AUDITION
d*aoe octaTe une série de sons ou noiest séparés rnn de Tautre par des iDtenralles déterminés. •
Les notes de la gamme sont au nombre de 7, qui portent les noms suiTants : ui (ou do), ré, mi, /a, soi, la, $i. Ces notes sont dans le rapport sniTant de Tibrations STec la note fondamentale ou tonique ào :
do, ré, mi, fa, sol, la, si, do.
G*est ce qu'on appelle la gamme majeure; dans cette gamme, les intenralles entre deux notes consécutives sont les suiTants :
do, ré,
mi.
fa,
sol.
ta,
do.
L*interTal]e| (do-ré; Ca-sol; la-si) s'appelle ton majeur; rintenralle (ré-mi ; sol-la) tan mineur ; TinterTalle f< (mi-fa; si-do) est le dewttanwtajeur; la différence entre le ton majeur et le ton mineur ou le eemma est représentée par la fraction f^; c'est à peu prés le cinquième du demi-ton. Dans la gamme majeure, les iuterTalles se succèdent dans Tordre suivant : un ton majeur, un ton mineur, un demi-ton majeur; un ton majeur, un ton mineur, un ton majeur, un demi-ton majeur.
On peut prendre pour tonique un quelconque des sons musicaux, quel que soit son nombre de vibrations, et obtenir ainsi autant de gammes qu'il y a de sons musicaux différents. Ainsi on peut commencer indifféremment la gamme parr^, mi, /a, etc., mais la seule condition exigée par Toreille est que les nombres de vibrations des différentes notes de la ganune soient toujours dans les mêmes rapports avec le nombre de vibrations de la tonique.
Sn général, on est convenu de partager Téchelle des sons musicaux en un certain nombre d'octaves en prenant pour tonique de Toctave la plus grave le son qui correspond à 33 vibrations par seconde. On a le nombre de vibrations de cbacune des notes de l'octave supérieure en doublant successivement le nombre des vibrations de chaque note, comme le montre le tableau suivant :
Contre-
Qnuid«
Petite
OcUTe
OcUTfl
OctATe
Octave
Notes.
ocUTe.
octare.
oetare.
•econde.
tierce.
qnarte.
qainte
Do . . .
Ré . . .
Mi . . .
Fa. . . .
Sol . . .
La.. . .
Si . . .
746 PHYSIOLOGIE FOKGTIONNELLÇ,
Outre la gamine majeure, la musique moderne emploie encore l^gamm mineure, com])OséQ aussi de sept notcs^mais dont les rapports deTibnlions entre elles et avec la tonique différent des rapports de la gamme majeure. On récrit de la façon suivante en prenant do pour toniqQe: do, ré, mi\^,/a, sol, la [?, si b ; le signe 1^ (bémol) placé après une note indique que cette note est baissée d'un demi-ton; dans cette gamme, le rapport du nombre de vibrations de chaque note par rapport à la tonique est le suivant :
do, ré, mii'. fô, sol, lat^, sii?, do,
et les intervalles entre deux notes consécutives sont les suivants : do, ré, mib, fa, sol, la|?, si |?, d«
Les intervalles se succèdent donc dans Tordre suivant : un ton mijeur, un demi-ton, un ton mineur, un ton majeur, un demi-too; un too majeur, un ton mineur.
On a vu plus haut que la tonique de la gamme (majeure ou mineure) peut être placée indifféremment sur telle ou telle note. Il en résulte qu'on peut prendre successivement comme tonique les divers sons de la gamme ; on a alors les gammes ou les tons de ré, de mt, etc. Mais ai Ton prend la ^amme de mi, par exemple, on voit que sa deuxième note, \e/a, ne correspond plus au même nombre de vibrations que le /a de la gamme de do majeur ; en effet, elle fait 46,4 vibrations pir seconde, tandis que ce dernier en a 44 dans la contre-octave. En oonstrulsant ainsi successivement toutes les gammes, on arrive à une telle multiplicité de notes que la pratique des instruments de musique serait inabordable par sa complication. Il n'y a, pour s'en rendre compte, qa*i jeter les yeux sur le tableau suivant qui montre le nombre de vibrations des notes de la gamme dans la contre-octave des différentes gammes majeures et mineures :
Gammes meneur es.
Do. TLé. MI. Fa. Sol. Ia. Si.
Do majeur. 33 37,125 41,25 44 49,5 oS 61,875
/î^ majeur. 34,8 37,1?5 41,76 46,405 49,5 55,686 61,875
Mm^eur. 34,375 38,67 41,25 46,404 51,55 55 61,875
/(3 majeur. 33 36,65 41,25 44 49,5 55 58,64
50/ majeur. 33 37,125 41,25 46,35 49,5 55,62 61,85
Xa majeur. 34,375 36,66 41,25 45,875 51,56 55 61,875
5/ majeur. . 34,8 38,67 41,25 46,4 51,56 53 61,875
le timbre dépend éhi nombre el de Tinteusité des harmoniques du son fondamental. Ces sons partiels harmoniques accompagnent presque tous les sons musicaux. Habituellement ces harmoniques nous échappent comme sensation auditive distincte, et se fuâonnent dans une sensation, une en apparence, que nous rapportoog au son fondamental ; mais avec un peu d'attention ou en 8*aidaot de moyens physiques (résonnateurs), on parvient facilement à les distinguer dans un son dontté. Parmi les harmoniques . on distingue mieux les sons partiels impairs, la quinte, la tierce, etc., que les sons partiels pairs. Voici les harmoniques de do avec les nombres de vibrations des sons partiels :
Son fondamenul. Hirmoniqaet.
