CD. OH CO.OII
Cependant Baumann admet comme formule pour la cystine CH'-Az-S-O*, aulreinenl dit il double la formule ordinaire de la cystine avec 2 atomes d'hydrogène en moins, et explique par l'équation suivante la formation de cystine par oxydation aux dépens de la cystéine : 2C^HUzS02-f O^CW^Az^S^O^H-H^O, et il propose pour les deux corps les formules de constitution suivantes :
cii-î.c':,, .co.OH - cfb'.cr. .00.011
CH^'.C^ CO.OH Cystciuc. (lystiui!.
La cystine existe dans certains calculs et sédiments urinaires très rares, dans l'urine (rarement) el spécialement dans l'urine de chien; on a constaté sa présence dans les reins du bœuf.
Son origine est inconnue. Sa constitution chimique fait seulement prévoir qu'elle doit provenir de la désassimilation des matières albuminoïdes; mais on ne sait ni si elle se forme à l'état normal dans l'organisme, ni quels sont les produits intermédiaires qui lui donnent immédiatement naissance. On ne sait pas plus quels produits de décomposition elle peut fournir dans l'organisme.
Bibliog^rapliie. — E. Kulz : Xotiz ziir Kerminiss des Cystins (lier. d. d. cli. Oes., t. XV, 1882). — E. B.vu.MANX : Zur Kenntniss der Phenyhncrcaptiirsaure des Cyslins und des Serins (Ber. d. d. ch. Ges., t. XV, 1882). — J. M.vltiiner : Uebcr dos v//lisc/ie Drehungsverrnogen des Tyrosins und Cyslins (Monatsh. fiir Ch., t. 111, 1882). — E. Kulz : Zur Kenniniss des Cyslins (Zcit. fur Biol., t. XX, 1884). — E. Bm mann : Ueber Cyslin und Cystein (Zeit. fiir phys. Ch., t. CXXXl, 1884). — J. MAi TiisKit : Zur Kenniniss des Cyslins (Ber. d. d. ch. Ges., t. XVII, 18S4). — Stadth.vgex : Zur Kenniniss der Cystinurie (Arch. de Virchow, t. C, I88Ô1. — E. GoLD.MANis : Ueher die Scfiicksale des Cysteins, etc. (Zcit. fOr phys. Ch., t. IX, 1885^
AuTicLE XI, — Acides biliaires.
Les acides biliaires sont au nombre de deux chez l'homme : acides glycocholique ou choligue, C^'^II^AzOS et taurocholique ou choléique, C^'^H''^AzSO'. Ces acides peuvent être considérés comme constitués par l'union d'un acide
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION.
non azoté, ['acide cholalique, G"''ir'"0% avec une substance azotée, [e glycocolle, G■-H^\zO^ pour l'acide glycocholique, la taurine, C^tPAzSO^ pour l'acide taurocholique, qui, comme on le voit, contient du soufre. Les équations suivantes montrent que cette combinaison se ferait avec élimination d'eau.
Ac. oholaliiiu.'. Glycocolle. Ac. glycocliolKiu.-.
C2VHV0()S J. C2H7AzS03 = C2GH''«AzS0T + 1120 A.', choluliqiie. Tuuriue. Ac. taunn-Iiolique.
Inversement ces acides, sous l'influence de divers agents (baryte, etc.), se décomposent en fixant de l'eau en acide cholalique et glycocoUe ou taurine.
J'étudierai successivement l'acide cholalique, l'acide glycocholique et l'acide taurocholique. L'étude du glycocolle et de la taurine a été faite pages :27.o et .'i0.1.
ACIOK CHOLALIQUE C-*H''''()5.
Prép. — Faire bouillir la bile 24 heures avec une solution saturée do baryte. En décomposant le sel do baryte par l'acide chlorhydrique, ou (li)tieut l'acide cholalique qu'on fait cristalliser eu le trailaut par l'étlier. Tappeiuor a indiqué un procédé plus rapide \^trait(Mnent <lu sel de baryte par un mélange d'acide chlorhydrique et d'éther).
Caractères. — L'acide cholalique peut être obtenu sous trois états : anhydre, amorphe ou cristallisé (prismes à quatre pans) ; avec une molécule d'eau de cristallisation ^tables rhomboédriques); avec deux molécules et demi d'eau de cristallisation (tétraèdres ou octaèdres d'éclat vitreux). — Il est peu soluble dans l'eau, assez soluble dans l'éther, soluble dans l'alcool et la glycérine. Il se dissout dans l'acide sulfurique concentré avec une ilnore.sceuce verte. — Il dévie à droite la lumière polarisée. — il brûle avec une flamme fuligineuse.
Propriétés chimiques. — Chauffé à "^OO" ou l)ouiIli avec les acides, il perd deux molécules d'eau et se transforme en dijshjsine C;-''^H^*'();i. Par les différents agents d'oxydation, il donne un certain nombre de produits qui seront étudiés plus loin, et en outre des acides gras volatils, de l'acide acétique à l'acide caprique, des acides gras solides, particulièrement les acides laurique et stéarique, et de l'acide oxalique. Cependant, d'après Latschinoff', ces acides gras lixes proviendraient de l'acide cholalique impur, celui-ci retenant énergiquement les acides gras solides. — Coinhiiiaisous. L'acide cholalique forme plusieurs espèces de condiinaisons. Les cholalates alcalins sont solubles dans l'eau et l'alcool. Le cholalate do cal- '' 'f,' . 03. — Cholalate de cium est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool bouil- calcium, lant, et cristallise en fines aiguilles quelquefois tronquées et
facilement reconnaissables (fig. 63). Les cholalates métalliques sont insolubles dans l'eau. L'acide cholalique forme aussi des éthers avec les radicaux d'alcools.
Dérivés de l'acide cholalique. — 1" Ac. cholestérique C^fl'oO'. — Cet acide se produit dans l'oxydation de l'acide cholalique par l'acide chromique. C'est un liquide sirupeux. jaun<àtre, de saveur acide et amère, soluble dans l'eau et l'alcool. H est identique à l'acide cholestérique obtenu par l'oxydation de la cholestérine. D'après Tappeiner, sa véritable formule serait C'^IIieo- et l'acide cholestérique ordinaire serait un m«'lange de cet acide et d'un dérivé CH'^O", formé du premier par perte de C02. — 2« Ac. choloïdanique O^mKV. — Il forme de fines aiguilles allongées, presque insolubles dans l'eau froide, solubles dans l'alcool. LatschinoU" le considère comme un isomèr<> de l'acide camphorique, ('M\\H)\ et l'appidle acide rholécamphoriqiie. — 30 Ac. cholanique Cmi^HVK — Il se présente sous l'aspect de flocons amorphes, cristallisablcs, peu solubles dans l'eau, solubles dans l'alcool et l'éther. L'acide nitrique le transforme en acide choloïdanique. — 4" Ac. choléinique. C^oRVio». — Obtenu par Latschinoff <à l'état cristallin; par l'oxydation par l acide chromique, il donne de l'acido
cholaniquo. — 5° Ac. bilianique C^'^H^'O» (Cléves). — C" Ac. déhydrocholalique
C2+h;"'0-^ — Obtenu par llamiuarsteu ou oxydant l'acide rholalique par l'acide chromiquc en solution acétique. — T" Ac. désoxycholalique, C^'H'OQ'. — Obtenu par Mylius, par réduction de l'acide cholaliqne. — Les caractères et les formules de la plupart de ces acides ne sont pas encore étabUs d'une façon certaine. La dyslysine sera étudiée plus loin.
