‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 88 sur 126 · DU CŒUB ET DE SES MOUVEMENTS · texte numérisé non relu

DU CŒUB ET DE SES MOUVEMENTS

Appareils et procédés d'exploration. — A. Chez l'hommb. — l"* Palpation. — La main appliquée à gauche sur la poitrine sent le choc du cœur en dedans du mamelon entre la cinquième et la sixième côte. Dans certains cas accidentels, plaie de la région cardiaque (Bambergen ou dans [qs cas d'arrêt de développement, ûssure congénitale du sternum (cas de Grouz), absence du sternum, ectopie du cœur, ce mode dexploration a pu être appliqué d'une façon beaucoup plus complète et plus précise.

2" Inspection directe, — On a pu observer directement les mouvements du cœur sur des suppliciés. A Boston, des médecins ajrant ouvert la poitrine d'un pendu, ont vu les mouvements du cœur continuer jusqu*à quatre heures après la pendaison. Ces mouvements ont pu aussi être observés sur des fœtus humains ^Fili, fœtos de 5 mois*.

3° Auscultation, — En appliquant sur la région précordiale l'oreille à nu ou à Taide d'un stéthoscope, on entend les bruits du cœur.

4*^ Cardiographie, — La cardiographie a pour but la transmission à un levier enregistreur de la pulsation cardiaque ou du choc du cœur. Le cardiographe le plus usité est le cardiographe de Marey. Si on applique sur la région de la pointe du cœur le tambour du stéthoscope de Kœnig (*) dont le tube est nris en communication avec le tambour du polygraphe, chaque pulsation de la pointe du cœur se traduit par un soulèvement du levier et on en obtient alors le graphique solvant sur le cylindre enregistreur [fig. 140, p. 647). Pour augmenter la sensibilité de l'appareil, Marey injecte de l'eau au lieu d*air entre les membranes du stéthoscope. C'est sur le même principe que Marey construisit le cardiographe clinique diOni la flgure 141 représente la coupe. L'appareil se compose d'une petite capsule elliptique en bois,

(*} Lo stéthoscope de Kœnig se compose d'un tambour métallique fermd (l'un côttj par unu double membrane élastique qui, par rinsufflatioQ, cir* conscrit un espace lenticulaire ; l'ouverture opposée du tambour commuiii(iue avec un tube termind par un embout.

l'HÏBlOLOGiE FONCTIONNELLE.

lienneot, une pression égale à la pression almospliérique = TCO mitlimëlres ; à cetLe pression vient s'ajouter ta pression négativeexercé» par l'élasticité pulmonaire qui peut varier de 6 à 40 millimèlrcs de mercure (inspirations profondes). Les cavités cardiaques sont donc distendues par une pression qui varie entre 76G et 800 millimètres de mercure. Les obstacles à celte distension sont, d'une part : 1° l'élasticité même des parois du cœur, élasticité très-faible surtout pour les oreilleltes dont les parois liont Irës-minces et qui, par conséquent, peut Olre négligée; ■^° d'autre part, la pression de l'air inLra-pulmonaire;*or, celle pression est de 703 millimëtrcs dans les inspirations profondes (voir page 436), de TôO millimclres dans les inspirations calmes, de 762 millimètres dans l'expiration calme, par conséquent toujours inférieure à la pression qui tend & dilater les cavités du cœur. Ce n'est que dans les expirations très-profondes , où la pression inlra-pulmonaire peut atteindre 847 millimètres et plus, que cette pression dépasse la pression dilatatrice, et nous verrons en effi-t que dans ces cas il peut y avoirune véritable compression du cœur.

— ËqaîlJbri ds cast ittt 11 lh>m. (BanHui.)

■dessus(/9. 145), emprunté èHermuin, ëdafrdt cesâFs-

ttOD négative due à l'ëlaslicilé pulmonaire. Du cAtË des ;ontraire, la pression, quoique faible, est cependant senant plus qu'elle se trouve encore augmentée par la conts embouchures veineuses au début de la systole. Il ne • y avoir à l'état normal de reflux dans les veines, quoiqOITcniWLines soient dépourvues de valvules ; il csl même probable que l'oreillette continue à recevoir du sang même pendant la systole, car elle ne se vide Jamais complètement.

2° Diastole auriculaive. — A ce moment commencent en même temps la diastole auriculaire et la systole veutriculaire. Dès que rorcillettc est relilcliëo, le sang y afflue (en plus grande quantité) des veines qui s'y abouchent, sous l'influence de la pression qui existe dans ces veines et de la pression négative des parois de l' oreillette qui se laissent distendre passivement sans opposer de résistance. Mais la distension de l'oreillette , arrivée à son maximum, empêcherait bientôt l'aiHux sanguin de continuer b'11 n'intervenait une disposition spéciale sur laquelle KUss a surtout insisté avec raison ; à mesure que le ventricule achève sa contraction, la valvule auriculo-veulriculaire forme

une sorte de cône {fig. I4G et 147) qui prolonge l'oreillette dans le ventricule et agrandit d'autant sa capacité, espace qui, au mo-

faut pour cela une plus grande énergie musculaire, autrement (lit une plus grande quantité de fibres musculaires; de là l*épaisseur dos parois du ventricule gauche comparées à celles des orcillellcs : le sang, ainsi comprimé par le ventricule, refoule les valvules sigmoïdes et pénètre dans l'aorte qu'il dilate.