NoteB do> do< sol> do> ini> soi' »l\f* do< ré* ai
Soiw partiels . 1*"^ son partiel. 2* 3« A" 5* 6* T 8* 9* IV Nombre de vibrations . . 33 66 9i» 132 165 198 SSl 164 S97 S90
Les premiers sons partiels se distinguent mieux que les derniers.
Certains sons dépourvus d'harmoni(|ues présentent cependant des sons partiels, mais qui ne sont plus en rapport simple de vibrations avec le son fondamental (exemple : le diapason) ; mais ces sons partiels sont très-élevés, s'éteignent très-vite et ne jouent qu'un rôle accessoire en musique. Les sons simples, complètement dépourvus de sons partiels, ont tous le même timbre, qui se rapproche du bruit produit en soufflant dans une bouteille ou du timbre de la voyelle ou; c'est un timbre doux, sombre et dépourvu de mordant, comme les sons de flûte.
2^ Caractères physiologiques de la sensation
auditive.
Un caractère physiologique essentiel de la sensation auditive, c'est ï extériorité. Quand nous entendons un son, nous rapportons ce son à l'extérieur ; il nous parait se passer en dehors de nous. Mais il n'en est plus de môme quand le conduit auditif n'est plus rempli d'air. Ainsi, quand nous avons latôte sous l'eau, le bruit nous paraît intérieur; dans ce cas, les vibrations se transmettent par les parois mômes du crûne, et la membrane du tympan ne vibre plus ; l'extériorité paraît donc due aux vibrations
et surtout sur sa justesse. Tout le monde sait à quelle perfe<1ioB on peut arriver vsous ce rapport. Lliabitude a un rôle cdcok plus important; c'est grûce à elle que les harmoniques qui accompagnent la plupart des sons que nous entendons passent inaperçus, et qu'un son composé nous donne une sensation simple.
Les sensations auditives peuvent Otre le point de départ de ref/îca:c.ç, rires, larmes, contractions musculaires, phénomëoe? nerveux dont la singularité souvent exagérée a défrayé plu.«d'im recueil à titre de curiosités scientifiques. Certaines hauteurs de son, certains caractères de timbres agissent plus spécialement sur le système nerveux; mais ce sont surtout les hruits, plœ encore que les sons musicaux, qui sont intéressants à étudier sous ce rapport. Tout le monde a éprouvé reflet d!agactme^ produit par certains grincements. Les sensations auditives viennent, sous ce rapport, immédiatement après les sensations laitiles.
3" Du mode d'excitation des terminaisons
du nerf auditif.
Le mode d'action des vibrations du liquide du labyrinthe sur les terminaisons nerveuses est encore peu connu; tout ce que nouB savons, c'est qu il y a là certainement un ébranlement mécanique, une vibration véritable des terminaisons nerveuses, mais le doute commence* dès qu'il s'agit de déterminer comment cette vibration peut produire les divers modes de la sensatioD auditive,
Helmholtz, en se basant sur les phénomènes des sons par inflnence avait imaginé une hypothèse ingéniense pour expliquer de quelle façon se produisent dans l'oreille les sensations de hanteur et de timbre. On a vu, à propos des sons par influence, que les corps élastiques ont ui son propre correspondant à un nombre déterminé de vibrations. Quand un son voisin du son propre du corps se met à résonner, le corps vibre par influence avec d'autant plus de force que les nombres de vibrations des deux corps sont plus rapprochés. Les extrémités nerveuses du nerf du limaçon aboutissent à environ 3,000 petits arcs élastiques, fibres de Corti, Helmholtz suppose qao ces fibres de Corti sont chacune accordées pour un son déterminé et forment une série
5** Audition simultanée de plusieurs sons; sensations auditives simultanées.
Jusqu'ici j ai étudié la scnsalion auditive en elle-même, étant donnée l'audition d'un seul son ou de plusieurs sons successifs; il reste à étudier les sensations auditives simultanées. Il est asset diflicile de préciser jusqu'à quelle limite les sensations auditlTc; simultanées peuvent être perçues; la multiplicité de ces sensations peut être portée très-loin sîins qu'il y ait confusion, et il n'y a qu'à entendre un orchestre pour voir combien de sensations auditives distinctes peuvent coexister dans roreille saos ge mélanger; il peut très-bien se faire aussi que des sensations auditives qui nous paraissent simultanées ne soient en effet qne successives, mais dans un espace de temps infiniment court; ne suffît-il pas d'une durée de «Z,,, de seconde pour qu'une excitation auditive fournisse une sensation distincte. Il faut distinguer^ dans l'audition simultanée de plusieurs sons, le cas où les sons arrivent à une seule, et celui dans lequel ils arrivent aux deux oreilles. Si les deux sons émis simultanément ont la même hauteur, la même intensité et le môme timbre, même pour l'audition avec les deux oreilles, ils résonnent comme un seul son. S'ils diffèrent de hauteur et de timbre , ils sont entendus distinctement tous deux avec les deux oreilles; avec une seule oreille, au contraire, ils donnent une sensation simple, un son résultant composé par les deux sons primitifs. Ainsi, si on place deux montreadans une main et qu'on les rapproche d'une oreille, on entend un seul tic-tac, quoique les sons des deux montres n'aient pas la même hauteur.
C'est sur la propriété de l'oreille d'être impressionnée simultanément .par une grande multiplicité de sons, qu'est basée la partie harmonique de la musique.
Principes physiologicpies de l'iiannonie. — Les principes de rharmonie musicale peuvent se résumer de la façon suivante, an point de vue physiologique :
On sait que lorsque deux sons ont un nombre de vibrations voisin Tun de Tautre, il se produit des haitemenU^ et que le nombre de ces battements par seconde égale la différence du nombre de vibrations des deux sons. Si Tun fait 100 vibrations par seconde, Tantre 90, il se
'54 niVSlOLOniE FONCTIONNELLE.
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