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Oxyhémoglobine

Préparation. — 1° Ou peut employer pour rexlraclion de rhémoglobine, quand on n'eu veut que de petites quantités, le procédé d'isolement du stroma de Rollett décrit plus loin à propos des glol)uh',s rouges (voir Sang). — 2° Extraction de l'hémoglobine. Procédé de Preyer. On prend du sang de cheval ou de chien qu'on laisse se coaguler ; on décante le sérum ; on lave le caillot à l'eau glacée et on le fait congeler ; ou le triture sur un filtre avec de l'eau glacée jusqu'à ce que l'eau de lavage ne précipite plus que faiblement par le bichlorure de mercure ; puis on dissout les globules dans l'eau tiède (40°). Le . liquide filtré est recueilli, additionné d'une quantité convenable d'alcool et abandonné dans un mélange réfrigérant; il se dépose des cristau.x (|u'on lave avec de l'eau glacée alcoolisée et qu'on purifie par une recristallisatiou. — Procédé de Pasteur. Ou fait passer le sang directement de la veine dans uu ballon contenant de l'air privé de germes. Le sang se prend au bout de quelques semaines eu une bouillie de cristaux.

(1) A consulter : Denis (de Commercy) : Nouvelles études chimiques sur les matières albuminoïdes, Paris, 1856; L. A. Gautier : Des matières albuminoïdes, Paris, 1865; A. Commaille : Recherches sur la constitution chimique des matières albuminoïdes ■ (Journal de l'Anatomie, 1887); A. Béchamp : Sur la formation de l'urée par l'action de l'hypennanganate de potasse sur les matières albuminoïdes (Comptes rendus, 1870); E. Ritter : Sur la transformation des mafirres albuminoïdes en urée, etc. (Comptes rendus, 1871); A. Béchamp : Id. (id.); II. Hlaswictz et J. Habermanu ; Ueber die Proteinstoffe (Annal, d. Chemie und Pharmacie, t. CSIX, 1871); 0. Nasse : Studien Uber die Eiweisskôrper (PRûgor' s Archiv, t. VI, VII, VIII, 1872-73); H. Hlaswietz et Habermanu : Ueber Proteinstoffe (Journal f. prakt. Chemie, t. VII, 1873).

PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME

FiK- 25.

Clive hématinoinétrique.

Procédés de préparation pour l'examen microscopique des cristaux d'hémoglobine. — 1" Aiouler à une gouttt; de sang de cobaye un de ohieii de l'etlier ou du cldorolbruie et recouvrir d'une lamelle de verre. — 2° Mélanger parties égales de sang défibriné et d'eau distillée et ajouter au mélange un quart de son volume d'alcool absolu ; laisser le mélange à 0° pendant vingt-quatre à quarante-huit heures. — 3° Procédé de Gscheldlen. — Recueillir du sang délibriné laissé vingl-ijuatre heures à l'air dans de petits tubes fermés ensuite à la flamme et maintenir ces tubes pendant plusieurs jours dans l'étuve ù une température de 37°; on ouvre alors le tube et on laisse écouler le sang dans un verre de montre; quand le sang a subi un connnencement d'évaporation, il se dépose de très beaux cristaux d'hémoglobine.

Examen spectroscopique du sang. — La description et le mode d'emploi du speclroscope se trouvent dans tous les traités de physique, auxquels je renvoie. Le sang déflbriné, plus ou moins dilué d'eau, est placé dans une petite cuve de verre à faces parallèles, cuve héinatniométrique (fig. 25) ; mais un meilleur appareil est celui de Hermann; les deux faces parallèles peuvent se rapprocher, à l'aide d'une vis, et le degré de rapprochement des deux lames de verre, autrement dit l'épaisseur de la couche sanguine, est indiquée par une graduation extérieure ; le sang peut être examiné ainsi en lames très minces sans avoir besoin d'être dilué. —Pr. d'IIétwcque. Au lieu d'employer du sang dilué, Hénocque emploie aussi du sang pur qui au sortir d'une piqûre faite au doigt est reçu directement dans un appareil particulier, Vhématoscope. L'hématoscope se compose de deux lamelles superposées qui s'écartent un peu l'une de .l'autre à une extrémité, de sorte que l'épaisseur de la couche sanguine comprise entre les deux lamelles varie de zéro à 300 millièmes de miUimètrc. Hénocque a fait construire ditférents modèles d' hématospectroscopes applicables à la clinique et aux recherches physiologiques. Thierry a décrit aussi unbon appareil spectroscopi([ue, V hé inaspect i-oscope .

