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VI. — PLACE DE l'homme DANS LA NATURE

Résultats de la comparaison de la plante et de l'animal. — La

plante trouve les matériaux de son accroissement dans l'air et dans le sol, c'est-à-dire à peu près partout; il n'y a donc pas pour elle nécessité de déplacement. L'animal ne les trouve pas partout; il doit donc se déplacer, c'est-à-dire se mouvoir, et ce mouvement, qui n'est qu'un dégagement de forces vives, est lié à une oxydation; cette oxydation ne peut se faire que par l'usure de la substance même de l'organisme animal, et cette usure amène à chaque instant la nécessité d'une réparation organique et le besoin de rechercher des aliments appropriés; l'animal sent ses besoins et cherche à les satisfaire, et il exécute en vue de leur satisfaction des mouvements combinés et volontaires : il sent, il sait et il veut. Le nombre des actes vitaux de l'animal sera donc beaucoup plus considérable que ceux delà plante.

A chacune des actions vitales de l'animal correspond une fonction : locomotion, digestion, respiration, etc. Chez les animaux supérieurs, cha(|ue fonction a pour instruments des organes ou des appareils déterminés; mais, chez les êtres inférieurs, il n'en est plus de même; c'est la même substance

(1) A coiNSL LTEH ; W. Edwards, Influence des agents physiques sur la vie, 1824. — .Magcndie, leçons sur les phe'n. de la vie, 1842.

qui se contracte, sent, digère, excrète, se reproduit ; puis, à mesure qu'on s'élève dans la série animale, la spécialisation se fait et la masse vivante se segmente et se difterencie en parties afférentes à chaque fonction ; c'est la division du travail en physiologie, suivant l'expression de Milne-Edwards.

Cette division du travail physiologique a les mêmes avantages que dans l'industrie; en se localisant et se spécialisant, la fonction se précise et se perfectionne : mais en même temps chaque organe, chaque partie de l'organisme devient indispensable à la vie du tout qui périt quand celte partie se trouve profondément atteinte.

Mais, même chez les animaux, tous les actes vitaux ne se localisent pas dans des organes et dans des appareils déterminés ; à côté des fonctions spéciales, comme la digestion, la circulation, l'innervation, il en est d'autres, plus générales, qui ont pour siège toutes les parties, tous les éléments de l'organisme ; tels sont l'accroissement, la nutrition, la production de chaleur. Ces actes, essentiels à la vie, ne méritent pas le nom de fonctions, qui doit être réservé aux actes combinés et coordonnés pour un but déterminé, comme la digestion.

Spécialité et perfectionnement successif des organismes. — Si l'on examine la série animale depuis les êtres les plus simples jusqu'aux êtres les plus complexes, on voit l'organisation se perfectionner peu à peu par transitions presque insensibles.

Tout à fait en bas, en prenant d'abord les organismes unicellulaires, on trouve des êtres tout à fait homogènes {monères d'Ha^ckel) et constitués par une simple masse de protoplasma; à un degré plus élevé, la couche la plus extérieure, la surface limitante de cet organisme rudimentaire acquiert une consistance plus grande que celle de la masse intérieure; bientôt certaines parties se différencient pour servir à une fonction déterminée; telle est l'apparition d'organes locomoteurs, soit temporaires {pseudopodies des radiolaires), soit permanents (cils vibratiles des infusoires ciliés); telle est celle des organes reproducteurs, noyau et nucléole, chez les infusoires.

Dans les animaux multicellulaires, cette spécialisation se continue. La spécialisation ne porte d'abord que sur les éléments cellulaires ; puis elle s'étend plus loin; de véritables organes apparaissent, cavité digestive, muscles et ces organes eux-mêmes finissent par se grouper en appareils. C'est au mode spécial d'activité de ces organes et de ces appareils qu'on donne le nom de fonctions.

Si nous prenons le degré supérieur de spécialisation fonctionnelle tel (ju'il se présente chez l'homme, par exemple, nous pouvons concevoir l'organisme de la façon suivante, en le réduisant schématiquement à sa plus simple expression (fig. 4).

