B. — UTFLUENCE DU HOUVEMENT MUSCULAIRE SUR LA NUTRITION
On a vu déjà, à propos de la théorie de la DutritioD muscor laire (voir page 279), que deux opinions principales sont en présence sur les phénomènes chimiques qui se passent dans les muscles pendant leur contraction. Suivant les uns, le muscle emploierait des matériaux azotés; suivant d'autres, au contraire,
DÉSASSIMILATlOxN. 5?3
Par l'eau bromce. l'acide urique se transforme en urée et a^lox.1Ile :
C»H*Az»0^ -4- Br* -+- 2H*0 = ClIUz^O -4- G4I-Az-0' -4- iMlBr
AeJdt nriqne. Urée. AIIoxsDe.
et rilloxane à son tour se transforme en urée et acide carbonique : C*H*Az*0* -+-20-1- n«0 = CH*Az»p -♦- SCO*
AlknBUie. Urée.
Snfln Fosone le (nnsforme directement en urée et acide carbonique.
A ces hits ehimiqnes Tiennent s'ajouter des faits physiologiques.
L*iBgcstion d*aeide urique, ou son injection dans les veines, augmente
la quantité d*nr6e de Furine en même temps que Toxalate de chaux
(IKMUW), et ehei le lapin, augmente uniquement la quantité d'urée.
Cependant, malgré toutes ces raisons, il est très«probable qu'il n'y a pas
entre 1a prodaction de Tacide urique et celle de Turée, la liaison supposée
géiénlemeDt. Après une alimentation axotée très-abondante, suivie
dru repos tbaola» la quantité d'urée augmente considérablement, celle
de racide migoe très-peu, et cependant si la théorie ordinaire était
Tffiie^ ee serait llnverse qui devrait avoir lieu« et l'excès d'aliments
aislès ingérés dans des conditions peu favorables à une oxydation in-
tcne èneiglqiie devrait produire au contraire une augmentation trés-
flDrted*adde urique. Si cet acide urique existe surtout dans les urines
dei reptiles chei lesquels les combustions internes sont très-lentes,
il M montre aussi ehex les oiseaux dont Tactivité respiratoire dépasse
edie des mammifères. De ces faits on peut conclure que les origines
de Forée et de Facide urique sont dilTércntes, et que, si les deux sont
des produits de désassimilation de matériaux asotés, le lieu de cette
dénnimUatiim doit être cherché dans des points différents de Forga-
Ce qui vient d^être dit de Facide urique peut se dire aussi des autres substances qu'on considère en général comme les prédécesseurs de Forée et en particulier de la créatine. Là aussi des raisons chimiques tendait à faire admettre cette opinion. La créatine, en effet, peut se déeempeseren aarcoslne et en urée :
C*H"Aa»0* = C*H^AxO» -h CH*Ai*0 — H*0
CréttÎM. Saraotiae. . Uré«.
Mail la créatine se rencontre surtout dans les muscles, dans lesquels oo se troove pas d'urée à Fétat normal, et si l'urée provenait de la eiéetine, il fimdrait, pour donner les 35 grammes d'urée éliminée par Jour par Furine, qu'il se formftt dans les muscles près de 60 grammes dedréatine.
528 niYSIOLOGli; FO.NCTIONSELLE.
itilialalions d'oiygéne (Eckliard, Hiltcr) cl de proloiyde d'aiotc (RiUer), l'ciercice musculaire (?}, les boissons abondaoles (Genlh}, elc.
On peut raltaclier i l'acide uriqtie un certaia nombre de produilg de déiassimilallon azotés ou uon asolës, qui en proWeDoent évidemmeul ti peuvent se rencontrer dans les cicréEloos et en particulier dut In urines. Tels sout, outre l'urtc, rBliaDloloe, l'aclds oxalurique. l'ai, loxaiie, l'acide oxalique. Eollu les produits ultimes de la dècoitipasiiioii sont, comme pour l'urëe, l'ammoniaque, l'acide carbonique et l'cao.
