MOYENNE
exjjériences.
Graisse
Tieffenbach a trouvé une décroissance du sucre du sang artériel à mesure qu'on s'éloigne du cœur.
PUIiNCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME.
D'après Otto, le sang de la mère et le sang du fœtus contiennent les mêmes proportions de sucre.
On voit que la i|uantilé de sucre du sang varie surtout suivant l'alimentation. Hlle augmente par une nourriture amylacée ou sucrée et diminue par la graisse. L'alinientalion de viande et l'inanition ne paraissent pas avoir une grande intluence. Cependant il y a dans le tableau précédent des coniradictions dilTicHes à expliquer et qui tiennent probablement à des conditions expérimentales encore mal connues. L'augmentation du sucre du sang par les hydrocarbonés se montre de suite après l'introduction dans l'estomac et atteint son maximum au bout de trois ou quatre heures (chien); mais cette augmentation est loin de correspondre à la quantité de sucre qui disparait par résorption dans l'intestin. La ligature de la veine cave inlërieure au-dessus de l'embouchure des veines rénales augmente la quantité de sucre du sang (sang de la carotide; Seegen). La môme augmentation s'observe dans le sang asphyxique (Dastre). Au contraire la ligature du canal Ihoraoique (Bock et llotïmann), Visolemejit du /'oie sur l'animal vivant (Seegen) produisent une diminution. La saignée ne pai'aît pas faire varier la proportion de sucre du sang (Otlo) ; elle égaliserait seulement les proportions de sucre dans le sang artériel et dans le sang veineux; ({uelques auteurs ont cependant signalé une augmentation.
Dans les conditions ordinaires, la quantité de sucre du sang présente une assez grande constance ; quand cette quantité dépasse une certaine limite (0,4 à 0,6 p. \ 00), le sucre apparaît dans les urines, il y a glycosurie ou diabète. Le foie serait donc l'organe chargé de régler la proportion de sucre dans le sang. Aussi après la ligature de la veine porte ou dans les cas de cirrhose hépatique amenant son oblitéi-ation, il sut'llt de l'ingestion de quelques grammes de sucre pour que le diabète se produise, tandis qu'à l'état normal il eu faut de 50 à 80 grammes.
Sucve du foie. — Le sucre du foie se trouve réparti également dans toutes les parties du foie, qui constitue à ce point de vue une unité physioIogi(j[ue. Ce fait, qui a été nié par quelques auteurs, a une certaine importance, eu égard aux expériences dans lesquelles on dose les proportions de sucre du foie dans un fragment soumis tà diverses conditions expérimentales et dans un autre fragment pris comme contrôle.
Le sucre existe dans le foie aussi bien pendant la vie qu'après la mort.
L'existence de sucre dans le foie pendant la vie a été constatée par Cl. Bernard. Il a démontré que ce sucre existe même quand l'animal a été soumis à une alimentation de viande absolument dépourvue de matières amylacées ou sucrées pouvant fournir du glucose au foie. Seulement ce sucre y existe en très petite quanlité (2 cà 5 pour 1,000) parce qu'il passe au fur à mesure dans le sang des veines hépatiques.
Ces conclusions de Cl. Bernard ont été attaquées par un certain nombre de physiologistes et en particulier par Pavy, Schiff, etc. D'après eux la formation de sucre ne serait qu'un phénomène cadavérique et ne se produirait pas pendant la vie, sauf dans des conditions anormales. En prenant sur l'animal vivant un fragment de foie, on n'y trouverait Jamais de glycose, contrairement à l'assertion de CI. Bernard. Lussana, ïiefTenbach, etc., sont aussi arrivés sur ce pointa un résultat négatif. Dans un certain nombre de recherches sur ce sujet faites par moi sur des animaux adultes ou nouveau-nés (chien, chat, cobaye, pigeon), le foie pris avec les précautions indiquées plus haut fournissait un liquide qui. '^lans la plupart des cas, ne réduisait pas la liqueur de Barreswill, tandis que la réduction avait heu quand le foie n'était pris qu'au bout de quelques minutes. Dans les cas
où la réduction avait lieu avec le foie pris immédiatement, l'animal avait été chloroformé ou s'était livré à des mouvemenis brusques qui avaient certainement produit des troubles de la respiration et de la circulation du foie.