Il est constitué par :

\° Des organes profonds, organes de mouvement ou muscles (fig. \) (1), et organes nerveux (2) ;

2° Des organes superficiels qui isolent l'organisme du milieu extérieur ; surfaces épithéliales, qui se divisent en A, surfaces d'introduction (o) pour

PLACE DE L'HOMME DANS LA NATURE. ^1

l'oxygène et les matériaux nutritifs, et B surfaces d'élimination (6) des déchets *

3« Des ao-ents, sang et globules sanguins (4), qui portent l'oxygène et les matériaux nutritifs des surfaces d'introduction aux organes profonds et portent les matériaux de déchet de ces organes profonds aux surfaces d'élimination ;

4° Un organe reproducteur, mâle ou femelle (3) ;

o« Une masse de remplissage et de soutien, substance connective (7).

Cette spécialisation d'organes et de fonctions peut se suivre non seulement dans la série, mais aussi dans l'évolution même d'un organisme. Qu'on prenne, par exemple, l'homme tout à fait à sa naissance ; on le verra d'abord constitué par une seule cellule ou ovule; il représente à cette première

Fig. 4. — Schéma de l'organisme (').

phase de son existence un animal unicellulaire ; puis cette cellule se segmente et se multiplie en plusieurs cellules; il devient agrégat pluricellulaire ; toutes les cellules qui composent l'embryon à cette période sont identiques, et l'œuf segmenté ressemble à un rhizopode dépourvu de pseudopodies. Bientôt une partie de ces cellules se différencie des autres : trois feuillets se forment qui donneront naissance à tous les organes, et chacune des étapes parcourue par l'homme dans son développement rappelle un être inférieur.

L'analogie est encore plus frappante si, au lieu de comparer les divers stades de développement de l'homme aux animaux complètement développés, on les compare aux divers stades de développement des animaux ; ce n'est même plus de l'analogie, c'est presque de l'identité (voir aussi sur ce

(*) A, surface d'introduction. — R. surface d'élimination. — 1. éléments musculaires. — 2, éléments neiveux. — 3, élément reproducteur. — 4. globules sanguins et sang. — 5, éléments épithéliaux d'absorption. — 0, éléments épithéliaux d'élimination. — 7, éléments connectifs. — La direction des flèches indique la direction du courant nutritif et du courant s;inguin.

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sujet les chapitres : Génération et Reproduction de la physiologie générale de l'individu et le chapitre : De l'origine des espèces).

Place de l'homme dans la nature. — Si l'on suit pour l'homme les principes qui guident les naturalistes dans leurs classifications, il ne peut y avoir de doute sur la place qu'il faut lui assigner dans la série animale. Anatoniiquement et physiologiquement, l'homme appartient à l'ordre des primates dont il constitue la première famille, et même les caractères sur lesquels on se base pour le séparer des singes anthropomorphes sontloin, au point de vue zoologique, de justifier cette séparation, car il y a certainement entre les anthropomorphes et les singes inférieurs des caractères différentiels plus importants (juc ceux qui existent entre les anthropomorphes et l'homme. Il suffira pour le prouver de passer rapidement en revue les caractères communs à ces deux groupes et les caractères qui les distinguent (1).

Caractères communs. — Non seulement l'organisalion des singes anthropomorphes est construite sur le plan général de l'organisation humaine, mais les ressemblances se continuent jusque dans les plus petits détails ; aussi, pour ne pas tomber dans une énumération inutile, je me contenterai de rappeler, parmi les caractères communs, ceux seulement dont sont d&pourvus les singes inférieurs.

