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Méthémoglobine

Préparation. — Ilufncr l'a obtenue à l'état cristallin en ajoutant a un litre de solution concentrée tiède d'oxyhémoglobine .3 à 4 centimètres cubes d'une solution de ferrocyanure de potassium; on agite, on laisse refroidir à 0" et on traite par l'alcool à 0". Elle se forme du reste aux dépens de l'hémoglobine et de l'oxyhémoglobine dans un grand nombre de conditions (agents oxydants, hydrogène palladié, vide, chaleur, etc.). — Eu agitant une minute quelques centimètres cubes de sang défibriné avec quelques gouttes de nitrite d'amyle, si on étend un peu de ce sang sur le porte-objet du microscope qu'on

couvre d'une lameUe, on aura au bout de quelques secondes des cristaux de méthémoglobiue i Halliburton).

Caractères. — Hoppc-Seyler n'avait obtenu cette substance qu'à l'état amorphe. Les cristaux obtenus par los procédés de HOfuer et Jederholm se présentent sous l'aspect d'aiguilles ou de prismes aUongés, brunâtres ou encore de tables à sL\ pans. Ces cristaux sont solubles dans l'eau, mais moins que les cristaux d'oxyhémoglobine ; ils sont insolubles dans l'alcool et dans l'éthor. Ses solutions ont uue l'éaction légèrement acide.

Propriétés chimiques. — Les corps réducteurs la transforment en hémoglobine. Elle ne perd pas d'oxygène dans le vide. Les acides et les alcalis la dédoublent en matière albuminoïde et hématine. L'étude de ses propriétés chimiques n'a pas encore été faite d'une façon complète.

Caractères spectroscopiques. — En solution acide (fig. 28, 4), elle présente quatre bandes d'absorptimi, une entre C et i), dans le rouge, très nette, deux entre D et

E, à peu près dans la même situation que celles de l'oxyhémoglobine, et enfin une avant

F. Ce spectre est presque identique à celui de l'hématine en solution acide. En solution alcaline (par l'addition de potasse) on n'observe plus que trois bandes, une avant D, très pâle et deux entre D et E (fig. 28, 3).

Constitution. — La constitution de la méthémoglobine est encore incertaine. Il y a à ce sujet trois opinions différentes : 1'' Hoppe-Seyler, se basant sur sa formalion aux dépens de l'oxyliémoglobine sous l'intluence du palladium hydrogéné, par conséquent par réduction, la considère comme moins oxygénée que l'oxyliémoglobine et intermédiaire entre cette dernière et l'hémoglobine réduite; 2° Gamgee, Jâderliohm, Sorby au contraire la considèrent comme plus oxygénée que l'oxyhémoglobine et en font un peroxyde d'hémoglobine. Saarbacli aurait obtenu de l'oxyhémoglobine par réduction de la méthémoglobine et par l'oxydation lente de l'hémoglobine par le chlorate de potasse il a constaté qu'il se formait d'abord de l'oxyliémoglobine et finalement delà méthémoglobine; ce serait donc dans ce cas l'oxyhémoglobine qui représenterait le terme intermédiaire entre l'hémoglobine et la méthémoglobine, degré ultime d'oxydation; .3° enfin d'après Hiifner et Kiilz, Otto, la méthémoglobine et l'oxyhémoglobine contiendraient toutes deux la même quantité d'oxygène; seulement l'oxygène serait à l'état de combinaison lâche dans l'oxyhémoglobine, à l'état de combinaison plus stable dans la méthémoglobine.

Existence dans l'organisme. — On a rencontré la méthémoglobine dans le sang sous l'influence rie certaines substances (nitrite d'amyle, chlorate de potasse, nitrobenzol, azobenzol, etc.). D'après Hayem, le mode d'action de ces diverses substances ne serait pas identique, et il les divise en plusieurs groupes : 1° substances qui forment de la méthémoglobine dans le globule rouge même (nitrite d'amyle, kairine); S** substances qui détruisent les globules rouges et en font sortir une certaine quantité d'hémoglobine; la méthémoglobine existe à la fois dans le globule et dans le plasma; les unes agissent rapidement (nitrite de sodium, acide pyrogallique), les autres plus lentement (chlorates); cnûn les ferricyanures agiraient uniquement sur rhémoglobinc dissoute. Quinquaud avait déjà constaté la désoxygénation du sang et la production de méthémoglobine dans le sang vivant sous l'influence de l'acide pyrogallique.

On a constaté la présence de la méthémoglobine dans le liquide de certains kystes et dans l'urine. D'après Hoppe-Seyler, dans tous les cas d'hémoglobinurie, ce serait de la méthémoglobine qu'on rencontrerait dans l'urine.

PRINCIPES CONSTITUANTS DE L'ORGANISME

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