Examen spectroscopique du sang sur le vivant. — 1° Procédé de Vierordl. — Si on place devant la fente du spectroscope les deux doigts rapprochés l'un de l'auti'e, ■de façon que le point de contact corresponde à la fente, en employant la lumière solaire comme source lumineuse, on voit les deux raies de l'oxyhémoglobine ; si on entoure les •deux doigts d'une lanière de caoutchouc pour y arrêter la circulation, les deux raies de l'oxyhémoglobine font place à la bande de Stokes (voir plus loin). — 2° Procédé de Hoppe- Seyler et Stroganow. Un vaisseau, carotide ou jugulaire du lapin, est isolé et placé entre deux lames de verre qui peuvent se rapprocher de façon à aplatir ses parois jusqu'à une limite où les raies de l'hémoglobine apparaissent (Arch. de P/luger, t. XII, 18G5; p. 23, pl. 2).

Hénocque a perfectionné les procédés d'examen spectro- ■scopique du sang sur le vivant en utilisant chez l'homme la surface sous-unguéale du pouce.

Microspectroscopie du sang. — Hoppe-Seylcr, Preyer, Strickeront montré qu'il était possible de combiner le spectroscope et le microscope de façon à reconnaître au microscope les propriétés optiques du sang. La figure 26 représente le principe du micro.spectroscope oculaire de Sorby, microspectroscope qui peut s'appliquer à tous les microscopes. L'oculaire est surmonté d'un spectroscope constitué par un système associé de cinq ])i-ismes à seclion directe (z), trois de crown-glass et deux de flint-glass, de façon que les rayons d'entrée et de sortie en a ctb s<uit danslamème direction. Entre les deux lentilles de l'oculaire se trouve une fente qui peut être rétrécie à volonté par la vis a'. An-dessous de cette fente est un petit prisme rectangulaire, e, qui reçoit les rayons lumineux qui lui arrivent d'une flamme située latéralomont et dont les rayons traversent la lentille /'. L'observateur a donc à la fois deux priâmes l'un qm provient de la flamme latérale, l'autre de la préparation microscopique II existe un

Fig. 2G. — Microspectroscope oculah'c.

certain nombre de microspectroscopcs; tels sont ceux de Sorby, Browning, Hartnack, Zeiss, rte.

Caractères. — Los cristaux d'oxyhénioglobinc présontont des caractères différents suivant les espèces, et, pour certaines espèces, l'hémoglobine n'a pu être obtenue à l'état cristaUin. Pivyer donne la classHication suivante pour la facilité de la cristallisation : 1" cristallisatiiin très difficile : veau, porc, pigeon, grenouille; 2" cristallisation difficile : homme, singe, lapin, mouton ; 3° cristallisation facile: chat, chien, souris, cheval; 4° cristallisation ti'ès facile : rat, cobaye. Il y a aussi des difl"érences dans la forme des cristaux. Us appartiennent en général à la forme rhomboédriquc, sauf ceux du cobaye qui appartiennent au système hexagonal (tables à six pans). Ceux de l'homme sont des prismes ou des tables rhomboédriques. Les cristaux d'oxyhégloniolune sont rouge sang, transparents, biréfringents. Quand ils ont été rendus insf)lubles par l'alcool, ils sont décolorés par l'eau chlorée, l'alcool étendu ammoniacal (Struve). Ils sont solubles dans l'eau, en donnant une solution rouge vif; 100 grammes d'eau à 50° dissolvent 2 grammes d'oxyhé-

