biblioerrapliio. — W. v. SciirôdÈr : Ueber bie Bildiinf} dev ilippursuure im Organismus des Schafes{Zeit. fiir physiol. Cfi., t. III, 1879).— H. Wkiske : Ueber Ilippwsuitrehildunfi im thierisohen Orgmùsmus (Zeit. fur Ilioi., t. XV, 1879). — 0. Loew : Ueber die Quelle der Uippursiiure im Harn der P [lanzenfresser (Journ. fur pr. Ch., t. XIX, 1879). — E. St.\del.mann : Ueber die Umwandlung der Chinasiiure im Ilippursuure im Organismus der Saugethiere (Arch. fiir exp. Pat., t. X, 1879). — G. J. Jaahsvei.d et B. J. Stokvis : Ueber deni Ei?i/luss der Niereuaff'eclionen unf die Bildung der Ilippursuure (Arch. fiir nxp. Pat., t. X, 1879). — C. Schoïten : Ueber die Quelle der Ilippursuure im //«j-n (Zeit. fur pliys. Ch. t. VIII, 1883). — A. v. de Velde et B. J. Stokvis : lieilrage zur Frage der lli/tpurs'iurczerlegung im lebenden Orguuismus (Arch. fur exp. Pat., t. XVII, 1883). — (). MiNKOvvsKi : Ueber Spaltungen im Thierknrper (.Vrch. fiir exp. Pat., t. XVII, 1883). — Kk. Kroxecker : Ueber die llippursuurebildung beim Mensrhen in Krankheilen (Arch. fur exp. Pat., t. XVI, 1883). — Tii. Curtius : Synthèse von Hippursiiure und lllppursuureiUhei'u (Ber. d. d. d. ch. Ge.s., t. XVII, 188'i). — J. Baum : Eine einfache Méthode zw kiinsllichen Darstellung von Ilippursuure und uhnlich zusammengesetzter Verbindungen iZeit. fur phy.-^. Ch., t. IX, 188.^;. — H. Tappeiner : Zur Kenntniss der llippursuurebildung (Zeitsch. f. Biol., t. XXII, 1886). — A. Hoffmann : Ueber eine Verbindung der Brenztraubensûurc mit Hippursiiure fBcr. d. d. ch. Ces. 1880) (1).
BUTALANINl-: C/'ll"AzO-.
Syn. — Acide auiido-valérique, oxyvaléraniino.
Caractères. — Cristallise en paillettes prismatiques incolores ou en aiguilles étoilées <ui peu solubles daus l'eiiu, à peine solubles dans l'alcool froid et dans l'éthcr. — Chaulféc av(3c précaution, elle se sublime comme la leucine; chaulféc brusquement, elle se décompose en acide carbonique et butylamine : C'II" AzO^ = GO^ -j- C'MI'iAz. — Elle s'unit aux bases et aux acides pour former des sels. — Elle a été obtenue par synthèse.
Constitution. — C'est un acide amido-valérique. I^lle a avec l'acide vaiérique les uièmcs relations que la leucine avec l'acide caproïciue.
{\) A consulter : W. llaliwachs : Ue/w,- dcu I rxprung der Hippiirsuure im llarn der rianzen/'resser, I8.'>7. — A. Weismann : Id. : De acidi hippurici in corpore humano generatione, 1857. — Kûhne et llaliwachs : Ue/jer die Kntslehung der Ilippursuure nach dem Genus^e von Benzoesaûre (Arch. f. patliol. Anat., t. XII). — E. Lautemann : Ueber (lie Beduction der Chinasuure zu Benzoesdurc uud die Verwundlung derselben in Ilippursuure im thierischen Organismus (Auual. v. Chemie u. Pharm., t. CXXV) — (;. Meissner et C.-U. Shepard : Unt' rsurhungen iiber dus EnÔstehen der nippii 'rsrnir'e im thierischen Organismus, 18GG. — II. Weiske : Unlersuch^ iifjer die llrppursuurebdduwi im Kurper des llerl)ivoren ^Zeitschrift f. biologie, t. XII). — IG. Buuge et 0 Schmiedeberg; Ueber die Bildung der Ilippursuure [Xvchiv L exper. Pathol., 1. VI). — A liotï'maun • Ueber die Bildung der Hippursiiure in der Niere (..Archiv. ex péri ui. Pathol. t VII)
28i LIVRE DEUXIÈME. — CHIMIE DE LA NUTRITION, CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
Existence dans l'organisme. — Elle aurait été trouvée dans le tissu du pancréas et de la rate par Gorup-Besanez, ce qui mérite confirmation. En tout cas, on a constaté sa présence dans la décomposition des matières alliuminoïdes.