Réactions caractéristiques. — Ces réactions sont connmines à l'acide cholalique «;t aux deux acides biliair(>s. i» Uraclion de Pettenkofcr. .\joutcr au liquide quelques gouttes d'une solution au cpiart de sucre de cann(> et qui-lques gouttes d'acide sulfurique concentré en maintenant la température à + 70» environ; il se produit une coloration rouge cerise, puis pourpre. La présenci^ des nitrates et des chlorates empêche la réaction. Elle se produit plus rapidenient aussi avec le sucre de fruit. Les albuniino'ides, l'acide oléique, le phénol, la benzine, l'acide salicylique, la morphine, l'amylalcool, le camphre, etc., donnent une réaction rnii se i'a2)pr()che heauenup de celle des acides biliaires. Drechsel remplace l'acide suUurique par l'acide phosphoriquc concentré (1). — 1° R. de Bogomoloff. Évaporer à siccité la solutton alcoolique des acides biliaires ; étaler le résidu le plus;.pi)ssiblo et le moinili-i' avec une à trois gouttes d'acide sulfurique coneentré, puis ajouter une goutte d'alcool; il se produit des zones d(^ coloration jaunes, "•rangées, rouges, violettes et indigo, en allant du centre à la périphérie. Cette réaction serait plus sensible (pu- la précédente. — 3" I\. de Strashiirf/. Tremper un morceau de papier à filtrer dans le liquide (urine, par ex.) mélangé d'a])ord de sucre de canne ; le laisser sécher ; faire tomber dessus une goutte d'acide sulfurique concentré pur qu'on laisse couler; après un quart de minute, à la lumière transmise, on a une belle coloration violette.
Anliytlriiles de l'acide cliolnlique. — 1° Dyslysine, C^'^HSCQ^. — La dyslysine est une masse blanche, amorphe, inodore, insipide, insoluble dans l'eau, l'alcool, les alcalis, les acides acétique et chlorhydrif|ue, presque insoluble dans l'élher, soluble dans les solutions d'acide cholaliqne et de cholalates alcalins. Elh- fond à 180° et brûle avec une flamme fuligineuse. Chauffée avec nue solution alcooliipie de potasse, elle régénère l'acide cholalique. — 2o Ac. choloïdinique C^''14-'80'^ ou ])lutùt C"I1390'*'/2 (en notation d'équivalents : C'^H^flOO). Q,. serait de l'acide cholalique, moins 1/2H2O. C'est une poudre amorphe, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'éther, soluble dans l'alcool.
CorpH rapproehos «le Facide cliolalique. — Acide fellinique, C^^H^oO*. — D'après Schotten, cet acide se trouverait dans la bile à côté de l'acide cholalique en combinaison avec le glj-cocoUe et la taurine. 11 cristallise en tables rectangulaires. Il donne la réaction de Pettcukofer autrement que l'acide cholalique ; la coloration rouge a une teinte bleuâtre i>t disparaît par l'addition d'eau. 11 dévie à droite le plan de polarisation.— Ac. anthropocholalique, G'»H-**0'*. — Cet acide, admis connue spécial à la bile humaine ne paraît être qu'un mélang(> d'acide cholaliciue ordinaire et d'acidecholéinique. — Ac. hyocholalique, C^-'H-'^O'. — 11 remplace, dans la bile de porc,, l'acide cholalique. — Ac. chénocholalique, C-''H'''*0'*.— Il remplace l'acide cholalique dans la bile d'oie.
Nature et constitution. — L'acide cholalique a des rapports d'une part avec la cholestérine, car il compte l'acide cholesiérique dans ses produits d'oxydation et (l'autre part avec les corps gras, car on trouve des acides gras dans ses produits de décomposition. Mais sa nature et sa constitution sont encore inconnues. Ainsi, certains auteurs admettent 2o atomes de carbone au lieu de 24 : (C^^H^^O")- -hl/2H-0 (formule de Mulder). D'après Mylius, il renfermerait, outre le groupe carboxyle, 3 atomes d'oxygène sous forme d'bydroxyle et on pourrait lui attribuer la formule de constitution suivante :
/ CO.Oll C2iH32(OH) CH20H ( CH20H
(1) Le liquide rouge de la réaction de Pctlenkofer des acides biliaires est dichroïque, et donne deux bandes d'absorption entre F etE. Celui des albuminoïdes n'est pas dichro'ique; celui de l'acide oléique et de l'amylalcool ne donne aucune bande d'absorption an spectroscope.
l'HODUITS DE DÉSASSTMILATION. 311
L'acide cholaliqne ne se rencontre pas dans la bile fraîche, mais seulement dans le canal intestinal et dans la bile altérée, comme du reste la dyslysine.
ACIDK GLYCOt'.IIOLlQlK C-^H'*l\/0\
Syn. — Al'. rli(tli(|ui'.
Prép. — Ou ('•v;i[)or(' la bili- rraicln- au haïu-inaric ; il iTstc un résidu solide qu'on traiti! par l'alcool absolu iVoid ; ou décolor(> If uirlaugi" par le charbon animal, on dcssi^che de nouveau; le résidu est traité par l'alcool absolu : l'éthor donne un précipité résineux {résine biUaivé) qui se prend au Jjout de qucliinc temps en une ])ouillie, cristalline [hilc cristallisée de l'iultner). Pour en extraire ïacid-^ ghjcocltolique, on dissout la bile cristallisée dans un peu d'eau et on ajoute ilf l acidi' sidfurique étendu; après quelques heures l'acide glycocholiquc se sépare en aiiiuilles cristallines soyeusi's. On peut aussi précipiter l'acide glycocholique par racétali' neutre de plomb. Le li((ni(le liliré et débarrassé de glycocholate de plomb donne [xir l'acétate de plomb basi(pii' un pi'écipité de taurocholate de plomb. Pour préparer l'acide iHurocholiipie il Caut prendre de pi'élërence de la bile de chien, qui ne contient que cet acide.
Caractères. — Évaporé de sa solution alcoolique, il se présente sous forme d une masse résineuse ; autreuH'ut il cristallise en fines aiguilh's soyeuses (fig. 04) qui ne s'altèrent pas à l'air. 11 a une saveur d'abord sucrée puis arnère. 11 est très peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude, à peine soluble dans l'éthei-, soluble dans l'alcool, l'acide acétique, la glycérine, les acides, les alcalis, il dévie à dinili' la lumi'''re ixilarisée. Il bvùle avec une tlauime fuligineuse.
Fig. 64. — Avide glycocholique. Fig. 65. — Glycocholate de sodium.
Propriétés chimiques. — A 100» il fond et se transforme, en perdant de l'eau, en acide glycorholonique C-«II''AzO:i. On a vu plus haut sa décomposition en acide ch'olalique et glycocolle. — 11 forme avec les alcalis des sels solubles dont le plus important, le glycocholate de sodium, f[ui existe daus la bile, se présente sous l'aspect d(> fines aiguilles groupées en pinceaux ou eu étoiles caractéristiques (fig. Les sels des métaux lourds sont au contraire insolubles dans l'eau, sauf le sel d'argent. — On en connaît un isomère, Vacile pnraglycocholique, insoluble, cristallisant en tablettes microscopiques, à six côtés. — Chez U; porc, l'acide glycoclioliipie est reMq)lacé par un acide homologue, V acide hyoglycochoUque VA'\\'> \\7Ay\
Constitution.— L'acide glycocholique peut être considéré conime un glycocolle dans lequel un atome d'hydrogène AzH^ est remplacé par le radical de l'acide cholalique : COOH.CH2.AzH(C2'*H'ifO'*).
Pour ce qui concerne la physiologie de l'acide glycocholique, voir : Acide tauvochfdique.
ACIDE TAl HOCIIOLIQUE C^'^H'^AzSO^.
Syn. — Acide oholéiquo.
Prép. — La bile (ilo chien) est précipitée par l'alcool ; on ajoute du noir animal et un (iltre. Le taurocholate de sodium est précipité du liquide filtré par l'éther et dissous dans l'eau d'où l'acide taui'ochornpie est précipité par l'acétate de plomb. On le purifie et on le l'ait cristalliser jiar les procédés ordinaires.
