LIVRE TROISIÈME
la suite des recherches faites récemment sur les nerfs des tendons et sur ce qu'on a appelé les réflexes tendineux. Eulenburg, Eib, Weslphal, aie, constatèrent chez rhomme sain, mais surtout chez des malades atteints d'affections de la moelle épinière, que, la jambe étant demi-tléchie, un coup sur le tendon lotulien déterminait un mouvement brusque d'extension de la jambe; une distension brusque du teiidon proeluisail le mèn^e eilet. Il ne s'agit pas dans ce phénomène, comme le croyait \Veslphal, d'une excitation directe et mécanique du muscle par l'ébranlement ou l'allongement du tendon, car on ne constate pas d'onde musculaire (Voir: Contraction musculaire) et on ne voit pas la partie inférieure du muscle se contracter avant la partie supérieure ; au contraire, le muscle se contracte en totalité. C'est donc une conliaclion réflexe et les expériences sur les animaux prouvent que l'excitation qui détermine les réflexes ne part pas de la peau, mais bien du tendon et probablement des filets nerveux observés dans les aponévroses musculaires (voir page 509). Ce réflexe tendineux est aboli par la section des racines postérieures des sixièmes nerfs lombaires chez le lapin et la destruction de la partie correspondante de la moelle (Tscbii'iew). Les voies centripètes du phénomène passent donc par le muscle, le nerf crural et les racines postérieures pour arriver à la moelle, d'où l'excitation se propage aux nerfs moteurs. Ces filels centi'ipètes musculo-tendiiieux sont très délicats et très susceptibles, car la moindre distension du nerf crural abolit le réflexe tendineux, tandis que la motricité volontaire, l'excitabilité réflexe cutanée et l'excitabilité faradique ne sont pas atteintes (Westphal) ; les nerfs .tendineux sont donc plus facilement lésés que les nerfs sensilifs cutanés ou les nerfs moteurs.
D'après Tschiriew, dont les recherches ont été faites sur le tendon rotulien et le nerf crural du lapin, après la section du nerf crural, le muscle se contracte brusquement et, après son retour au repos, a une longueur plus considérable qu'auparavant; le muscle se trouvait donc, avant la section du nerf, dans un état de contraction tonique, due à ses connexions avec le système nerveux central. En outre, il y aurait, d'après lui, une forme diflérente de la contraction produite par un choc d'induction de rupture suivant que la contraction a lieu avant la section du nerf ou après celte section; dans ce dernier cas, en effet, ou observait des oscillations (déjà vues par Cyon chez la grenouille) qui indiquent une modification de l'élasticité dans le muscle dont les connexions avec les centres nerveux ont été abolies. Pour Tschiriew, cette innervation centrale ne serait pas permanente comme l'admettait Brondgeest, puisque dans certaines positions les muscles sont lout à fait relâchés; elle ne se produirait que quand les muscles et leurs tendons sont soumis à un certain degré de distension nécessaire pour que le tonus réflexe apparaisse.
Mommsen, dans des expériences récentes, a constaté aussi la nature réflexe du tonus musculaire et montré (|ue ce réflexe part non seulement des nerfs cutanés, mais des nerfs sensilifs musculaires et que la mise enjeu de ce tonus réflexe est de nature mécanique (distension continue des muscles par la fixation de leurs points d'insertion).
La tonicité des sphincters a été aussi très controversée. Tandis que Rosenthal et Cohnstein la considèrent comme purement élastique, les expériences d'Heidenhain et Colberg, au contraire, tendent à faire admettre une intervention des centres nerveux (Voir : Mécanisme de Vexcrdtion urinaire).
Bibliographie. — Boudet de Paris : De l'élasticité musculaire, Th. de Paris, 1880. — P. Enko : Bfilr. ziir Lehre von dcr Muslcelro/ilracfion (Arch. f. PhysioL, 1880). — H. L. Lewin -.Ueber den Elnfluss d-s Tannins au f die Elaslicitul des Muskeis (Arch. f. PhysioL, jg;^0) — B. V. Ankep : Stud. ilher Tonus und Elasticitiit der Muskeln (Arch. de Pfluger, t. XXI, 1880). — J. RossBACH et B. v. Anrep : Einfluss von Giflen und Arzneimitteln aiif
PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE. ^'
die Unqe und Dehnbarkeit des querqestreiflen Miiskels (id.)- — Beroomk : Contnb. a Vélude des propriétés phijsiqite.s du muscle, Bordeaux, 1883. — J. -Mommskn : Uatrag zur Kenntniss des Muskeltonus (Arch. de Virchow, t. Cl, 188ô) (1).
§ 4. — Propriété» pliygiolo^iques «lu tissu musculaire strié. *