moglobine de chien. Leur solubilité est en raison inverse de leur facilité de cristallisation. Leurs solutions coagulent et l'albumine s'en sépare de 04" à 68". Elles ne didusent pas à travers les membranes de parchemin végétal. Les alcalis, les sels alcalins (carbonates, phosphates, borates) dissolvent l'oxyhémoglobine ; il en est de même du sérum et des sérosités, de l'urine, de l'urée, des sels biliaires, de la glycérine, des solutions d'albumine. Us sont insolubles dans l'éther, l'alcool, le chloroforme, la benzine, le sulfure de carbone, les essences, les huiles. La figure 27 représente les cristaux d'hémoglobine chez diverses espèces animales nt chez l'homme.

Propriétés chimiques. — L'oxyhémoglobine joue le rôle d'un acide faible; elle rougit légèrement la teinture de tournesol et dans l'électrolyse du sang se dépose à l'état cristallin au pôle positif. — Ses solutions sont précipitées par le carbonate de potassium en poudre, l'alcool, la plupart des sels métalliques, sauf l'acétati^ neutre et le sous-acétate de plomb, le cyanure de mercure, le nitrate d'argent; ce dernier les trouble cependant au bout d'un certain temps. Ces essais doivent être faits à 0° ou à une température voisine ; sans cela ou obtient toujours des précipités, même avec des solutions pures.

Elles précipitent par les acides minéraux libres et les sels acides avec décomposition de la matière colorante (précipité brun). — Les cristaux d'oxyhémoglobine se dissocient à l2o quand la pression partielle de l'oxygène tombe au-dessous de 20 millimètres de mercure. — Chaleur. Par la chaleur ils perdent leur Pau de cristnllisatiou. Anhydres, ils ne se décomposent pas jusqu'à 110»; mais leurs solutions se décomposent beaucoup plus vite ; elles s'altèrent déjà et brunissent à la température ordinaire. — Action des acides. — Les acides, au point de vue de leur action sur l'hémoglobine, peuvent se partager en quatre groupes (Preyer). — 1" Les acides qui ne précipitent pas l'hémoglobine, mais ne déterminent dans ses solutions que des changements optiques (acides gras volatils, acides lactique, malique, tartrique, citrique, acides phosphorique, oxalique, etc.). — 2° Acides qui coagulent l'hémoglobine à chaud, pas à froid (acides carbonique, pyrogallique). — 3" Acides qui coagulent à froid (acides nitrique, sulfuriquc, chromique, chlorhydrique). — 4° Acides qui coagulent à toute tonqiératurc et pour tout degré déconcentration facide métaphosphorique). L'acide borique ne rentre dans aucun de ces groupes et se comporte d'une façon particulière. — L'acide carbonique réduit l'oxyhémoglobine ;

* a et ô, cristaux de l'homme; c, du chat ; d, du cochon d'Inde; e, du hamster ; f, de 1 écureuil (Frey).