Caractères. — Il cristallisi' imi fines aiguilles soyeuses très déliquescentes, de saveur amére, sulubles dans l'eau d r.ilcool, insidublcs dans l'éther. Il dévie à droite la lumière polarisée.
Propriétés chimiques. — Il se décompose très lacilenient (chaleur, putréfaction, etc.) eu acide cholali(pie et laurine. — Les taurocholates alcalins sont solubles dans l'eau et l'alcool, insolubles dans l'éther. Leur solution aqueuse ne précipite pas par l'acide acétique et les acides minérau.x. Les solutions de taurocholates alcalins éniulsionncnt et dissolvent h's graisses, les acides gras, la choli-sférine. — L'acide laurochotique précipite l'albumine de ses solutions; le précipité contient de l'albumine et de l'acide laurocholique. Avec les solutions de peptone et de propeptone, il donne un précipité d'acide taurocholique. 11 a aussi une action anfiscptique ; il retarde ou empêche les fernKMitations et les putréfactions ainsi que les fermentati(»ns digestives (action du suc gastriqiie de la salive, du suc pancréatique; R. Maly et F. Emich). Ces caractères n'appartiennent pas à l'aciile glycocholique. L'acide taurocholique et les taurocliol.if es aica lins ont une action dissolvante sur les globules sanguins et les globules de pus.
Les acides lii/otuiu-ocholique C-'iH'^^AzSO'' et chénolaiirocholique C-i'H^''AzSO' remplacent l'acide taurocholique ordinaire dans la bile de porc et d'oii-.
Caractères distinctifs d'avec l'acide glycocholique. — \° L'acide taurocholique et les taurocholates alcalins sont précipités par l'acétate neutre de plomb qui précipite les acides glycocholique et cholalique. — 20 Existence du soufre et de la taurine (voir : Taurine).
Existence dans l'organisme. — Les acides biliaires existent dans la bile, non à l'état libre, mais à l'état de glycocholate et taurocholate de sodium. La bile luimaine contient beaucoup plus de glycocholates que de taurocholates; la bile de chien, au contraire, ne contient que du taurocholate. Dans la bile des poissons de mer les acides biliaires sont à l'état de sels de potassium. Ces acides bihaires ainsi que leurs produits de décomposition se rencontrent aussi dans l'intestin et dans les excréments. Enfin, dans les cas d'iclère, on a constaté (quoiqu'il y ait des divergences sur ce point entre les auteurs) des traces d'acides biliaires dans le sang et dans l'urine.
Origine et mode de formation. — L'origine des acides biliaires est très obscure. Il est très probable qu'ils se forment dans le foie par l'union de l'acide cholalique d'une part, et de la taurine et du glycocoUe de l'autre ; mais la preuve expérimentale manque jus([u'ici. En admettant cette hypothèse, qui a pour elle toutes les probabilités, il reste à savoir quelle est l'origine des trois facteurs des acides biliaires, glycocoUe, taurine, acide cholalique. Pour la glycocoUe et la taurine la question a déjà été étudiée et on a vu qu'elles prennent très probablement naissance dans la décomposition des albuminoïdes. En est-il de même pour l'acide cholalique, qui, lui, est dépourvu d'azote? Certaines raisons théoriques permettent de le supposer. On a en effet obtenu par l'oxydation des albuminoïdes des corps que leurs afiinités rapprochent de l'acide cholalique (Frœhde), et la réaction de Pettenkofer, commune à l'acide cholalique et aux albuminoïdes, semble indiquer que ces derniers contiennent un noyau qui se retrouve dans i'acide
l'RODUITS DE DESASSIMILATION. '^^'^
oliolalique (lUmiistark). D'après Bidder et Schinidt, Lehinann et quelques autres physiologistes, au contraire, l'acide cliolalique proviendrait de la décomposition des graisses, et on a vu plus haut en effet que l'acide cholalique a des affinités avec les corps gras.
Les conditions dans lesquelles le glycocolleet la taurine s'unissent à l'acide cholalique pour constituer les acides biliaires ne sont pas mieux connues et il n'a pas encore été possible de réaliser artificiellement cette comI)inaison dans les laboratoires. Dans l'organisme même, on n'a pas été plus heureux, l'ingestion de glycocolle ne parait avoir aucune action sur la proportion des acides biliaires de la bile, et il en est de nième de l'ingestion de taurine qui donne naissance non à de l'acide taurochoiique, mais à de l'acide taurocarbamique.
Quel que soit du reste le mode de production des acides biliaires et leur provenance, il est certain que leur formation doit être localisée dans le foie. Leur existence en effet n'a été constatée à l'état normal que dans le foie et dans la bile, et ils ne s'accumulent pas dans le sang et les organes après l'extirpation du foie (Kunde, Moleschott). Naunyn a bien admis l'existence dans l'urine normale de traces d'acides biliaires, mais, même en admettant la réalité du fait, elles proviendraient évideiiiment de la bile résorbée dans rinlestin.
Transformations dans l'organisme. — Une fois formés, quel que soit le mécanisme de cette formation, les acides biliaires apparaissent dans la bile et passent avec elle dans l'intestin. Là, ils subissent, principalement l'acide taurochoiique qui est beaucoup moins stable, une décomposition partielle qui donne naissance à l'acide cholalique, l'acide choloïdique et à la dyslyline, et d'autre part au glycocolle et à la taurine. La quantité d'acides biliaires, décomposés ou non, qui se retrouve dans les fèces ne paraît pas répondre à la quantité de ces acides qui a été amenée avec la bile dans l'intestin ; une notable partie de ces acides biliaires doit donc être résorbée et passer dans le sang.
Que deviennent les acides biliaires une fois introduits dans le sang? Servent-ils de nouveau à la sécrétion biliaire et sont-ils repris par le foie pour reparaître dans la bile, comme l'admet Schiff? Ce physiologiste a constaté en effet que l'injection de sels biliaires, dans le sang, dans l'intestin, sous la peau, augmentait la sécrétion biliaire et il s'est assuré que l'augmentation de sécrétion biliaire n'était pas due à l'action de ces sels sur la circulation mais était bien due à une influence directe des acides biliaires. D'aulres observateurs croient que les acides biliaires sont détruits dans le sang, et sans parler des vues théoriques de Bischoff à ce sujet, les expériences d'Huppert parlent en faveur de cette opinion. Il s'est assuré sur des lapins porteurs de fistules biliaires, que, dans les cas les plus favorables, le foie n'éliminait par la sécrétion biliaire que le tiers ou le quart des acides biliaires injectés dans le sang, et cependant ces acides biliaires disparaissaient avec une grande rapidité, ce qui porte à admettre que ces acides biliaires «ont détruits dans le '^ang ou dans les tissus. Gorup-Besanez a montré du
reste que les acides biliaires en solution alcaline sont facilement oxydés par l'oxygène ozonisé. Cependant l'hypothèse précédente demande de nouvelles expériences avant qu'on puisse l'accepter sans réserve, d'autant plus que d'après des observations récentes de Tappeiner, la résorption des acides biliaires dans l'intestin (jéjunum et duodénum du chien) serait beaucoup plus limitée qu'on ne l'admet généralement, fait qui ressortait déjà des recherches antérieures de Leyden.
Je ne ferai que mentionner ici l'opinion de Frerichs et Stœdeler qui admettent la transformation des acides biliaires en pigment.
Rôle physiologique. — Le rôle physiologique des acides biliaires sera étudié avec lu bile, introduits dans le sang, soit expérimentalement, soit dans les cas d'ictère, leur action immédiate se traduit par deux phénomènes principaux, une destruction des globules rouges, un ralentissement du pouls. A la suite de la destruction des globules rouges, la matière colorante du sang passe dans le sérum et se retrouve dans les urines. A haute dose les acides biliaires produisent des effets toxiques spéciaux (Felz et Ritter).
