‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 77 sur 126 · A. — DIGESTIONS ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

A. — DIGESTIONS ARTIFICIELLES

Les digestions artiflcielles se pratiquent avec du suc gastrique trtillciel, OU avec du suc gastrique naturel extrait de fistules gastriques (Toir page 155); les substances sur lesquelles on fait agir le suc gastriqoe sont placées dans une étuve maintenue par un' régulateur à uoe tôh pératnre constante de 38« environ.

P. GrUtzner et A. GrUnhagcn ont imaginé des procèdes iogénieoxpoil rendre sensible aux yeux la puissance dlgcstire d*un liquide dlgénnt

Procédé de P. Grûnhagen. On met de la fibrine dans de Tteide chlorhydrique à 0,2 p. 100; elle se gonfle et forme une masse gèlatioeaN qu'on place dans un entonnoir avec ou sans filtre et on ajoute nnpeo du liquide digérant ; au bout de quelques minutes, on voit les gootlei de fibrine digérée couler dans rentonnoir avec plus ou moins de npidite, suivant la rapidité de la digestion. —Procédé de P. (rrâ/SMr.On colore la fibrine par du carminate ou du picrocarminate d^ammoniaqie; à mesure que la digestion de la fibrine se produit, la liqueur se oolon^ la fibrine en se dissolvant abandonnant sa matière colorante.

1° Action du suc gastrique sur les alimenté,

1° Fibrine. — La fibrine commence par se gonfler, puis elle se dissout peu à peu en donnant une^olution fortement opalioeqd n'est pas troublée par la chaleur; on retrouve dans la liqueur les dilTérentcs espèces de peptones énunaérées plus haut. Cette diges^ tion de la fibrine est très-rapide, aussi la choisit-on en génénl pour apprécier la puissance digestive d'un suc gastrique, puissance digestive qui se mesure, soit par la vitesse avec laquelle on

La durée de la digestion stomacale est à peu près impossi à déterminer dune façon précise. En effet, tandis que, dans les digestions artificielles, on peut pousser l'action du sUc gastrique sur lalbuminoïde jusqu'à la digestion complète, dans la digestion naturelle il n'en est plus de même; la plupart des aliments traversent l'estomac et arrivent dans l'intestin avant que leur digestion soit achevée; ainsi, chez des hommes porteurs de fistoles duodénales, on a vu de la chair musculaire, du lait même noo coagulé, se présenter à l'orifice de la fistule dix minutes après* l'ingestion. Cependant une certaine partie des substauces albuminoïdes subit toujours dans Testomac même un commencement de transformation digestive et fournit déjà de la peptone et de la parapeptone.

c. — Action du suc pancréatique sur les aliments.

Le suc pancréatique (voir page 161 , pour son étude clu« mique) agit sur les trois espèces d'aliments, féculents, graisses et albuminoïdes, et cette triple action justifie le rôle prédomioant que CL Bernard llui assigne dans les phônomënes de la digesliOD.

1** Action du suc pancréatique sur V amidon,

La transformation de l'amidon en glycose par le suc pancréatique, découverte en 1840 par yalentin,et étudiée depuis par Bouchardat et Sandras, est identique à celle qui se produit sous l'influence de la salive, mais elle est encore plus rapide; à 35* elle est instantanée. Cette transformation n'est empêchée ni par la bile, ni par le suc gastrique, et elle se produit aussi bien avec le suc des fistules permanentes qu'avec le suc des fistules temporaires. Cette action est due à un ferment spécial isolé par Cohnheim.

D'après Korowin, cette propriété saccharifiante n'existerait paé dans le pancréas du nouveau-né, et ce ne serait qu'à partir du deuxième mois que le suc pancréatique pourrait transformer l'amidon en glycose, et à un an seulement qu'il aurait un pouvoir saccharifiant égal à celui de l'adulte.

f^ Action itu êuc paneréatiqu» aur Zta graiêêea,

Uncpancréatiqneaane double acUoD but lognlBBes: 4*11 lea émalAioniie; ei on agite de la graisse liquide on de ttâ)ki avec do me pancréatiqne, il se forme une émnlBion ' Ayle, émnlaioa qni persiste et dans laqnellu HZ sont encore plus fiaemeat diviséa que nard.) Il font environ deux grammea de suc ■DoUonneF on gramme de gratsta ■ gniuea neutres en acides gras et glycémie étnre 4 35* un mélange de graisse et additionné de teinture de tournesol bleue, le i^in, devient peu i pen acdde et la teinture me coloration rooge. Lea acidea gras ^opt Bt Munissent aux alcalis dn Soc pancréatique raoB atides. Cette action est empêchée par Danielewski, elle aérait due & on ferment

e pàneriatiqu» »ur U» $uh$tànc»»

albuminoïdti.

