Acides glyciiroiilques coiijug-u
Caractères. — I/acidc glyruroniquo, Cfill«0« + H-O, se présente sous l'aspect d'un lii|uide sirupeux qui, par l'addition d'alcool se prend en niasse cristalline brillante. C(>s cristaux sont solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool. — Il dévie à droite la lumière pi)larisée. II réduit à chaud l'oxyde de cuivre. — Anhydre, il a pour foriiiule : CMI^O"; dans ses sels il prend un équivalent d'eau et sa formule devient (^'>ll'"()'. 11 parait agira la fois comme acide et comme aldéhyde et on peut lui attribu(!r la formule de constitution suivante :
(cii.oH)v ! j:J[^^jj
L'acide glycuroni(iue se rencontre dans l'uiine à l'élat d'acide conjugué après l'ingestion d'un cerlain nombre de substances Ainsi après l'ingestion de camphre on trouve dans l'urine deu.x acides isomères, acides carnphogUjciironiqiies alpha el hifta, C'*n-'*0*4- II'O qui par les acides chlorhydrique et snlfuriciue bouillants se décomposent en essence de camphre C'^H'^O- et acitle glycuronique anhydre (;6U8Q6 Oq même après l'ingestion de chloi'al on rencontre dans l'urine un acide, l'acide urochloralique C^H"Cl^O'', qui se dédouble en acide glycuronique et alcool éthylique Irichloré CCl^.CH^OH d'après l'équation : C^^CÏ '0^-fH20=:C«H"'0^ + C(]P.Cn-.OH. Vacide uroniirotohUlique C'^H'"^AzO", Yacide urobutylchloraliqne C'°H'^CI^O", et quelques autres qu'on tiouve après l'adminislralion d'orthonilrotoluol, d'hydrate de butylchloral ou d'autres subslances (ex. : hydroqninon, résorcine, thymol, etc.) ne paraissent être aussi que des acides glycuroniqucs conjugués. On a trouvé aus«.i cet acide glycuronique dans l'urine dans un cas de coma diabétique.
L'origine de cet acide dans l'organisme est encore très obscure. Cependant Icnl porte à le considérer comme un produit de décomposition du glucose.
■liblios^rnpliie. — E. Kiii// : Zur Kennlniss der synihetischen Vorgiinge im thierischen Organismus (A. dii Pfliiger, t. XXX, 1883). — E. E. Sundwick : Ueber die Glykuronsiiurepuarungen im Organismus {Wcr. d. d. ch. Ges., 1886). — II. Thikiikki.dkh : Ueber die liildung der (Ugkuronsuure beim Ihcngeriier {Zcilsch. f. phys. Ch., t. X, 1886).
§ 3. — Uraniidcs-acides.
Les uramides-acides peuvent èlre considérés comme constitués par l'union d'une amide-acide, sarcosinc, (yrosine, taurine, etc. avec lesélémentsde l'acidecarbonique, moins un équivalent d'eau. Ce sont: \° \'adde mdlhylhgdanloïni'jue CMi^Az^O^ qui parait dans l'urine après l'ingestion de sarcosine C-'IPAzO^ : "l'^Vacide tuurocarbamique C-'Il«Az^'SO\ après l'ingestion de laurine C^IFAzSO^ ; 3« Yacide iyrusinhydantuini</ue C"'^l">Az20^ après la saturation do l'organisme du lapin par la tyrosine C9H"AzO-'; 4° Yncidc iiramido-bcnzoîque CIl^Az^O^, après l'ingestion (Vacidc métamido-bcnzoîque G'H^AzO-', etc. La formation de ces acides a déjà étudiée ù propos de l'urée, pages 2G7 et 2GS.
A ce poiiil de vue il y a deux manières de voir sur le mode de formalion de ces • uramides-acides dans l'organisme : pour Drechsel, ils se formenl par synlhèse, à la façon de l'acide hippurique, par l'union d'un acide amidé et de l'acide carbamique avec sortie d'une molécule d'eau, synthèse dont l'équation suivante peut donner un exemple, ainsi pour l'acide laurocarbamique :
Cni^AzSOs + CO^AzHs U Q = cms\z^SO^.
D'après E. Salkowski au contraire ils se formeraient par addition simple avec l'acide cyanique produit dans l'organisme d'après l'équation (voir aussi p. 268) :
CSH'AzSO» + GO.AzH = C^HSAz^SO'n
Ahtigle IX. — Créatines.
CRÉATINK C'*H"Az''0^ Syn. — Mél/ujlgbjcoci/canine, rruHhylguanidine acélique.
