‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 68 sur 329 · CH2.COH2AZ CH2.C0H · texte numérisé non relu

CH2.COH2AZ CH2.C0H

Asparagine. Aldéhyde aspartique.

A partir de l'aldéhyde aspartique, les processus ultérieurs sont des processus de condensation que représentent les équations suivantes :

/ H2Az. CH.COH \

II) 3 I = C'2H"Az30* + 2H20

III) 6GiaH"Az30* + 6H2 + H«S = C72H»'2Az»8SO" + 2H20

Albumiue.

PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME

Lôw arriva ainsi, par une série de condensations (avec hydrogénation) successives, à la formule de l'albumine de I.ieberkiihn. On sait du reste qu'en raison de leur caractère incomplet, les aldéhydes sont des corps éminemment propres à subir des phénomènes de condensation et de polymérisation. Il faut noter en outre que si l'aldéhyde aspartique de Low n'a pas encore été isolé, on a trouvé dans beaucoup de plantes soit des aldéhydes tout formés, soit des corps qui leur donnent naissance par des dédoublements réguhers. En somme l'hypothèse de Lôw, tout en n'ayant que la valeur d'une hypothèse, mérite toute l'attention du physiologiste.

Low fait aussi remarquer, et il y a là probablement autre chose qu'une rencontre fortuite, que le chiffi e 72 (nombre d'atomes de carbone de la formule de l'albumine de Lieberkuhn) représente un multiple du chiffre de carbone des formules du sucre de raisin, de la glycérine et des acides oléique et stéarique, et il considère les graisses, les hydrocarbonés et les albuminoides comme ayant pour base le même groupement atomique à des degrés de condensation variables.

Albumine vivante. — On s'est demandé si l'albumine obtenue par les divers procédés de prépaj-alion était identique à l'albumine organisée et faisant partie du protoplasma cellulaire. Dans ces derniers temps, Ptluger, puis Lôw ont émis l'idée que Valbumine vivante, comme ils l'appellent, était différente, non seulement physiologiquement mais chimiquement de l'albumine telle qu'on la trouve dans les aliments ou telle qu'elle existe dans les éléments et les tissus après la mort de ces tissus et de ces éléments [albumine morte).

Ptliiger fait remarquer que l'albumine morte est à peu près indifférente aux réactifs chimiques et à l'oxygène à la température ordinaire, tandis que l'albumine vivante faisant partie constituante des tissus est en voie continuelle de désintégration. En outre les produits de désassimilation que fournit l'albumine vivante ne sont pas identiques à ceux que fournit l'albumine morte. Dans le premier cas, ce qui se forme surtout, ce sont l'urée et l'acide urique, qui contiennent le radical cyané, CAzH; cette urée et cet acide urique n'ont pu encore être obtenus aux dépens de l'albumine morte; les produits de destruction de l'albumine morte (qui ont été indiqués plus haut) contiennent surtout des amides et par conséquent le radical AzH^, groupe plus stable que le radical CAzH. Dans la formation de l'albumine vivante aux dépens de l'albumine morte (alimentaire), les atomes d'azote se mettent en rapport avec le carbone et avec l'hydrogène pour constituer le groupement cyané ; la mort au contraire consiste dans le passage de l'état cyané à l'état ammoniacal :

CAzH = CAz H

CAzH — CAz H

CAzH = C AzH

AzH3

Les termes ultimes de l'albumine vivante sont l'acide urique et l'urée, les termes ultimes de l'albumine morlo l'acide carbonique et l'ammoniaque.

Lôw considère comme caractéristique de l'albumine vivante, active, comme il l'appelle, la propriété de réduire les solutions alcalines de sels d'argent. Cette réaction serait d-ue au noyau aldéhydique contenu dans l'albumine vivante. On sait que la réduction du nitrate d'argent en présence des alcalis est caractéristique des aldéhydes {réactif de Tollens). A ce groupe aldéhydique s'ajoute un groupement amidé (von- l'équation ci-dessous). A la mort l'albumine subit une transformation chimique qui la rend plus stable {albumine passive) et le groupement amidé passe à l'état imidé :

CH— AzH2

CH— AzH

C— COH

C— CH OH

Albumine active.

Grouponiciit aniidé aldéhydique.

Albumine passive.

Groupement imidé.

Désassimilation des albuminoïdes. — Après avoir parcouru ces slades successifs d'organisation et d'assimilation, les albuminoïdes, albuminoïdes des tissus et peut-être albumine circulante, se détruisent incessamment sous l'influence des actes vitaux spéciaux à chaque élément anatomique. Cette destruction donne naissance à une série de produits, produits de désassimilation, qui ont été mentionnés plus haut et qui seront étudiés plus loin. Ce> produits aboutissent comme terme final à l'urée et à l'acide carbonique ; mais, comme on l'a vu à plusieurs reprises, nous sommes encore fort peu au courant des transformations qui s'accomplissenl,et nous connaissons encore peu de chose sur la façon dont s'opèrent ces transformations. Y a-t-il oxydation, dédoublement? est-ce un processus analogue aux fermentations ? ou bien toutes ces conditions interviennent-elles dans la désassimilation des albuminoïdes? Autant de questions encore peu éclaircies jusqu'à présent. Ce qui paraît certain, c'est que la transformation des albuminoïdes en urée n'est pas directe, mais n'a lieu que par une série de produits intermédiaires ; les albuminoïdes paraissent se dédoubler successivement en deux sortes de produits, les uns fortement azotés, les autres peu azotés ou complètement dépourvus d'azote, de sorte qu'ils donnent naissance peu à peu à deux séries parallèles aboutissant l'une à l'urée, l'autre à l'acide carbonique et à l'eau. Enfin il est probable que, par leur dédoublement, les albuminoïdes contribuent aussi à la formation de la graisse et de la substance glycogène.

Comme presque tous les produits de désassimilation, les albuminoïdes s'éliminent surtout par l'urine.

La désassimilation des albuminoïdes s'apprécie en général, au point de vue pratique, par la quantité d'urée contenue dans l'urine, ou mieux par la quantité d'azote que renferme ce liquide, azote qui provient non seulement de l'urée, mais encore de l'acide urique, de la créatinine, etc. [azote total). Toutes les substances albuminoïdes contenant du soufre, il y a ordinairement parallélisme entre l'élimination du soufre (sulfates et phénolsulfates) et celle de l'azote et la proportion du soufre dans l'urine peut servir aussi à mesurer l'intensité de la désassimilation des albuminoïdes. Mais il faut se rappeler que cette désassimilation peut porter à la fois sur l'albumine organisée (albumine des tissus) et sur l'albumine de l'alimentation (albumine circulante).

§ 2. — Sîabstances albuminoïdes proprement dites.

Page 1