‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 105 sur 126 · ABC D E F · texte numérisé non relu

ABC D E F

Pig. 210. — Eipérimee àm VoIkoMflB.

Expériences diverses snr le pnnctiun cœcom. — On peut varier de différentes façons Texpérience de Mariette. Cette expérience peut réussir avec les deux yeux ouverts (Picard); on fixe nn papier au mur, on se place^à une distance d'environ 20 pieds, et on fait converger les deux yeux vers le doigt, tenu a une distance telle que. dansjes deux yeux, Timage du papier vienne se peindre sur le jit/iic/Kmccrcum; alors cet objet disparaît absolument, taudis que, dans ces conditions et avec UD point de fixation un peu différent, Il parait double. On peut faire

806 l'IlYSlOLOC.lE FONCTIONNELLE.

il est plus dinicilc de savoir cornaient la lumière agit sur c«s

éléments.

Pour comprendre les hypothèses émises sur ce sujet, il est oèceisaire de couoaltre Thistologie de la rétine et spécialemeot celle des cônes et des bâtonnets ('). Je ne ferai que rappeler les points essenUeli pour la physiologie.

Les cônes et les bâtonnets sont constitués par un article iniemê^xi se continue avec les Ûbres nerveuses du nerf optique par rinternê* diaîre des flbres des cônes et des bâtonnets (flbres de MUiler>, et paru article externe appliqué contre la choroïde. Pourarrirer à rartiele externe, la lumière doit donc traverser Tarticle interne. L*article interae se compose de flbrillcs trés-ûnes; Tarticle externe est constitoë pir une série de petites plaques transversales superposées, tout à fait cooh parabie à une pile de lames de verre; ces plaques sont Iranspareates, ont toutes à peu près la môme épaisseur, mais peuvent posséder u indice de réfraction difTérent; leur nombre varie suivant la longueurde Tarticle externe. Le mode d'union de l'article interne et de Farticle externe est encore indéterminé» et il est impossible de dire si les flbriUei de farticle interne se continuent avec les plaques de rarticle extene; mais ce qui semblerait iuUrmer cette hypothèse, c*est que chez certain animaux (oiseaux, reptiles), le lieu d'union des deux, articles est occopé par un globule incolore ou coloré, qui occupe toute Tépalsseurda cdoe et doit très-probablement interrompre la continuité entre les dcQX articles. Quand ces globules colorés existent, la lumière ne peat arrirer dans r article externe sans les traverser, et dans ce passage certaiu rayons sont absorbés*suivanl la couleur du globule ; ces globales, qn paraissent de nature graisseuse, sont, en général, rougrcs ou Jannes, fortement réfringents, et doivent en outre, parleur nombre même et leur pouvoir réfringent, exercer une certaine influence snr la marcke des rayons lumineux. Dans certains cas, ces globules manquent etwat remplacés par des corpuscules réfringents, analogues à de véritablei lentilles. Chez l'homme, ces globules colorés n*existent pas. mais tonte la région de la tache jaune et de la fosse centrale est occupée parmi pigment jaune diffus qui forme une couche continue en avant des cônes et absorbe au passage une partie des rayons violets et bleus du spectre. En outre, dans les parties périphériques de la rétine, la couche dci vaisseaux capillaires et des globules sanguins de la rétine produit le môme effet sur les éléments impressionnables de cette membrane.

(M. Schultze.)

Quel est maintenant des deux articles celui qui est impressionoé par la lumière? L'article externe, par sa disposition lamellaire, paraUtrès-

(*) Voir Beaunis et Bouchard : Analomiey a» éd., page 9tt.

810 l'HYSlOLOOlE FONCTIONNELLE.

li^nc comme absolument noir. Oo peut arriver ainsi à constater des d.fe* rences d'intensité de 1/1 50*. (Helmholtz, Optique ph y siolo^que. p. ilT.i

5^ Caractères de V excitation rétinienne.

