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RACCOURCISSEMENT MUSCULAIRE

Procédés. — Ce raccourcissement musculaire s'étudie par les procédés optiques et graphiques qui ont été décrits pour l'étude de l'élasticité musculaire, page 512.

Pour un muscle libre, isolé, en laissant de côté pour le moment l'inlluence des poids que peut supporter le muscle, le raccourcissement dépend des trois conditions suivantes : il augmente avec l'intensité de l'excitation ; il diminue avec la fatigue; il augmente avec la température jusqu'à 13° environ, et diminue quand la température s'élève au-dessus de 32°.

Quand le muscle est chargé d'un poids, les conditions sont plus complexes au moment de la contraction. En efîet, le raccourcissement est sous l'influence de deux facteurs qui agissent en sens contraire : 1° le muscle se raccourcit sous l'influence de l'excitation à laquelle il est soumis;

2° Le muscle s'allonge, en premier lieu, par la traction qu'exerce sur lui le poids dont il est chargé (allongement initial), en second lieu parce que pendant la contraction le muscle, comme l'a montré Weber, augmentant d'extensibilité, subit à chaque instant de la contraction une petite augmentation de longueur (allongement consécutif) qui vient s'ajouter à l'allongement initial.

Le raccourcissement total du muscle est donc égal au raccourcissement de contraction diminué de l'allongement initial et de l'allongement consécutif. En outre, lorsqu'un muscle chargé d'un poids est tétanisé, au début de la contraction, le poids, sous l'influence de la vitesse acquise, monte à une certaine hauteur, hauteur de soulèvement ( Wurfhô/ie), mais il ne reste pas à cette hauteur pendant toute la durée de la contraction, il retombe un peu et resle à une hauteur moindre, hauteur de soutien [Ilubhôhe), à laquelle le maintient le muscle tétanisé. Le raccourcissement du muscle est plus considérable dans le premier cas que dans le second, et dans cette forme de

(1) On suppose ici le muscle composé de fibres parallèles ; dans le cas contraire la coupe doit passer par toutes les ûbres du muscle; c'est ce qu'on appelle coupe physiologique d'an muscle, souvent irréalisable en pratique. On peut alors y arriver de la façon suivante ; on obtient d'abord le volume du muscle eu divisant son poids en gramincs par le poids spéciûque du tissu musculaire = 1,058 et on divise le volume paMa louo-ucur des fibres. "

contraclion le raccourcissement total se compose de deux éléments secondaires dont les conditions sont différentes.

Pour analyser complètement le phénomène du raccourcissement musculaire, il faudrait étudier à part chacun de ces quatre facteurs, et préciser la part que chacun d'eux prend dans le raccourcissement total. Mais on se heurte ici à des difficultés pratiques considérables, d'autant plus qu'il est très difticile d'éliminer tout k fait l'influence de la fatigue musculaire qui vient modifier les résultats (voir : Fatigue musculaire).

Voici cependant les conclusions principales auxquelles sont arrivés les physiologistes. D'une façon générale, le raccourcissement, ou, ce qui revient au même, la hauteur de soulèvement et la hauteur de soutien diminuent à mesure que la charge augmente ; si le poids est très faible, le muscle se comporte comme un muscle libre, isolé, qui n'a à soulever que son propre poids ; puis en augmentant la charge il arrive un moment où le muscle n'a plus la force de soulever le poids ; il reste dur, tendu, mais ne se raccourcit pas. Cette loi souffre cependant quelques exceptions ; ainsi Fick, Heidenhain ont observé, dans certains cas (muscles de l'anodonte, muscles tétanisés de grenouille), des hauteurs de soulèvement plus considérables pour des charges croissantes. Mendelssohn a vu aussi la hauteur de soulèvement du muscle augmenter au début avec l'augmentation de la charge pourvu que l'augmentation fût graduelle et que les excitations se suivissent très vite.

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