LEUCiNE C41'-'AzO^
Syn. — Acide amido-caproïqui', oxyraproaininc.
Préparation. — La leucine t^e forme, eu grande quaulilé dans la digestion pancréatique des aU)uuiiuoïdes et dans la putréfaction des matières azotées en même temps que la tyrosine. Elle se prépare, comme cette dernièri;, en faisant bouillir avec l'acide sulfurique étendu des rognures de corne. On salure par la chaux. La lyi osine se dépose la première et ensuite la leucine, qu'on purifie par cristallisation. — On peut l'extraire aussi du pancréas. 11 se forme aussi de la leucine quand on traite l'indican parles acides coiic(Mitrés.
Caractères. — C'est une substance blanche, insipide, inodore. Elle cristallise en lamelles nacrées, douces au toucher, plus légères que l'eau, souvent (!n petites masses à
cristallisation radiée ou en fines aiguilles (fig. 5G). — Elle est soluble dans l'eau froide ("27 parties), plus solubhi dans l'eau chaude, très peu soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther. Elle se dissout dans rammoniaquc, la lessive de potasse et les acides étendus L'acide acétique augmente sa solubilité dans l'eau et dans l'alcool. — Elle fond à ITO" et se sublime en donnant un produit iloconneux.
Propriétés chimiques. — Chauffée rapidement à 180o-20()", elle se décompose en une huile brune, acide carbonique et amylamine : Cqi'SAzOa = CO^ -h C^ll"AzH^. — Par l'acide iodhydrique, elle se dédou])le eu ammoniaque et acide capro'ique : C61I':iAz02+ ll^ = Azli;'-f-CfilIi'-i02. — L'ozone, dans une solution alcaline de leucine, donne de l'aldéhyde valérique, de l'ammoniaque et de l'acide cyanique. — Avec le permanganate de pi)lasse, elle donne de l'acide valérique, de l'acide oxalique et de l'anunoniaque. — Un certain nombre d'agents la déconqjosent, du reste, en donnant des acides gras et spécialement de Eig. r>G. — Leucine. l'acide valérique (potasse, fibi ine en putréfaction, etc.). — l/acide
nilrcux convertit la leucine en azote, eau et acide leuciqu(î : C6HiaAz02 4-Az0-2H=lI204-iAz-f- CGH1203 (voir p. '233). — Elle forme des sels avec les acides et des combinaisons avec un certain nondjre di^ sels métalliques. — On peut rapprocher de la leucine les leucéines ci la tyroleucine, CH^AzO^, de Schulzenbergcîr (Voir : Albu)ni7ioïdes, p. 159).
Synthèse. — La leucine a été obtenue par synthèse : 1" en faisant réagir l'acidti chlorhydrique sur un mélange d'acide cyanhydrique et de valéral : CAzll-f C»11"'0 -|- H^O = C«H'3Az02 (Limprieht); 2° en chaufl'ant l'acide caproïque avec le brome et l'ammoniaque (llufner). L'identité de cette leucine synthétique avec la leucine lUiturelle a été mise eu doute.
Réactions caractéristiques. — i" /i. de Schérer. — Evaporer une petite portion avec de l'acide nitrique sur une lame de platine ; il reste un résidu incolore presque invisible qui, chauffé avec quelques gouttes de solution de soude, se colore en jaune ou en jaune brun et se rassemble ensuite en une goutte huileuse qui roule sur h-, platine. — 2» ChaulTer dans un tube à essai; on a l'odeur caractéristique de l'amylauiine, odeur rappelant à la l'ois celle de l'ammoniaque et celle des composés amyliques. — ii" Examen microscopique des cristaux.
Nature et constitution. — La leucine est un acide amido-capj'oîqiie,
GH3.AzH^
(GH2)v
Leucine
CO.OH
Ac. caproïque.
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. 283
Le radical AzIP remplace un alotne d'hydrogène de CAP. On a vu plus haul (p. 223) ses relations avec l'acide leucique.
Existence dans l'organisme. — A l'état nornrial, la leucine se rencontre dans le tissu de la plupart des glandes, mais surtout dans le pancréas et le suc pancréatique. Ainsi on en a trouvé de petites quantités dans le foie, les glandes salivaire^î, les reins, la rate, le thymus, les capsules surrénales, la glande thyroïde, les glandes lympliatiques, le cerveau, la matière sébacée. A l'état pathologique on a constaté sa présence, dans quelques cas, dans le sang (leucémie, atrophie aiguë du foie), dans l'urine, la bile, le pus, etc.
