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CHAPITRE TROISIÈME

Le sang forme le premier et le plus important des liquides du corps humain ; au sang se rattachent la lymphe et le chyle, qui ne sont que des dérivés du sang, avec addition, la première, de principes provenant des tissus, le second, de principes absorbés dans la digestion. Un second groupe comprend les sérosités et transsudations, liquides exsudés à travers les parois des capillaires dans les cavités du corps et très-analogues comme -composilion au sérum du sang et de la lymphe. Les liquides qui viennent ensuite constituent les sécrétions et excrétions et on peut les classer, au point de vue de la chimie physiologique, en : 1** sécrétions où dominent les sels et les matières extractives : urine, snenr, larmes, bile; 2° sécrétions où dominent les matières grasses: lait et matières sébacées et cérumineuses ; 3° sécrétions albuminenses, très-riches en matières albuminoïdes: mucus, sperme, synovie ; 4*' sécrétions contenant des substances albuminoïdes particulières ou ferments solubles ; ce groupe comprend les sécrétions dites digestives: salive, suc gastrique, suc pancréatique, suc entérique.

L'étude de ces divers liquides ne sera faite ici qu'au point de vue de la composition et des caractères chimiques ; tout ce qui concerne le mécanisme des sécrétions et leur rôle physiologique sera renvoyé soit au chapitre des sécrétions, soit h celui de la

digestion oo des autres fonctions spédales. L'étnde da sang, au cootraire, aert fiûte immédiatement d*uoe ftiçon complète, à ciDse de son importance physiologiqQe et de son intervention pour aion dire continuelle dans tous les actes Titaux de Torgantfflie.

Article premier. — Sang^ Ltmphb et Chtle.

Le laog n'est pas seulement un liquide : il contient des éléaolf anatomiques, des globules, et peut, à ce point de vue, être coaâdéré cooune un tissu dont la substance intercellulaire serait iTétat liquide.

Le sang est contenu dans des conduits ou vaisseaux qui for- ■eal un système continu, un circuit, de foçon qu'une molécule Bngnine prise en un point du système vasculaire, revient à ce point après avoir accompli son trajet comme dans un canal circolaire ifig. i 1). Sans entrer ici dans des détails qui seront donnés plus tard, Tapparcil circulatoire est constitué par plusieurs ordres de canaux, kJf K \ m '^A ^^ ^® **% ^^^^ traverser dans son trajet

circulaire deux systèmes de vaisseaux capillaires, les capillaires du poumon et les capillaires des autres organes (capil- A laires généraux).

Si, dans le schéma de la figure 12, ai.if.^f iiiM 4*i'«guiiaf. pgge g2, nous suivons le co urs du sang

non voyons que, partant^ par exemple, des capillaires géaénu (4), il passe dans les veines (5), arrive au cœur droit •A 7) et est conduit par l'artère pulmonaire (8) aux capillaires da poumons (9) ; de là il passe dans les veines pulmonaires (10), Itomr gauche (1, 2) et Taorte (3) par les branches de laquelle il rrrient i son point de départ.

Dus les capillaires, sous des causes qui seront étudiées plus kû. une partie du liquide sanguin transsude & travers les parois de ces canaux, et le sang se divise là en deux courants : 1* un ravant direct qui passe par les veines et reste dans le circuit

#» II. — AA. tliiilii é>mii«M. — a, tkt«k»

*- C, cirMil YMcalair*.

i4 CHlidiE: i'IlYSrOLOGIQUE.

Le sang est conslitixi par les parlies suivantes : 1- Vnnm soUdcs ou globules! «j^^jj^ '^3- ■ ■ ■ ■ ■ j^^^^^^^

!fibrineouparliecoagu-| '

lablc ,' sérum.

3° Gaz du sang.

1" Globules routes.