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puis par ragitatiou à l'air loxyhémoglobiao se reforme. Si laclion do l acide ^arboniq i est prolongée, l'oxYgèue est chassé en partie et décompose riiémogloLuu^ réduite. acides gras volatils, les acides tartrique, citrique, décomposent l'hémoglobiue en donnant naissance à des matières colorantes privées de fer ; le fer se sépare a l état d oxyauu . - D'une façon générale l'action des acides décompose l'héinoglobine qui se dedouDle en une substance albnminoïde, globine, et une matière colorante, h&muiine. — Action des réducteurs. Tous les corps réducteurs, sulfure ammonique, tartrate stanneux ammoniacal, stannate de soude, tartrate ferreux, hydrosulflte de soude, phénylhydrazme la levure de bière, transforment roxvhémoglobine en hémoolobme réduite qui sera étudiée plus loin. Le même ellVt est produit par dilîérents gaz; l'hydrogène, l'acide carbonique, l'azote, chassent l'oxygène de l'oxyhémoglobine. Pour l'action de l'oxyde de carbone et de quelques autres gaz," voir : Hémoqlobine réduite. - L'hydrogène sulfur.; donne avec elh; un composé sulfuré encore peu étudié. Avec l'ammoniaque elle donne un liquide rouge groseille qui s'altère lentement. - Les cristaux d'oxyhémoglobinc décomposent l'eau oxygénée et ozonisent fortement l'oxygène; si on place une goutte de solution concentrée d liémoglobine sur ihi papier imprégné de teinture de gayac, la tache rouge s'entoure d'une auréole bleuâtre. Si on mélange de l'essence de térébenthine récemment distdlée et agitée à l'air avec de la teintui'e de gayac, celle-ci conserve sa teinte jaunâtre; si on ajoute au mélange un peu d'oxyhéuioglobine (ou des globules rouges), on voit apparaître la coloration indigo caractéristique de l'ozone; la quinine empêche cette action.

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Fig. 28. — Spectres d'absorptio7i de l'hémoglobine et de ses dérivés {*).

Caractères spectroscopiques. — Ces caractères ont une très grande inq)ortance. Une solution d'oxyliémoglobine (1 gramme pour 1 litre sous 1 centimètre d'épaisseur) donne deux bandes d'absorption entre J) et E (fig. 28,1); la plus rapprochée de D est étroite, nettement limitée; la seconde, plus rapprochée de E, est plus large et à bords moins nets. Sous l'influence des agents réducteurs (sulfure d'anuuonium), ces deux l)andes disparaissent et sont remplacées par une seule bande (fig. 28,2) bande de Stockes.

{*) L oxyhénioglobiiie. — 2, hi-matiae récluite. — 3, niéthémoglohine eu solution alcaline. — 4, méthonio"-lo-

bine en solution acide ou neutic; héniatino en solution acide. — 5, licniatine en solution alcaline.

6, hématine réduite. — 7, héniatoporpln riue alcaline. — 8, héniato|)or|ih\ rini' acide. — J^es lettres iudi- (jnent les raies de Frauenliofer : les chitYres marqués en bas indiquent eu millionièmes de millimètre les longueurs d onde des radiations lumineuses correspondantes.

large, à bords mal limités et qui occupe l'intervalle des deux précédentes. En outre, en examinant les régions extrC'uies du spectre avec un verre bleu on constate dans le violet obscur une troisième bande d'absorption au voisinage de la raie h (Soret).

Ce spectre se modifie avec la concentration de la solution. La figure 29, empruntée a Hermann, montre comment les bandes d'absorption augmentent avec la concentration de la solution (figure de gaucho). Pour une concentration de 1,0 p. 100, tout le spectre

Fig. 20. — Absorption spectrale de l'oxy hémoglobine et de l'hémoglobine réduite (*).

disparaît à l'exception du rouge extrême; puis à mesure que la concentration diminue, on voit apparaître l'orangé, le vert, le jaune, le bleu, l'indigo et enfin le violet.

Procédés de dosage de l'hémoglobine. — Ces procédés peuvent se diviser en quatre groupes : procédés chimiques, procédés colorimétriques, procédés spectrophotométriques, procédés diaphanométriques (Voir la thèse de Lambling : Des procédés de dosage de l'hémoglobine).