Persistance des impressions rétiniennes. — La modilîcatioii rétinienne suit presque instantanément l'excitation lomin<Miso; la période (ï excitation latente y existe peut-être, mais elle y est tt^llement courte qu'il est à peu près impossible de h démontrer; cette modification rétinienne, une fois produite, a uae (-(>rlain(; durée, c'est-à-dire que l'impression lumineuse persiste encore même après la disparition dé lexcitant-lumière; cette durée, variable du reste, peut être évaluée de 1/50* àj|iî0*de seconde. Si on regarde un moment le soleil ou une flamme hrillante ol qu'on ferme rapidement les yeux, ou si on éteint une lampe dans l'obscurité, on voit pendant quelque temps une image du corps lumineux; c'est ce qu'on a appelé image accidentelle positive ou image consécutive. M résulte de ce fait que quand des e.xcilations lumineuses intermittentes identiques se succèdent sur la rétine avec assez de rapidité , les images rétiniennes persistent encore quand les nouvelles excitations se produisent, et la sensation lumineuse, au lieu d'être intermittente, est continue: ainsi, un charbon enflammé qu'on tourne rapidement parait être un cercle de feu; si l'on marque un point blanc brillant sur un disiiue noir d une certaine distance de son centre et qu'on fasse tourner le disque, on voit un cercle gris qui paraît immobile; il en est de même si on prend des disques rotatifs avec des secteurs noirs plus ou moins étendus, les disques paraissent d'un gris uniforme plus ou moins foncé, suivant l'jétcndae des secteurs noirs. C'est également à cette persistance des impressions rétiniennes ({ue sont dues les courbes variables qu*on obtient quand on fait vibrer une corde métallique noircie, dont un seul point est fortemeut éclairé; et on a pu, par ce procédé, étudier la forme des vibrations des cordes dans différents instruments.

Si dans l'expérience du disque rotatif avec le point blanc brillant, le cercle paraît gris et non pas blanc, c'est que le point de lu rétine impressionné ne voit que pendant un temps UX)p court la lumière blanche du point brillant: et rexpérience montre que la lumière émise pendant la durée d'une rotation du

8U PHYSIOLOGIE FONCTIOxNNELLE.

Si, pendant que rimage positiYc est encore visible, on dirige le regard vers une surface fortement éclairée, Timage négatîTe appanlt. et cette image négative peut avoir aussi assez de netteté pour que les plus petits détails soient visibles. A Tinversc de Fimage poulive. rimage négative augmente d intensité avec Taugmentatioa de dorée de l'action lumineuse.

Les images accidentelles suivent les déplacements de Toeil; si c'est la tache jaune qui en est le siège, cette image vient se placer ao point de fixation de ToBil et, tant qu'elle existe, empècbe de distinguer ]]ett^ ment les objets.

L'explication des images accidentelles est facile à donner. Les images positives sont dues, comme on Ta vu plus haut, à la persistance de Texcitation rétinienne après la cessation de Tezcitant; les in^ages négatives sont dues à la fatigue et à la diminution d*excitabilitë de la rétine : les parties qui, avec la première excitation lumineuse, donoaiefit l'image positive sont devenues inezcitables par la fatigne ; alors, quand arrive la deuxième excitation lumineuse, toutes les parties de la rétine, sauf celles-là, sont excitées et à Timage positive brillante succède Fimage négative obscure.

Cette inlluence de la fatigue se montre nettement dans Texpérienee suivante : Si on regarde sur fond gris un objet clair, par exemple on morceau de papier blanc, et qu'on enlève subitement cet objet, on vuit paraître une image accidentelle foncée du papier ; si on remplace le papier blanc par du papjer noir, Timage accidentelle est claire. La partie de rétine excitée par le papier blanc est plus fatiguée que le reste de la rétine où se peint le fond gris ; celle excitée par le papier noir Teit moins, et quand nous enlevons le papier, le fond gris qui le rem* place va exciter une partie de la rétine qui n'est pas fatiguée, et le reste du fond gris, agissant sur une rétine déjà fatiguée, parait plus foncé par comparaison.

Page 1