‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 70 sur 126 · D. — RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE · texte numérisé non relu

D. — RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE

Peu de temps après la mort, les muscles deviennent le siège d'une raideur et d*unc dureté caractéristiques; ils opposent une très-grande résistance à l'extension et, une fois étendus, ne reprennent plus leur longueur primitive; leur tonicité a disparu; après leur section transversale, les deux bouts ne s*écartent pas et restent en contact. Leur cohésion a diminué ; ils se laissent déchirer facilement ; enfin la substance musculaire a perdu sa transparence.

L'époque de Tapparition de la rigidité cadavérique est trèsvariable ; elle commence d'un quart d*heure à vingt heures apris la mort. Sur des lapins soumis à des contractions musculaires excessivement intenses et répétées, je l'ai vue commencer tmm^ diatement après la mort. Sur un soldat du Gros-Caillou, elle s'est montrée pendant que le coâur battait encore. Sa durée varie de quelques heures à quelques jours ; ordinairement TapparitioD tardive coïncide avec une longue durée.

La rigidité cadavérique commence par les muscles de la mâchoire et du cou ; elle envahit ensuite successivement les muscles abdominaux, les membres supérieurs, le tronc et les membres inférieurs. Le cœur est atteint aussi par la rigidité cadavérique. Sa disparition se fait dans le même ordre et en général de baat en bas.

PHYSIOLOGIE DE LMNDIVIDU.

compliqué que daas ractivité d^une fibre musculaire ou d'une cellule épithéliale.

Au point de vue le plus général, le système nenreux représente un appareil qui relie les surfaces sensibles périphériques (pean, muqueuses, organes des sens) aux muscles et à quelques autres organes (glandes, par exemple). On pince la peau de la patte d'une grenouille et on voit cette patte se fléchir par un moQv^ ment qui suit presque instanUinément l'excitation cutanée. Son examine anatomiquement les conditions organiques du phénomène, on trouve {fig. 59, A), entre le point de la peau excité (I)

Fig, 59. — Perf«etionnementi taeetasifli de rftcUon aervease.

et le muscle qui se contracte (2), un cordon nerveux (3) qui n sans discontinuité de Tun à Tautre. Si l'on coupe ce cordon nerveux en un point quelconque, a par exemple, le pincement de la peau en (1) ne détermine plus de contraction en (2); la continuité du cordon nerveux est indispensable; le nerf transmet n muscle l'excitation produite en (1), et si cette transmission ne m . fait pas, la contraction manque.

En quoi consiste cette transmission? Gomment se làit-dle? Quelle est sa nature? Autant de questions à peu près insolnblei actuellement. On peut affirmer qu'il y a un mouvement transmis, mais on ne peut aller au delà. Est-ce une vibration, un éconlo-

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nerf que sur le muscle. Ces excitants se divisent en excitants mécaniques (pression, tiraillement, déchirure, section, écrasement, etc.), physiques (température, électricité), chimiques (acides, alcalis, sels métalliques, bile, acides biliaires, etc.). Ces derniers agissent soit en soutirant de Teau au nerf (solutions salines neutres concentrées), soit en désorganisant la substance nerveuse (dans ce cas, l'excitation s'arrête immédiatement), soit par uue action spéciale encore inconnue.

Quand les excitations se répètent et se succèdent arec une certaine rapidité, le nerf entre dans un état particulier qui se traduit dans les nerfs moteurs par un tétanos musculaire, et suivant la nature de l'excitant nerveux, on aura un tétanos mé* canique, électrique, etc.

Pour obtenir le tétanos mécanique, Heidenhain s'est serri d'un instrument qu'il appelle tétanomoteur ; il consiste essentiellement en un petit marteau mis en mouvement par uneiooe dentée au moyen d'une manivelle et qui frappe plus ou moiu fréquemment sur le nerf, suivant la vitesse de rotation de la roue. On peut arriver au même résultat en se servant d'andiapson vibrant dont une des branches vient Arappêr le nerf à chaque vibration.

Des excitations persistantes peuvent aussi produire le même état. Ainsi, la chaleur, certains agents chimiques (bile, sel marin), appliqués sur un nerf moteur, produisent le tétanos do muscle.

L'activité nerveuse n'est jamais continue. Elle se compose d'une succession de périodes très-courtes d'activité coupées par des périodes très-courtes de repos, dB même que la contractioa musculaire est la somme d'une série de contractions partielles.

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