Origine et mode de formation. — L'origine de la leucine ne peut faire l'objet d'un doute ; il est évident qu'elle provient de la désassimilalion des matières albuminoïdes, et sa formation dans l'organisme est certainement due à un processus de fermentation analogue à celle qui lui donne naissance dans la putréfaction de ces matières et dans la digestion pancréatique. Ce qui est certain, c'est qu'on en rencontre toujours des petites quanlilos, môme dans le pancréas tout à fait frais.
Transformations dans l'organisme et élimination. — Que devient la leucine formée dans l'organisme? Gomme on ne la rencontre que tout à fait exceptionnellement et dans les cas pathologiques dans les excrétions, il faut qu'elle subisse dans l'organisme même des transformations, qu'elle y soit décomposée avant d'être éliminée. Chimiquement, les produits principaux de décomposition de la leucine sont d'une part des acides gras, de l'autre de l'ammoniaque. Or les mêmes produits se forment dans l'organisme, car presque partout à côté de la leucine on trouve des acides gras, et l'acide valérique existe dans les débris épithéliaux qui recouvrent l'épiderme cutané, débris dont la décomposition fournit de la leucine (exemple : sueur des extrémités).
Mais d'un autre côté, comme on l'a vu plus haut à propos de l'urée, il se pourrait que la leucine fût un des produits intermédiaires entre les albuminoïdes et l'urée. Il est vrai que jusqu'ici on n'a pu obtenir l'urée artificiellement au moyen de la leucine ; mais Schultzen et Nencki, en faisant ingérer de la leucine à des chiens, ont constaté une augmentation d'urée correspondant à la leucine introduite dans l'organisme.
Le fôle physiologique de la leucine est celui d'un principe de désassimilatif)n des substances albuminoïdes.
Kihliosrrapliic. — J. Mactiinrh : A'o/fiz ûber das oplische Drehunsvermofjen des Leucim and Ci/slui.f (Zeit. fiir phys. Ch., t. VU, 188.3).— E. 0. v. Lippmann : IJeh'cr dus Vorkommen von Leucin und Tijrosin in der Riibeninelassc (IJer. d. d. ch. Gcs., l. XVII, 1884). — E. SciiULZE et E. RossiiAUD : Uebei' das optische Verhalten einirjev Amidosauren (Bcr. d. p. ch. Gos., t. XVII, ISS'i). — J. Lewkowitscii : Noliz ilbev das optische Drehungsevmôqen des Leucins (Bcr. d. d. ch. Ges., t. XVII, 1884). — (Voir aussi : Tyrosine.)
ACIDE ASPARTIQUE C''H''AzO-.
Caractères. — On en connaît deux espèce?, l'aci(l(> aspartique aclil' et l'acide aspartifiue inactif. 11 prend naissance dans la décompositiou des matières albuminoïdes dans
les mômes conditions que la leucineel la tyrosinc. — 11 cristaHisa en tables minces rcctanf^ulaires, soyeuses, inodores, de saveur un peu acide rappelant le boniHon. 11 est soluble dans l'eau froide, dans les acides azotique et chlorliydri(pii', dans les solutions alcalines, peu soluble dans l'alcool. — 11 dévie à droite le plan de polarisation (acide actif). — Il fournit de l'acide malique par sa décomposition. — On l'obtimit en faisant bouillir l'asparagine avec l'eau de baryte.
L'acide aspartique a avec l'acide malique les mêmes relations que le glycocolb^ avec l'acide glycolique; le radical Azil- remplace un oxhydrile df l'acide maliqiu'. Sa formule ratiouncHe p.-ut s'écrire : CODIl.C^ir'f.VzH^i.COOll.
L'existence de l'acide aspartique dans l'organisme est encore douteuse; cependant il est probable qu'il accompagne en petite quantité la leucine et la tyrosine. Dans le règne végétal, au contraire, il a été constaté dans un certain nombre de plantes (1). Voir aussi : Acide succinique, p. 237 et Albuminoi'ies^ pages 161 et 164.
.\Cmfc; GLL'TAMIQIE C''H'.A/.0''.
Caractères, — lise produit dans les mêmes conditions (pie l'acide aspartique. Il cristallise en tétraèdres rbonibiques, solubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool. Il dévie à droite le plan de polarisation. — 11 donne du pyrrol en se décomposant par la chaleur : C-iH''AzO'' = G4I">Az + C024-2H20. — C'est un homologue supérieur de l acidi^ aspartique. Sa formule rationnelle est : C00M.C-'ri-j(AzH2).C0()H.
