‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 193 sur 329 · Partie coagulable par rcbuUition · texte numérisé non relu

Partie coagulable par rcbuUition

. Graisse 0,05

p , ) partie soluble 0,61

cendres ^ — insoluble 0,35 (oxyde de fer : 0,13).

Le sang du fœtus de 13 semaines présentait au bout de deux à quatre jours un caillot mou de fibrine. Ce sang contient très peu de globules dans les premières périodes ; leur nombre va ensuite en augmentant, mais même chez le fœlusà terme il est toujours plus faible que dans le sang maternel. Dès «{ue le fœlus a respiré leur nombre augmente rapidement et cinq heures après la naissance atteint le chitfre du sang maternel (Cohnstein et Zuntz). Les mêmes relations existent pour l'hémoglobine. Le sang du nouveau-né est plus riche en parties solides que le sang veineux de la mère (chienne ; sang pris dans la jugulaire) ; le nombre des globules rouges est plus considérable, et d'après Berchon et Périer ces globules seraient moins volumineux: la quantité de sang n'est que le d/19 du poids du corps au lieu d'être le 1/13 comme chez l'adulte. Le sang se coagule moins rapidement dans les vaisseaux après la mort. Quelque lemps après la naissance les globules diminuent pour augmenter à la puberté. Chez le vieillard il y a diminution du nombre des globules rouges: le sang renfermerait aussi plus d'eau, de fibrine, de sels et de cholestérine. D'après Leichtenstern la proportion d'hémoglobine aux différents âges serait représentée par les chiffres suivants : 100 (1 à 3 jours); 55 (jusqu'à 5 ans); 58 (de 5 à 15 ans); 64 (de 15 à 25 ans); 72 (de 25 à 45 ans); 63 (de 45 à 60 ans). La quantité d'oxygène du sang décroît aux limites extrêmes de la vie.

2° Se.xe. — Le sang de la femme est moins coloré que celui de rhomme et contient moins d'hémoglobine et de globules, sa densité est plus faible, il est plus riche en eau, plus pauvre en albumine, en matières exlractives et en graisse.

3° Taille, constitution, etc. — D'après Welcker, la quantité de sang serait en raison inverse de la taille de l'animal; elle serait plus faible, suivant Banke, chez les animaux gras. Les individus de constitution faible ont moins de globules rouges que les gens vigoureux, les habitants des villes moins que les campagnards.

■i44 LIVRE TROISIÈME. — PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE.

Influence des diflférentes fonctions. — 1° Alimentation. — L'iiîaniiion, con- Irairement àTopinion de Chossat, Bkider etSchmidI, CoUard de Martigny, ne modifierait pas, d'après Panum et Valentin, la quantité du sang, par rapport au poids du corps; elle n'aurait pas non plus une grande influence sur sa composition. Subbolin a constaté chez le chien (pas chez le lapin) une légère diminution d'hémoglobine. D'après d'autres observations, elle augmenterait la quantité d'eau et de sels, et diminuerait tous les autres principes, y compris l'oxygène du sang. Les globules blancs diminuent rapidement et disparaissent môme chez la grenouille (Kolliker). Les boissons n'augmentent pas d'une façon notable la quantité d'eau du sang; par contre, suivant Jûrgensen et Leichtenstern, elle diminue par l'abstinence complète de boissons, ce qui amène une augmentation relative de matière colorante. Une nourriture animale fait hausser la quantité des globules, de la fibrine, des matières extractives et des sels, spécialement des phosphates et de la potasse; par l'alimentation végétale, le sang devient plus aqueux, l'albumine, les graisses, le sucre augmentent; les sels calcaires et magnésiens prédominent; après une alimentation riche en graisse, le sérum se charge de graisse et devient lactescent; les aliments féculents augmentent la proportion du sucre. Le sang des carnivores est plus riche en phosphates; celui des herbivores contient des carbonates; on y rencontre de l'acide succinique. La digestion augmente tous les principes du sang à l'exception de l'eau; cependant, d'après quelques physiologistes, la quantité totale de sang serait augmentée d'une façon considérable ; le nombre des globules rouges augmente après le repas et, après avoir atteint son maximum au bout d'une heure, diminue graduellement dans les six heures qui suivent. Les globules blancs augmentent aussi pendant la digestion comme le montrent les chiffres donnés par Hirl:

Rapport (les globules blancs aux globules

rouges.