Dililio«^raphie. — U. T.U'i'i-iNKit : Uebev die Einwirkung von saiirem cliromsaitrem KuU vnd Schwefelsiiuve aiif Cholsaure (-.Vnn. Ch. Pharin., t. CLXXXXIV, 1878). — A. Des- TREM : Note sur racide cholaVique (C. rendus, t. LXXXVIl, 1878). — E. Eggeu : Wdinsiiiire ein neues Oxydationsproduct dev Cholsaure (Hcr. d. d. ch. Gcs., t. Xll, 1878i. H. T.\PPEINER : Zur Oxydation der Cho/suure (Ber. d. d. ch. Gcs., t. XII, 1879). - P. Latsciiinow : Ueber ein merkwurdir/es Product dus l)ei Oxydation der Cholsilure erhaltcn wurde (Bt;r. d. d. ch. Ges., t. Xll, 187!)). — ^1. Ki rsciiEuori- : Zur Frage iiljer die Oxydation der Cholsaure (Ber. (L d. ch. Ges., t. Xll, 1879). — P. Latschinokf : Uebe die Cholecamphersaure, etc. (Ber. d. d. ch. Ges., t. Xlll, 1880). — P. T. Ci.ève : Sur les produits d'oxydation de l'acide chotalique (C. rciuhis, t. XG, 1880). — E. Dheciisel : Eine Modification der Pettenl<ofer's Reaction (Ber. d. d. ch. Ges., t. XIV, 1881). — (). IIam.marsten : Ueber JJe/iydrocholalsaure, ein Jirues Oxyd(dionsproduct der Cholalsiiure (Ber. d. d. ch. Ges., t. XIV, 1881). — 1). Vitali : Ueber die Gallensiiuren (Ber. d d. ch. Ges., t. XIV, 1881). — P. T. Clève : Sur les produits d'oxydation de l'acide chotalique (Bull. soc. chiui., I. XXXV, 1881). — M. Kutsciieroki- : Eine Bemerlainq zur Fraye ul)er die Oxydation der Cholsaure (Ber. d. d. ch. Gos., t. XIV, 1881). — P. T. Clève : Sur l'acide cholo'idanique (Bull. soc. chiui., t. XXXVIII, 1882). — P. Latsciii.NOvv : Ueber die Isocholansaare (Ber. d. d. ch. G(>s., 1. XV, 187'2). — E. Dreciisel : Ueber die Anwenduny von Phosphorsiiurc anstatt Schwef'elsuure bci der Pettenkofers'chen Reaction auf Gallensuuren (Jouru. f. pr. Ch., t. XXVll, 1883). — R. Maly et F. Emich : Uet)er das Verhalten der Gallensuuren zu Eiweiss, etc. (Munalsh. f. Ch., t. IV, 1883). — P. Latsciu>oi-k : Ueber eine der Cholsaure analogue neue Sciure (Ber. d. d. ch. Ges., t. XVIll, 1885). — P. Latsciiinoff : Ueber die Choleinsâure (Ber. d. d. ch. Ges., 1886). — F. MvLirs : Ueber die Cholsaure (B(!r. d. d. ch. Ges., 1886). — C. Schotten : Ueber 'lie Sauren der mensch lichen Galle (Zeitsch. f. phys. Ch., t. X et XI).
Article XII. — Composés cyanés.
ADÉNm'E C'II^Az''.
Caractères. — L adénine cristallise eu crislau.x transparents, non encore déterminés, soinbles dans l'eau bouillante et l'acide acétique glacial, difficilement solubles dans l'eau froide, un peu solubles dans l'alcool bouillant, insolubles dans l'éthcr et le chloroforme. Ses solutions aqueuses sont neutres. Elle se dissout dans les acides minéraux eu formant des sels cristallisables. Elle se dissout complètement au bain-marie dans une solution ammoniacale très étendue (ce qui permet de la séparer de la guanine). Elle peut être chaulféc à 278° sans se fondre, mais au delà se sublime. — Elle forme des combinaisons cristallisables avec les bases, les acides et les sels. — L'acide nilrcux la trans-
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. 315
forme en hypoxanUiiii." : CHI-'Az» + AzO^Il = CillvAzH) + '2Az + 11^0. l-^PO^f ^^o à 200o donne avec radéniuc du cyanure de potassium : (?H ''A'i'' + 5K()H = 5CAzK + GH- J- Kossol a obtenu l'adénUie on traitant la niiclrinc par l'acide sull\iri(|u(' concentre.— 1 our sa préparation, voir li' mémoire original de Kossel. — L'ailénine est un polymère de l'acide cyanhydrique CAzII. Sa constitution a déjà été étudiée page 267 à propos de la xanthine.
L'adénine a élt3 extraite par A. Kossel du pancréas. On a conslalé aussi son existence dans les feuilles de thé.
Elle parait être un produit de désassimilation de la nucléine et représenterait un intermédiaire entre la nucléine et l'hypoxanthine. Elle a une grande importance théorique, comme on l'a vu page 2o7.
Bibliogrraphie. — Weitere Iteitriige zi/r Chemie des '/A'Ukeras (Zeitscli. f. pliys. ('A\., t. X, 1886). Voir aussi la l)il)liograpliie de la xanthine.
ACIDK SULFOCYANIIYDRIQUE CAzSll
Syn. — Acide sulfocj'aniipie. acide rliodanhydrique.
Caractères. — Il se prépare en décomposant le sull'ocyanate de mercure j)ar l'hydro- {^èue sulfuré. C'est un li(|uide incolore, d'odeur piquante d'acide acétique, se solidifiant par un froid intense. — Chauffé, il se décompose partiellement en acide carbonique, ammoniaqu.' et sulfure de cnrbone : 2 CAzSH -+- 2H^0 - CO^ + 2AzlP + CS^. Ses solutions concentrées par la chaleur donnent de l'acide cyanhydrique et de l'acide persulfocy.inique : 3 CAzSlI = CAzH 4- C^Az^S-MI^.— Il constitue des sels dont le plus iiiqiortant est le stilf'ocyiinule de polns.sitiin <\m cristallise en longs prismes striés très solubles dans î'cau. — L'acide sulfocyanhydriqiie serait mieux appelé acide sulfocyanique, car c'est en réalité un acide cyanique dans lequel un atome de soufre remplace un atome d'oxygène. 11 est très toxique.
Réactions caractéristiques. — Cet acide ainsi que ses sels donnent avec les sels terriques une coloration rouge intense qui n'est pas troublée par l'addition d'acide chlorhydrique (distinction d'avec les acides l'ormique et acétique^i.
Existence dans l'organisme. — L'acide sulfocyanhydrique existe dans la salive à l'état de sulfocyanure de potassium. Ce sel se retrouve aussi dans l'urine (0*''%M par litre; Munk), dans le lait (G. Musso?), le sang (Leared).
Son mode de formation dans l'organisme est inconnu. Cependant son origine se comprend mieux quand on réfléchit à l'existence probable d'un noyau cyané dans les albuminoïdes. Il ne paraît avoir que le rôle d'un produit de désassimilation (voir aussi : Salive).
AirriCLE XIII. — Ammoniaque et aminés.