A. Procédés chimiques de dosage de l'hémoglobine. — 1° Dosage de l'hémoglobine par le fer. L'hémoglobine contient eu moyenne 0,42 p. 100 de fer, qui peut !ètre dosé dans les cendres du sang par les procédés oi'dinaires. En désignant par /"la quantité de fer trouvée dans 100 grammes de sang, le poids d'hémoglobine qui correspond à

ce fer sera : x = x f= f'x 238. Ce procédé exige de trop grandes quantités de sang,

le coefficient qu'on suppose être toujours 0,42 peut varier, enfin les erreurs dans le dosage du fer se multiplient par le facteur 238. — 2° Dosage de l'hémoglobine par la quantité d'hématine formée. On transforme de l'hémoglobine en hématiue qui est pesée après dessication. On admet qu'un gramme d'hématine correspond à 21,31 grammes d'hémoglobine (Brozeit). G. MûUer combine ce procédé avec le procédé spectroscopique. Le sang est mélangé de glycérine et traité par l'acide nitrique étendu qui fait disparaître les raies de l'oxyhémoglobine pour laisser celles de l'hématine. Il dose l'oxyhémoglobine par la quantité d'acide nécessaire pour faire disparaître complètement les raies de l'oxyhémoglobine. — 3° Dosage de l'hémoglobine par l'oxygène absorbé. Dans ces procédés il faudrait connaître exactement la quantité d'oxygène fixée pour 1 gramme d'hémoglobine ; or le chiffre varie de 0,56 à 0,92 (en centimètres cubes) suivant les procédés employés. On connaît trois procédés principaux qui se rattachent à cette méthode de dosage. — a. Pr. de Cl. Bernard. Ce procédé est basé sur ce fait que l'oxyde de carbone déplace l'oxygène de l'oxyhémoglobine et se substitue à lui volume à volume. Ce procédé sera décrit à propos des gaz du sang. — b. Pr. de Gréhant par la pompe à mercure. Voir aussi : Gaz du sang. — c. Pr. de Schutzenberger par Vhydrosidfite de soude. Ce procédé, pour

(*) Les lettres indiquent les raies de Fraucnhofer. Les chiffres indiquent les proportions pour 100 d'hémoglobine pour une solution d'un centimètre d'épaisseur. Les parties foncées correspondent aux régions obscures du spectre. On voit que pour l'oxyhémoglobine à partir d'une concentration de 0,C5 pour 100 il' n'y a plus qu'une bande d'absorption. — La figure de gauche correspond à l'oxyhémoglobine, celle dé droite à l'hémoglobine réduite.

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lequel je renvoie au mémoire original, repose sur la facile réduction de l'indigo bleu par l'hydrosulfite de soude et sur la propriété que possède l'oxygène de l'hémoglobine d'oxyder l'indigo réduit otdc le faire repasser à l'état d'indigo bleu. Quinqnaud a modifie ce procédé pour l'appliquer aux dosages cliniques. — 4° Dosage de l'hémoglobine par le chlore. Ce procédé, imaginé par Quinquaud, est basé sur la décoloration que subit le sang" quand il est additionné d'eau de chlore. Pour doser l'hémoglobine totale, il suffit de connaître, une fois pour toutes, quel volume d'eau de chlore titrée décolore une quantité d'hémoglobine cristallisée. On peut alors se servir de cette liqueur titrée pour décolorerun volume donné de sang.

B. Procédés colorimétriques de dosage de l'hémoglobine. — Ces procédés sont fondés sur ce principe général que si deux solutions examinées dans des conditionsidentiques d'épaisseur et d'éclaircmeut, présentent la même intensité de coloration, leur richesse en matière colorante est la même, il y a deux façons d'opérer : 1« On peut étendre d'eau le sang à examiner, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à une couleur type dont on a déterminé d'avance la richesse eu hémoglobine {Procédés à étalon fixe). 2° On peut étendre le sang d'une quantité d'eau toujours la même et chercher la teinte identique dans une série d'étalons colorés correspondant à des quantités déterminées d'hémoglobine [Pr. à étalon variable).