La colonne vertébrale du gorille et du chimpanzé (fig. ;)) possède le même nombre de vertèbres que celle de l'homme; on a admis, il est vrai, chez le gorille, treize vertèbres dorsales; mais, en réalité, la vertèbre comptée comme treizième dorsale est simplement la première lombaire dont l'apophyse costiforrae s'est détachée et allongée de façon à former une treizième côte, anomalie qui n'est pas très rare chez l'homme. Le bassin, quoique plus étroit et plus allongé, a la forme générale du bassin humain, tandis que chez les autres singes il se rapproche du bassin des quadrupèdes. La torsion de l'humérus est, comme chez l'homme, de 180 degrés, et l'olécrâne est aplati d'avant en arrièi^e, au lieu de l'être transversalement, comme chez tous les autres mammifères (Ch. Martins). La ressemblance se retrouve dans le squelette de la main et du pied (fig. 6), malgré le nom si mal justifié de quadrumanes donné aux singes par Butîon et Cuvier, et Huxley a prouvé, d'une façon irréfutable, qu'en réalité les singes sont, comme nous, bipèdes et bimanes.

Le cerveau de l'homme et des anthropomorphes (fig. 7) présente les quatre caractères suivants qui n'existent que chez eux et font défaut chez tous les autres mammifères: 1° lobe olfactif rudimentaire ; 2° lobe postérieur recouvrant complètement le cervelet ; 3° existence d'une scissure de Sylvius bien dessinée ; 4° présence d'une corne postérieure dans le ventricule latéral.

Le système musculaire, sauf une ou deux exceptions qui seront mentionnées plus loin, olîre la môme disposition dans les deux groupes, et ce qu'il y a de significatif, c'est qu'un muscle, le muscle acromio-basUaire, qui existe chez la plupart des singes non anthropomorphes, manque chez le gorille comme chez l'homme.

Les callosités des fesses manquent chez les anthropomorphes; les ongles ont la forme de l'ongle humain ; les organes des sens ont la même structure.

Il en est de même des organes contenus dans les deux cavités splanchniques ; l'appendice vermiculaire, qui manque chez les autres singes, existe chez les anthropomorphes; le foie, nouveau trait de séparation, est construit sur le type humain,

(1) Les singes antlu'opomorphes comprennent quatre genres : le Gorille, le Chimpanzé, l'Orang-outang ot le Gibbon.

PL\t:E DE L'HOMME DAÎSS L.\ NATURE.

les poumons aussi, et le lobe azygos impair, qu. existe chez les singes inférieurs,

manque chez eux comme chez I homme. ^hiinne se rap-

La station est bipède (lig. o) et l'attitude du corps, légèrement oblique, se rap

firochc plus de la verticale que de l'horizoïitaic, tandis que chez les autres singes rattilude est franchement horizontale; les anthropomorphes sont des bipèdes imparfaits, niais ce sont des bipèdes. Dans la marche ils ne se servent de leurs membres antérieurs qu'accessoirement et pour se soutenir; ils n'appuient jamais sur la paume de la main, mais toujours sur la face dorsale des doigts légèrement

fléchis, seul exemple dans les vertébrés ; la face palmaire de la main, comme le dit Broca, ne devient jamais plantaire. Les mouvements des membres supérieurs sont analogues aux mouvements des bras de l'homme, et l'excursion de la supination, qui, chez les autres singes, n'est que d'un angle droit, est chez eux de 180 degrés.

La ressemblance des singes anthropomorphes avec l'homme est surtout marquée dans le jeune âge; un fœtus de singe ressemble à s'y méprendre, sauf la taille, à un fœtus humain. Après la naissance, non seulement les jeunes chimpanzés et les jeunes orangs sont plus doux, plus caressants, plus intelligents, mais encore leur squelette, et en particulier leur crâne, présente les caractères du crâne humain ; puis peu à peu, avec la puberté, les caractères bestiaux, tant physiques que psychiques, se dessinent de plus en plus et finissent par prédominer. La même remarque a été faite pour les diverses races humaines : le négrillon, par exemple, est vif, intelligent et apprend aussi facilement qu'un enfant européen; mais, à la puberté, il se fait un changement notable, de sorte que la différence entre un nègre et un blanc adultes est bien plus grande qu'entre deux enfants de ces deux races.