Dans des expériences ultérieures, Pavy est revenu sur quelques-unes de ses assertions : il a trouvé par exemple, dans le foie pris sur l'animal vivant 0,2 à 0,o pour 1,000 de sucre. Seegen a constaté des proportions plus fortes, 0,40 a 0,55 p. 100 chez le chien, 0,56 p. iOO chez le lapin, 11 faut remarquer à ce sujet que cette proportion de sucre est sujette à varier suivant que le fragment du foie soumis il l'ébuilition est plus ou moins volumineux et suivant la quantité de sang qu'il peut retenir dans son lissu.
Après la mort, le foie contient du sucre et la proportion de ce sucre augmente à mesure qu'on s'éloigne du moment où le foie aélé extrait du corps de l'animal. C'est ce que démontre la célèbre expérience du lavage du foie de Cl. Bernard (1855). On extrait le foie d'un animal qui vient d'expirer, et on fait passer à travers ce foie par la veine porte un couiant d'eau froide ; cette eau de lavage est d'abord sucrée, puis le sucre y din)inue peu à peu et finit par disparaitre ; le foie à ce moment ne contient plus de glycose ; si on l'abandonne alors à lui-même, la glycose s'y reforme de nouveau, et on constate en même temps que la substance glycogène ({u'il contenait disparaît graduellement. Cette formation de glycose posi morlem dans le foie est accélérée par la chaleur, arrêtée par une température de 0", ainsi que par une température élevée (température de l'ébuilition). Les chiffres suivants, empruntés à Daltoii, donnent une idée de la rapidité de cette giycosogénie po.si morlem; il a trouvé dans un cas les (Quantités suivantes de glycose dans le foie après l'extraction de l'organe sur l'animal vivant :
Après 5 secondes 1,8 p. 1000
— 15 minutes G, 8 —
— 1 heure 10,3 —
Cette expérience démontre donc d'une façon incontestable que du sucre se forme dans le foie après la mort. On verra plus loin le mécanisme de cette formation.
La quantité de sucre du foie est plus grande chez les animaux bien nourris; elle augmente sous rinfluence de l'éther, du chloroforme, de la morphine, par l'interruption de la circulation hépatique ou toutes les causes de divers genres qui troublent cette circulation, après la ligature du canal cholédoque (Moos). Elle diminue au contraire par l'inanition, dans l'intoxication par le curare (?), par la ligature de la veine porte (Cl. Bernard a cependant obtenu un résultat diflerent). Dans l'hibernation, le sucre ne disparaît pas du foie. Chez les grenouilles, le sucre disparait du foie dans la deuxième moitié de l'hiver (Schitl").
L'influence de l'alimentation sera étudiée plus loin (voir aussi le tableau de la page liO).
Origine du glucose. — Le glucose qui se trouve dans les organes et dans les liquides de lorganisnie peut avoir une double origine. Il peut provenir de l'alimentation; il peut être forme dans l'organisme.
A. Origine de l'alimentation. — Le glucose contenu dans l'intestin provient de l'aliinentation. Sous l'influence de la salive et du suc pancréatique, les aliments amylacés se transforment en glucose; il s'en forme de môme aux dépens des sucres ingérés avec les aliments. Une partie de ce glucose est absorbé dans l'intestin et passe ainsi dans le sang et peut-être dans le chvle. Quand la quantité de sucre ainsi absorbée est considérable comme
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dans le cas d'une alhnenlation riche en sucre, ce glucose fait hausser la proportion du sucre du sang- de la veine porte, peut traverser le foie et passer dans la circulation générale. Nous verrons tout à l'heure quelles réserves il convient peut-être de faire sur ce point.
B. Origine du sucre formé dans l'organisme. — 1° Formation du sucre dans le foie. — Théorie de CL Bernard. Formation du sucre aux dépens du glj/cogènedu foie. — On a vu plus haut que l'expérience du lavage du foie de Cl. Bernard a démontré la production de sucre dans le foie après (a mort. D'après la doctrine classique de Cl. Bernard le sucre se formerait aux dépens de la subslanceglycogéne et celte substance glycogène disparaîtrait au fur et à mesure que le sucre se produit. Cette transformation est une véritable fermenlalion. On sait que tous les lermentsdiastasiques, les ferments solubles de la salive et du suc pancréatique, que tous les tissus animaux contenant une substance albuminoïdc soluble opèrent celte transformation. Mais dans le cas actuef, d'après Cl. Bernard, elle serait due à un ferment spécial, ferment hépatique, qui existe dans les cellules hépatiques et dont il peut être e.vlrait, même sur un foie exsangue, par les procédés d'extraction delà ptyaline (i). Ce ferment hépali(pie est détruit par l'ébullition ; aussi (|uand on projette dans l'eau bouillante un fragment de foie, la transformation du glycogène en glucose ne se l'ait plus, le ferment étant détruit; mais elle recommence si on ajoute un rcrmeut diastasique.