Nnméralion des globules ronges. — f ° Procédé de Vieronlt. — On

Ëlcnd une iictilc qiianlilè de sang d'un Toliimc dèlermiDë d'caa sucrée; on fait passer une petite quantltË de ce mëlaugc dans ud tube caplllaite dont on connaît eiaclement le calibre; on mesure sous le microscope la longueur de la colonne eanguine, ce qui donne le Tolume Uu sang; on étend ce Ean^ sur un verre porle-objet dans une solution de gomme qui en Bêcijant conacrre les globules, et on n'a plus qu'à les compter i Taide d'un micromètre quadrillé.— 2° Procédé de Malasiei. — OoUt d'abord un mélange parrailemcnt titré de sang et de sérum arliflciel, EOil dans une éprouvetle, soit avec le mélangeur-Potain. Le sémm arliflciel se compose de I volume d'une solution de gomme arabique, de densité de 1,020 au pëse-urlne, et de 3 volumes d'une solulioD i parties égales de sulfate de sodium et de chlorure de sodium de même densité.— Le mélanqeur-Potain représente une sorte de pipette i lobe capillaire ; dans l'ampoule de la pipette se trouvé à l'état de liberté une petite boule de verre; un tube de caoutchouc s'adapte à la partie de ta pipetre supérieure à l'ampoule; l'autre extrémité du tube est graduée et cQllée en pointe et a, entre les deux traits extrêmes de la graduation, une capacité de 1 centième de la capacité totale de l'ampoule. Four faire un mélange au 1/100°, on aspire par le tube en caoutchouc une colonne de sang égale a la longueur de la partie graduée et on aspira ensuite du sérum artitlcicl de façon à remplir l'ampoule; on agite le tout, et la petite boule coutenue dans l'ampuule mélange entièrement le sang et le sérum. Ce mélange est alors introduit dans un tube Bn en Terre (capillaire artillcici), calibré et cubé, qu'on place sous le microscope et dont on compte les globules sur un micromètre qnadrillè. (ircli. de PbfS., 1874.)

Les globules rouges, ou Mmaties ifig. 13, page 85), sodI de petits corpuscules de O-'iOO? de diamètre sur 0"",0019 d'é-

paisseur; ils ont la forme d'une lentille biconcave, de fôçon que, vus de face, ils représenient un disque circulaire avec une dé-

iSîf

Pk§, 13. «- GfobolM do MDf . (Voir p«ge 84.)

fitiiton centrale, et de profil un bâtonnet un peu renflé à ses extrémités. Leur couleur .est jaunâtre clair, et ce n'est grande masse qu'ils ont une coloration rouge. Ils sont Mi-wnis, élastiques et, après avoir été comprimés ou étires, wimaent immédiatement leur forme primitive ; cette élasticité tar pennet de se modifier suivant les obstacles qu'ils rencontrent et de traverser des capillaires plus fins que leur diamètre. 0|a''ptrticnl8rité singulière encore mal expliquée est la prodiM qu'ils ont de s'empiler les uns à côté des autres comme MfOes de monnaie {fig. 13, a).

Unr Tolnme, de 0,000,000,68 de millimètre cube (Welcker), a grande fixité pour une même espèce animale. Leur est considérable; Yierordt l'évalue à 5 millions par HUioièlre cube; Hoppe^Seyler a trouvé par son procédé 326 Iflliei de globules pour 1,000 parties en poids de sang de chelaL IVaprës Welcker, la totalité des globules rouges contenus itoile sang représente une surface de 2,816 mètres carrés (sur- Jto oxydable du saiig). Leur densité, 1,105, est plus considéra- Ai que celle du plasma; ^ussi, si on laisse le sang reposer en nhuridant la coagulation de la fibrine, tombent-ils au fond de AÎpronTette.

Les globules sont constitués par une masse demi-^lidc, hof Mgtae, dépourvue*de membrane d'enveloppe et de noyau ; ce iernier se rencontre cependant dans la vie embryonnaire ejt chez lo vertébrés inférieurs. L'existence d'une membrane d'enveloppe * a été longtemps admise et l'est encore aujourd'hui par quelques

f^^. IS •— m, flobilM tmpnit en cobnnM. — b, e, globules n» de face.

