I II
Cérébrine 5,18 p. 100 11,30 p. 100
Lécithine • H, 80 32,;)7
Cholestérine 5,61 12,22
Acides gras 54,18
Albuniiiioïdes 10,89 36,80
Névrilème, etc 1,00 4,0i
Neurokératiue 1,40 3,07
La colonne I comprend les acides gras ; comme ils proviennent probablement de la graisse du tissu connectif interstitiel, on a, en les éliminant, les chiffres de la colonne II qui répond plutôt à la composition de la substance blanche pure.
Caractères micro-chimiques des éléments nerveux. — Le cylindre-axe est constitué par une substance albuminoïde distincte de la myosine; il donne une coloration rouge avec le réactif de Millon; par l'acide acétique il se transforme en albumine acide. Il se gonfle dans l'acide acétique étendu, se dissout dans l'eau, l'ammoniaque, la bile, les solutions étendues de potasse et de chlorure de sodium; il se durcit dans l'acide chromique, le chromate de potasse, le bichlorure de mercure; il réduit le chlorure d'or; il brunit par la teinture d'iode; il s'imprègne facilement de matières colorantes (carmin, rouge d'aniline, hématoxyline, etc.); il présente des stries transversales (stries de Frommann) par le nitrate d'argent. D'après Ehrlich, le bleu de méthylène, introduit dans la circulation de l'animal vivant, colore les libres-axes de tous les nerfs sensilifs et des nerfs des muscles lisses et du cœur, et laisse intacts les autres nerfs. Il part de là pour admettre une réaction différente des diverses espèces de fibres nerveuses pendant la vie. La myéline parait constituée surtout par de la cholestérine, de la lécithine, de la cérébrine, de l'albumine et peut-être des corps gras. Elle se gonfle dans l'eau; elle est soluble dans l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine; l'acide sulfurique la colore en rouge; elle noircit par l'acide osmique. La. gaine cleSchwann semble appartenir aux substances coUagènes; elle se dissout dans les alcalis. La digestion dans le suc gastrique et dans le suc pancréatique dissout toutes les parties du nerf et ne laisse qu'une sorte de charpente insoluble de neurokéraline.
Après la mort la substance nerveuse se durcit. On a voulu comparer ce durcissement à la rigidité cadavérique du tissu musculaire et on l'a attribué à la coagulation d'une substance analogue à la myosine. Mais jusqu'ici on n'a pu l'extraire
du nerf et ce durcissemenl ne tient peul-èlre qu'à la solidification des graisses contenues dans la myéline.
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§ 2. — Propriétés physiques »le la substance blanche.
Le poids spécifique de la gubstance blanche est plus considérable que celui de la substance grise; d'après Sankey et Danilewsky, il serait de 1041 pour la première, de 1034 pour la seconde.
La cohésion et la consistance de la substance blanche, très faibles dans les centres nerveux où le tissu connectif est très délicat et réticulé, deviennent assez fortes dans les cordons nerveux dont une partie est formée par du tissu connectif compacte. La résistance des nerfs à la distension présente une assez grande importance au point de vue chirurgical (plaies par arrachement, réduction des luxations). Tillaux et Lannelongue dans leurs expériences ont trouvé qu'il fallait un poids de 20 à 25 kilogrammes pour déterminer la rupture des nerfs médian et cubital, de 54 à 58 kilogr. pour le sciatique (70 kilos; Symington). Dans cette rupture des nerfs, c'est le névrilème qui résiste le plus longtemps, et la rupture est précédée d'un allongement du nerf de 15 à 20 centimètres.
\J extensibilité des nerfs est d'abord proportionnelle aux poids qui le tendent, puis, à partir d'un poids déterminé, d'après Wundt, les allongements n'augmentent plus proportionnellement aux poids; la courbe de l'élasticité du nerf serait représentée par une hyperbole. D'après Wertheim, le coetTicient ou module d'élasticité des nerfs serait 1,0905.
La capacité d'imhibition de la substance blanche est assez considérable d'après Marcé, comme le prouvent du reste les cas d'œdème cérébral; dans les expériences de Marcé la substance cérébrale absorbait 50 p. 100 de son poids d'eau. Cette capacité d'imhibition a été étudiée par Ranke sur la moelle de la grenouille. D'après lui, elle varie beaucoup pour les différentes substances : nulle pour le chlorure de sodium, elle est faible pour le sulfate de soude, augmente pour le phosphate acide de soude, les sels de potasse, et atteint son maximum pour l'eau distillée. Elle est plus considérable quand la substance nerveuse est en état d'activité que quand elle est en état de repos, et devient très forte quand la moelle est fatiguée par une activité exagérée ou quand elle est tétanisée. Les nerfs se comportent au point de vue de l'imbibilion comme la substance cérébrale; d'après Birkner, l'imbibition atteint son maximum au bout de 20 minutes, puis diminue pour s'arrêter au bout d'une heure. Si à l'exemple de Ranvier on isole le nerf
PHYSIOLOGIE DU TISSU NERVEUX. 621 Rciatique Pur un animal vivant et qu'on le fasse plonger dans un bain d eau à la température de l'animal, on voit qu'au bout de 20 minutes le nerf a perdu ses propriétés, l'eau ayant pénétré par imbibilion jusque dans les tubes nerveux [Leçons sur lliislologie du système nerveux, t. I, p. 200).
§ 3. — Propriétés plijsiolojyiques tles nerfs.