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U. — DES SENSATIONS DE COULEUR

1° Des couleurs simples.

Le mot couleur a trois significations différentes. Dans le premier cas, il répond à une sensatioD spéciale duc elle-même à une excitation particulière de la rétine; c'est ainsi qu*on dira: la couleur rouge, la couleur bleue. Dans le second cas, on transporte par la pensée le nom, employé pour désigner la sensation, à Tobjet extérieur, vibration de l'étber, qui Ta déterminée, et od parle de rayons colorés, rayons rouges, rayons violets, pour

vers la lame de verre, on voit à. travers la lame l'objet b, et on voit réflexion l'objet c, qui paraît alors coïncider avec 0 ; rimagc comœ de ^ cl de c a alors la couleur résultante.

Fig. 214. — Procédé de Lambert pom le mUitige dn «oot««n.

3° Procédé de Czermack. C'est rexpérieuce de Scliefticr (voir p. modiliée. On place aux deux ouvertures deux Terres diffëremmeiit lorés ; puis on accommode de façon que les deux cerolefi de dilh se recouvrent en pairtle sur la rétine; on a alors la sensation de li* leur composée.

4« Procédé des disques rotatifs. On fait tourner rapidement dans pian des disques qui portent des secteurs différemment colorés. Qi la vitesse de la rotation est suflisante, les impressions produites par les différentes couleurs sur la rétine éveillent une impression unique, celle de la couleur mixte.

Le procédé des disques rotatifs permet le mélange d*UQ nombre quelconque de couleurs. Ainst^^ si on dispose sur le disque des secteurs colorés correspondant aux principales couleurs du spectre, comme dans la %are 215, la sensation résultante est celle de la lumière blanche. Seulement , il faut donner aux différents secteurs colorés des dimensions qui soient dans des rapports convenables. Dans le disque de la figure les angles des secteurs ont des valeurs qui ont été calculée: Newton et dont voici les nombres :

Ronge 60°45',5

Orange .... 34oiO',5

Jaune 54*^4 1'

Vert 60°45',5

Fig. 215. — Disqae roUtifde TCewtoa le mélange des couleort.

Bleu 54*'41

Indigo 34''10\S

Violet. .... 60<»45'ô

jaune et d'un fluiJc bien ne laifse passer que les rayons Tcrts. II enest de môme des poudres colorées : chaque particule de matière colorute agit comaie un petit corps (raiisparent qui colore Ja lumière par absorption. 11 y a donc dans les mèlan^res de poudres on de liquides colorés non pas addition, mais soustraction de couleurs; aussi ecà mélanges sont-ils toujours plus foncés que les substances simples q^ entrent dans leur composition. On rend ces dilTérences sensibles en pliçant au contre d'un disque relatif le mélange direct des deux couleurs, par exemple du bleu cobalt et du jaune de chrome, et en plaçant isolé* ment chacune des deux couleurs sur les secteurs du bord du distpie; quand le disque tourne, les deux couleurs donnent, au centre du disque, du vert foncé; sur le bord du disque, là où la combinaison se fait snrli rétine, du vert blanchâtre.

3" Caractères des sensations de couleur.

On distingue, dans les sensations de couleur, trois caractères [)rincipaux qui dépendent de conditions physiques : ce sont le iun, la siitu milan et ïinteiisUé.

r Ton, — Le ton d'une couleur dépend du nombre de ribratlons (ou de la longueur d'ondulation) de 1 ether et correspond à ce qu'est la hauteur pour les vibrations sonores.

2° Saturation. — La saturation d'une couleur dépend de h plus OU moins grande quantité de lumière blanche qu'elle contient. Une couleur est dite saturée quand elle ne contient pas de lumière blanche, telles sont les couleurs simples du spectre et le pourpre. On peut donc, par une addition convenable de Ibmière blanche, dégrader peu à peu chaque ton et passer ainsi, par tnosilioiis insensibles, d'une couleur saturée au blanc pur.

'^"^ IntemltiL — L'intensité d'une couleur dépend de Tamplilude des vibrations. Celte intensité diminue depuis les couleurs spectrales pures jus(iu'au sombre ou au noir par dégradations succe^ sives; le gris n'est que du blanc peu lumineux. Ousmd l'intensité lumineuse dépasse une certaine limite, le ton de la couleur disparaît, et nous n'avons plus que la sensation du blanc

Cette intensité lumineuse varie, du resle,i^our les différentes couleurs du spectre; ainsi le rouge exige, pour être vu, une Inmiére plus forte que le bleu. Si un papier rouge et un papier bleu paraissent également clairs à la lumière du jour, à la tombée (le la nuit le papier bleu parait plus clair et le papier rouge

loré, jaune, rouge ou blanc, qui ne laisse, par conséquent, amTeràlèlément impressionnable que la lumière rouge, jaune ou blanche. Cette disposition vient confirmer Thypothèse d'Yonng. Mais chei rhommeil n'existe rien de semblable. Seulement, les cônes sont eu rapport arec plusieurs fibrilles primitives et non plus avec une seule ; en effet, Firticlc interne du cône est constitué par un paquet de flbrilles nerreoie; (Schultzc) et l'article externe par une pile de lames transTersalei pirallèles. Nous avons vu, d'ailleurs (page 806). qu'il est très-difficile de savoir dans quel article se passe la modification qui produit la seo» tion de couleur et de quelle nature est cette modification. D'après Zenker, la lumière serait analysée dans cette pile de lames comoe le son dans l'organe de Gorti, .comme elle est décomposée dans une pOe de lames de verre d'épaisseur inégale ou de réfringence diflèreate. (Zenker, Archiofiirmikr, Anatomie, t. lll.)