AMMONIAQUE AzH"'
Réactions caractéristiques. - .le me contenterai de donner ici les réactions qui permettent de déceler l'ammoniaque. — 1" Odeur caractéristique. — 2» Bleuit le papier de tournesol humide. — 3° Elle précipite en bleu le sublimé corrosif. — 40 Réactif de Nessler. — Ses sels donnent avec le réactif de Ncssler un précipité brun ou une coloration jaune. Le réactif de Nessler se prépare de la façon suivante : on dissout 2 grammes d'iodure de potassium dans 50 centimètres cubes d'eau et on ajoute du biiodur(> mercurique jusqu'à ce qu'il ne s'en dissolve plus; ou laisse refroidir; on étend de 20 centimètres cubes d'eau ; on mélange 2 parties de cette solution à 3 parties d'une solution concentrée de potnsse et on filtre. — Pom' déceler de petites (piantités d'ammoniacpie dans un liquide (m-ine, etc.), on met dans une soucoupe 20 centinuHres cubes du liiiuide
additioniu' d'autant de lait do chaux; ou place à côté une capsule avec 5 ce. d'acide sulfui ique et ou laisse quelques jours à l'abri de l'air, sous une cloche. On peut alors connaître i ammoniaque absorbé en dosant l'acide suliurique lilire.
Existence dans l'organisme. — On a constaté la présence de l'ammoniaque dans Turine, la sueur, le suc gastrique, l'air expiré. C'est principalement dans l'urine que son existence a été mise hors de doute par Heintz, Boussmgault et Neubauer. \in vingt-quatre heures, un homme en éliminerait 0^%1. 11 est probable qu'elle s'y trouve en combinaison avec le phosphate de soude. E. Salkowski a montré que la quantité d'ammoniaque est plus faible dans l'urine des herbivores que dans celle des carnivores. Ainsi dans l'urine normale acide, le rapport de l'ammoniaque à l'azote total de l'urine est 1 : 17 ou 1 : 20,5, tandis (|ue dans l'urine alcaline de lapin, il est 1 : 54 ou 1 : 57. L'ingestion d'acides augmente la proportion d'ammoniaque de l'urine (Schmiedeberg et Walter), et au contraire en rendant l'urine d'un chien alcaline par une nourriture végétale, on voit baisser peu à peu la quantité d'ammoniaque de l'urine (E. Salkowsky et I. Munk). L'ammoniaque se trouve dans les liquides animaux à l'état de carbonate d'ammoniaque.
Origine et mode de formation. — L'ammoniaque de l'urine pourrait être attribuée d'abord à la décomposition de l'urée (voir : Urée); mais si €ette provenance est certaine pour l'urine qui a subi soit dans la vessie, soit après son émission, la fermentation dite ammoniacale, il n'en est plus de même pour celle qui se rencontre dans l'urine normale. Il est plus probable qu'elle provient d'une petite quantité d'urée déversée dans l'intestin avec les sécrétions digestives, puis décomposée un peu plus loin et qui, résorbée, passe dans le sang et s'élimine par les urines. Le carbonate d'ammoniaque qu'on trouve dans la sueur, dans l'air expiré {0^\081 à 0^^124 par jour, chien) peut avoir aussi la même origine, à moins qu'il n'y ait là une décomposition surplace de principes azotés et en particulier d'urée.
Il est difûcile d'admettre que cette production d'ammoniaque puisse se faire dans le sang aux dépens des substances albuminoïdes et de leurs différents produits de désassimilation dont elle représente le dernier terme. On trouve bien des traces d'ammoniaque dans le sang; mais à l'état normal il est douteux que la désassimilation des albuminoïdes aille jusqu'à la production d'ammoniaque, et on a vu déjà à quels produits intermédiaires s'arrête cette désassimilation. En outre, Feltz et Hitter, dans leurs expériences, n'ont pas constaté de transformation d'urée en carbonate d'ammoniaque dans le sang, même en injectant du ferment ammoniacal. Il faut cependant rappeler ici des faits, qui ont été étudiés à propos de l'urée, et desquels il résulterait que l'urée peut se former dans l'organisme par l'union directe de l'ammoniaque avec un autre facteur azoté, ammoniaque qui dans ce cas proviendrait de la désassimilation de certains principes azotés (voir page 269).
On a admis que dans certaines conditions pathologiques, l'ammoniaque pouvait s'accumuler dans le sang et donner lieu à des accidents [ammonihémie : voir p. 273).
PRODUITS DR DÉSASSIMILATION. '"^^^
Biblioj^raphie. - J. LArsciiENBEnGKU : Der Nachweis und Bestummng des A7nmo7iiaks in t/iierischen Flussigkeiten {UowaUh. f. Ch., t. V, 1884).
TRIMÉTilYLAMlNE C='H»Az OU Az{CArf.
Caractères. - Liquide huileux, fortement alcalin, dodeur désagréable d(; poisson gâté, très soluble dans l'eau. Elle ])Out à 9". Elle donne avec les acides des sels facilement cnslallisii])les. EUe se fornu- dans plusieurs fenneiilatious et se rencontrer dans la sauuuu-e di' liarengs, le guano, etc.
On a rencontré la Iriméthylamine dans ]e sang (veau) et l'urine (Dessaignes). Elle provient évidemment de la décomposition des matières albnminoïdes. D'après des recherches de Brieger, elle pourrait bien provenir de la choline.
Uiblio;;rapliie. — L. IJhii:(;k.h : Die Quelle des Trime tlvjlaïuim,- im Mutterkorn (Zeitsch. f. phys. Ch., t. XI, 1887).
PYRROL C''H^\Z.
Caractères. — Liipiide huiieu.x, incolore, d'odeur de chloroforme; ins()lul)le dans l eau et les alcalis, lentement soluhlo dans les acides, soluhle dans l'alcool et l'éther. Il bout à l'2fi". Chaulfé avec les acides, il donne de l'ammoniaque cl du rouge de pyrrol, C'HIi'Az^O. Il colore en rouge intense un copeau de sapin trempé dans l'acide chlorhydrique. — En njoidant quelques gouttes de pyrrol à une solution d'alloxane, le liquide pr.>ud uiii^ cnlunitiun verte, puis "bleu-violet foncé et ii s'en sépare par refroidissement des feuillets soyeux, cristallisés de pyrrolallo.mne, CH\'XzH)'< (somme des molécules de i'alloxaue et (kl pyrrul). — Il se forme dans la distillation sèche de la glutine et de l'ai-ide glutamique.
Le pyrrol se rencontre dans les excréments.
Iliblio^raphie. — G. Ci.vnciA.N et P. Silhi-k : Ueher die Einwirkung des Alloxuns auf l'i/rml. [ll'V. (1. d. ch. Ces., I8S(),i. — II. II.uti.nceh : Vorlaufige Mittheiliing uher Glutaminsiiuri^ und /'///vo/ (Mouatsch. f. Cli., t. 111, 188:2). — (J. Cimician et M. DuNiNSTEDr : Stiid. ii/). die Verhiiulungen ous der Pyrrolreihe (Ber. d. d. ch. Ces., 1886).
Article XIV. — Corps non sériés.
CÉRÉBRTXE.
Prép. — La cérébrote de Couerbe, l'acide ccréhrique de Vauqueliii, la phrénosine de Tliiidichum, sont de la cérébrine inq)ure. Les procédés plus perfectionnés de Rourgoin. (tr (leoghegan et de Parcus ont pei mis d'avoir la cérébrine tout à fait [)ure. — Le cerveau, bien lavé, est traité à chaud par l'eau de baryte; on lave, on filtre et on évapore; le résidu desséché est traité par l'alcool et l'eau carbnnif|ii(' pour le débarrasser de la rliolestérine et (!'• la baryte et purifié par plusieurs traitements juir l'alcool (Parcus).
Caractères. — Tout à fait pure, la cérébrine est une poudre blanc do neige, qui, au microscope, se compose de gi-ains traus])areiits faiblement anisotropes. Elle est sohible dans l'alcool liouillaut, le chlorol'oniie, la benzine, l'acétone bouillante, l'acide acétique, difficilement soluble dans falcool froid, insoluble dans l'éther. Elle se gonfle dans l'e;iu bouillante, d'où elle se sépare en flocons par le refroidissement. — Elle se dissout dans l'acide sull'urique concentré, et la solution devient peu à peu rouge pourpre, puis violette en attirant de l'eau, puis tout à fait noire, et il s'en dépose une masse fibreuse, 1,1 célijlide de Geoghegan, C--II'>20"'.