j JiMUon ds BDC pancttiatîqne sus les substances albominoldes ï. Pour les uns, c'tiait une Téritable digestion, e Bimpie potréftetion. Cependant les recherches t, Heissaer, KQhne, etc., ont montré qoe ai l'on emploie biM des flBiDies temporaires ou l'extrait de glaode fralcbe, prise KkJiiième Iware de la digestion (chien), la puissance digesUTe M;iBlMlaMable. Seulemeol, celte digûtion s'accompagne de fltMBitiM pÉrticiUiers qui la distingnent easeDtiellâDent de la flptfn par le soc gaslriqoe.

Lieliaa dn sac pancréatique sur les aliments albuminoldcs IjM ttn partagée en trois phases successiree. ' t'Oana la première phase, les substances albuminbldes sont WMfcmdOB en peptones. Cette tranaformation, qui se foit aans (■teneat préalable et qui se produit, que la milieu soit neutre, Ihtiin ou faiblement acide, est trés-éneigiqae et trës-acIiTe. Les

S?4 PHYSIOLOGIE K0>iC7 1 '. r" ILLE.

jit'jitones formées paraissent identique «ex peptone.s oblenues livec le suc gastrique; elles pfécipitenl p<jr les acides cl les sels L.Jes, a l'exceptiou du phosphate acide de «onde. Diakono\\.) '.■•jzz^-^ pjur la digestion gastrique, la chaleur favorise celte :.-. -.i'.rxa'ir'a.

-..i z^i.^y.z^ e£ les tissus qui donnent de la colle se dissohent .i^^-fL Li:!:? >. suc pancréatique.

:" i :u'.:e rr.mlèro phase de digestion proprement dite en

'TU .'.'•i" jimiiclH une autre caractérisée par la formation de grandes

4;ki".:u::vs i»? >u«-iao et de t}T0sine ; ces substances ne proviennent

1.;.- iir'i.^.*!ni.'nt d«?s substances albuminoïdes, mais des peptones

Mi-nees i Vur? dopons; en effet, à mesure que la leucioe et la

'"'Sine se produisent, la quantité de peptones diminut;, et celle ■ i'.MJucîion de leucino et de tyrosinesc fait même quand on met .-<[ [.in.'SOLioo du suc pancréatique des peptones toutes formées an itHj d'iilimonts albuminoïdes.

}" Dans la troisième phase, on remarque une diminution non- >ou[omout dos peptones, mais de la leucine et delà tyrosine, et il so produit par leur décomposition un certain nombre de priscifios encore peu étudiés et d'odeur fécaloïde trës-pënétraote, •lui donnent au mélange une coloration brunâtre; ce sont des jcidos ^ras, une substance qui précipite par l'eau chlorée en !i amonts violets, de lindul, elc. Cette troisième phase se produit pliis vite quand le milieu est alcalin; un degré léger d*aciditéen retarde l'apparition.

Cette dernière phase a lieu aussi sur le vivant dans rintestin a l'état normal. Mais il est probable que la plus grande partie des peptones formées dans la première période d'action du soc pancréatique est absorbée, et qu une faible partie seulement subit les transformations des deux dernières périodes.

D'après Cl. Bernard, lactlon préalable de la bile et du socga»trique sur les albuminoïdes est une condition de la digestion iviiuréatique de ces aliments; cependant Corvisart, Kolme et d'autres expérimentateurs ont obtenu des digestions complètes, s;ins putréfaction, par raclion isolée du suc pancréatique.

Kn soumettant des albuminoïdes à une cuisson prolongée avec de l'acide sulfurique étendu, Ktlhoe a obtenu une produclioo jntitknelle de peptones, et en continuant l'action, il s'est formé Je la leucine et de la tyrosinc dont la quantité augmentait à uiesure que diminuaient les peptones.

a. — Absorption alimentaire ou digestlTO.

Celte absorption porte sur les albumiooTdcs, la glycose, ki ^(raisses et les substances inorganiques.

V Abêorption des albuminoïdêê.

