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Fibrine

Préparation. — Pour obtenir la fibrine pure, il faut commencer par préparer du plasma par un des procédés indiqués plus loin à propos du sang (Voir : Plasma sanguin). On peut l'avoir sous deux formes : sous forme de gelée, si on laisse la coagulation se produire lentement dans le liquide laissé en repos ; sous forme de fibres, si on bat le plasma avec une baguette de verre ou de bois. Habituellement on se contente de battre le sang immédiatement au sortir du vaisseau avec un petit balai de brins de baleine ou un agitateur quelconque; la fibrine se sépare sous forme de fUaments qui restent adhérants à l'agitateur et qu'on lave dans l'eau distillée. Il reste alors sang di- fibrine, constitué par le sérum et les globules (lluysch). Le lavage prolongé du caillot sanguin employé autrefois (Malpighi) n'enlève que la matière colorante et laisse une fibrine impure mélangée de détritus de globules rouges et de globules blancs.

Caractères. — La fibrine obtenue par la coagulation spontanée forme d'abord une masse transparente c^ui peu à peu se contracte et devient blanche, opaque, résistante. Par le battage elle se présente sous forme de filaments grisâtres, mous, qui durcissent et acquièrent une certaine élasticité. Desséchée, elle est dure, jaunûtre, comme cornée. — Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, dans une solution étendue de chlorure de sodium, soluble dans les solutions concentrées. Elle se dissout avec difficulté dans les alcalis étendus en se transformant en alcali-albumine, dans l'acide acétique étendu en se transformant en syntonine. — Ses solutions avec les sels neutres dilués coaguhuit à 60" et précipitent par l'eau, l'acide acétique, l'alcool ; dans ces solutions la fibrine est convertie en une substance analogue aux globulines; (Gautier). Ses solutions dans les alcalis ou les acides dilués au contraire ne coagulent pas par la chaleur. — Par l'acide

nitrique à 1 — 5 p. 100 eHe se gonfle en une gelée transparente et reprend son aspect primitif par l'enlèvement de l'acide. — Conservée longtemps sous l'alcool ou chauffée à Tî", elle se recroqueville, perd son élasticité et se transforme en albumine coagulée. — Elle retient très fortement la pepsine, caractère important au point de vue physiologique. La pepsine la transforme en peptone. Par l'action du suc pancréatique elle est transformée en partie en peptone, eu partie en autres produits, leucine, tyrosine, etc. (V. Suc gastrique et Suc pancréatique). Par l'action prolongée des acides chlorhydrique et nitrique (0,4 p. 100), à 60°, elle se transforme en une substance analogue à la peptone.

Réactions caractéristiques. — Elle décompose l'eau oxygénée (Thénard). — Elle bleuit la teinture de gayac en présence de la térébenthine ozonisée.

Variétés. — La fibrine présente des ditférences suivant les espèces animales et suivant la région du système sanguin d'où elle provient. Ces différences portent surtout sur sa solubilité, spécialement dans les solutions de soude. D'après certains auteurs, on trouverait une série de produits intermédiaires entre la substance fibrinogène et la fibrine {Fibrine soluble).

Existence dans l'organisme. — A l'état normal^ Ja fibrine ne préexiste pas dans le sang pendant la vie. Elle se forme dans le sang, la lymphe, le chyle après la sortie de ces liquides des vaisseaux [coagulation de la fibrine); les conditions dans lesquelles elle se produit ainsi seront étudiées à propos de la coagulation du sang. A l'étal pathologique, on peut la rencontrer dans le sang vivant [caillots fibrineux), la lymphe, les transsudations séreuses (plèvre, péricarde, etc.), les exsudais pathologiques, etc.

Origine et mode de formation. — La fibrine provient de la substance fibrinogène. Pour son mode de production, voir : Coagulation du sang.

Rôle physiologique. — Son rôle physiologique est encore incertain. Cependant comme elle ne se forme pendant la vie que dans des conditions pathologiques, il est présumable quelle n'a aucun rôle physiologique à remplir. Son importance est très grande au contraire au point de vue pathologique.

Bibliog^raphie. — \V. Kieseritzky : Die Gerinung des Faserstoffs, etc. Dorpat, 1882.

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