L'al/anlolne,C'H'\z'0',se rencontre dans l'urine pendant toute 11 vie futaie et, aprf s la naissance, pendant la laciatiou. Sa formalion m reprèseutËe par rëqualion suivante :
C'Il'Ai'O^ + H'O 4- 0 = C'H'Ai'O' -t- CO'
Les rëaclioms suivantes douncul la formation des dlTers pro
décomposition de l'adde urique.
C'H'.Vï'O' 4- ll'O 4- 0 = C'H'Ai'O' + CH'Ai'O
G'H'Az'O' -§- 0 = C'H'Ai'O' + CO»
C'H'Az'O' -H H'O = C'U'Az'O'
CMl'Ai'O' + H'O = CH'Aj'û-t- C'H'O'
OUlDrifUt. «u^M.
.C'H'Ai'O' ■+■ 5H'0 = ÎC'il'O' H- 4AiH'
AlluluTnt. Acida Anao-
ll»U<|«. Dil^H,*!!.
£. Acide hippuriooe, C'H'AzO'. — L'acide hippurique peut filrc coosidéré comme forme par la réunion de J'acide beuzotque et de 11 glycocolle avec perle d'eau.
C'H'AzO» = C'H'O' ■+■ C'HUiO* — H'O
AcJd> Acide Gljroolll.
C'est aussi de cette façon que l'acide liippuriqne se forme dans l'organisme. Si l'on ingère de l'acide benzolque, on relroute l'acide bippurîqiic dans les urines, cet acide s'unissanl à la gifcocolle qui prend naissance daus le foie. Ueissncr et Sbepard ont pronTë que, cbci les licrbivores, l'acide bippurique provient de la substance culiculalrc. Cette substance cuticulaire se rapprocbe beaucoup de l'acide quiaiquc. C'tl'*0<, qaise transforme dans l'organisme en acide beniolquc C'Il'O':
530 I-IIYSIOLOGIE KOXCTIOXXELLE.
trouve dans l'urine. Il paraît à peo près certain que la cféalinine de l'tirtDC proTlenI île la créatlne el que celte dernière se Torme danales muscles el les nerfs, cl peut-Cire aussi aux dépens de .'alimenUiioD. Cependant les recherches sur la proportion de crËalinc dans lea auclés après l'exercice musculaire sont loin de coucorder et il est dil- Gcile d'arriver à des résultais positifs. D'après les obaervaiians déji citées, l'urée ne proviendrait pas de la raiîmc origine que la créatlne ti ne pourrait être considérée comme un produil de désassitnilatioa de celle dernière, quoique celte tirée se trouve parmi les prodniti de décomposition do la créaline. D'après Fellz el Riller, la créatiae c^t assez rérractaire à l'oiydatlon dans l'organiame. Si on ciamliie quelj sont les produits de décomposition qne fournil la créaline, on j tcoait, ouire l'urée, un certain nombre de principes, sarcosine, mélh;laai(De, mélbrlnramlne, acide méthylparabaoique, etc., qui ont des rapporit intimes avec la xanthine, l'bypoxanthine, la guanine et l'acide urifae. Les formules suivantes donnent les principales dècompositioiu de la créaline :
C'H'Aï^O' = C'H'AiO' + CH'Ai'O — U'O
ou encore :
G. LBmusB el tymosise. — La leucioe, C'H"AiO', est tin imlde de l'acide leuclqne ou oiycaprorqne :
C'H"0' + AzH' - H'O = C'H'>AjO'
Acida Lawi».
iBatlq».
La tyrosinc, G<H"AzO', est un amidc dont la nature est encore inconnue. Toutes les denx dérivent de matières albumlnotdcs et gurtiml de la gluline, de ta chondrine et de la mudne ; elles se forment losii dans la digcslion, spécialement dans la digestion pancréatique, et Bofmeiiitcr considère même les peplonca comme formées par nn mélisge de leucioe, de lyrosine el de corps analogues aussi éloignés qw cet snb-
desassimilation. 531
fitUnees des albuminoTdes. La leucincse rencontre surtout dans les glandes ordinaires et dans les glandes vasculaires sanguines ; la tyrosine au contraire ne se forme qu'après la mort et n*existe guère pendant [la fie que dans le soc pancréatique.
