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Son musculaire ou bruit rotatoire des muccles

Quand on applique l'oreille ou le slclhoscope sur un muscle contracté, on entend, en se plaçant dans de bonnes conditions, une sorte de bruit sourd qui ressemble au roulement lointain des voitures sur le pavé ; c'est le bruit rotatoire des muscles; il faut, pour cela, qu'il n'y ait pas le moindre bruit extérieur. On l'entend encore mieux la nuit, quand tout est silencieux et qu'après s'être bouché les oreilles avec de la cire on contracte énergiquement les muscles masticateurs. Ce son musculaire est, d'après les recherches d'Helmholtz, de 18 à 20 vibrations par seconde (19, o vibrations), et ces vibrations doivent évidemment correspondre aux secousses successives dont se compose la contraction musculaire. La preuve en est qu'on peut faire hausser artificiellement le son musculaire d'un muscle tétanisé et; augmentant successivement le nombre des excitations et par suite le nombre des secousses musculaires; il y a correspondance entre la hauteur du son (nombre de vibrations) elle nombre des excitations. Cependant, d'après un certain nombre d'auteurs, il y aurait des réserves à faire sur ce point. Le premier bruit du cœur, d'après la plupart des physiologistes, serait un bruit musculaire (voir : Physiologie du cœur).

Les premiers observateurs, Hatighton, Nalanson et Helmholtz lui-même, assignèrent d'abord au son musculaire ;]0 à 40 vibrations par seconde. Mais Helmholtz montra qui si l'on entend en effet un son de 30 à 40 vibrations, c'est à cause de la résonnance propre de l'oreille qui renforce le premier harmonique du son fondalamental trop grave pour être entendu par l'oreille. Il a constaté que le bruit rotatoire haussait d'un ton par la tension de la membrane du tympan (recherche de Valsalva) et baissait quand on injectait de l'air dans la caisse du tympan. Pour les muscles de grenouille il est très faible, mais peut être entendu en plaçant dans l'oreille une baguette de verre à laquelle est fixé le muscle et déterminant sa contraction. Le bruit rotatoire s'observe aussi quand les nerfs sont excités par des agents chimiques ou quand leur contraction est produite par la tétanisalion de la moelle. Le son musculaire des muscles masticateurs acquiert un peu plus de hauteur quand la contraclion est plus énergique (Marey). L'existence du bruit musculaire a été niée par plusieurs physiologistes. D'après llerrouu et Yeo,le sou musculaire ne serait que le son propre du tympan,

Boudet de Paris a imaginé un instrument, le myophone, destiné à l'étude du bruit musculaire (voir : Audilion).

Peut-être faut-il rattacher au bruit rotatoire des muscles les phénomènes de dynamoscopic étudiés par Gollongues. Grimaldi avait déjà constaté qu'en introduisant le doigt dans l'oreille on perçoit une sorte de bruissement ou plutôt île bourdonnement qui devient plus fort quand on contracte fortement le Ijras ; WoUaston rattache ce bruit à la contraction musculaire et lui attribue le nombre de 20 à 30 vibrations par seconde. Gollongues étudia ensuite dans tous ses délails le phénomène du bourdonnement digital et donna à cette exploration le nom de dyna-

Warmeentwickelung und Stoffumsatz bei dei- .]Ji(skellhriliykei/, 18G4. — A. Fick : Uebe)die Warmeenlwickelung bei der Zusammcnziehuny des Muskels (Beitrage zur Anat. u Phys. als Fostgabe, etc., 187.")).

moscopic. La dynanioscopie peut s'effectuer soit immédiatement en enfonçant le doigt du sujet exploré dans l'oreille, soit médiatement à l'aide d'un instrument, le dynamoscope (fig. 133) dont l'extrémité A s'engage dans Toreille, tandis que l'autre extrémité B est creusée d'un godet qui reçoit le doigt. Le bourdonnement dynamoscopique s'entend non seulement à l'extrémité des doigts, mais sur toute la surface cutanée; il est seulement moins intense. Ses caractères, son intensité, son rythme, etc., varient suivant l'âge, le sexe, les maladies etc., ^ et un grand nombre de condilions bien étudiées par Collongues.

La cause du bruit dynamoscopique n'est pas encore bien éclairoie. On l'a attribué à la circulation du sang dans les capillaires, ce qui est peu admissible, puisqu'il peut persister sur les membres arnputés jusqu'à quinze minutes après l'amputation, c'eslà-diie à une époque où toute circulation est abolie. Du veste il ne disparaît pas par une forte ligature du doigt. D'autres auteurs l'ont expliqué par la contraction musculaire ; il est vrai qu'il augmente de force au moment de la contraction; mais la contraction musculaire est intermittente, tandis que le bourdonnement est continu; peut-être faudrait-il plutôt le rattacher à cette tension tonique des muscles (tonicité musculaire) admise par la plupart des physiologistes (voir page 514); cette explication s'accorderait assez bien avec un certain nombre de faits; ainsi dans les cas d'hémorrhagie cérébrale il manque complètement du côté paralysé; il diminue dans le sommeil, dans l'anesthésie; il augmente par l'électrisalion ; enfin il correspond, comme le bruit rotatoire musculaire, à 32 vibrations par seconde environ. D'autres faits, plus nombreux encore, semblent indiquer une relation étroite entre ce bourdonnement et l'état de l'innervation générale, sans qu'on puisse préciser comment l'innervation peut déterminer les vibrations qui le constituent: ainsi le bourdonnement digital disparait chez les mourants, tandis qu'il persiste dans certaines régions et en dernier lieu dans la région épigastrique, où on le retrouve encore quinze à seize heures après la mort; dans les cas de mort apparente au contraire il persiste toujours à l'épigaslre et serait un des moyens les plus sûrs de distinguer la mort apparente de la mort réelle; par une douleur très vive, le bruit digital peut se supprimer pendant un certain temps. Certains faits enfin sont difficilement explicables avec n'importe quelle hypothèse. C'est ainsi que chez les enfants au-dessous de trois ans on ne l'entend que dans certaines régions, et pas à l'extrémité des doigts; chez les vieillards on ne l'entend ni aux orteils ni à la tète; du reste il existe rarement aux orteils, même chez l'adulte.

Outre le bourdonnement on entend encore un bruit de pétllkmcnt moins régulier que le premier et dont la signification est encore plus douteuse.

Fig. Li3. — Dynamoscope.

Bililiographie. - E. Héring : IJcher Muskelcjeniusche des Auges (Wieu. acad. Sitzungsber., 1879). — S. Stein : Ti'ouvt's Controlversuche uber Tône imd Gerâusche der Muskenl (Med. Cbl., 1880). — Qir. Loven : Ueber den Miish-cllou, etc. (Arch. f. Physiol., 1881). — J. Ber.nstein : Telephonisc/ie Wahvnehmung der Sr/nvaJTh-ungeji des Muskelstroms bei der Contraction (Sitzb. nat. Ges. zu Halle, 18S1). — F. Herroun et F, Yeo : Note on the Sound ancompanging t/ie single contraction of skeletal muscle (Journ. of physiol., t. VI, 1885) (1).

{\) A considter : Collongues: Traité de dynamoscopie, 1860 ot Gaz. médicale. 1860. — Helmholtz : Versuche ûber dus Muskelgcrâusch (Berl. Mouatsber., 18G-4).

PHYSIOLOGIE DU TISSU MUSCULAIRE

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