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JUSUd'AU VKUt AUDITII
Au point de rue phyeiologique, l'appareil auditif peut être représcDté Gcbématiquemenl de la façon suivante {fig. 180). En allant de l'extérieur à l'intérieur, on trouve les pariies siAvantcs :
rit- IS4' — Schtai <la l'tppanil ■sdilit
l' l'oreille externe (A) formée par le pavillon de Voreille (I) et le conduit auditif externe (2) ; 2" l'oreille moyenne (B) conslituée par une cavité remplie d'air, caisse du tympan (3), ccnnmuniquant avec l'air extérieur par la trompe d'Eustache (S) et pourvue d'une cavité accessoire, cellules mastoïdiennes (6) ; la caisse du tympan est séparée du conduit auditif par une mcinbrane, membrane du tympan (4), et des cavités de l'oreille
interne par la membrane de la fenêtre ronrfe (10) et parun osselet, Yétrier (9), enchâssé dans une seconde ouverture, fenêirf ovale (1 1); deux osselets, le marteau (7) et Venclume (8), rattachent la membrane du tympan à Tétrier; 3® Voreille interne (Ci ou labyrinthe est complètement remplie par du liquide et comprend le vestibule ([2), les canaux demi-circulaires (16) et le limaçon' (\2) avec ses deux rampes ^ rampe lympanique (14} aboutissant à la fenêtre ronde; et rampe vestibulaire (15). C'est sur les membranes de ces différentes parties du labyrinthe que se distribuent les terminaisons périphériques du nerf auditif.
L'ensemble de ces organes constitue un petit appareil susceptible d'éprouver des vibrations moléculaires et des vibrations d'ensemble sous l'influence des oscillations des corps sonores.
Le son propre de l'oreille, d'après Helmholtz, serait le 5i correspondant à 244 vibrations ; c'est le son qu'on obtient par la percussion de Tapophyse mastoïde.
!<> Transmission des vibrations sonores dans l'oreille externe.
Les vibrations sonores arrivent en premier lieu au pavillon de l'oreille. Une partie de ces ondes sonores est refléchie vers l'extérieur ; une autre partie subit une série de réflexions qui les dirigent vers le conduit auditif; presque toutes celles qui arriTeot dans la conque sont réfléchies contre la face interne du tragns et renvoyées dans le conduit auditif; la conque agit comme on miroir concave qui concentrerait les ondes sonores. L'orientatioa même de la conque et du pavillon fait que, suivant la direction, une partie plus ou moins considérable des ondes sonores pénètre dans le conduit auditif, ce qui nous permet de juger de l'intensité et de la direction du son. L'agrandissement de la concine par la contraction des muscles du tragus et de l'anti-tragns foit entrer dans le conduit auditif une plus grande quantité d'ondes sonores ; son rétrécissement par les muscles de Thélix produit l'effet inverse. Les replis du pavillon peuvent encore guider le son vers la conque, comme il est guidé par des gouttières demicirculaires ou par les intersections de certaines voûtes (salle de l'Observatoire de Paris). Si on supprime les inégalités du pa\'illon en remplissant ses cavités par une masse molle (dre et huile).
ceau lumineux qui pénètre dans l'œil. Parmi ces rayons sonores, il en est qui arrivent jusqu'à la membrane du tympan sans éprouver de réflexion préalable (*). Si on mène (/îy. 181, p. 735;^ par les centres 0 des orifices des deux conduits auditifs, qdo ligne AB, on a ce qu*on peut appeler ïaxe auditif; les rayons sonores qui suivent cet axe auditif arrivent directement jusqu'au tympan. Les lignes extrêmes du faisceau sonore, a, b, coupent cet axe auditif en dehors du point 0 et à des distances variables. On peut appeler ligne auditive DO la ligne menée du corps sonore 1) au centre 0, et angle at/dif//* l'angle DOB que fait la ligne auditive avec l'axe auditif. On a ainsi un moyen de déterminer rigoureusement, dans les expériences physiologiques on pathologiques, la position du corps sonore et la direction des vibrations. Plus la ligne auditive se rapproche de Taxe auditif, plus l'angle auditif diminue, plus les sons sont perçus avec netteté, les vibrations ne perdant pas de leur amplitude dans une série de réflexions successives.