Le matin 1 : 1761

Une demi-heure après le premier repas 1 : 1695

Deux heures et demie à trois heures après 1 : 1514

Une demi-heure a une heure après le repas de midi 1 : 429

Deux heures et demie à trois heures après 1 : 1481

Une demi-heure à une heure après le repas du soir 1 : 544

Deux heures et demie à trois heures après 1 : 1227

Suivant Pury, cet accroissement du nombre des globules blancs débuterait 30 minutes après le repas et continuerait 2 heures après, et la courbe de cette augmentation rappellerait celle que Lichtenfels etFrolich ont donnée de l'augmentation de la température et du pouls. La digestion s'accompagne aussi d'une diminution de l'oxygène du sang artériel et d'une augmentation de l'acide carbonique; cette diminution atteint son maximum 4 heures après le repas, et le sang ne reprend son type normal qu'après 7 à 8 heures (Mathieu et Urbain),

2° Exercice musculaire. — Contrairement à Bert, Mathieu et Urbain ont trouvé une petite augmentation dans le sang artériel pendant le travail musculaire et une diminution d'acide carbonique; cette augmentation d'oxygène paraît due à la fréquence des mouvements respiratoires. Le sang veineux présenterait une diminution portant à la fois sur l'oxygène et sur l'acide carbonique.

3" Grossesse. — Becquerel et Rodier ont trouvé dans les derniers mois de la grossesse le sang plus pauvre en globules et en albumine; l'eau était augmentée, il y avait aussi une légère augmentation de fibrine. Nasse a fait dans ces derniers temps une série de recherches sur les caractères du sang dans la grossesse. La den-

SANG. ^'^^ silé normale élanl 1,0553, il a trouvé pendant la grossesse les chiffres suivants : jusqu'au début du 6° mois = 1,052; de là à la fin du S'^ = 1,0497; au 9« mois = 1,0513 ; chez 12 femmes en travail = 1,0533. Le poids spécifique du sérum est toujours diminué. La proportion de fibrine est plus forte: elle monte de 2,36 pour 1,000 jusqu'à 3,67 au9« mois et 3,82 pendant le travail. Sur des chiennes en état de gestation, Nasse a constaté aussi, avec la diminution du poids spécifique, une diminution des sels solubles qui tombent de 6,49 à 6,01 pour lUOO, une diminution de l'albumine (de 0,196 pour 1000) et une augmentation d'eau, de ilbrine et de graisse. Après la mise bas,le poids spécifique augmente pendant quelques jours; laproporlion d'eau baisse de 3,4 à 15,6 millièmes ; le retour à l'état normal ne se fait que quand l'allaitemeni n'a plus lieu ; la proportion de fibrine baisse rapidement, mais celte baisse s'arrête si on interrompt l'allaitement; les sels solubles augmentent les deux premiers jours, puis diminuent; la quantité de fer augmente. Cohnstein a trouvé dans le sang de la brebis pleine plus d'hémoglobine et moins de globules que dans le sang du même animal à fétat ordinaire. D'après Kosina et Llvkertlaquantitéd'hémoglobine et deglobules rouges serait diminuée au moment de l'accouchement tandis que les globules blancs sont augmentés.

4° Veille et sommeil. — Le sang artériel contiendrait moins d'oxygène pendant le sommeil que pendant l'étal de veille, ce qui doit tenir à la respiration.

5" Respiration et circulation. — L'ampleur et la fréquence des respirations élèvent la proportion d'oxygène du sang; l'accélération de la circulation a un etfet inverse. Ainsi l'excitation du pneumogastrique qui ralentit les battements du cœur, diminue la quantité d'oxygène (Mathieu et Urbain).

6° Hibernation. — Dans fhibernation le nombre des globules rouges peut tomber de 7 millions à 2 millions par millimètres cube (Vierordt) ; il y a très peu de globules blancs." Le sang est rouge cerise et la différence de coloration du sang artériel et du sang veineux est moins prononcée.