Caractères distinctifs. — Les courbures à convexité antérieure de la colonne vertébrale sont peu prononcées et le rachis a la forme générale d'an arc à concavité antérieure. Le promontoire est faiblement marqué. Les os iliaques sont plus étroits; les dernières vertèbres lombaires sont enfoncées entre ces os et les vertèbres sacrées et coccygiennes rappellent d'une manière frappante des rudiments de vertèbres caudales. La cage thoracique est largement évasée par sa base. La capacité du crâne est plus faible chez les singes anthropomorphes que chez l'homme : le plus faible chiffre observé chez l'homme par Morton a été de 970 centimètres cubes ; le plus grand chiffre trouvé chez le gorille est de o39 centimètres cubes ; il y a donc entre les deux une différence de 431 centimètres cubes ; mais cette différence perd de son importance si on considère qu'on a trouvé des crânes humains d'une capacité de 1,781 centimètres cubes; il peut donc y avoir entre des crânes humains des différences de 811 centimèbres cubes, bien supérieures, par conséquent, à la différence de 431 centimètres cubes, qui existe entre l'homme et le gorille.

Le trou occipital (fîg. 8, d) est situé chez le gorille dans le tiers postérieur de la base du crâne; les os de la face, spécialement les os maxillaires, prédominent sur le crâne proprement dit (sauf cependant chez le chrysothrix, qui n'appartient pas au groupe des anthropomorphes) ; les arcades sourcilières sont épaisses, saillantes et recouvrent le rebord orbitaire. L'angle facial de Camper, de 70 à 80 degrés chez l'homme, descend à 40, 33 et 30 degrés chez les anthropomorphes, sauf dans le jeune âge où il peut atteindre 60 degrés ; dans le chrysothrix il monte à 63 ou 66 degrés. L'angle alvéolo-condylien (1), très voisin de 0 degré chez l'homme, est de plus de 19 degrés en moyenne chez le gorille. Quant à l'angle de Daubenton (2), il est trop variable pour fournir un caractère distinctif (Broca).

On a voulu faire de l'absence de l'os intermaxillaire une caractéristique de I homme; mais il est bien prouvé aujourd'hui, par les recherches de Gœthe et de Vicq-d'Azyr, confirmées par les recherches modernes, que cet os intei^axillaire existe aussi chez lui; seulement sa soudure est plus précoce.

L'ordre de soudure des sutures crâniennes présente aussi quelques différences :

(1) L'angle alvéolo-coiidylieu est compris outre le plan alvéoIo-condylien et le plan déterminé par les deux axes orbitaires.

(2) L'angle de Dauhenton ou angle occipital est constitué par deux plans : i" le plan du trou occipital; 2° un plan (|ui passe par le bord postérieur du trou occipital et le hord inférieur de l'orbite.

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Fig. 6. — Pieds d'homme, de gorille et d'omng (*).

voûte, spécialement la suture frontale; ce serait le contraire chez les singes antliro-

(*) ca, calcanéum. — as, astragale. — se, scaphoïde. — aa\ interligne tarso-métatarsieii. — ôi', interligne niétatarso-plialangien. — ce', ligne joignant les extrémités des troisièmes phalanges. — D'après Huxley.

(**) L'hémisphère droit a été en partie enlevé pour laisser voir le ventricule latéral du même côté. — a. lobe postérieur. — 6, ventricule latéral. — c, corne postérieure. — jc, iictit hippocampe.

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pomorphes ; la suture frontale se fermerait très vite, arrêtant ainsi le développement du cerveau, et les sutures de la base, restant plus longtemps ouvertes, permettraient le développement prédominant de la face.

I^a dentition p^é^;ente quelques caractères distinctifs, mais peu importants. La formule dentaire est la même que chez l'homme, aussi bien pour les dents permanentes que pour les dents de lait, et, contrairement à l'assertion de quelques auteurs, l'éruption des dents de lait paraît se faire dans le même ordre que dans l'espèce humaine (Magitot, Giglioli). Le caractère distinctif le plus important est le développement des canines, très proéminentes, surtout chez le gorille; elles forment des sortes de défenses qui se placent dans un intervalle (barre ou diaslème) de l'arcade dentaire opposée. Quant aux gouttières longitudinales de la face externe des molaires, on les retrouve souvent sur les molaires humaines.