Prép. — l'r. de Slœdeler. La viande hachée est délayée dans ralcool ; cm chauffe et on exprime; le résidu est traité par l'eau tiède. On réunit les liquides des deux opérations. On chasse l'alcool et on précipite par l'acétate de plomb. On hltre, on élimine Texcès de réactif par l'hydrogène sulfuré; on filtre de nouveau et on évapore en consistance sirupeuse. La créatine se dépose parle refroidissement. — Pr. de Nenbauer. La viande hachée est additionnée de son poids d'eau et chauffée à GO" pour coaguler l'albumine; le résidu est repris par l'eau et porté à l'ébullition. La liqueur, fdtrée, est précipitée par l'acétate de plomb, traitée par l'hydrogène sulfuré et concentrée. La créatine se dépose incolore.
Caractères. — C'est un corps blanc, inodore, à saveur amère. II forme des cristaux prismatiques rhon)hu'idaux (fig. 58) qui, à 100", perdent leur eau de cristallisation el
deviennent blancs et opaques. — Elle est peu soluble dans l'eau froide, solul)Ic dans l'eau chaude, presque insoluble dans l'alcool et dans l'éther. — On peut l'obtenir aussi en traitant la créatinine par les alcalis en présence de l'eau.
Propriétés chimiques. — Décompositions. Chauffée audessus de 100", elle fond, puis se décompose en donnant de l'ammoniaque et des vapeurs jaunes. — Par l'ébullition prolongée avec l'eau, ou par l'action des acides ou en présence des substances en putréfaction, elle perd de l'eau et se transforme c-n créatiuine : C4I9Az;i02 — H^O = CMI'Az^O. BouiUie avec l'eau Fig. 58. — CréaUne. de baryte, elle se dédouble en sarcosine et urée : C-H^Az^Oa
1120= C^inAz02 (sarcosine) -f- CII'-AzSO. A côté de l'urée et de la sarcosine se forment toujours de notables quantités deméthylhydaidoïnc : C''H"Az'"0- = C'-lIBAz-'O^ -f Azlf, et d'acide méthylparabanique : C'^LPAz^Oa -1-02= CH^AzSO^ AzII^ + H^O, avec dégagement d'ammoniaque. — Chauffée avec l'acide nitrique ou la chaux sodée, elle donne de l'ammoniaque et de la niélhylamine. Avec l'acide sulfurique et l'oxyde puce de plondD, elle donne de l'acide oxalique, C-H^O^, et de la méthyluramine (méthylguanidine) : C'IV' kï^O^ 20= C21P'0- + C^H^Az^. — L'hypobrcnnle de sodiuui la décompose en dégageant tout l'azote à l'état libre, — Combinait:ons. Elle se combine avec les chlorures de zinc et de cadmium en donnant des chlorures doubles cristallins. — Elle donne avec l'azotate d'argent et le sublimé, sous certaines conditions, des précipités caractéristiques. — Elle se combine avec les acides à la manière des bases faibles.
Synthèse. — Strecker l'a obtenue par synthèse en abandonnant au repos une solution aqueuse de cyanamide et de sarcosine, additionnée de quelques gouttes d'ammoniaque : CU'Az^ (cyanannde) 4- C^LPAzO^ (sarcosine) = C'-ll^Az^O^. On l'obtient aussi en chauffant à lOO" une solution alcoolique de sarcosine et de cyanamide (Volhard).
Réactions caractéristiques. — I» R. d'Engel. En ajoutant à de la créatine en excès du nitrate d'argent, puis un peu de potasse étendue, ou obtient un précipité blanc; eu continuant l'addition de potasse, le précipité blanc se redissout et on obtient un liquide citrin qui se prend en une gelée qui brunit à l'air et devient tout à fait noire au bout de quelques heures. — 2" En ajoutant du sublimé a une solution saturée de créatine on excès et traitant par un peu de potasse, on a un précipité blanc qui noircit quand on le
chauffe au sein delà liqueur mère (R. Eiigel).- S» Transformer la créatine en créatinine et caractériser la créatinine.
Constitution. — La créatine peut ôlre consid(5rée comnie constituée par l'union de la sarcosine et de la cyanamide. La sarcosine, CHV\zO\ qui n'a pas encore été rencontrée dans l'organisme, est un méthylgiycocolle, c'est-à-dire un glycocolle dans lequel un atome d'hydrogène a élé remplacé par le radical méthyie, GH^ comme le montrent les formules suivantes :
CM2.AZH2 CH3 CH2.Az<{j"'
I I GO. OU CO.OII Glycocollo. Méthyie. Mothylglycocolle
ou sarcosine.
La sarcosine avec la cyanamide donne la créatine :
ch^'.az<j7 + ç.Az = çn^.Az<«';^,j 1 I I I
CO.OH AzlP GO. OH AzII^
Sarcosine. Cyanamide. Créatine.
La créai ine peut encore être envisagée à un autre point de vue; on peut la considérer comme constituée par de l'urée dans laquelle un atome d'hydiogène est remplacé par un reste de sarcosine (sarcosine, moins un oxhydrile, OH) :
AzH2 AzH2 I I GH2.Az<fl"'
CO CH2Az<--CH8
AzII^ GO ^z<H
Urée. Reste de sarcosine. Créatine.