Propriétés chimiques. — Chautféi;, elle fond d'abord sans se décomposer, puis à 1450 se colore en jaune et à !70" donne un liquide brun. Chauffée avec de l'acide chlorhydrique elle donne une substance (acide) qui réduit la liqueur de lîarresvvill. Chauffée avec l'acide nitrique concentré, elle se transforme en une huile qui se prend par le rcfroidisnient, et paraît être de l'acide palmitique. — La célylide, iudiqué(i plus haut, est une
— CHIMIE DE LA iNUTRITION, CHIMIE PHYSIOLOGIQUE.
substance l)laiu-tie, suluble daus l'éthm- et le chloroforme, et qui, fniidue avec la potasse hydratée donne de l'acide palinitique.
Nature et constitution. — La constitution de la cérébrine est encore inconnue D'après ses produits de décomposition, elle a des relations avec les graisses par l'acide palmitique. Son analyse permet de lui attribuer la formule suivante : C'^H'^'^Az^O** ou uiif furunilc (rés voisine.
Homocérébrine et encéphaline. — Outre la cérébrine, Parcus a extrait du cerveau di'ux substances voisines. V homocérébrine et Vcncéphaline. — 1° L'/iomocéreôrine cM. une masse gélatineuse qui se prend par le refroidissement. Elle cristallise en fines aiguilles, plus solubles dans l'alcool fpie la céré])riiie. Elle se décompose aussi plus facilement que cette dernière dont elle se rapproche beaucoup par ses propriétés chimiques. Sa proportion dans le cerveau est d'environ le quart de celle de la cérébrine. La cérasine i\c ïhudichum serait de l'homocérébrine impure. — 2° V encéphaline cristallise en feuillets, mais l'orme aussi une gelée jjar l'alconl. Elle a à peu près les mêmes propriétés que la cérébrine et l'homocérébrine. Elle existe en très petite quantité dans le cerveau.
On ne sait rien de précis sur la physiologie de ces substances, sur leur origine, leurs transformations dans l'organisme et leurs produits d'élimination.
Biblioipraphie. — G. E. Geogiieg.v.n : Ueber die Constitution des Cerebrins (Zeit. fur phys. Ch., t. III, 1879). — 0. Caillol de Poncy et Cii. LivoN : Recherches sur la localisation de l'arsenic dans le cerveau (C. rendus, t. LXXXVIII, 1879). — J.-L.-\V. Tiiudichu.m : On Ihe modification ofthe spectrum of /lotassium, rte. [l'roceed. of the roy. Soc. of Lond., t. XXX, 1880). — E. Parcus : Ueber einige neue Geliirnstoffe (Jouru. f. prakt. Ch., t. XXIV, 1881). — 0. Pertik : Mi/eliii und Nervenmark (Hoffmann Jahresb., 1881). — F. Bau.msiahk : Ueber eine neue Méthode, dus C-eliirn chemisch zu erforscJien und dercn hisherige Err/ebnisse (Zeit. fur phys. Ch., t. IX, 1885).
.lEGOHiNE C''«^H'««Az'SPlr'0*fi.
Caractères. — Substance extraite par Drechsel du foie du cheval. Elle est très hygroscopique et se liquéfie à l'air en une niasse sirupeuse soluble dans l'eau. Desséchée dans le vide sur l'acide sulfurique, elle se dissout dans l'éther contenant de l'eau. Elle ne se colore pas par l'iode. Chauffée avec l'acidi' nitrique, elle se décompose en doiniant de l'acide stéai iquc. Elle contient du soufre et du phosphore.J
Son rôle physiologique est absolument inconnu.
Bibliosrraphie. — Dkechsel : Ueber ei?ien neuen schwefel-iind phosphorhaltirien Bestandtheil der Leber (Bcr. il. saclis. Ces. d. Wiss., 1886).
ACIDE mOSIQUE C*"H**Az''0' 1.
Caractères. — Liquide sirupeux, acide, d'odeur de viande rôtie, de saveur de bouillon, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool. Il forme des sels incristallisables. 11 se décompose à lOO".
Vacide inosique a été trouvé dans le suc musculaire et les muscles. Son rôle physiologique est inconnu. Cependant il est probable qu'il n'est qu'un produit de désassimilation des substances albuminoïdes et probablement du tissu musculaire, puisqu'il n'a été encore rencontre que dans les muscles.
Ses transformations et ses produits de décomposition n'ont pas été étudiés.
ACIDE CRYPTOPIIANIQUE C'H'^AzO".
Vacide cryptophcmique a été découvert par W. Thudichum dans l'urine. D'après Pircher, Neubauer, Salkowsky, l'existence de cet acide ne serait rien moins que démontrée.
PRODUITS DE DÉSASSIMILATION. -«1^
Thudichimi luenlionne un autre acide non encore étudié, ïacide paraphanique, (\\n existerait dans l'urine à côté de l'acide cryptophanique.
DIAMIDE LACTYLIOUK CHX^X/rO.
Caractères. — Substance cristallisant conimc l'acide iiippiiriquc, solnlile dans l"cau, insoluble dans l'alcool ot l'cther, fondant à r2ôOo. Elle donne avec les acides des combinaisons solublos. Sa solution aqueuse précipite par le sulfate inei-curique. Traitée par l'acide nitreux, (>lle donne de l'acide lactique. Sa formule de constitution sei'ait, d'aprè.s «aumstark, CX).{.V/A{^)X:n\K.Vi\\i.
bille a été trouvée par Baumstark dans l'urine normale.
ACIDE KYNURÉNIOUE C^lFAzO'.
Caractères. — Cristallise en longues aiguilles brillantes, presque insolubles dans l'eau froide, (liflirilement solubles dans l'eau l)0uillante. Chauffé à l'.'j:]», il se décompose en acide carbonique et kijnitrine, C^IPAzO, qui cristallise en prismes brillants, incolores, solubles dans l'alcool et dans l'eau chaude. — La kynuiùne et l'acide kynurcnique, chauffés au rouge dans un courant d'hydrogène avec delà poudn; de zinc, perdent leur oxygène et se tranforment en (juinoliiie (;"H"Az. L'acide kynurénique doit donc être considéré comme un acide oxyquinolincarbonique, et sa formule serait ; C'''H '(OH) Vz.COOH.
Acide urocaninique C'-H'-Az''0'». — Cet acide a été aussi trouvé dans l'urine de chien par JatVé. I^ar la chaleur il se décompose en acide carbonique et une base d'aspect huileux, Vurocanine C"HioAz'>0. Ou ne sait lien de précis sur sa constitution et son origine.
L'acide kynurénique existe dans l'urine du chien, principalement après vme alimentation de viande. Son origine et son mode de formation dans l'organisme sont inconnus.
PROTAMI.NE C'H^OAz^O^OH.
Caractères. — La protamine s'extrait du frai do saumon par l'acide chlorhydri(pie étendu et le chlorure de platine. C'est une masse gonnneuse, incristallisable, de réaction alcaline, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool et dans l'éther. Elle s'unit avec les bases métalliques et avec les acides. Ses solutions précipitent par l'acide phosphomolybdique, l'acide phosphotungstique, l'iodomercurate di; potassium, le sublimé, le ferrocyauure de potassium, etc. Ses sels donnent avec une, solution auunoniacale de nucléine un précipité blanc, granuleux, combinaison de nucléineet de protamine, insoluble dans l'eau et l'ammoniaque, soluble dans les acides étendus.
La protamine n'a été rencontrée jusqu'ici que dans le frai du saumon.
SPERMINE C-M"Az.
