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DE LA CIRCULATION DANS LES TAISSEAUZ

Les bifurcations d'un vaisseau ont, sauf de très-rares exceptions, un calibre supérieur à celui du vaisseau qui leur a donné naissance. Aussi, si l'on fait abstraction des parois vasculaires et qu'on réunisse par la pensée toutes les biAircations correspondantes (fig, 149), le système artériel pourra être représenté par un cône dont le sommet tronqué se trouverait à l'origine de l'aorte, et la base, très-large, aux capillaires. Un cône pareil, dont le

artères les plus rapprochées du cœur, le tissu musculaire au conlraire se trouve surtout dans les petites artères qui précèdent les capillaires. Les grosses artères n'agissent donc guère que par leur élasticité, et on a vu déjà quel rôle joue cette élasticité et surtout comment elle transforme le mouvement intermittent (lu ventricule en courant continu. Les petites artères sont nonsoulement élastiques, mais contractiles, et cette contractilité apparaît principalement au moment où la circulation va devenir noiforme et constante. Le rôle des deux espèces d'artères, ou ai l'on veut de la partie étroite (grosses artères) et de la partie évasée (petites artères) du cOne artériel est donc bien différent et doit être étudié i\ part (•).

V Rôle de V élasticité artérielle. Du pouh.

Procédés d'exploration. Sphygmographie. — t<* Appareils mano- M ÉTRIQUÉS. — Sphygmomètre d Hérisson, Manomètre à pulsations de Chciiu4 etNaianann. — Ces appareils se composent d'un tube rempli de liquide et dont la partie inférieure, évasée et fermée par un caoutchouc, s applique sur Tartère ; le liquide du tube monte et baisse isochroniquemcnt avec les pulsations artérielles.

2o Sphygmouraphes enregistreurs a levier. — Sphygmographe d$ Vierordtifig. 1 52). -— L'appareil a la construction suivante. Un leTier du troisième genre, a b, tourne dans un plan vertical autour de Taxe horizontal ce. De ce levier descend une tige verticale, terminée par une plaque, p, qui s'applique sur Tartère R. Des poids, placés dans les cupules PP', permettent de graduer la pression de cette plaque sur TartèK. Les mouvements de dilatation de Tartère se traduisent par un soulèTcment du levier, soulèvement qui se trouve très-amplifié en a. Mais comme cette extrémité a du levier décrirait un arc de cercle, pour transformer ce mouvement d'arc de cercle en mouvement vertical, Vierordt emploie un deuxième levier plus court, de longueur calculée, Sf; ce second levier tourne dans un plan vertical autour de Taxe hori-

C) Kûss admet que la forme naturelle des artères vides de sang est la forme rubanee duo, selon lui, à la lutte entre l'acUoQ du tissu musculaire qui tend à réduire ia lumière de l'artère à un point, et celle du tissu ëlai* tique qui tend à la maintenir béante. Mais : l» jamais la position d'équilibre intermédiaire entre une force centrifuge (élasticité) et une force centripète (action musculaire) no pourra être figurée par une ligne; ce sera toujours un cercle ; 2» on réalité, les artères vides de sang conservent la forme circulaire si on laisse l'air s'iotroduire dans leur intérieur et fairç ëquiUbre à la pression atmosphérique extérieure.

rements de cette extrémité et par conséquent le graphique de la pulsation artérielle.

4*^ Sphygmograpub électrique de Czermak. — Pour mesurer exactement la durée de la systole et de la diastole artérielles, Czermak a adapté, soit au sphygmomètre d'Hérisson perfectionné , soit aux appareils de Vierordt et de Marey, des dispositions (fermeture et interruption du courant), qui permettent d*enregistrer, avec exactitude, cbacunc de ces phases. (Czermak, MiUheilungen aus dem PhynoL Privatiabora' torium, 1864).

b° Sphygmooraphe a gaz de Landois. — Les pulsations de Tartére se transmettent au gaz renfermé dans un appareil et qu*on allume à sa sortie et, conune dans Tappareil de Kœnig (voir page 600), les Tariatioos de la flamme sont isochrones aux battements du pouls.