Les circonvolutions cérébrales sont moins développées chez les anthropomorphes. D'après Bischofî, la disposition des plis encéphaliques ne serait pas la même chez l'orang et chez l'homme, et, pour retrouver l'analogie, il faudrait comparer le cerveau de l'orang au cerveau d'un fœtus humain de la seconde moitié du huitième mois. En outre, le bec de l'encéphale, saillie du lobe antérieur qui correspond à la fossette olfactive, existerait chez les anthropomorphes et ferait défaut chez I homme. Gratiolet admettait que le cerveau de l'homme dans son développement suivait un ordre inverse de celui qui était suivi par le cerveau des singes ; chez l'homme les circonvolutions antérieures apparaîtraient les premières, tandis que chez les singes elles apparaissent les dernières. Mais les faits sont loin d'être d'accord avec la loi posée par Gratiolet, et d'ailleurs les occasions d'examiner des cerveaux de fœtus d'anthropomorphes ont été trop rares jusqu'ici pour que Ton puisse formuler des conclusions absolues.

En résumé, ces caractères distinctifs se réduisent en somme à très peu de chose et ne justifient pas la dénomination d'archencéphales admise par Owen pour le premier groupe des primates et la séparation de ce groupe d'avec les autres mammifères dans sa classification (1).

La main ressemble à la main humaine; le pouce est seulement plus petit, surtout chez l'orang, où il présente quelquefois cette singularité d'être dépourvu d'ongle aux membres postérieurs ; le carpe de l'orang et du gibbon possède aussi un os surnuméraire, mais la main du gorille est tout à fait l'analogue de la main de l'homme et s'en rapproche beaucoup plus que de celle de l'orang. Les plis de flexion de la paume ont une disposition trop variable pour qu'on puisse en tirer quelques conclusions.

Même ressemblance pour le pied, avec cette seule difTérence que l'articulation du gros orteil est plus lâche et que le premier métatarsien, au lieu de s'articuler avec la face antérieure du premier cunéiforme comme chez l'homme, s'articule avec la partie interne de cet os, ce qui permet un certain degré d'écartement, mais non un véritable mouvement d'opposition du gros orteil.

Pour le système musculaire, il y a à signaler chez tous les anthropomorphes quelques muscles qui font défaut chez l'homme, sauf dans les cas d'anomalie : 1° un muscle qui va de la partie externe de la clavicule à l'apophyse transverse de la première cervicale (m. omo-cervical de Bischofî) ; 2° un faisceau qui part du tendon du grand dorsal et se rend à l'épitrochlée. Le long fléchisseur du pouce

(1) Owpn partage le? mammifères en quatre classes : 1° los archencéphales, qui comprennent le seul genre homme ; 2" le? r/yrencéphaîes, dont le cerveau est recouvert de circonvolutions; 3° les lissencép/iales, dont le cerveau est lisse ; 4° les lyencép/iales, dont les deux hémisphères ne sont pas réunis par un corps calleux.

PLACE DE L'HOMME DANS LA NATURE

manque chez le gorille, l'oran, et le chimpanzé; h- palmaire grêle ^^^^^^ propre de l'index chez le gorille. Le court fléchisseur du pouce ne m.nqu. pas

AXJSTKAXilAN.

CHRTSOTHHIX.

CYJNOCEPHAÏ4US.