Caractères. --- Charcot a signalé dans le sang des leucocythémiques, le sperme desséché, des cristaux (cristaux de Charcot), dont la nature a été très discutée. D'après Schreiner, ils seraient le phosphate d'une base, la sperinine. — Précipitée par l'eau de baryte de la solution de son phosphate, elle se présente sous l'aspect d'un liquide sirupeux cristallisant sur les bords, à réaction alcaline, très soluble dans l'alcool, insoluble dans l'éther. — Son phosphate cristallise en prismes et en aiguilles, solubles dans l'eau chaude, les acides et les alcalis, insolubles dans l'éther, l'alcool, le chloroforme et les solutions de sel marin.
L'origine et le mode de formation de cette substance sont inconnus.
EXCHIÎTLNE C^^H'Hj.
Caractères. — L'cxcréliuc s'extrait des fèces pai* l'alcool. Elle rristallif>e en feuillel^^ uu par groupes d'aiguilles, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool bouillant et dans l'éther. Sa réaction est neutre. Elle brûle avec une odeur aromatique. Elle fond entre 1)^" et 96». Elle se rapproche par certains points de la choleslérine et de la stéarine. Elle se distingue de la chulestérine par la forme de ses cristaux et sa plus faible solubilité d;ins l'acide acétique glacial. — La formule de Marcel, C^^^H'-'^A-zO^, s'applique évidemment à l'excréline impure. — Quand on abandonne au-dessous de 0" une solution alcoolique d'excrétine. il se dépose une subslance gi'anuleuse. de couleur olive, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool chaud et l'éther. fusible à 25». Vacir/fi crcrrloléiquc. dont la constilutiou est encore incertaine.
L'excréline a été retirée par Marcet des excréments humains. Son mode de formation est complètement inconnu.
AnTicLK XV. — Ptomaïnes.
l)n a donné le nom de ploinuines ^iiTW|j.a, cadavre) a des alcaii'ïdrs ou a des ckI'jis analogues qui se forment dans les cadavics par la putréfaction des su])slanc('s alliuniinoïdes (I). Je passerai rapidement eu revue les caractères de ces alcalo'ides cadavériques DU du moins de ceux qui ont pu être isolés et étudiés d'une façon satisfaisante. On les divise en deux groupes : jilumaïnes non o.ri/grnces-, p/oinrtïncs oji/g(''n'''ef<.
A. ■•loma'incs non oxygénées. — Caractères généraux. Les plmna'ines non oxygénées sont ordinairement liquides, volatiles, d'odeur vii-euse ou cadavérique, rappelant aussi quelquefois celles de certaines fleurs, solubles dans l'éther alcoolifpie.
Caractères spéciaux. — 1° Neuridine C''H' '^Az2. Extraite par lirieger des organes du cadavre et des produits de la putréfaction de la viande, de la gélatine, etc. Elle forme avec l'acide chlorhydrlque un sel qui cristallise en longues aiguilles. Elle est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool absolu et dans l'éther. — La soude dédouble Sun chlorhydrate en diméthylamine et triméthylamine. — Pun;, elle n'est pas toxique. — ■J" Cadavérine Cjtl"''Az-. — Trouvée par Brieger dans les cadavres soumis à une putréfaction prolongée. Liquide incolore, visqueux, bouillant à I15°-120o, d'odeur rappelant celle de la conicine. — Elle fournit des sels crislallisal)les. — Brieger a décrit sous le nom de saprine une ptomaïne qui a les mêmes caractères que la cadavérine, mais qui s'en distingue par la forme cristalline de ses sels. — Elle n'est pas toxique. — 3" Putrescine (r*Hi-Az2. — Extraite par Brieger de la chair musculaire putréfiée de mammil'éres. Liquide limpide, huileux, d'odem" spcrmatique. 11 bouta 135°. C'est une base puissante qui donne avec les acides des sels cristallisables. Elle n'est pas toxique. — 4" Parvoline C'II'^Az. — Découverte par Gautier et Étard dans les produits de puti'éfaction lie I I viande de cheval. Base huileuse, de couleur ambrée, d'odeur de lleur d'aubépine, un peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme. Bout audessous de 200". — 5" Hydrocollidine G8||":>Az. — Découverte par Gautier et Étard dans les produits de putréfaction di,' la viande. Liquide incolore, oléagineux, d'odeur de seringa, bouillaid à 210". — 6" Collidine C»ll"Az. — Extraite par Nencki des produits de la putréfaction de la gélatine avec le pancréas. — 7" Base C'"ll^«Az'* (Gautier et Étard). — Trouvée dans la viande avec l'hydrocollidine. — 8" Base... CH'ID-JAz. — Découverte par Guareschi et Mosso dans la fdn'ine de Ixeuf puti'éhée. Huile alcaline, peu soluble dans l'eau, facilemeut résinidable. — 0° Mydaléine. — Alcalo'ide toxique non encore isolé.
II. l»toina'iiic8 oxys^"»^'»- — Caractères généraux. — Solides, blanches, ordi nairemeiit ci'istallines, très solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool elle chloroforme. La plupart se ri^icontrent aussi bien dans les tissus normaux ([uc dans les matières animales en putréfaction.
Caractères spéciaux. — 1" Neurine C'Il'-'AzO. — La neurine est un hydrate de Iriniéthyirili yl.iiiinioniuin : (CH-*)^.C-H''.Az.()ll. Elle se produit aux dépens de la léci-
(1) Les ploniaïnes ont été surtout étudiées dan? ces derniers temps par A. Gautier en France, Selmi en Italie, Brieger en Allemagne, .l'.ii suivi en grande p.irlie dans ce paragraphe l'ordre adopté par Hugounenq, les alcaloïdes d'orirjine animale, 1886.
PRODUITS DE DÉSASSIMILAÏION. -^-1
Ihiue dans la put réraction cadavérique. Kl le dillV-rc do la choliiic par 2 éq. d'eau eu moins. C'est un li(iui(k' sirupeux, très alcalin, soluble dans l'eau. Elle est fortement toxique. — 2° Choline C'Ili '.VzO^. — C'est un hydrate de triméthyl-hydroéthylèn-ammouiuui (GIIS-.C-ir'.OlI.Az.Oll. Klle existe dans la bile et se l'orme dans les tissus a l'état normal et peutlant leur putréfaction. C'est un liquide sirupeux, soluble dans l'eau, très alcalin. La chaleur le dédouble en glycol et triniéthylamine : G'Hi-^AzO- = C-ll'^0- + (CH^j^Az. Par l'oxydittion elle donne de la rausrarine C'lli^Az()î, et par une oxydation plus profonde se transforme en hcUûiie on o.vi/névrine, C^ll".\.z()- + 11-0. Kll<' ne diliere de la névrine que par un équivalent d eau m plus. Par l'acide iodhydriipie et l'oxyde d'arfîcMit, un transforme du reste la choline en névrine. La cholim.' entre dans la conslilulion de la lécithine et peut en être extraite dans le dédoublement de cette substajicc par l'eau de baryte (voir lécithine, p. 220). Elle a été obtenue synthéti((uenient par Wurtz. La choline est moins toxi([ue que la nenrine. ~ :V' Muscarine CHl'^'AzÔ^. - Alcaloïde des champignons qu'on a trouvé dans la cliair de poissiiu [uitréliée. IJase puissante, solide, cristallisée, déliquescente. C'est un toxique violent. — 4° Gadinine C-Hi^AzO^. — Retirée par Briegfir de la morue en putréfaction. Cet alcalo'i'de (|ui n'a pas encore été isolé à l'état de lilierté, forme des sels cristallisables qui ne sont [)as toxi([iies. — G. Pouchet a trouvé dans l'urine et les fèces des bases de foi-niule : C^lI^'AzO^^, C'^!I'-.Vz'»0-,C'Hi''.Vz-()'>,C-iin-Az-'Oi. — Un certain nombre de ptomaïnes ont encore été décrites dans ces diTuirrs Icmps par Urieger, E. et H. Saikowski, Alaas, Ai-nold, Villiers, etc.
