LIVRE TROISIÈME
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
cliie dei)ui> ceux qui ne commandcnl qu'à un seul muscle jusqu'à ceux qui commandeul à un ensemble de mouvements complexes, comme la marche ; dans les centres psychiques on retrouve aussi cette hiérarchie depuis les cellules inférieures qui reçoivent les impressions brutes parties des surfaces sensitives juscpTaux cellules supérieures qui servent aux opérations les plus élevées de l'intelligence. Ces cellules devront donc présenter et elles présentent en elTel, outre les propriétés fondamentales énumérées tout à l'heure, des propriétés nouvelles.
La première de ces propriétés, c'est celle de concentrer ou de fusionner les uiodifications produites dans deux ou plusieurs cellules nerveuses d'ordre iuférieur. Un exemple le fera comprendre. Je vois une pierre; l'excitation produite sur la rétine par les vibrations lumineuses se transmet jusqu'à un centre nerveux et y détermine une modilication particulière qui constitue une sensation visuelle correspondant à la vue de la pierre; je touche cette [lierre et j'ai de même une modification particulière d'un autre centre ou srnsntion tactile; je presse contre cette pierre ou je la soulève, et j'ai une troisième espèce de modification d'un centre différent des deux précédents ou une sensation musculaire. Voilà donc trois iViodifications, trois sensations distinctes ayant pour siège trois centres nerveux difïerents; mais l'excitation ne s'arrête pas là ; elle se transmet à un centre plus élevé qui est en connexion avec ces trois centres nerveux inférieurs et qui fusionne ces trois clioses, sensation visuelle, sensation tactile, sensation musculaire, en une idée de quelque chose ayant telle couleur, telle surface, telle résistance, idée de la pierre que nous avons vue, touchée, palpée, sorte de moyenne des trois sensations primaires qui la constituent. C'est là le premier pas vers la généralisation et l'abstraction, et successivement à mesure que les excitations se transmettent de proche en proche à des centres plus élevés, les notions qui en résultent deviennent de plus en plus générales pour aboutir enfin aux généralisations les plus hautes du temps, de l'espace et du mouvement.
Une deuxième propriété de ces centres nerveux supérieurs est celle de reconnaître les coexistences et les successions, d'avoir la conscience que deux excitations qui agissent sur le centre agissent simultanément ou successivement. Il y a cependant des limiles à celte propriété et on verra plus loin, dans l'étude des sensations spéciales, que deux sensations successives, quand elles so suivent très rapidement, nous paraissent simultanées. Ce fait s'explicpie par cette loi générale, déjà mentionnée, que pour qu'une excitation influence un centre nerveux et surtout pour qu'elle devienne consciente, il faut qu'elle ait une certaine durée (Voir aussi sur ces questions le chapitre de la Psychologie physiologique de la Physiologie spéciale).