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Contraction musculaire volontaire

La contraction musculaire volontaire peut être enregistrée de la même façon que les contractions provoquées expérimentalement et donne des courbes qui se rapprochent beaucoup des courbes précédentes, soit des secousses, soit du tétanos, suivant le caractère de la contraction.

Cette contraction musculaire physiologique, comme la contraction musculaire provoquée artificiellement, se compose de secousses musculaires. Mais ces secousses musculaires, véritables éléments de la contraction, doivent être considérées à deux points de vue :

i° Les secousses partielles de chaque fibre musculaire se réunissent pour constituer une secousse totale qui porte sur l'ensemble du muscle ; en effet, ces secousses partielles sont simultanées, grâce à la distribution nerveuse dans le muscle ; quand le nerf est excité, toutes les ramifications nerveuses le sont en même temps, ainsi que toutes les fibres musculaires qui reçoivent une au moins de ces terminaisons nerveuses; ainsi, la rapidité de la transmission nerveuse assure l'instantanéité et la simultanéité d'action de toutes les fibres musculaires. Sans cette condition la contraction, restant localisée dans la fibre musculaire excitée^ ne pourrait se généraliser dans la totalité du muscle.

2° Ces secousses musculaires totales, par leur succession, produisent la contraction musculaire. Ces vibrations musculaires peuvent même devenir sensibles à l'oreille (voir : Son musculaire). Ce fait prouve que l'excitation nerveuse motrice arrive au muscle, non en bloc et tout d'un coup, mais par doses fractionnées et ù intervalles égaux.

Dans certaines conditions, ces secousses musculaires de la contraction physiologique peuvent aussi être enregistrées. Si on place entre les dents ou mieux à l'extrémité du doigt le levier écrivant du myographe, par exemple, et qu'on tienne la pointe du levier appliquée contre un cylindre enregistreur, au lieu d'avoir une ligne droite on obtient une ligne tremblée assez régulière dont chacun des soulèvements correspond à une secousse musculaire. Quand le bras est tenu horizontalement étendu, la courbe offre de place en place des soulèvements plus considérables dus à la pulsation artérielle; mais si on tient le coude appuyé de façon à annihiler cette influence du pouls, ces soulèvements disparaissent, les graphiques des secousses musculaires persistent seuls et donnent une ligne finement dentelée très pure. J'ai trouvé ainsi pour les muscles de favant-bras (flécliisseurs des doigts) 10,5 secousses musculaires par seconde. U est probable que le nombre des secousses varie suivant les muscles et la force de la contraction, car avec 10,3 vibrations par seconde le son musculaire serait trop grave pour être perceptible à l'oreille. Schâfer, Tunstall etCauney ont trouvé aussi 8 à 11 oscillations pour l'opposant du

pouce. J. Kries est arrivé à un résultat analogue (1). Ces secousses sont bien plus prononcées dans le tremblement sénile et dans le tremblement alcoolique, qui ne sont que des exagérations de l'état physiologique.

Dans ces derniers temps quelques physiologistes, et en particulier Harless et Rouget, ont élevé des doutes sur la discontinuité de la contraction volontaire. On verra plus loin à ce point de vue la signification attiibuée au son musculaire. L'objection principale faite à la théorie des secousses, c'est que la contraction volontaire ne produit jamais le tétanos secondaire (voir : VMnomèius électriques des muscles), et ne produit qu'une secousse simple de la patte galvanoscopique. Mais cette absence de tétanos secondaire ne démontre pas l'absence de secousses, car Morat et Toussaint ont constaté que dans le tétanos artificiel, en augmentant la fréquence des excitations, on voit peu à peu la durée du tétanos secondaire diminuer et qu'il arrive un moment où le tétanos artificiel ne produit plus qu'une secousse simple dans la patte galvanoscopique.

On peut donc admettre, sans que le fait soit encore absolument démontré, que la contraction volontaire est un véritable tétanos physiologique produit par la fusion de secousses musculaires, correspondant à une série d'excitations successives parlant des centres nerveux.

La vitesse des mouvements volontaires ne peut guère dépasser G à 7 centièmes de seconde ; mais si on enregistre les mouvements volontaires les plus rapides dans les conditions convenables, on voit que la contraction la plus rapide possible présente de petites oscillations secondaires (3 à 4) qui correspondent évidemment à autant d'excitations partant des centres nerveux (J.-V. Kries). Un mouvement musculaire isolé, même le plus simple et le plus bref, peut donc être considéré comme un véritable tétanos physiologique.

Pour ce qui concerne les relâchements musculaires sous l'influence d'une excitation, voir : Phénomènes d'arrêt {Physiologie du tissu nerveux).

Pour ce qui concerne les contractions simultanées des muscles antagonistes, voir : Mécanique musculaire et Physiologie des centres nerveux.

Blbliofi^rnphie. — H. Kronecker et G. Stanley-Hall : Die willkurliche Muskelaction Arch. f. Physiol., 1879). — W. Tlnstall et E. Cannev : Exper. made by an applicalion of Ihe transmission myograpJi lo the registration ofvoluntary coi\tractions in man (Journ. of physiology, t. VI, 1885). — J. v. Kries : Zur Kenntniss d. willkurl. Muskelthàtigkeit (Arch. f. PhysioL, 1886). — A. Schaefer : On the rhytlim of muscular response lo volitional impulses in man (Journ. of physiol., t. VII, 1886).

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