Pour les caractères du sang dans l'asphyxie, voir: 'Respiration et Asphyxie.

Influence des agents extérieurs. — La chaleur augmente la proportion d'oxygène du sang artériel et diminue celle du sang veineux; dans les deux sangs il y a diminution de l'acide carbonique ; mais chez l'animal réchauffé artificiellement l'acide carbonique augmente au bout de 2 à 3 heures dans le sang veineux. Par le refroidissement, l'oxygène diminue dans le sang artériel et dans le sang veineux, l'acide carbonique augmente dans le sang artériel (Mathieu et Urbain). Pour les modifications que subissent les gaz du sang sous l'influence des changements de pression atmosphérique, voir : Action des milieux, Pression barométrique.

Biblio{|>^raphie. — N. Zasetzky : Sur l'influence de la sueur sur la proportion d'hémoglobine du sanr/ (Journ. de méd. mil.; en russe; 1879). — 0. Leiciistknstehn : Uîit. ûb. HamogloOingehalt des Blides in gesunden und kranken Zustunden, 1878. — Dastre : De la glycémie asphyxique (G. rendus, t. LXXXIX, 1879). — M. Wieneh : Ueber den Einfluss der Abnabelungszeit auf den Blutgchall der Placenta (Arch. f. Gynœk., 1879). — E. TiEGEL : Notizen ûb. Schlangenblul (A. de POug.-, t. XXIII, 1880). — A. Kosina et A. Ekkert : El. du sang pendant et après l'accouchement (Journ. méd. ; eu russe ; 1881). — Picard : Rech. sur les cjuanlités d'urée du sang (Journ. de l'Auat., 1881). — L. Fré- DÉRicQ : Stir le sang des insectes (Acad. Roy. de Belg., I88l). — J. Coiinsïein : Blulverdnderung wuhrend der Schwangerschaft (A. de Piluger. t. XXXIV, 1884). — J. Cohnstein et N. ZuKTZ : Uni. ûb. das Blut, etc. (id.).

§ 3. — Rôle physiolog^ique fin sang.

D'une façon générale, le sang, milieu inlérieiir, comme l'appelle si justement Claude Bernard, le sang joue un double rôle : il est à la fois liquide nourricier {chair coulante de Bordeu) et liquide excréteur ; il charrie à la fois les matériaux nécessaires à la vie des tissus et les principes de déchet qui en proviennent et doivent être éliminés. Le sang n'arrive pourtant pas à tous les tissus; il en est (cartilages, tissus épidermiques), qui sont privés de vaisseaux ; mais ils n'en sont pas moins sous la dépendance indirecte du sang ; en effet, ils en reçoivent le plasma qui a traversé les parois des capillaires des organes voisins, et qui, par l'imbibition, arrive de proche en proche jusqu'à eux. Cependant, on peut dire que la vitalité d'un tissu est en général en rapport avec sa richesse sanguine.

Ce rôle vivifiant du sang est prouvé d'une façon très nelte par l'expérimentation; si on interrompt l'abord du sang dans un organe, toutes les fonctions sont bientôt abolies; ainsi on paralyse un membre par la ligature de l'artère principale, et Brown-Séquard, en liant les artères qui se rendent à la tète d'un chien, a pu montrer le curieux spectacle d'une tête morte sur un corps plein de vie, et par un phénomène inverse, ramener graduellement la vie dans cette tête inanimée en rétablissant le cours du sang dans les artères. De même, l'injection de sang oxygéné fait reparaître l'irritabilité dans des membres amputés ou dans des têtes séparées du corps. (Voir aussi : 7'issus musculaire et nerveui^.

Il y a deux choses dans cette action vivifiante du sang : 1° un apport de matériaux nutritifs pour la rénovation des tissus; ces matériaux nutritifs varient naturellement suivant les pertes subies, autrement dit suivant le tissu; l'offre est la même pour tous les tissus, mais chacun d'eux choisit dans le plasma artériel ce qui convient pour sa réparation ; 2° outre cette action rénovatrice, le sang maintient les propriétés vitales des tissus à l'état d'intégrité (irritabilité musculaire, excitabilité nerveuse); c'est l'oxygène qui, à ce point de vue, joue le rôle essentiel; ainsi, les expériences citées plus haut ne réussissent qu'avec du sang oxygéné et pas avec du sang veineux.