1" Procédés à étalon coloré fixe. — a. Procédé calorimétrique d'Hoppe-Seyler. On fait une solution étendue et titrée d'hémoglobine cristallisée dans l'eau, et on en remplit une cuve hémntinométrique ; puis on prend 20 grammes de sang défibriné qu'on étend à 400 centimètres cubes, et on le met à côté dans une deuxième cuve hématinométrique ; on ajoute alors au sang étendu de l'eau distillée jusqu'à ce que la teinte du sang soit identique à celle de la solution titrée de la première cuve. Un centimètre cube de sang étendu contiendra la même quantité d'hémoglobine que 1 centimètre cube de la solution titrée; on connaît la quantité d'eau distillée ajoutée au sang; une simple proportion donnera la quantité d'hémoglobine contenue dans un centimètre cube de sang pur. — Rajewski a remplacé la solution titrée d'hémoglobine par des solutions de picrocarminate qui correspondent à des quantités déterminées d'hémoglobine. — b. Procédé spectroscopique de Preyer. On détermine, une fois pour toutes, avec une solution titrée d'hémoglobine, la proportion d'hémoglobine nécessaire pour que la teinte verte apparaisse dans la région de la raie b du spectre. Soit k cette quantité pour 100 centimètres cubes de solution. Oci défibrine le sang et on l'agite avec l'air ; on en mesure un demi-centimètre cube auquel ou ajoute de suite son volume d'eau pour dissoudre les globules; on place le sang dans une cuve hématinométrique, sous la même épaisseur que la solution type, et on ajoute de l'eau distillée jusqu'à ce que la teiute verte apparaisse. Soit p le poids d'eau distillée ajouté, le poids de l'hémoglobine pour 100 centimètres cubes sera = k (7 -t- 2p). On ne doit jamais faire varier l'écartement de la fente du spectroscope. D'après Preyer, la valeur constante de k serait 0,08. — c. Méthode de Worm-Muller. — Au lieu de décolorer une quantité déterminée de sang en l'étendant progressivement d'eau comme dans les méthodes de Hoppe-Seyler et de Preyer, on colore une quantité déterminée d'eau en y ajoutant petit à petit le sang à examiner ; on juge le pouvoir colorant du sang par la quantité qu'il a fallu en ajouter. On prend comme unité la couleur type d'une solution de sang, et pour avoir une valeur absolue il suffit d'employer comme terme de comparaison une solution titrée d'hémoglobine. — d. Procédé de Jolyet et Laffont. — Jolyet et Laffont se servent du calorimètre de D.iboscq. Cet appareil se compose de deux godets à fond plat situés l'un à côté de l'autre. Le fond des godets est éclairé par un miroir incliné. Le sang d'une part et le liquide étalon de l'autre (solution d'hémoglobine titrée ou de picro-carminate) se placent dans les deux godets. Dans chacun des godets descend à l'aide d'une vis micrométrique, un cylindre plongeur do verre plein à bases parallèles qui par son eufoncement diminue l'épaisseur de la couche liquide. En se plaçant au-dessus des cylindres et regardant suivant leur axe, on voit les deux liquides dont on peut comparer la teinte et on peut, en faisant varier l'épaisseur de la couche sanguine par un enfoncement plus ou moins marqué du cylindre coi'respondant, arriver à l'égalité des deux teintes et en déduire la quantité d'hémoglobine. On peut aussi remplacer la. solution d'hémoglobine ou de picro-carminate par un verre coloré servant de type. Ce procédé est d'une grande simplicité et d'une exactitude suffisante, quand on prend les précautions convenables. IMalassez a modifié récemment le colorimètre de Duboscq et Laurent [Hémochromom 'etre ; Arch. de physiohq. 1882, p. 150 et Soc. de biologie 1886, p. 349). -- e. Chromocytomètre de Rizzozera. Cet appareil peut servir à la fois comme chromomètre et cytoniètre ou globulimètre. Dans le premier cas, on compare à la lumière transmise la teinte d'une solution sanguine à celle d'un étalon coloré de nature particulière; dans le second, on mesure le degré de transparence d'un liquide dans