L'origine de ce ferment liépalique est encore douteuse. Il paraît venir du sang et être fi.xé par les cellules hépatiques, mais où le sang le prend-il ? Est-ce la ptyaline résorbée dans l'iatestin ? Est-ce un simple produit formé au moment de la destruction des tissus (Lépine), ou des globules sanguins (Van Tiegel)?Ce dernier observateur a vu en elFet que les globules, au moment de leur destruction, transforment le glycofièiie eu glycose à la température de 35" ; la même chose se passerait dans les capillaires du foie. Je rappellerai encore que la bile contient un ferment diastasique qui pourrait aussi jouer un rôle dans cette transformation du glycogène en glycose. Ou a vu plus haut cpie le glycogène diminue dans le foie, taudis que le sucre augmente par la ligature du canal cholédoque. D'après Scbiff, le ferment hépatique ne se formerait dans le sang qu'après la mort ou pendant la vie dans le sang stagnant ou ralenti.
L'existence de ce ferment hépatifpie spécial n'est pas admise par tous les auteurs. Ainsi Seegen et Kratschmor, malgré toutes les précautions possibles, n'ont pu isoler du foie pris, soit après la mort, soit sur l'animal vivant, d'autre ferment que des traces du ferment diastasique qu'on retrouve dans tous les tissus.
De la production du sucre dans le foie après la mort, Cl. Bernard a conclu que ce sucre se produisait de même pendant la vie aux dépens de la substance glycogène. Que du sucre se forme ainsi dans le foie pendant la vie, c'est ce que prouvent d'une façon irréfutable les analyses comparées du san- de la veine-porte et du sang de la veine hépatique, analyses dont les résultais
(I) Préparation du ferment hépalique (procHlé de Cl. Bernard). Le foiii (L-ljari-a'^sp du sau- (luil contuMit par une injection intra-vasculaire est brové, (l.-layc dans nu itre ou cniq fuis sou poids do glycérine pure, et laissé ainsi deux à^trois jours ; la solution fillree contient le ler.uont et peut se conserver indr.finiuient. Pour obtenir le fenueni il sullit de le précipiter par falcuol et de le redissondre dans Teau.
ont été donnés plus haut. Mais ce sucre provienl-il en réalité de la substance glycogène ? C'est ce que Bernard crut devoir admettre en appliquant à l'aniniai vivant les résultats obtenus dans son expérience du lavage du l'oie. Rien ne paraissait plus naturel, étant donnée d'une part l'existence d'une substance facilement saccliariliable dans un organe, et d'autre- part l'existence du sucre dans le même organe, que d'établir une relation de cause à effet entre ces deux substances et de faire provenir la seconde de la première : la conclusion s'imposait pour ainsi dire logiquement. Elle paraissait d'autant plus justifiée que Cl. Bernard trouvait une corrélation entre la production du sucre et la disparition de la substance glycogène. On va voir cependant que ces conclusions ont été attaquées et que la question doit être soumise à un nouvel examen.
Objections de Seegen et Kratschmcr. — La théorie classique de CI. Bernard a été attaquée dans ces derniers temps par Seegen et Kratschmer, qui sont arrivés à des conclusions diflérenles sur le mécanisme de la production du sucre dans le foie aprèsla mort elpendaut la vie. D'après ces auteurs, la substance glycogène ne contribue en rien à la production du sucre. lis se basent sur les considérations suivantes:
i° Le sucre du foie est du glucose; le sucre qui se produit aux dépens de la substance glycogène quand cette substance est sor.mise aux ferments diastasiques, est un sucre particulier [sucre de fermentation), mélange de dextiine et de maltose.
2° Le ferment spécial admis par Cl. Bei'nard dans le foie n'existe pas.
3° Si le glucose provenait du glycogène exti'ait de l'animal, on devrait constater à mesure que la proportion de sucre augmente dans le foie une diminution graduelle du glycogène aux dépens duquel ce sucre est formé. Or celte diminution admise par Cl. Bernard n'existe pas en réalité; elle ne se réalise que chez le lapin ; mais chez tous les autres animaux examinés, chien, chat, veau, cobaye, le parallélisme n'existe pas.
A ce point de vue, il est inlèi-essant d'étudier comparalivement la marche de l'augmentation du sucre dans le foie et la marche de la diminution du glycogène.
