‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 2)Chapitre 69 sur 329 · I. — ALBUMINE DU SÉRUM OU SERINE · texte numérisé non relu

I. — ALBUMINE DU SÉRUM OU SERINE

Préparation. — Les globulines qui l'accompagnent dans le sérum sont précipitées par un courant d'acide carbonique ou par le sulfate de magnésie en poudre. On filtre et on purifie, après neutralisation, par le dialyseur. Mais elle contient toujours une certaine quantité de cendres après la dialyse, 1 à 1,5 p. 100.

Caractères. — Desséchée, elle est jaunâtre, transparente, solublc dans l'eau en toutes proportions. Elle peut être chauffée jusqu'à ISO" sans perdre sa solubilité. Sa solution est épaisse (quand elle est concentrée) et mousse par l'agitation. Ses solutions ont une réaction alcaline. — Elle dévie à gauche la lumière polarisée. Son pouvoir rotatoire = — 56°.

Propriétés chimiques. — Chaleur. — Le point de précipitation par la chaleur dépend de la quantité de sels qu'elle contient. Les solutions les plus pauvres en sels se troublent à 60° et la précipitation est complète à 72° — 73" (flocons et masse compacte). L'addition d'acides ou de sels neutres abaisse ce point de précipitation à 20". Au contraire l'addition d'une très faible quantité d'acide acétique empêche la précipitation par la chaleur dans les solutions fortement dialysées. — Précipitation. — Les solutions à la température ordinaire ne précipitent pas par l'acide carbonique et les acides étendus ; elles précipitent par les acides concentrés. Elles donnent avec l'alcool un précipité soluble dans l'eau quand on a enlevé l'alcool. Elles précipitent par l'éther quand les sels tombent au-dessous d'un certain minimum.

Transformations et produits. — Par les alcalis (lessive de soude) elle se transforme en albuminate alcalin o\i alcati-albumine. — Par les acides acétique, phosphorique concentrés, elle se transforme en acide-albumine. — L'acide chlorhydrique concentré en précipite des flocons qui se redissolvent dans le liquide ; l'eau précipite de la solution un chlorhydrate de syntonine, et il reste dans la solution un corps analogue aux peptones.

— L'alcool la transforme en partie en globuline, en partie en albumine coagulée ; si l'action se prolonge ou si on chauffe, c'est cette dernière seule qui se forme. — Elle se combine avec le tannin. — Chaufl'ée avec l'acide iodhydrique en tubes fermés, elle donne une substance analogue aux peptones {pseudo-gliitine de Drechsel). — Maintenue plusieurs jours dans le vide à 40" — 60°, elle abandonne des quantités considérables de gaz consistant surtout en acide carbonique, hydrogène et une petite quantité d'azote (Gréhant).

Distinction d'avec l'albumine de l'œuf. — Quoique les deux albumines aient la plupart de leurs caractères et de leurs réactions communs et identiques, elles présentent cependant quelques différences. — 1" L'albumine de l'œuf a un pouvoir rotatoire = — 35, 5°.

— Elle précipite plus facilement par la chaleur, tandis que celle du sérum précipite plus facilement par l'alcool. — 3" Elle est plus difficilement soluble dans l'acide sulfuxnque concentré, et le précipité produit par l'eau dans cette solution est plus difficilement soluble dans un excès d'eau. — 4" Elle est difficilement soluble dans l'acide nitrique concentré. — 5" Le précipité produit dans ses solutions par les acides chlorhydrique et nitrique étendus est plus difficilement soluble dans un excès du réactif. — G" Desséchée et chauffée, elle perd sa solubilité plus tôt que l'albumine du sérum, à 170°. —7° Injectée dans les veines, elle passe dans les urines, tandis que l'albumine du sérum n'y passe pas. (D'après Cl. Bernard, les deux albumines y passeraient).

L'albumine du sérum existe dans le sang, la l3'mphe,le chyle, les transsudations physiologiques et pathologiques, le pus, le liquide de l'amnios, le lait, l'urine (?),etdans un certain nombre d'organes : les muscles (indépendamment du sang qu'ils contiennent), les reins, les testicules, la rétine, le corps vitré.

D'après les recherches de Martius, Gaskell, etc., l'albumine du sérum a la propriété que ne possèdent ni les autres albuminoïdes ni les peptones, de rétablir les pulsations du cœur (grenouille, tortue), quand ces pulsations sont arrêtées (voir : Mouvements du cœur).

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