F\'^. 8. — Cvilnes comparés d' AitstraUen cl de divrrs aiiigcs, d.'uprrs llii.rli'if [*).

chez les anthropoïdes, comme le prétend Bischoff. Le plantaire grêle existe chez le chimpanzé, mais manque dans les trois autres genres. En somme, il y a do

(•) Pour montrer le rapport de la face au cnine, dans les six figures la cavitô crànionno a la môme longueur. I,a ligne 6 donne le plan de la ti'nte du rervelet qui sépare le cerveau du cervelet. La ligne d représente l'axe du trou occipital. La ligne c, perpendiculaire à b, indique de quelle quantité le c('r\eau déborde le cervelet. L'espace occupé par le cervelet dans la cavité crânienne est indiqué en noir. — Le mycete^ est l'alouate, le c/irijsolhrix, le saimiri (Huxley, Plnri> île Vliommi' dtivx lu nature, 1868).

grandes variétés dans le système musculaire ; mais il est à noter que ces mêmes variétés se retrouvent chez l'homme et que les dispositions que je viens de signaler se rencontrent fréquemment chez lui à l'état d'anomalie.

Le gorille, le chimpanzé et l'orang possèdent des sacs laryngiens qui renforcent la voix; mais ce qui atténue la valeur de ce caractère, c'est qu'ils s'implantent sur les ventricules de Morgagni dont ils sont des diverlicules et qui existent aussi chez l'homme ; c'est qu'ils ne se produisent qu'après la naissance, sous l'influence des efforts vocaux, et qu'enfin ils manquent chez le gibbon.

Les organes génitaux offrent quelques différences plus marquées. L'os de la verge existe chez tous les anthropomorphes. Le pénis de l'orang s'éloigne le moins du type humain ; le gland est bien cylindrique, il est vrai, au lieu d'être conique, mais il est entouré à sa base d'un petit prépuce pourvu d'un frein (Duvernoy). Le chtoris est plus volumineux que dans l'espèce humaine.

Enfin, pour terminer, les proportions des membres supérieurs et inférieurs sont diflérentes. Voici, d'après Huxley, les longueurs relatives du bras, de la jambe, de la main et du pied, eu égard à la longueur de la colonne vertébrale supposée égale à 100 (comparez à ce sujet la figure o) :

Européen. Boschiman. (îorillp. Chimpanzé. Orang.

Colonne V('rt(''l)rale 100 100 100 100 100

Bras 80 78 115 96 122

Jambe 117 no 96 90 80

Main 26 26 :i6 43 48

Pied .32 41 39 52

Quels sont donc, en résumé, ces caractères distinctifs? Capacité crânienne plus faible ; recul du trou occipital ; angle facial plus petit ; précocité de la soudure frontale et retard des soudures de la base, développement des canines ; brièveté du pouce ; articulation plus lâche du gros orteU ; bec de l'encéphale ; quelques différences musculaires; sacs laryngiens; os de la verge; volume du clitoris; différence de proportion des membres. Mais dans tous ces caractères, y en a-t-il un seul qui ait effectivement une importance capitale? Pour résoudre la question, il suffira de mettre en regard les caractères, bien autrement importants, qui distinguent les singes anthropomorphes des singes inférieurs. Crâne plus éloigné du crâne des singes anthropomorphes que celui-ci ne l'est du crâne humain (sauf pour le chrysothrix) ; formule dentaire différente ; 20 dents de lait au lieu de 24 ; 36 dents permanentes au lieu de 32 ; squelette constitué pour la station horizontale et la marche quadrupède ; main appuyant par sa face palmaire dans la marche ; absence des quatre caractères cérébraux indiqués plus haut; absence d'appendice vermiculaire ; foie et poumon construits sur un tout autre type ; présence du lobe pulmonaire azygos.

Tous ces faits ne prouvent-ils pas qu'il y a plus de distance, au point de vue de l'organisation, entre les singes inférieurs et les anthropomorphes qu'entre ceux-ci et l'homme? et, quelqu'organe, quelque partie qu'on prenne, on arrivera toujours au même résultat.

Anatomiquement, il serait plus facile de faire un homme d'un gorille qu'un gorille d'un cynocéphale.

Il n'y a donc pas, au point de vue anatomique et physiologique, de ligne de démarcation tranchée entre l'homme et les singes anthropomorphes; quant à savoir si cette ligne de démarcation doit être cherchée dans les fonctions psychiques, c'est une question qui a déjà été traitée dans le premier chapitre et qu reviendra à propos des fonctions cérébrales.

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