TEMPS KG OU LÉ
DEPUIS l'ingestion DE I.A C.BAISSE.
QUANTrrÉ de graisse versée p.'ii' minute daus le cauul th<>raci(juo.
l'ROIHJllTION
pour 100 de graisse daus le chyle.
inilligrammes.
De
1 heure 58 minutes à
2 heures 58
minutes.
8, 1 J). lUU
1(1. id.
De
\ hem-e< G minutes à
5 h(HU'es 20
minutes.
•i heures 45 minutes à
5 heures 47
minutes.
De
7 heures 45 minutes ii
8 heures 22
minutes.
De
9 heures 50 minute? à
10 heures 15
minutes.
Id. id.
Id. id.
Id. id.
De
IS heur(>s 38 minutes à
19 heures 10
minutes.
Id. id.
Id. id.
Id. id.
De
26 heures 45 minutes ;'
27 heures 30
minutes.
Id. id.
Id. id.
Id. id.
La quantité de chyle qui arrive en i24 heures dans le canal thoracique ne peut guère être évaluée d'une façon précise. On a bien cherché à la déterminer par la quantité de graisse absorbée dans l'intestin, en admettant que toute la graisse absorbée passait dans les chyhfères ; la proportion de graisse dans le chyle est de 3 p. 100 environ; la quantité de graisse ingérée dans l'alimentation est à peu près de 90 grammes par jour; la quantité de chyle produite en 24 heures serait de 3 kilogrammes (Vierordt) ; ces données sont trop incertaines pour y attacher grande importance. Le tableau précédent de Zawilsky peut fournir des indications précieuses à ce point de vue. Colin obtenait par heure chez le bœuf, par des fistules du canal thoracique, une moyenne de 500 à 600 grammes et quelquefois beaucoup plus. C. Schmidt, d'après ses mesures sur deux poulains, arrive ù 0,13 kilogrammes de chyle en 24 heures pour 100 kilogrammes de poids vif, et sur ces ()/13 kihjgrammes, attribue 3,40 kilogrammes seulement au chyle provenant de l'intestin, et les 2,73 kilogrammes restants à la lymphe transsudée du sang. Il est évident que ces calculs reposent sur des bases bien peu précises et n'ont aucune certitude.
Les variations de composition du chyle ont été peu étudiées et leur étude a donné des résultats contradictoires. Chez l'animal à jeun, Tiedemann et Gmelin l'ont trouvé plus pauvre en eau, plus riche en parties solides, ûbrine,
albuminoïdes et globules. Ce qu'il y a de certain, c'est que la proportion de graisse du chyle augmente par l'alimentation.
Sauf les particularités mentionnées ci-dessus, tout ce qui a été dit de la lymphe peut s'appliquer à la physiologie du chyle.
Le rôle physiologique du chyle ressort de sa composition même et de son lieu d'origine. Son rôle essentiel est de transporter au sang la graisse absorbée dans la digestion intestinale. La question de savoir si la glycose, les peptones, etc., sont aussi absorbées par les chylifères, sera étudiée avec la physiologie de la digestion.
Biblius^rapliie de la lymphe et «lu chyle. — C. Preusse : Ueber den Inhall einer Lijinp/icijste (Zcït. f. phys. Ch., t. IV, 1880). — M. v. Frey : Die Emulsion des Feites im Chylus (Arch. f. Physiol., 1881). — Haye.m ot Féry : Dosage comparatif de la fibrine dans le sang et dans lu lymphe (Arch. de physiol., 1882j. — C. F. \\'. Khuke.nberg : Zur vergleich. Physiol. der Lymphe, etc.. 1882. — G. F.\no et D. Baldi : Gli albuminoidi délia linfa et del sangue net lavoro miiscolare (Lo Sporinieiitalc, 1883).
Appendice. — Sérosités et transsudations. — Les séreuses contiennent toujours, même à l'état normal, une petite quantité de liquide, quantité qui peut s'accroître à l'état pathologique. Les sérosités et les transsudaiiom séreuses proviennent du plasma sanguin exsudé à travers les parois des vaisseaux et plus ou moins modifié à la traversée des membranes connectives et surtout épithéliales. Ces sérosités doivent donc être rapprochées du plasma lymphatique et ont en efîet une composition à peu près identique, sauf les proportions relatives de certains principes et surtout des substances albuminoïdes qui, comme toutes les substances colloïdes, sont très peu diffusibles. Ce sont des liquides transparents, incolores, jaune verdàlre ou jaune ambré, souvent fluorescents, un peu visqueux, alcalins comme le plasma sanguin. La coagulation spontanée se montre quelquefois dans les transsudations séreuses (ainsi dans la sérosité péricardique), mais elle est toujours plus lente que pour le sang, à cause de la pauvreté de ces liquides en paraglobuline ; ils se coagulent cependant presque toujours si on ajoute un peu de paraglobuline. Les sérosités contiennent toujours des globules blancs, identiques à ceux de la lymphe.
Les substances albuminoïdes des sérosités consistent en albumine ordinaire (albumine du sérum et albuminate de potasse), substance fibrinogène et des traces de paraglobuline. On y retrouve les matières extractives (urée, créatine, acide urique, leucine, tyrosine), la graisse, la cholestérine, les sels minéraux qu'on rencontre dans le plasma sanguin. On y trouve en outre des gaz eu dissolution, surtout de l'acide carbonique.