Ces deux substances, comme la glycocolle, pourraient bien être, comme on Fa Tn, une des sources de Turée.
H. GuAiriNB, XANTHiNE ct-SARCiNE. — Ces trols corps ont des relations très-intimes entre eux et ayec Tacide urique (voir : Acide uriquè), La pLanine donne par Toxydation un corps isomère de la xanthine, l'isoxaotbine:
2C*H»A2»0 -4- 30 = 2C»H*Az'0» -f- IPO -4- Az*
Goasiot. iMsantbine.
Elle donne encore, par roxydatiori, de Tacide parabanique, de la gua- Bidine et de Tacide carbonique.
C*H*A2»0 -♦- H*0 H- 30 = C'H*Az«0' -f- CH*Az» -♦- CO*
GmdIb*. Acide Gnanidine.
parabaniqae.
La iarcine on hfpoxanihine se transforme en xûnihine par l'oxydation.
C»H^Àz<0 -♦- 0 = C'H^Az^O»
Sareioe. Xantbine.
I. LÉcrrHiirE et nburine.— La /^cî7Ai;ïtf,C**H*®A2PhO%peut.ôtre considérée comme une combinaison de Tacide phospboglycèrique et de Facide stéarique aiec la neurine.
C"H"A2PhO» -♦- 3U«0 = 2C'MI"0* H- C^H^PhO» -H C»H«*AzO'
Léddaiae. Ae. «léariqoe. Ac. phospho- Nrarine.
glycériqoe.
]Aneurineo\ï choline, C»H"AzO*, dérive du glycol et de la triméttaylamine :
C»H»*AzO* = C*H«0* -+- C»H»Az
Ifaarine. Glycol. Trimétby*
lamine.
Lanenrine, qui se rencontre spécialement dans la bile, proTient éTldemment do la décomposition de la lécithine, et c* est probablement cette nenrine qui, [9ar une décomposition plus avancée, donne naisnoce aux petites quantités de triméthylamine qu'on a trouvées dans les produits de distillation de Turine et du sang.
Vaeide phosphoglycérique, C^H»PhO«, est constitué par l'union de
W. T. Knicriem a tu en effet riDgestion de chlorhydrate d'amino niaque augmenter la quantité d'urèe.
2° Produits de désassimilation non azotés,
La plupart des produits de dèsassimilation non azotés peuTent provenir de deux sources: 1° des substances azotées (de Torganisme ou de ralimcnla(ion); 2<* des matières non azotées, graisses, hydrocarbooés, etc. Il est donc difficile de dire à priori si tel produit doit être rattaché à Tune où à l'autre origine.
Les termes Ûoaux de la décomposition des produits non azotés sont Tacidc carbonique et Tcau, comme Tammoniaque est le terme de la dèsassimilation des principes azotés ; mais là encore la décompositioa s'arrête souvent avant d'arriver à la production diacide carbonique et d'eau et il en résulte un certain nombre de principes intermédiaires plus ou moins riches en carbone et en hydrogène.
À. Acides gras volatils. — Les acides gras volatils, formique, acétique, propioiiique, butyrique, etc., peuvent provenir, soit de la décomposition des graisses (glycérine et acides gras ; voir page 200), soit de la décomposition des hydrocarbonés, ou de Tacide lactique formé à leurs dépens.
CMP*0« = 2C^H'0'
Gylcote. Acide
lactique.
2CMi«0' -4- 20 = G»H'0* -H 2C0* -h 2H*0
Acide
Ac. buty-
lacUqae.
rique.
GO
Ac. buty-
Ac. pro-
rique.
pi oui que.
C'IPO* •+• 30
— CMPO*
GO
Ac. pro-
Aride
pioniqne.
acétique.