86 CHIJME PHYSIOLOOIOUE.

histologistGS. BrOcke distingue liaas le globule une masse poreuse, sorte de charpente molle, transparenic, ou ïoïlioïde, elune subslancc vivaulo, contractile, coloriSo, le zooïde. liOchamp et Kstor les constJËrcnt comme des agrégniions de microzymas (voir : Fermmialions). Les elobules rouges sonl circulaires chez tous les mammifàres, sauf les camëliens; ils sonl ellipfiques chez les caméliens, les oiseaux, les amphibies {fi^. 14), les repliles ol la plupart des poissons; ils sont circulaires chez les cycloslomcs. Leur grandeur est Irès-varialile pour les dîlTérenles espèces; les plus considérables se rencontrent chez les amphibies; ceux du prolée ont '|„ de millitnétre.

Composition da globule sanguin. — n». 14. — r:iot.Bi.-.diiin( Le globule eanguin se compose de deux irgnamm,.

parties, le stroma, ou masse globulaire, et la matière colorante ouhiimoglobine.

Procédés de séparation da stroma et de la matière colorante.— 1° Isolement du i/roma. — FourUolcr le slromade la maliôrc colorante, on peut employer divers procèdes; la ré tri gi ration, l'eJeclricilé font pas)>er dans le plasma la matière coloranle des globules. Si on laisse tomber goiilte à gnulle du sang déllbrlné (surtout de cabiar) dam une capsule placée dans un mélange réfrigérant cl qu'on cliautTa easuite rapldemenl à 4- 30°, le sérum se colore et les globules restent à peu prés incolores (Ilollct). — 2° Extraction de C hémoglobine. Proeédi de Freger. On prend du sang de cheial ou de chien qu'on laisse se coaguler; on décanleie sérum; on lave le caillot à l'eau glacée et on lofait congeler; od le triture sur un llltre mec de l'eau glacée Jusqu'à ce que l'eau de lavage ne précrpilc plus que faiblement par le bictilorure de mercure; puis on dissout le globule dans, l'eau liéde (tO°). Le liquide ailrë est recueilli, addilioniië d'une quantité convenable d'alcool et abandonné dans un mélange rétrigérant;!! se dépose des crislauz qu'on lave avec de l'eau glacée alcoolisée et qu'on purllle par une recristallîsaliou. (Poi» les délails et pour les antres procédés de préparation, TOir les Traités de chimie spéciale et Gurlout le Itamiel de ehimie pratique de E. Ititler, et le mémoire de W. Preyer : Die Blutkryslalle.)

Le stroma globulaire (globuline de Denis), obtenu par le procédé de Rollct, a conservé la forme et la plupart des propriétés des globules rouges ; mais les globules ainsi décolorés sont de-

90 CHIMIE PHYSIOLOGIOLE.

sont très-pctils et réduits à un noyau entouré d'une mince coucIk de protoplasma; on trouve, du reste, toutes les formes de transition jusqu'aux globules parfaits. On rencontre en outre dans 1( sang des amas irréguliers provenant de l'agglomération de plu sieurs globules et des granulations qui ressemblent beaucou| aux micrococcus et qui viennent de la dissociation des globule blancs, granulations élémentaires de Zimmermann. (L. Riess.)

Les globules blancs offrent, d'une façon très-nette, le phéno •mène des mouvements dits amœboïdes parce qu'ils ressemblen à ceux *dlîs amibes (voir : Protoplasma); ces mouvements son plus prononcés si on chauffe la préparation à la température di corps.

C'est probablement grûce à ces mouvements qu'ils peuven traverser les pores des membres organiques; ainsi Lortet appli qiia la membrane de la chambre à air d'un œuf de poule, dé pouillé à ce niveau de sa coquille, sur une plaie en suppuration,e trouva, au bout de quelques heures, les globules blancs du pu (identiques à ceux du sang) à la face interne de la membrane.

Un caractère essentiel de ces globules, c'est leur ubiquité; il ne sont pas exclusifs au sang, comme les globules rouges; o trouve partout ou à peu près partout, spécialement dans les tissu connectifs, des éléments absolument semblables.

Le mode de formation et la durée des globules blancs sor presque inconnus; tout ce qu'on sait, c'est que les glandes lyni phaliques et les organes lymphoïdes (rate, thymus, etc.) sont le lieux principaux de leur production.

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