Dans le conduit auditif externe , les ondes sonores subissent une série de réflexions qui les conduisent jusqu*au fond sur la membrane du tympan. Grâce à Tobliquité de cette membrane et à sa courbure, la plupart de ces ondes viennent la frapper presque perpendiculairement.
Une partie des ondes sonores qui arrivent au fond du conduit auditif sont réfléchies par la membrane du tympan et renvoyées à l'extérieur; cette réflexion est d'autant plus forte que la membrane est plus tendue et plus oblique.
2° Transmission des vibrations sonores dans Voreille moyenne.
L'oreille moyenne est constituée essentiellement par une cavité dont les parois sont invariables, à l'exception de la membiaoe (lu tympan, de la membrane de la fenêtre ronde et de l'appareil qui obture la fenêtre ovale. Cette cavité communique avec Tair extérieur par la trompe d'Eustache, dont la partie cartilagineuse, habituellement fermée, forme une espèce de soupape qui peut
C) D'après certains auteurs, tous les rayons subiraient an moins uds réflexion préalable avant de pénétrer jusqu'au tympan.
marteau et tend la membrane qui suit le mouyement de l'os. U conlraclion du muscle du marteau est volontaire chez quelques individus, mais liabiluollement elle est inconsciente et réflexe, i moins qu'elle ne s'associe à une contraction énergique des muscles masticateurs, dont elle constitue un phénomène accessoire. Cette contraction s'accompagne d'une crépitation de cause douteuse ('). Quand la contraction du muscle du marteau cesse ou diminue, la membrane revient à sa position d'équilibre par son élasticité propre et par celle de la chaîne des osselets. L'action du muscle de l'étrier est trop hypothétique pour y insister.
Les variations de tension de la membrane du tympan agissent de deux façons : 1° elles font varier le son propre de la membraoe, de façon que celle-ci entre plus facilement en vibration pour un son d'une hauteur donnée; elle se tend dans les sons aigus, se détend dans les sons graves; 2° cette membrane agit comme élouffoir ou comme 50ii?-rfïnc. A mesure que sa tension augmente, elle affaiblit l'intensité des vibrations, surtout pour les sons grares.
Transmission des vibrations de la membrane du tympan au labyrinthe. — Les vibrations du tympan se transmettent d'une part à l'air de la caisse, de l'autre aux osselets de l'ouïe, et par ces deux voies au liquide du labyrinthe.
a) La transmission par ïair de la caisse est incontestable mais c'est la voie la moins importante. L'air de la caisse entre en vibrations , et ces vibrations se transmettent à la membrane de la fenêtre ronde et par elle au limaçon.
h) La transmission par la chaîne des osselets est de beaucoup la plus importante. Ces osselets, qui forment de la membrane du tympan à la fenêtre ovale une chaîne continue , articulée et angulaire, vibrent comme un tout à cause de la petitesse des parties et ces vibrations, comme celles du tympan, ne peuvent être que transversales. Les inflexions de cette chaîne des osselets, ses ' articulations, le passage subit des parties dures à des parties molles, la gaîne muqueuse qui enveloppe les osselets, sont autant de conditions anatomiques qui doivent diminuer la facilité de
(*) On a attribué cette crépitation à la tension brusque du tympan; mais cette tension, qu'on peut produire facilement en se bouchant le nei et eo faisant une forte expiration (recherche de Valsalva), détermine un brait sourd bien différent de cette crépitation. Elle parait plutôt due à l'ouTerture subite de la trompe d'Eustache par la contraction simultanée do péri* staphylin externe.
AUDITiOS. 739
iransmission des vibrations dans rinléheur de la chaiae des osselels, sans eolraver leur vibration totale. En outre, ces osselets ODt une certaine mobilité les uns sur les autres , et ,- comme pour le tympan, l'action musculaire peut augmenter ou diminuer la tension et la rigidité de ce petit système vibrant.