Pour le sucre, on voit que le maximum de production a lieu dans les premières heures qui suivent la mort ou l'extraction du foie, et qu'au bout de vingt-quatre heures cette production a beaucoup diminué et peut môme s'arrêter.
La mai-che de la dinunution du glycogène est toute différente; le maximum de cette diminution tombe pZus <a/Yi; au bout de vingt-cjuatre heures la quantité de glycogène du foie est à peu près la même que de suite après l'extraction. 11 en résulte donc, contrairement à ce que croyait Cl. Bernard, que le glycogène est assez stable et ne se détruit pas si rapidement qu'on l'admet d'habitude. Cette opinion trouve un appui dans des analyses de E. Kulz.Cet auteur a trouvé les quantités suivantes de glycogène dans des foies abandonnés h la température ordinaire dans son laboratoire, un certain nombre de joui-s aprèsla mort ou après leur extraction :
Foie de porc, après 3 jours 1,36 p. 100
Foie de chien bien nourri, après 8 jour? .. 7,2 -
Foie de hojuf, après 11 jours 0,35 —
Foie d'enfant après 2G heures 5,0 —
4° Si tout le sucre du foie provient du glycogène contenu dans cet organe, cette provision de glycogène ne pourra jamais fournir qu'une quantité déterminée de sucre,
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME. lit)
jamais plus, et si on examine divers fragments d'un foie 1,2, 3, 4, etc., heures après la mort, on devra trouver dans tous la même quantité de sucre en additionnant le sucre existant dans le fragment analysé et le sucreprovenant du restant de glycogène qu'il contient. Or, très souvent il n'en est lienet le sucre produit dépasse la quanlilé de sucre qui peut être produite par le glycogène contenu dans le foie. Il faut donc bien que ce sucre provienne d'une autre substance que du glycogène.
Les auteurs concluent donc, contrairement à la doctrine classique, que, après la mort comme pendant la vie, le sucre du foie ne se forme pas aux dépens du glycogène contenu dans cet organe.
Les deux premiers arguments n'ont pas une très grande valeur et l'absence d'un ferment hépatique spécial ne ruinerait pas la doctrine de Cl. Bernard; mais les deux dernières catégories d'expériences et surtout la troisième ont une bien plus grande importance. Jusqu'ici les seuls auteurs qui aient repris celte question, Chittenden et Lambert, sont arrivés à des résultats différents de ceux de Seegen et Kralschmer et ont vu, comme CI. Bernard, le glycogène diminuer à mesure que le sucre augmentait dans le foie. Boehm et Hoffmann se rangent aussi à l'opinion de Cl. Bernard. Des analyses répétées, faites dans des conditions précises, permettront seules de trancher la ({uestion.
C. Formation du sucre dans le foie aux dépens des albuminoïdes de ralimentation(peptones). — Cl. Bernard avait déjà vu dans quelquesunes de ses premières expériences qu'une alimentation exclusive de viande pouvait augmenter la proportion de sucre du foie. J. Seegen a repris récemment la question et est arrivé à celte conclusion que dans le foie il y a une formation directe de sucre aux dépens despeptones provenant de la digestion des albuminoïdes.
L'opinion de Seegen s'appuie sur trois catégories d'expériences.
1° Ingestion de peptones. — Des chiens, préalablement soumis à un jeûne de un à quatre jours, reçoivent de 15 à 28 grammes de peptones de Darby en dissolution dans une certaine quantité d'eau ; on les sacrifie une heure après environ et on dose la proportion de sucre du foie. Cette proportion atteint 0,9G p. 100 (moyenne de dix expériences) tandis que chez des chiens pris comme terme de comparaison et privés de peptones, elle était en moyenne de 0, 40 à 0,55 p. 100.
2" Injection de peptones dam la veine-porte. — Dans une deuxième catégorie d'expériences, J. Seegen injecte dans une branche de la veine-porte une solution de de 7 à 16 grammes de peptone dans 50 grammes d'eau; les chiens étaient narcotisés par une injection d'opium ou chloroformisés. Le foie était analysé dix h quarante minutes après l'injection. Dans ces expériences, la quantité de sucre du foie fut trouvée de 0,94 p. 100 (moyenne de cinq analyses).