On a VU en effet que la créatine se décompose, en prenant de l'eau, en sarcosine et en urée.
Existence dans l'organisme. — La créatine existe dans les muscles 1,3 à 2,3 pour iOOO parties) la substance nerveuse, le sang, le liquide de l'amnios, le testicule et quelquefois dans les transsudations. Elle n'existe pas dans les organes glandulaires. On a cru constater sa présence dans l'urine, mais cette dernière ne contient que de la créatinine, et l'erreur s'explique par la facilité avec laquelle la créatine se transforme en créatinine.
Origine. — L'origine de la créatine ne pont faire l'objet d'un doute. Elle provient évidemment de la désassimilation des substances albuminoïdes et probablement du tissu musculaire, quoique jusqu'ici la créatine n'ait pu être obtenue artificiellement dans la décomposition des albuminoïdes. Sarokow avait admis que le cœur contenait plus de créatine que les autres muscles et que sa proportion augmentait dans les muscles eu activité et particulièrement après la tétanisalion ; mais ces résultats n'ont pas été confirmés par Voit et Nawrocki. D'autre part, la nature de l'alimentation paraît exercer une influence notable sur l'élimination de la créatine (à l'état de créatinine) par l'urine, car la quantité de créatinine de l'urine augmente par une alimentation animale et diminue au contraire par une nourriture végétale. 11
est probable que dans ce cas l'augmentation de créatinino est due à la transformation de la créatine contenue dans la viande qui a servi à l'alimentation On a contaté en eiïet que la proportion de créatinine de l'urine augmente après l'ingestion de créatine.
Transformations dans l'organisme. — Une fois formée dans l'organisme, la créatine ne reste pas à cet état. Elle parait, au moins pour une grande partie, se transformer en créatinine, transformation qui, comme on sait, s'opt-re avec la plus grande facilité.
Sarokow admettait que celte transformation de créatine en créatinine se faisait dans les muscles au moment de la contraclion ; mais des recherches plus précises ont nionlré que la créatinine n'existe pas dans le tissu musculaire, soit pendanl le repos, soit pendant le mouvenicnl (Nawrocki). Cette transformation ne se fait pas non plus dans le sang qui ne contient pas de créatinine. Elle paraîtrait plutôt se faire dans le rein. Cependant, après la ligature des uretères, on trouve dans le rein non de la créatinine, mais de la créatine. Kiihne aurait pourtant constaté la présence de la créatinine dans le rein.
Si la transformation de créatine en créatinine est certaine, il n'en est pas df même de celle de la créatine en urée admise par plusieurs physiologistes. I. MunU, en ajoutant de la créaline à l'alimentation (chez Thonime et chez le chien), avait constaté non seulement une augmentation de créatinine dans l'uiine, mais une augmentation d'urée. D'après lui et quelques autres expérimentateurs, Oppler, Péris, Zaleski, celte transformation s'opérerait dans le rein; après l'extirpation du rein, on ne trouverait que très peu d'urée dans le sang, tandis que la proportion de créatine augmenterait dans les muscles; au contraire, après la ligature des "uretères, qui laisse le rein fonctionner, l'urée s'accumulerait dans le sang, tandis que les muscles ne conliennenl pas plus de créatine qu'à l'état normal. Celte opinion était encore confirmée par les expériences de Ssubotin, qui obtint de l'urée en faisant digérer la substance rénale avec de la créatine. Les faits chimiques venaient aussi à l'appui de celte hypothèse. Avec l'eau de baryte la créaline se décompose en sarcosine et en urée :
G4I9Az302 + H 20 = (/'H'AzOa + C0Az2H''
Créatine. I^uu. Sarcosiue. Urée.
Mais les expériences de Voit el de Mei&sner ont doiuié des résultats contraires. Us ont vu, après l'injection de créatine et de créatinine, que ces substances se retrouvaient dans l'ui ine, et qu'il n'y avait pas augmentation d'ui-ée. L'extirpation des reins, la ligature des uretères n'auraient pas non plus, d'après eux, les conséquences admises par Munk, et on n'observerait pas, après ces opérations, les dilTérences dans la proportion de créaline el d'urée que Munk, Péris, etc., ont cru constater dans les muscles el dans le sang. Enfin, Voit et Gscheidien, en répétant les expériences de Ssubotin sur le rein, sont arrivés à des conclusions négatives. On voit que la question reste ouverte et demande de nouvelles expériences.
CRÉATININE C'H'Az'O.
Prép. — 1" de Neuhauer. Ce procédé permet de la doser dans l urinc. Un lrait(î l'urine par un lait de chaux jusqu'à neutralisation et on ajoute du chlorure de calcium qui précipite les phosphates. On filtre et on évapore à consistance sirupoiisc et on épuise le résidu par l'alcool absolu. Le liquide alcoolique est mélangé avec une solution concentrée et neutre de chlorure de zinc. Les cristaux de chlorure de zinc et de créatinine sont