L'oxygène du sang est en outre l'agent principal des décompositions chimiques qui constituent la désassimilation et qui sont la condition sine qna non de l'activité vitale (production de chaleur, de travail mécanique, d'innervation). Que cet oxygène s'y trouve à l'état d'ozone ou simplement à l'état naissant, il n'en est pas moins certain que l'oxygène du sang a une affinité beaucoup plus grande pour les substances oxydables que l'oxygène ordinaire, et qu'il s'accomplit dans l'intérieur de l'organisme, à la température du corps, des oxydations qui ne pourraient se faire, en dehors de l'organisme, qu'à des températures très élevées. La question de savoir si ces oxydations se font dans le sang ou en dehors des vaisseaux a déjà été traitée page 324.

L'acide carbonique est un principe de désassimilation et de déchet; mais

il a de plus une action stimulante sur certains tissus et, en particulier, sur certains centres nerveux (ainsi sur le centre inspirateur).

Comme agent de transport des matériaux de déchets des tissus, le sang n'a pas une moins grande importance physiologique. En effet, un grand nombre de ces principes de déchet, s'ils s'accumulaient dans les tissus, et n'étaient pas enlevés au fur et à mesure par le sang entraveraient le fonctionnement de ces tissus et produiraient des accidents dont la physiologie des divers organes peut fournir facilement des exemples (perte de l'irritabilité musculaire et de l'excitabilité nerveuse par l'acidité, accidents urémiques, etc.).

Les phénomènes nutritifs qui se passent dans le sang sont encore peu connus. Les seuls éléments vivants du sang sont les globules rouges et les globules blancs ; mais à part les phénomènes qui ont été étudiés à propos des gaz et du sang, on ne sait presque rien des autres processus qui peuvenc se passer dans leur intérieur, et des échanges qui doivent se faire entre eux et le plasma sanguin. On ne sait pas non plus quelle part revient aux éléments globulaires du sang dans les échanges qui se font entre le sang et les tissus. Un fait intéressant à noter, c'est que la proportion des divers principes du sang conserve toujours une certaine constance, surtout pour les substances minérales. Dès que la proportion des principes du sang augmente au delà d'une certaine limite, des accidents surviennent si ces principes ne peuvent pas s'éliminer rapidement, et cette influence pernicieuse se fait remarquer aussi pour les principes qui paraissent les plus indifférents, comme Bert l'a montré pour l'oxygène (voir : Pression baroméb'iqué). On pourrait presque dire que, pour chaque principe du sang il y a une limite physiologique maximum et une limite minimum entre lesquelles la proportion de ce principe peut osciller tout en se maintenant dans la moyenne seule compatible avec l'état normal, tandis qu'un état pathologique se produit dès que ces limites sont dépassées. Cette constance de composition du sang se constate d'une façon frappante dans les cas d'alimentation acide. Hofman en nourrissant des pigeons exclusivement avec du jaune d'œuf acide, Salkowsky, Lassar , Walter en donnant à des lapins et à des chiens des acides dilués d'une façon continue (acides sulfurique et phosphorique) n'ont jamais pu parvenir ù rendre le sang acide ; il restait toujours alcalin jusqu'à la mort, en présentant seulement une diminution des carbonates (Walter).

Le mode d'élimination des substances en excès dans le sang a été étudié par Klikowicz. Il a vu que si on injecte un sel (sulfate de soude, chlorure de sodium) dans le sang, le sang passe immédiatement dans les tissus, de sorte que quelques minutes après l'injection on n'en retrouve que des traces dans le sang, avant même que le sang ait été éliminé par les reins; en même temps les tissus abandonnent de l'eau au sang. Puis, peu à peu, à mesure que les reins jouent leur rôle d'organe éUminateur, les sels passés dans les tissus rentrent dans le sang pour être expulsés graduellement par les reins.

En outre, le sang par sa tension (voir : Pression sanguine) donne aux tissus et aux organes un certain degré de tension qui est nécessaire à leur fonctionnement et par cette tension r«'gle aussi la transsudation du plasma

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