Le pigment jaune de la tacbe jaune rend la rétine moins sensible pour le rouge et le violet. Du reste, d'une façon générale, les élémecti rétiniens affectés au 'rouge paraissent avoir une sensibilité plos faible que les autres : à la périphérie de la rétine ces éléments paraisseol môme manquer tout à fait. Si on fixe avec un œil un pain ï cacheter rouge, l'impression porte d'abord sur la tache jaune et Tobjet est tq nettement rouge ; si alors, sans déplacer le point de fixation de l'œil on fait mouvoir lentement le pain à cacheter de tsLÇon que son imageie fasse sur la rétine dans des points de plus en plus rapprochés de ïof serrata, l'objet parait de plus en plus foncé, puis il prend une teinte bleuâtre et Unit par paraître tout à fait noir (Wundt).

6** Images consécutives colorées.

Si on fixe pendant quelque temps une croix rouge, par exemple, siir un fond noir et qu'on ferme les yeux, on voit une ima^ consécutive rouge de la croix; l'image, dans ce cas, est positiit et homochvoïque, c'esl-à-dire de mOme couleur que lobjet: si. au lieu de fermer les yeux, on regarde un papier blanc, on voii une croix verte; l'image consécutive est complémentaire, c^â-dire qu'elle a la couleur complémentaire de la couleur de Tot)jet. Les images consécutives sont positives quand elles ont b même intensité que l'image primaire de Tobjet, négatives quand elles ont moins d'intensité lumineuse. Les images homochroïqDes sont toujours positives ; les images complémentaires peuvent élre positives ou négatives. On appelle luntière primaire ou indue-

rapproche du centre. Sur chaque couronne, la sniflice angulaire des parties noires est constante, et cependant chaque couronne parait plus claire à sa partie interne, où elle confine à une couronne plus foncée, et plus foncée à sa partie externei où elle confine à une couronne plus claire. Si au lien du blanc et du noir, on prend deox couleurs difTérentesje phénomène derient trés-frappant : chaque couronne présente deux colorations différentes à ses deux bords , bien que la coloration objectire soit oniforme sur toute retendue de chaque couronne. Si on a mélangé du bleu et du jaune et que le bien prédomine dans les couronnes extérieures, chaque couronne parait Jaune à son bord extérieur, bleue à son bord intérieur. Ces effets de contraste disparaissent dés'qu'on marque les contours des anneaux par dé fines circonférences noires; chaque anneau apparaît alors afec la coloration et Tintensité qu'il possède en réalité. Ces phénomènes de contraste doiTent donc être rattachés, comme le fait obsenrer Helmholts, plnt^ à des modifications dans le Jugement qu*à des modifications dans la sensation. Plateau> au contraire, rattache les phénomènes de contraste à la théorie des images consécutires.

E. — MOt'VEMEMS DU GLOBE OCULAIRE.

Les mouvements du globe oculaire ont pour but de diriger le regard vers le point de i espace que nous voulons fixer de façon que l'image de ce point aille se faire sur la tache jaune, lieu de la vision distincte.

Le globe oculaire, au point de vue de ses mouvements, représente une véritable énarthrosc, et ses déplacements se font d'après les lois des déplacements des articulations sphériques.

1® Centre et axes de rotation de Vœil,

Le centre de rotation de Tœil ne se trouve pas exactement au milieu de l'axe optique; il est placé un peu plus en arrière (de l"" */4 environ), par conséquent en arrière des points nôdaux. Dans les yeux myopes, le centre de rotation est placé plus en arrière que dans les yeux normaux; dans les yeux hypermétropes, il est un peu plus en avant.

Détermination du centre de rotation de tœit, — Procédé de Donders. On mesure d'abord le diamètre horizootal de la cornée à Taide de ropbthahnomètre. Puis on faityiser successivement à droite et à gauche

Beauicis, Phvt. 53

(le regard avec le plan transversal ou horizon rétinien d'Uelalioltz; cet angle est ce qu*on appelle angle de rotation oq an^ de torsion de l'œil. Ce mouvement de roue est dit positif (paai Tœil tourne dans le même sens que Jes aiguilles d'une monbe située en face de lui: il est dit négatif dnns le cas contraire.