Quelques-uns de ces liquides oifrent des caractères particuliers. La sérosité du péricarde contient le plus de fibrine et se coagule le plus facilement. Le liquide cérébro-spinal, au contraire, est incoagulable ; son albumine est très analogue à la caséine; on y trouve une matière ressemblant à l'alcaptone, de la glycose (Cl. Bernard), et une assez forte proportion de phosphates et de sels de potasse. Le liquide allantoidien renferme de Tallantoïne, une albumine de nature spéciale, des lactates alcalins, du chlorure de sodium, des phosphates et de la glycose (chez les herbivores). Le liquide amniotique contient de l'albumine, de l'urée, du sucre de lait, de l'acide lactique (?), de la glycose, qui disparaît quand le sucre apparaît dans le foie (Cl. Bernard) et des sels (chlorure de sodium, carbonates alcalins et traces de phosphates et de sulfates).
D'une façon générale, c'est la proportion d'albumine qui varie le plus dans les
CHYLE
diverses transsudations. D'après C. Schmidt, le liquide le plus riche en albumine est celui de la plèvre; viennent ensuite le liquide du péritoine, le liquide céphalorachidien et en dernier lieu celui du tissu cellulaire sous-cutané.
Les transsudations séreuses ayant la môme origine que le plasma lymphatique, les mêmes causes qui augmentent la quantité de la lymphe pourront produire aussi l'augmentation de ces transsudations et leur accumulation dans les cavités séreuses ou dans les mailles du tissu cellulaire comme on l'observe dans les cas pathologiques. C'est ainsi que toute augmentation de pression sanguine se traduira par une transsudation exagérée de plasma sanguin; c'est de cette façon qu'agissent la ligature des veines, la section des nerfs qui en paralysant les vaso-moteurs d'une région amènent la dilatation des artères et un afflux sanguin considérable, la diminution de pression autour des vaisseaux comme par l'application d'une ventouse, etc. Lower avait remarqué le premier qu'après la hgature des veines (veine cave thoracique), il se produit de l'ascite et de l'œdème des membres postérieurs, et cette loi se vérifie tous les jours en chnique, depuis surtout que BouiUaud a appelé l'attention sur ce point. Mais il faut, pour que la transsudation se produise, quetoutes les veines de retour soient oblitérées. Ranvier a montré en effet qu'après la ligature des deux veines jugulaires sur le chien et le lapin, de la veine fémorale à l'anneau, et de la veine cave inférieure au-dessous de l'embouchure des veines rénales, il ne se produit pas d'œdème. Mais cette absence d'œdème est due dans ces cas, comme l'ont prouvé les expériences de Straus et Mathias Duval et celles de Rolt, à ce qu'il s'établit une circulation collatérale qui suffit pour assurer le retour du sang vers le cœur.
Mais si les expériences de Ranvier laissent intacte la loi établie par Lower et BouiUaud, elles montrent bien l'influence de l'innervation vaso-motrice sur la Iranssudation séreuse. Sur un chien qui a subi la ligature de la veine cave inférieure, sans présenter d'œdème, Ranvier coupe le nerf sciatique d'un côté et constate après la section un œdème considérable du membre correspondant, et l'expérience suivante prouve que l'œdème est bien dù à la section des filets vasomoteurs contenus dans le sciatique. En effet, si sur un chien dont la veine cave est liée, on ouvre le canal vertébral et si on coupe les trois dernières paires lombaires et les paires sacrées qui ne contiennent pas de filets vaso-moteurs, l'œdème ne se produit pas, quoique le membre postérieur correspondant soit paralysé du sentiment et du mouvement. Il en est de même si on sectionne transversalement la moelle, c'est-à-dire au-dessous du point d'où naissent les vasomoteurs du membre inférieur. Comme on l'a vu plus haut, la paralysie vaso-motrice détermine l'œdème en augmentant la pression sanguine.
Hoppe-Seylor a fait des recherches sur les conditions qui entrent enjeu dans les transsudations. Il s'est servi de l'uretère dans lequel il faisait passer sous une pression déterminée du sérum sanguin pur ou plus ou moins étendu d'albumine. La vitesse de la transsudation dépendait essentiellement de la pression et de la richesse du sérum en albumine. En comparant le sérum et le liquide Iranssudé, il constata les faits suivants : le résidu sec du sérum étant 53,;;.ï pour 1000; — 01,3; . — 62,0; celui du liquide transsudé était 41,4; — 49,7; — 48,71. La proportion de sels était la même dans les deux liquides; le transsudat paraissait même conteuir plus de sels solubles. Les différences observées dans le résidu sec provenaient donc de l'albumine; et en effet, le sérum en contenant 5i),73 pour 1000, le transsudat en renfermait 41,66 et 41,52. Ces transsudations artificielles se comportent au point de vue de leur composition, absolument comme les transsudalions pathologiques.
Le lableau suivant donne l'analyse comparative des principales sérosités, du sérum sanguin et du sérum lymphatique.
l'ULH 1,000 PARTIES.
Sérosité de la plèvre
— (lu |)('ritoiue
— (le riiydrocèle. . . ,
— (lu péricarde
Li(iuide céplialo-rachidieii (rtùlènie des exlréuiilés. . . ,
Eau de l'auinios
Humeur aipieuse
Plasma sanguin
— lymphatique
Sérum du pus
1)51.87 980,92 930,80 959,79 984. Oi 983,17 984,30 98G,87 901,50 957,01 909, G7
.MATlKliKS
.\LBU.MI.\E.
FIBKINE.
.MATIEKES extractives.