Le ventricule se vide complètement à chaque systole en lançant environ 1 80 grammes de sang dans l'aorte. Cependant, d'après Chauveau et Faivre, il resterait toujours un peu de sang au-dessous des valvules auriculo-ventriculaires qui, d'après ces auteurs, formeraient un dôme du côté de l'oreillette sous rinfluence de la ])Oussée sanguine au moment de la contraction ventriculaire, et on pourrait sur des chevaux tués par la section du bulbe et chez lesquels on pratique la respiration artificielle, sentir ce dôme avec le doigt introduit dans l'oreillette. L'existence de ce dôme (»st cependant encore douteuse et a été très-controversét*.

La systole venlriculaire occupe environ les deux cinquièmes d'une révolution totale du cœur, et sa durée est beaucoup plus constante que celle de la diastole qui varie dans des limites assez étendues. (Donders.)

Les mômes phénomènes se passent dans le ventricule droit ; seulement la pression dans l'artère pulmonaire étant beaucoup plus faible que dans l'aorte, le ventricule droit a besoin de moins d'énergie musculaire ; aussi ses parois sont-elles beaucoup moins épaisses et ses piliers musculaires moins puissants que pour le ventricule gauche.

Le mc»canisme de l'occlusion des valvules auriculo-ventriculaires a donné lieu à un très-grand nombre de recherches qu'il nous est impossible d'analyser ici: les plus importantes seront mentionnées dans la bibliographie.

Au moment de la systole ventriculaire, la forme du cœur change; au lieu de .représenter un cône obUque à base elliptique, il représente un cône droit à base circulaire; les diamètres longitudinal et transversal de la partie ventriculaire diminuent, tandis que le diamètre anléro-postérieur augmente. En môme temps, les ventricules subissent un mouvement de rotation autour de leur axe longitudinal, mouvement de rotation qui se fait de gauche à droite et découvre le ventricule gauche. En outre, on observe, au moins sur les cœurs mis à nu, un redressement de la pointe du cœur ou une projeclion en avant de cette pointe qui, sur le

cœur IJif. tiS). Deux ampoules de caoutchouc reprësenteiit l'oreillette, 2, e( le renlricule, 3; i l'oreillette est adapië un entODOoir pu

— S<Uiiu du cbH il

lequel elle se remplit, et dans cet entonnoir Tient le dévener, par da tubes en caonicbonc, le liquide chassé par^la.compreulon da Tentrtcale; des soupapes imlteot le Jeu des TalTuIea cardiaqaea. L'apptrail est supporte par une planche comme l'indique la flgare. Le rentri-

Le second bruit est dû à la tension des valvules sigmoïdes sous Tiafluence de la pression produite sur le sang par Téiasticité artérielle ; c'est l'opinion de Rouanet, admise aujourd'hui par presque tous les physiologistes (*).

Le tableau suivant doniie le synchronisme des mouvements, des bruits du cœur et du pouls.

Systole auriculaire.

Diastole ventriculaire.

Silence.

2* TK1IP8.

3'* TKMPff.

Diastole auriculaire.

Systole ventriculaire.

Premier bruit.

Tension des valvules au- I iculo-ventriculaires.

Choc du cœur.

Pouls.

Diastole- ventriculaire.

Second bruit.

Tension des valvules sigmoïdes.

Au lieu de faire commencer le premier temps à la systole des oreillettes et de baser la division des temps sur les mouvements, on peut la baser sur les bruits du cœur et faire coïncider le premier temps avec le premier bruit, ce qui est moins logique au point de vue physiologique, mais est peut-être plus conunode pour la pratique. Le tableau prend alors la forme suivante :

8' TXMPS.

Premier bruit. Second bruit

Diastole auriculaire.

Sy>(o]e ventriculaire.

Choc du cœur.

rouis.

Silence.

Systole auriculaire.

Diastole vçntriculaire.

5° Fréquence des pulsations cardiaques.

Le nombre des pulsations cardiaques est, chez l*adulte, de 65 à 75 par minute. A âge égal, il est en rapport avec la taille. 11

0) Je n*ai pas cru devoir mentionner la théorie de Beau sur la succession des mouvements et des bruitç du cœur, théorie qui est rejetée par tous les physiologistes et ne peut être soutenue, surtout depuis l'emploi des procédés enregistreurs.

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