Dond(Ts a montré que pour une direction donnée de la UgK de regard, Tangle de rotation est toujours le môme, autreoctt dit qu*il y a un rapport constant entre la valeur de cet angle ée rotation et la valeur de l'angle de déplacement horizontal et4i Tangié de déplacement latéral. La grandeur des moavemeoto à roue augmente avec rincliniiison dS la ligne de regard; daoïki positions extrêmes, cet angle de rotation peut atteindre 10*.

La ioi des rotations du globe oculaire a été formulée par Lislinii la façon suirante : Lorsque la ligne de regard passe de sa potitiMp» maire à uoc position quelconque, Taugle de torsion de TcbU diasMOe seconde position est le même que si Tœil était venu dans cette potti en tournant autour d'un axe fixe perpendiculaire à la premiénetàii seconde position de la ligne de regard (Helmholtz : OpiiguepkfriÊk gique, page G06). Giraud-Teulon propose, tout en la reponsmit, 4e k formuler de la façon suivante :

Lorsque le regard passe d'une posiUon à nne autre, il peat être M* sidéré comme ayant tourné, par simple rotation» autour d'on axais perpendiculaire au plan qui contient les deux lignes de regard dM leurs positions extrêmes. Il en résulte qne Taxe de rotatfioa ctf I» jours placé dans Téquatcur (plan frontal) de ToBil,

Quand les lignes de regard des deux yeux, an lieu d*étre pualIttB, sont convergentes, les résultats ne sont plus tout i fait les rnéBCi^d les écarts sont d*autant plus considérables que la conTergenee est |Ah grande. 11 en est de même pour les yeux myopes..

Procédés pour la détermination des mouvtmenis dé roue de CmiL^ Procédé de Ruete par les images accidentelles. — ' On développe am k rétine Timage accidentelle d'un ruban noir horizontal on Terficalleià au-devant d'un mur ou d*une tenture grise sur laquelle sont tracèei des lignes horizontales et verticales. On maintient la tète droite ctM fixe le milieu du ruban; puis, sans déplacer Is télé» on dirige kvquemont le regard sur une autre partie de la tenture; on voitalm une image accidentelle du ruban qui se superpose i la teataie et dont la direction se reconnaît par comparaison avec les Itgnei horizontales et verticales de la tenture. On observe alors les phënooéMi suivants :

Si on porte le regard directement en haut on en bas, i droite m i gauche, en partant du milieu du ruban, Fimage accidentellei borino-

ont leur convexité tournée en dehors; elle est tournée en dedans quand la lijîne de regard se porte en dedans.

Los mouvements des deux veux sont solidaires. Dans les condilions ordinaires, nous dirigeons les deux lignes du regard fen le mOme point de Tespacc. Les mouvements simultanés desdea yeux sont toujours associés; on ne peut à la fois lever Un oal ci al^isser l'autre; nous pouvons faire converger les lignes de regard pour regarder un objet Irès-rapproché; mais nous ne pouvons faire diverger ces deux lignes de façon que Tœil droit regarde h droito et l'œil gauche, à gauche. On peut cependanl, par l'exercice, arriver à se rendre assez maître des moovementi oculaires pour dissocier, au moins dans de certaines limites, 1« mouvements des deux yeux.

3" Action des muscles de l'œiL

Pour connaître l'action des muscles de Tœil, il faut d'abord, pour chaque muscle, déterminer la position de son axe de rotation, c esl-à-dire l'axe autour duquel le globe oculaire doit tourner quand le muscle se contracte. Cet axe de rotation est perpendiculaire à la direction du muscle et sa position est déteimioée par les trois angles que cet axe de rotation fait avec les trois axei principaux du globe oculaire. Ce sont ces angles que doooek tableau suivant, d'après Fick, l'œil étant supposé dans -la position primaire :

JINGLI Ql'B l'aXB «B KOTATtOTI tATT AVBC

Droit supérieur. . . . ni»,2l' 108»,22' ISI^C

Droit inférieur . . . . 03^,37' tU*,28' 37«,49'

Droit externe 06«,I5' 9% 15' 9b;2V

Droit interne 85o,r 173«,t3' 94V8'

Grand oblique 150^t6' 90» 60».lf/

Petit oblique 29V*' 90» 119»,44'

On peut, d'après ces données, résumer ainsi l'action de chacun de ces muscles :

l** Droits interne et externe. — Leur axe de rotation coïncide à peu près avec Taxe vertical deTœil; aussi font-ils tourner Tœil à peu près directement en dedans ou en dehors.

CQ mouvement, par le sentiment des contractions musculaires que nous excitons pour déplacer l'œil de façon à suivre du regard l'objet qui se meut et dont l'image se fait alors sur le mOme point de la rétine. Il en est de mémo quand, au lieu de l'œil, c'est la tôle qui se déplace ; mais, dans ce cas. la notion du mouvement, de sa vitesse, de sa direction, est beaucoup moins précise que quand les muscles de l'œil entrent en jeu.

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