Caractères généraux et communs des ptomaïnes. — Les ptomaïnes sont instables, très alcalines et s'unissent aux acides ; un excès d'acide les décompose en les •colorant d'abord en rose, puis en précipitant une résine brune. Elles s'unissent toutes, à l'état de chlorydrate, avec le chlorure di' platine, en formant des sels doidjles, de couleurs tendi'es, plus ou moins cristallisa i)les. Elles sont précipitées par les i-éactifs ordinaires des alcaloïdes végétaux et on n'a pas encore rencontré un réactif certain qui soit exclusif à im des deux groupes; la réduction d'un mélange de ferricyanure et de chlorure feri-i([ue (réactif de Brouardel et Doutmy) est produite aussi par beaucoup d'alcaloïdes végétaux et d'alcalis artificiels. Les ptomaïnes sont très oxydables et jouent le rôle de réducteurs énergii(ues dans un gi-and nombre de réactions. — Pour la préparalion des ptomaïnes (voir les mémoires spéciaux).
Na:ure et constitution des ptomaïnes. — On a rapproché les ptomaïnes (les alcaloïdes végétaux, ce qui ne donne aucune notion précise sur leur constitution. II est très probable que leur constitution offre de notables différences, les unes devant être rattachées aux aminés ou aux uniides, les autres aux bases pyiidiques.
Origine et mode de formation. — Les ptoma'ines se forment dans la putréfaction des tissus animaux et spécialement des tissus azotés, probablement sous l'influence de fermentations bactériennes. Elles seraient donc des produits post-morlem, purement cadavériques. Mais il est probable que sous certainescondilions encore mal déterminées, ces ptomaïnes ou du moins quel- (jues-unes d'entre elles, peuvent se former pendant la vie et peut-être à l'état normal par la simple activité des cellules vivantes. D'autres auteurs leur attribuent une origine différente. Ainsi pour Cb. Bouchard, elles seraient formées dans l'intestin, y seraient résorbées et passeraient de là dans le sang pour être éliminées par les urines (1). Je ne ferai que mentionner l'opinion de Cl. Gram qui les considère comme produites par les opérations chimiques employées pour les préparer.
A. Gautier a distingué les ptomaïnes proprement dites, formées dans la putréfaction cadavérique et les leucomaines, alcaloïdes qui se forment dans les tissus animaux pendant leur vie normale. Ces leucomaines compren-
(I) Mourson et SchlagdenhaulFen ont constaté la présence de ptoma'iucs daus l'eau de l'amuios.
Beaunis. — Physiologie, 3o édition. i oi
(iraient les substances du groupe urique, les substances du groupe de la crcatinine et en outre un certain nombre de corps non séries, très rapprochés des alcaloïdes végétaux, mais dont l'étude n'a pu encore être faite d'une façon complète. C'est dans ces leucomaïnes non sériées qu'on peut ranger les substances toxiques de l'urine normale, de la salive, les venins des serpents, des batraciens, etc., etc. Les faits précédents montrent du reste qu'il n'y a peut-être pas lieu de faire une distinction aussi tranchée entre les ptomaïnes et les leucomaïnes.
Bibliog^ruphip. — V. Sklmi : />/ i/iki piam/iina venc/ica, etc. (Gaz. ch. ilal.,t. IX, 1879).
— II). : Sulla genesi cler/li alcaloidi venefici, etc. (id.). — A. Gautier : Les alcaloïdes dérivés des matières proléiqucs, cic. (Jouru. de l'anat., 1881). — F. Selmi : Plomaïnes, etc., 1881. — A. Galtieh : Sur la découverte des alcaloïdes dérivés des matières proléique.s animales (G. rondiis, t. XCIV, 1882). — .1. Gl aresciii et A. Mosso : Les ptomaïnes (.Vrch. de bioL ital., t. II, 188*2 et t. JII. 1883). — A. Gautiek et A. Etahd : Sur le mécanisme de la fermentation putride, etc. (C. rendus, t. XCIV, 1882), — G. Hoiciiahu : De l'origine intestinale de cerlaiîis alcaloïdes normaux ou puf/iolofji'jues (Urv. de iiiéd., 1882). — J. Mouusox et V. ScnLACii>EMiAri-i-E.N : Nouv. rech. chim. et pfi>/s. sur quelques liquides organiques (G. rendu?, t. XGV, 1882). — A. Gaitieu et A. Etahi» : Bull, de la Soc. chimique, t. XXXVII, 1882. — E. Patekno et P. Spica : Riccrc/ie sulla qenesi délie piornaine (Gaz. eliini. ital.. t. XII. 1882'^. — F. Gni>i>(n.A : Sulla fjcnotsi délie ptomaine (id.). — Au. Gasali : >w/ priitcipi husici délie malerie animali pulre/'atte (.Vnn. univ. di med.. 1882). — M. Ne.nc.ki : Zur Gesc/iichte der basischen Ffiulnissproducte (Jovirn. fur pi'. Ch., t. XXVI, 1882L — II. .Maas : Vcher Fdidnissalhaloide (Med. Gl)l., 188-3). — G. Ah.noi.d : Ptom'iïne, etc. (Ch. Gentrali)!.. I88-3). — L. Biueckk : Zur Kenntniss der Ftiulnissalkaloide (Arch. tur Physiol., 1883). — li.. : Her. d. d. ch. Ge?., t. XVI, 1883. — E. et H. Salkowski : Ueber basischc Faulnissproducte (lier d. d. ch. Ge?., t. XVI, 1883). — Fn. Guim'Ola : La genèse des ptomaïnes (.Vrch. di; ])iol. ital., 1883). — A. G. Poiciiet : Rech. sur les ptomaïnes (C. rendns, t. XGVII, 1883). — L. liKiEfiEK : Zur Kenntniss der Fdulnissalkaloide (Ber. d. d. ch. (ies., t. XVII, 188i). — G. G.eïiic.k.xs : Ueber eine alkaloïdartif/en liestandtheil menschlicher Leichentheile (Zeitsch. f. anal. Gh., t. XXIII, 1884). — G. Arnold : IJnt. ilber das Vorkommen uncl die Bildung von Ptomainen, etc. (Ch. Centralbl. 1884).
— IT. .M A A H. : Ueber Faulntssalkaloide, etc., 1884. — F. Coppola : Sur les alcaloïdes de la putréfaction (Arch. de biol. ital., t. VI, 1884). — G. Vandevelde : Les Ptomaïnes (.\rch. de Biologie, t. V, 1884). — L. Brieger : Ueber Ptomaine, 1885. — Id. : Das Cholin als Plomainbildner (Zeit?ch. 1'. pliy?. Ch., t. X, 1885). — H. Okki.nger : Die Ptomaïne, 1885. — 0. BucKLiSGH : Ueber Fiiulnissbasen aus Fischen (Ber. d. d. ch. Ge?., t. XVI II, 188Ô). — A. ViLLiERS : Sur la formation des ptomaïnes, etc. (G. rendus, t. G, 1885). — \. Gaitipiî : Sur les alcaloïdes dérivés de la destruction bactérienne ou physiologique des tissus animau.r, 188(). — L. IImgoi'nEiNQ : Les alcaloïdes d'origine animale (Thèse d'agrég. Paris, 1886). — Gii. Gram : Fin Beitrag zur Erkliirung des Entstehens der Ptomaine (.Vrch. fur exp. Pat., t. XX. — A. Ladenbl'ro : Ueber die Identitut des Cadaverins mit dem Pentamellnjidianiin (Ber. d. d. ch. Ges., 1886).