Quand le sang a été chassé par le ventricule gauche dans raorte, il a dû surmonter la pression du sang dans ce vaisseau, n se passe alors deux phénomènes dans l'aorte : 1** un refoulement de la masse sanguine qu'elle contenait dans la direction des capillaires ; 2"" une dilatation de sa cavité, dilatation qui s'arrête dès que la force élastique de ses parois contre-balance la pression sanguine. Dès que le ventricule a cessé de se contracter, la pression sanguine diminue et la force élastique des parois aortiques, étant supérieure, réagit sur le liquide et tend à le refouler, d\ine part dans la direction des capillaires, de l'autre dans le ventricule. Hais de ce côté le reflux est empêché par la présence des valvules sigmoïdes; ces valvules, loin d'être tout à fait accolées à la paroi aortique, en sont écartées par une certaine quantité de sang j^ui existe entre elles et les sinus de Valsalva ; dès que le ventricule a cessé de se contracter, la pression du sang agit sur leur face artérielle, tandis que la pression sur leur face ventriculaire est réduite à 0 ; elles s'abaissent immédiatement et, par l'accolement de leurs bords libres et des nodules d'Âranzi, ferment hermétiquemçnt l'orifice aortique. La masse sanguine se trouve ainsi poussée dans la direction des capillaires et dilate le segment suivant de l'aorte et ainsi de suite. La transmission de ces, dilatations successives, ou autrement dit de l'ondulation positive (forma materix progrediens), se fait avec une vitesse de 9",240 millimètres par seconde, et ne doit pas être confondue avec le mouvement de progression de la masse liquide (materia progrediens), dont la vitesse est incomparablement moindre (voir : Vitesse du sang).

Le dicrotisme est plus marqué sur les artères moyennes que sur les gros troncs.

La cause du dicrotisme et du polycrotisme est encore incertaine. Sont-ils dus à une réaction de rartèrc contre l'impulsion du ventricule et à l'oscillation consécutive ou à une réflexion de londulation contre les capillaires et à une deuxième réflexioa contre les valvules semi-lunaires?

6** L'amplitude de la pulsation, mesurée par la hauteur EB, correspond, la part faite à Tamplification due au levier, au maximum de dilatation artérielle; cette amplitude est en- général en rapport inverse de la pression du sang dans l'artère ; elle diminue quand cette pression augmente. Les termes de pouls dur et mou indiquent l'état de tension de l'artère et la pression du sang dans son intérieur.

7** Enfin le pouls est grand ou petit suivant le volume de l'artère, volume qui est, en grande partie, en rapport avec la quantité de sang lancée par le ventricule.

On voit donc que les caractères de la pulsation artérielle dépendent de trois facteurs principaux : Taction ventriculaire (énergie cardiaque), le sang (quantité et pression) et la paroi artérielle (élasticité et contractilité), et que ces trois facteurs interviennent chacun pour modifier dans un sens ou dans Tautre les caractère de la pulsation. Aussi l'étude des caractères du pouls, et surtout leur analyse à Taide des tracés sphygmographiques est-elle de la plus grande importance en médecine.

Fick a constaté, en plaçant son bras dans un vase fermé muni d'on tube en U, une augmentation du volume du bras au moment de Ii pulsation artérielle et a obtenu, en adaptant à Tappareil un système enregistreur, une courbe très-analogue à celle du sphygmograpbe.

2° Contractilité artérielle.

La contractilité n'est guère marquée que pour les petites artères dont la tunique musculaire est très-développée. Cette contractilité est complélement indépendante du pouls; c'est une propriété de la paroi artérielle, qui se trouve sous la dépendance immédiate du système nerveux.

Cette contractilité se montre sous deux formes principales:

pondantes; quand Tune diminue, Fautre augmente; c'est ainsi qu'on observe ce balancement, pour ne citer qiie quelques exemples, entre la circulation thyroïdienne et la circulation cérébrale, la circulation gastro-hépatique et la circulation spléniqae, etc., et d'une façon plus générale, entre la circulation abdominale et celle des membres inférieurs, entre celle de la télé et celle des membres supérieurs, entre la circulation cutanée et la circulation profonde.

La contractilité artérielle peut être mise en jeu par les excitants ordinaires du tissu musculaire (actions mécaniques, électricité), que Texcitant soit porté directement sur l'artère ou n'agisse que par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. Cette contractilité persiste quelque temps après la mort (quelquefois une & plusieurs heures).

Les variations de calibre des artères sont soumises à deux influences principales, riufluence nerveuse vaso-motrice, l'influence de ractivitè cardiaque.

Le rétrécissement des artères pourra donc résulter :

[° D*une excitation des centres vaso-moteurs; dans ce cas, le rétrécissement sera actif, musculaire, et s'accompagnera d*une augmentation de pression sanguine ;

2'' D'une diminution d'activité du cœur; dans ce cas, le rétrécissement est passif, élastique, et s'accompagne d'une diminution de pression.

La dilatation artérielle pourra être produite par :

[^ Uue paralysie vaso-motrice ;

2** Une exagération de l'activité cardiaque.

Dans ces deux cas, la dilatation est passive, élastique, mais s'accompagoe dans le premier cas d'une diminution, dans le deuxième, d'une augmentation de pression.

Si Ton admet les nerfs vaso-dilatateurs, il y aurait encore :

Dilatation par activité des centres vaso-dilatateurs.

Rétrécissement par paralysie vaso-dilatatrice.

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