‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 297 sur 329 · Actes psychiques · texte numérisé non relu

Actes psychiques

La substance nerveuse est le subslratum nécessaire de tout acte psychique; sans cerveau, pas de pensée. Quelle que soit l'idée que l'on se fasse des phénomènes psychiques, qu'ils soient simplement une forme de mouvement matériel de la substance nerveuse ou le fait d'un principe supérieur agissant par son intermédiaire, il n'en ressort pas moins le fait indiscutable d'un organe pensant, même pour les actes intellectuels de l'ordre le plus élevé. Mais l'analyse intime de ces pliénomènes est excessivement difficile, et si on recherche les propriétés générales que doivent posséder les cellules nerveuses qui entrent enjeu dans les actes psychiques, on éprouve des difficultés insurmontables. Cependant, en analysant successivement avec soin tous les actes psychiques, on arrive à retrouver dans chacun d'eux certains caractères communs qui correspondent évidemment aux propriétés fondamentales des cellules nerveuses psychiques. Ces propriétés sont les suivantes :

1" L'activité des cellules nerveuses psychiques est consciente. Cependant cette assertion est loin d'être absolue, et j'ai cité plus haut des actes d'abord conscients et qui sont devenus ensuite inconscients. Il est probable, du reste, sinon démontré, que, en vertu de l'habitude et de la multiplicité simultanée des actes psychiques, ceux-là seuls sont perçus et connus qui tranchent sur les autres par leur intensité ou par quelque chose de particulier. Dans ce

PHYSIOLOGIE DU TISSU NERVEUX. '

•cas, la loi formulée plus haut serait mieux énoncée dans les termes suivants : L'activité des cellules nerveuses psychiques est consciente quand elle atteint une certaine intensité.

"2" Les cellules nerveuses psychiques ont la propriété de conserver un certain temps la modification produite dans leur intérieur par les excitations qui agissent sur elles ; ainsi les impressions persistent quelque temp« avant de s'efîacer, et Luys a pu comparer ingénieusement ce phénomène à hi phosphorescence des corps inorganiques ou mieux encore à cet emmagasinement de la lumière ohservé par Niepce de Saint-Victor sur des gravures exposées aux rayons solaires et qui, après être restées vingt-quatre heures dans l'obscurité, impressionnent encore une plaque sensibilisée. <ielte propriété, appelée rétentivifi' par (pielques psychologues, existe non seulement pour les impressions, mais pour les mouvements, les idées, etc. La modification amenée ainsi dans la cellule nerveuse peut persister à l'état latent, sans que nous en ayons conscience. Enfin, quand l'excitation cjui l'a produite se renouvelle fréquemment, la modification, de temporaire, peut devenir permanente. C'est sur cette propriété qu'est basée l'éducation.

'•V La troisième propriété est celle de la réviviscence. Une modification une fois produite et qui persiste dans une cellule psychique à l'état latent, peut, sous certaines conditions, reparaître avec assez d'intensité pour éln^ perçue et donner lieu à des actes psychiques. . La mémoire est fondéi' sur ce phénouiène de réviviscence.

4" Quand deux modifications successives d'une même cellule nerveuse produisent, non seulement on a la conscience de ces deux modifications, mais encore on a la conscience de leur diffn-encc ou de leur ressemblance, e! l'écart des deux modifications nous fait connaître le degré de la ressemhlance ou de la différence.

5° Les modifications produites dans une cellule nerveuse peuvent à leur tour agir comme excitant initial sur d'autres cellules nerveuses du même groupe ou des groupes voisins, et elles agissent de préférence sur les cellules qui ont été excitées souvent en même temps qu'elles ou après elles: de là les associations d'idées, de mouvements, de souvenirs, et ces associations sont tellement fortes qu'elles se produisent malgré nous; ainsi, on chante sans Ile vouloir, et même contre sa volonté, un air dont les premières notes vous ■reviennent à la mémoire.

()° Kniin, faut-il accorder aux cellules psychiques une propriété qui 1(Mufst attribuée par beaucoup d'auteurs et qui les distinguerait radicalement .(les autres cellules nerveuses, à savoir, celle d'entrer spontamiment en activité, autrement dit la spontanéité? Je ne le crois pas, pour ma part, et j'ai déjà donné ailleurs les raisons qui font penser le contraire. Ce qui induit eu erreur, c'est la difficulté de retrouver le phénomène initial qui a été le i)oint <le départ de l'activité cellulaire; mais si l'on réfléchit que ces excitations initiales peuvent partir non seulement des surfaces sensibles, mais encore d'autres centres nerveux, il n'y a rien d'étonnant à ce que ces excitations initiales passent inaperçues dans la plupart des cas.

Nous avons vu .pie, dans les centres moteurs, il y a une sorte de hiérar-

Page 1