Son existence dans l'organisme est aussi douteuse que celle de l'acide aspartique. Cependant l'acide cryptophanique de l'urine trouvée par Thudichum contiendrait un peu d'acide glutamique. Dans le règne végétal, au contraire, il est assez répandu. Voir aussi : Albumino'ides, p. 161.
Article VII. — Substances aromatiques.
TYROSINE C^H^'AzO^
Préparation. — La tyrosine se prépare en faisant houillir des rognures de corne de boeuf avec de l'acide siilfurique étendu. L'acide sulfurique est saturé par la chaux, et la
tyrosine se dépose en cristaux qu'il n'y a plus qu'à ])urifier. La plupart des substances albuminoïdes fournissent de la tyrosine par leur putiéf'arlion ou par leur traitement par Ins acides et les alcalis.
Caractères. — Pur(!, la tyrosine cristallise en aiguilles ])lanches, soyeuses (tig. 57), insipides et inodores, rcssemhliait beaucoup, au microscope, aux cristaux d'hypoxanthine. Elle est presque insoluble dans l'eau froide, un peu soluble dans l'eau chaude, insoluble dans l'alcool et l'éther, soluble dans les acides minéraux, l'ammoniaque, les alcalis, les solutions de cjii'bouati's alcalins.
Propriétés chimiques. — Cliaulléc, eliise décompose avec une odeur de corne brûlée, en donnant d(> l'acide carbonique et une base, C**ll"AzO. — (.haufl'ée avec la chaux sodée, elle dégage l'odeur d'acide phénique. — Fondue avec l'hydrate de potasse, elle donne, lion de l'acide salicyliipK-, mais son isomère, l'acide paraoxybenzoïque, C'HfiO», et de l'acide acétique : CHli' AzO^ -f H^O -}- 0 = C-M«0;> + C^H'O^ + Azll^». - Chauffée à i:.0"
(1) Pour Cl- qui concerne l'aspargine voir : Albianinoïdes, p. 104.
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. 287
vu tubos scellés avec l'acide iodhydriquc, elle donne de l'ammoniaque et pas d <'tliylamine. — Elle forme des sels avec les acides. Elle se combine avec les bases et les oxydes métalliques. — Elle donne avec l'acide sulfurique concentré des acides sulfotyrosiniques (lui se colorent en violet par le perchlorure de fer. — Traitée par le chlore ou le brome, elle donne du chloranil, C6CIH)2, et du bromanil, G«HrK)^ (tétiMbromquinon). — En la traitant par le cyanate de potasse, Jalïe a obtenu l'acide lijrosinliydanloïniqiœ, G'oil'^AzïO '.
Réactions caractéristiques. — l» E.xamen microscopique. — 'i" Brûle avec odeur (le curue brûlée. — 3» /{. de l'iria. Chauffer la substance avec quelques gouttes d'acide sulfurique concentré dans un verre de montre; quand la solution est refroidie, on y ajoute uu peu d'eau et de carbonate dechau.\, taut qu'il y aune effervescence; on filtre, on évapore à un petit volume et on ajoute deux gouttes de solution neutre de chlorure de fer. S'il y a de la tyrosine, on a une coloration violette. — 4" /{. d'Hoffmann. Mettre la substance dans un verre avec un peu d'eau ; ajouter quelques gouttes d'une solution neutre d'azotate de mercure : chauffer et maintenir quelque temps à l'ébullition ; il se produit une coloration rose et un précipité rouge. — 5" H. de Schérer. Evaporer sur une lame de platine avec un peu d'acide nitrique ; le résidu jaune foncé, transparent, devient rouge quand on l'humecte avec la soude, et, évaporé, devient brun noir.
Synthèse. — E. Erlenmayer et A. Lipp ont fait la synthèse de la tyrosine en transformant d'abord, à l'aide de l'acide sulfurique et de l'acide nitrique, la phénylalanine en paranitrophénylalanine, cellt^-ci eu paramidoplényJalanine par le zinc et l'acide chlor hydrique et cette dernière en tyrosine.
Constitution. — La tyrosine peut être rangée dans les combinaisons aromati(jues. En etfet, sa constilulion peut se comprendre de la façon suivante.
Elle se rattache d'une part à l'acide propionique, acide gras, de l'autre à l'acide phénique, combinaison aromatique. L'acide propionique, par le remplacement d'un atome d'hydrogène par le radical oxyphényl, C^H*.OH, donne l'acide oxyphénylpropionique, lequel, par le remplacement d'un nouvel atome d'hydrogène par le radical AzH^ donne la tyrosine, amide de l'acide oxyphénylpropionique ; les formules suivantes représentent cette parenté de la tyrosine :
GH2 CH.(C6H*.0H) C.(G6H4.0H)AzH2