lequel les globules sont simplement en suspension, degré de transparence qui pourrait servir à mesurer la richesse des globules en hémoglobine. L'appareil de Bizzozero, pour lequel je renvoie au mémoire original, est analogue au lactoscope de Donné (voir : Lait). — /'. llémoglobinomètre de Gowers. Cet appareil se compose de deux éprouvettes en verre portées sur un pied commun. L'une, éprouvette-étalon, est remplie de glycérine picro-carminée dont la ti-into représente celle d'une solufion de sang normal au 100°. L'autre reçoit le sang (20 uiiliiMiétrcs cubes) auquel on ajoute de l'eau distillée jusqu'à ce que sa teinte soit la même que celle de l'éprouvettc-étalon. On déduit la quantité d'hémoglobine de la quantité d'eau distillée ajoutée. — g. Proci'dé de Lesser. Ce procédé, peu exact, est fondé sur la relation qui existe entre la concentration d'une solution sanguine et la largeur des bandes d'absorption de l'oxyhémoglobine. Plus la solution est concentrée et plus le bord gauche de la premièi'e bande se rapproche de la raie D.

"2° Proccdés à étalon coloré variable. — a. Procédé de Welcker. Ce procédé consiste

a faire une solution en proportion déterminée du sang à examiner et à comparer la couleur de cette solution à celle d'une série de solutions sanguines plus ou moins diluées préparées d'avance et faites avec un sang de richesse globulaire connue. — h. Procédé de l'écitclle à tacites de sang de Welcker. Ce procédé est très analogue au précédent; seulement, au li(»u de comparer entre elles deux solutions liquides, on compare les taches que laissent après elles ces solutions en se desséchant. — c. Procédé des teintes coloriées d'Ila;/em. Hayem remplace la solution de sang étalon par uue série de teintes coloriées correspondant chacune à un certain nombre do globules sanguins par miHimètre cube (chitl'rc déterminé d'avance) ; on remplit alors deux hémalinomètres voisins (double cellule formée par deux anneaux de verre collés côte à côte sur une lame de verre), l'un d'une solution titrée de sang à examiner (4 ou 5 millimètres cubes de sang pour 500 millimètres cubes d'eau distillée) l'autre d'eau distillée ; on glisse alors successivement sous cette dernière des rondelles coloriées jusqu'à ce que l'ime des rondelles produise uue coloration identique à celle de la solution sanguine. — d. Hémochromomètre de Quincke. Dans cet appareil , l'échelle de teintes auxquelles on compare le liquide sanguin est formée par une série de tubes contenant des solutions de picro-carminate de concentration décroissante. C'est à ces tubes, pris comme étalons, qu'on compare la solution sanguine. — e. llémochromomètre de Malasscz. Ce procédé a pour but de comparer la couleur d'une solution sanguine à celle d'une solution d'hémoglobine ou de picrocarminate d'ammoniaque. La solution au l/lOO": est placée dans le mélangeur Potaiu (voir : Numération des globules rouges), un peu nujdifié ; le réservoir au lieu d'être ovoïde présente deux faces planes, parallèles, de façon que les solutions sanguines sont toujours vues sous la même épaisseur; la solution de picro-carminate est placée dans une cuve prismatique en verre (prisme coloré) placée sur un chariot et mue par une crémaillère de façon qu'on peut faire passer devant l'œil de l'observateur des portions plus ou moins épaisses du prisme et obtenir ainsi des colorations plus ou moins intenses. Le réservoir du mélangeur et le prisme sont examinés à travers les deux trous d'un écran, et on détermine par le tâtonnement le point précis où il faut placer le prisme pour que les deux solutions aient la même valeur de ton. Une aiguille donne sur une échelle graduée la pusiti(jn du prisnu> et l'inslrument est accompagné d'une table qui donne la richesse en hémoglobine pour chacune des graduations de l'échelle, richesse déterminée une fois pour toutes expérimentalement. La figure -30 représente l'appareil. Malassez a récemment modifié les dilférentes parties de son hémochromomètre. Le mélangeur est remplacé par une simple pipette graduée de façon à avoir facilement des solutions au 60°, au 100^ ou au 200*; une solution de glycérine picro-carminée remplace la gelée picro-

Fig.

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