Les albuminoTdes, pour 6tre absorbés, doivent être tfHÉi transformés en peptones. L'équivalent endosmoti({iiedesplB|flMci est très-faible : Funke l'a trouvé de 7,1 el 9,9 pour une illlIlM de peptone à 2,9 p. 100, tandis que Féquivalent endosnMili d'une solution albumineuse dépassait ordinairement f M/fliM absorption de peptones se fiedt dès que les peptones mmaiMMÉ tk se produire, c'est-à-dire dans Testomac, et se oontinM aclNi^ «lent dans toute la longueur de Tintestin grêle et une pvtiS'Ai gros intestin (coecum). D'après Schifi^ l'absorption slomaoïtoBSft ferait que dans la région pylorique qu'il appelle le district aiiiv* bant de l'estomac et où se trouvent les glandes à mue»; la it^ gion des glandes à pepsine n'absorberait pas.

Les recherches de Brttcke , Voit , etc. , tendent à prouver que oM transformation des albutninoTdes en peptones avant tosr résoiflios n'est pas toujours nécessaire. D'après Bichhorst, la caséine, Fkfts* mine de blanc d'œuf additionnée de sels, l'albominate iepoMe,

408 PHYSIOLOOIK FONCTIONNELLE.

lactique. Les sels d'addea organiques sont traasfbrmés en ca^ bonates.

S"* V alcool est absorbé sans subir de modification. (BouchvdiL) -

&" ilBSORPTION PAR LE TUBE DiaESTIP.

Le tube digestif absorbe :

1""^ Les produits de la digestion ; absorption alimentairt oq digehive ;

2** Une partie des produits de sécrétion versés i te surDue de la muqueuse; absorption sécrétotr$; ^

3*" Des principes qu'on met accidentellement en contact m la muqueuse ; çbsorpHon expérimentale et tlUrapeutiquê.

On ne traitera ici que des deux premières.

DIGESTIOK. 415

L'mii, les seb wokUkUs, V alcool, etc., paraissent être absorbés de fi^liraice par les c^nllaires sanguins.

Toatas les aidiitanoes ainsi absorbées par les capillaires san- Om de llntertiB doiTent trarerser le foi^ (fig. 73, 4) ayant d*arriiv dans la dmdalion pulmonaire et elles subissent probabledans le foie des modiCcations oicore peu connues, sauf la ^feoie(Toir : Foie). «

2* Ahêorpiion par les ckjflifire$.

Les (byiifèns sobI à peu près la seule voie d'absorption des ■Mièta gnsaes ; l'état dn chylifère central pendant la digestion, rignsntaKpn de la graisse dans le chyle, respect même ^es diHfcits. lé démontre d une Daçon indubitable.

L'abaorpCion des peptones et de la glycose, au contraire, est M-ieiiieiBte, et il en est probablement de même de l'eau et des •disolnblea.

Us soiMtances absorbées par les chylifères arrivent directean poumon sans passer par le foie.

liasi, en résumé, d*aprës les recherches des physiologistes, xi ^fnÂabU que, dans Fabsorption alimentaire, les produits se Voi^t ainsi:

Pe^tMies. Graisse

Glyeote. Eao et sels.

Eaa et sels.

1* nÉNOMÈNES POST-DIGESTIFS DANS l'iNTESTIN.

Oae Mb Im digestion accomplie dans les différentes parties du Ml digestif, il se passe une série de phénomènes sur lesquels fUmikio des physiologistes a été peu portée jusqu'ici. Le plus tialiel de ces phénomènes est une chute de l'épilhélium, une ^ttdde deaqaammation; en eCTet, le mucus filant, visqueux, ordi- ■timeot aksriin, qu'on obtient par le raclage de la muqueuse ^ CQOstilné, comme on peut s'en assurer au microscope, par des ^tUaki 00 des débris de cellules épithéliales. D'après Kctss même,

424 THYSIOLOGIE FONCTIONNELLE.

parliclles sont proportionDcIIcs aux quanlités de gaz coutenucs dans l'air atmosphérique: Ainsi :

760X20,8 La pression de Poxygône. . . . = — — — =158 millimètres.

'760 X 79,2 La pression de 1 azote = -— = 601 millimètres.

700X0,0005 La pression de 1 acide carbonique = — = 0,38 miilimétrei.

On verra ' plus loin que les pressions partielles ne sont plus tout à fait les mômes dans Tintérieur des poumons.

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