Dans une série complémentaire d'expériences consistant, les unes en ingestion les autres en injection de peptones, Seegen examina comparativement la proportion de sucre dans le sang de la veine hépatique ; il trouva les chiffres suivants :
Avec peptones. ( Sucre du foie 0,89 p. 100
(Moyemie de 0 expériences.) ) Surro du sang de la veine hépatique. 0,2H — Sans peptones Sucre du sang de la veine hépatique. 0,165 —
3° Digestion du foie avec une solution de peptone. — Dans cette troisième catégorie d'expériences, Seegen a cherché à démontrer directement cette transformation de peptones en sucre par le tissu du foie. Un fragment de foie est pris sur l'animal immédiatement après sa mort, et placé dans une solution de peptone avec 50 gram- Beaunis. — Physiologie, .3* édition. I. in
mes de sang dans un flacon; le flacon est maintenu pendant trois à quatre heures à la température de 30 à 3o°, et traversé par un courant d'air déterminé par un aspirateur, de façon que le sang reste rouge et artérialisé tout le temps de l'expérience. Comme contrôle, un autre fragment de foie est traité identiquement de la même façon, mais sans peptone. Le sucre est dosé dans les deux fragments au bout de quatre heures. Voici les résultats obtenus par Seegen :
Foie sans peptone 2,56 p. 100 de sucre. ) , . , . >
■ * ^. « r; (Moyenne de 5 expériences.)
toiQ avec peptone 3,54 — — )
Il y a donc eu formation de sucre par le foie en présence des peptones et probablement transformation de ces peptones en sucre. Seegen admet que les peptones se dédoublent dans le foie en sucre et en urée. 11 faut remarquer cependant que, pour être tout à fait probantes, les analyses devraient montrer une diminution de la quantité des peptones correspondante à la production du sucre.
Quoi qu'il en soit, ces expériences paraissent en effet démontrer la production de sucre aux dépens des albuminoïdes. Il faut remarquer cependant que ce n'est pas le sucre seul qui est augmenté dans ces dernières expériences, mais qu'il y a aussi augmentation des hydrocarbonés du foie (glycogène?, dextrine ?). Ainsi tandis que les foies sans peptone contenaient 2,2 p. 100 d'hydrocarbonés en moyenne, les foies traités par les peptones en contenaient 2,8 p. 100 (moyenne de cinq expériences). On pourrait donc se demander si celte production de sucre aux dépens des peptones est bien directe, et si elle n'est pas précédée d'une transformation préalable en une subtance hydrocarbonée, glycogène, dextrine ou tout autre corps analogue.
Un fait qui vient du reste à l'appui de cette transformation (directe ou indirecte) des peptones en sucre, c'est que chez les diabétiques à forme grave, nourris exclusivement de viande, la production de sucre continue à se faire.
Il ne faudrait pourtant pas exagérer cette production de sucre aux dépens des albuminoïdes, et Seegen prouve lui-même qu'elle doit être assez limitée.
Il n'y a du reste, pour en être en être convaincu qu'à réfléchir à la quantité de sucre versée par le foie dans le sang. Le sang qui sort du foie contient en moyenne 1 p. 100 de plus de sucre que le sang qui arrive au foie; d'un autre côté il passe par le foie, en vingt-quatre heures un minimum de 10 kilogrammes de sang environ par kilogramme de poids vif (voir Foie). On peut donc évaluer à 10 grammes la quantité moyenne de sucre que le sang reçoit du foie en vingtquatre heures par kilogramme de poids vif, ce qui pour un homme de GO kilos donnerait 600 grammes de sucre formés par le foie en vingt-quatre heures. Ces 600 grammes de sucre contiennent 240 grammes de carbone. En admettant que tout le carbone des albuminoïdes soit employé à la formation du sucre, il faudrait, pour couvrir ce carbone avec les albuminoïdes seuls, près de 450 grammes d'albuminoïdes et plus de 1 kilogramme 1/2 de viande. On voit donc qu'il doit y avoir une autre source pour la formation du sucre dans le foie, et cette source ne peut se trouver que dans les hydrocarbonés ou dans les graisses. Ce qui le prouve d'abord, c'est que si on dose l'azote de l'urine, ce qui donne la mesure de l'intensité de la consommation des albuminoïdes, on voit que la quantité d'albumine détruite est loin de suflire à la production du sucre formé par le foie.
D. Formation du sucre dans le foie aux dépens de la graisse de l'alimentation. — J. Seegen a cherché à prouver qu'une partie du sucre formé dans le foie provient de la graisse de l'alimentation. Il le démontre par deux catégories d'expériences.
PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME
1"* Ingestion de graisses. — Après une alimentation grasse prolongée pendant trois h. quatre jours, le foie est plus riche en sucre, tandis que la quantité de glycogène diminue et on constate en même temps une augmentation de sucre dans le sang de la veine hépatique. Le tableau suivant donne la moyenne des expériences de
Seegen