Les TibratioDS de la membrane du tympan se transmettent au mancbe du marteau et par cet os aux autres osselets de la façon
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mivante : toutes les fois que le manche du marteau se porte en dedans, la branche de l'enclume en fait autant et pousse l'étrier dans la fenêtre ovale; donc, à chaque mouvement en dedans du tympan correspond un véritable coup de piston de l'étrier qui presse sur. le liquide du vestibule, et chaque oscillation delà
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IMIVSIOLOGIK FONCTIONNELLE.
membrane amène un mouvement de va-et-vient de Télrier daos la fenêtre ovale. Il est possible que le muscle de Fétrier serve à diminuer l'amplitude de l'excursion des mouvements de i'étrier dans la fenôtre ovale.
.V cause de la plus faible longueur de la longue branche de Tenclume, la vitesse du mouvement et l'excursion de Textrémité de cette branche sont plus petites que celles de l'extrémité du manche du marteau, mais ce qui se perd en vitesse est regagné en force. En elTet, soit (fuj. 182, page 739) M le marteau, E l'enclume, les trois points, A, courte branche de l'enclume, R, sa longue branche, et P, manche du marteau, sont sur une môme ligne et peuvent être considérés comme formant un levier du deuxième genre, ayant son point d'appui en A, sa puissance en P, sa résistance en R à I'étrier; la longueur du bras de levier de la puissance est de 9 millimètres environ, celle du bras de levier de la résislancc de G millimètres; la force avec laquelle la branche de l'enclume pressera sur I'étrier sera égale à 1 ,5, la puissance P étant égale à l'unité.
L'appareil suivant de J. Millier représente ces deux modes de transmission. Un cylindre de verre, a (fig. 183), est fermé à sa partie supérieure rétrécie en col par un tube, S, qui figure le conduit auditif externe et est obturé par une membrane, c (membrane du tympan). L'autre ouverture du cylindre est fermée par une plaque de liège, d, percée de deux trous par lesquels passent deux tubes obturés par des membranes, e et /. Une petite tige de bois, g, représentant la chaîne des osselets, va de la membrane du tympan c à la membrane / (fenêtre ovale): e représente la fenêtre ronde; la partie U du cylindre plonge dans l'eau et on produit un son dans le tube b auquel est adapté un '"'Soîi^p^irl'^îi'îSmti sifllet de laiton. Le son se transmet jusque dans detTibntioosduubcaiM l'eau et en plaçant dans cette eau, alternative- **" *y"P'»ment prés de e et prés de/, un conducteur qui se rend à roreille de Texpérimentateur (l'autre oreille étant bouchée), il est facile de juger de l'intensité des sons qui arrivent en e et en /; or, ou remarque de suite que les sons qui arrivent par l'air du cylindre a la membrane e ont beaucoup moins d'intensité.
du labyrinthe est la membrane de la fenêtre ronde, cette membrane se bombe du côté de la caisse, comme on peut s'en assurer sur le cadavre. Grâce à cette disposition, le liquide du labyrinthe subit des oscillations isochrones aux oscillations de Tétrier, oscillations qui se transmettent aux terminaisons des nerfs auditifs.
Dans le limaçon, les vibrations doivent marcher de la base aa sommet dans la rampe vestibulaire, redescendre du sommet à la base dans la rampe tympanique, où elles arrivent sur la membrane de la fenêtre ronde; là elles se réfléchissent en sens inverse, et comme il survient successivement de nouvelles ondes parla fenêtre ovale et de nouvelles réflexions par la membrane de la fenêtre ronde, il en résulte des .vibrations stationnaires comme celles d'une corde fixée par les deux bouts, et par suite des vibrations correspondantes dans la rampe moyenne qui contient Torgane de Corti et les terminaisons du nerf du limaçon.
Les coups de piston de l'étrier ne déterminent pas seulement la production d'une ondulation dans le limaçon. Dans le yestibule s'ouvrent en outre les cinq orifices des conduits demi^circulaires. Une partie de l'ondulation se partage donc en cinq branches on courants qui s'engagent dans ces canaux; si ceux-ci avaient le même diamètre à leurs deux orifices, les vibrations marchant en sens inverse s'annuleraient, mais en réalité il n'en est rien, et on est encore réduit à des hypothèses sur le rôle des canaux semicirculaires. (Voir : Centres nerveiix.)