Travail mécanique du muscle
Le degré de raccourcissement d'un muscle dépend, toutes choses égales d'ailleurs, de la longueur des fibres ; un muscle de longueur double se raccourcira deux fois plus. Si on suppose le muscle suspendu verticalement et fixé par son extrémité supérieure, son extrémité inférieure sera soulevée au moment de la contraction et le degré du raccourcissement déterminera la hauteur du soulèvement. Mais, dans les conditions normales, le cas d'un muscle libre, isolé, ne se présente jamais; toujours les muscles ont au
(I) A consulter : Lavoisier et Séguin : Mémoire sur la respiration, 1789. — A. Fick et J. Wislicenus : Ueber die Entstehung der Muskelkraft (Viertelj. d. Zuricher naturforsch. Gesell., t. X, 1865). — E. Frankland : On the source of muscular poiver (Proceedings of the royal lustit., 1866). — S. Haughton : Source of muscular power (Med. Times, 1861). — W. Danitcwsky : Ueber den Ursprung der Muskelkraft, 1876.
PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE. ^'^'
moment de la contraction à surmonter des obstacles, poids des membres, résistance des muscles antagonistes ou des articulations, obstacles ou résistances qui peuvent toujours se mesurer par des poids. Un muscle au moment de sa contraction a donc à accomplir un travail mécanique, à soulever un poids. La longueur des fibres musculaires n'a aucune influence sur la grandeur du poids soulevé ; quelle que soit leur longueur, si elles ont la même force, en supposant toutes les autres conditions égales, toutes les fibres soulèveront le même poids; de même si dix fibres musculaires sont susceptibles de soulever chacune à part un poids P, lorsqu'elles sont réunies elles soulèveront ensemble un poids = 10 P ; par conséquent le poids qu'un muscle est en état de soulever dépend du nombre de ses fibres, qui peut se mesurer lui-même par la section ou la coupe transversale du muscle (1).