‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 3)Chapitre 99 sur 126 · ÉQUILIBRE EKTBE LA PBODUCTION ST LA DÉPBBDITIOK · texte numérisé non relu

ÉQUILIBRE EKTBE LA PBODUCTION ST LA DÉPBBDITIOK

DE LA CHALEUB.

Le maintien d'une température constante est une des conditions de l'activité vitale chez les animaux à sang chaud; c'est elle qui leur permet de conserver toute leur énergie fonctionnelle, quelle que soit la température du milieu ambiant, ou du moins tant que celte température ne dépasse pas, en plus ou en moins, certaines limites, et cette constance parait surtout favorable anx manifestations de l'activité nerveuse.

Pour que cet équilil)re de température s'établisse, il fsut de toute nécessité que l'organisme perde, en une minute par exemple, autant de chaleur qu'il en produit. Ainsi, si le corps humain produit 1,87 calorie par minute, il doit en perdre 1,87 pour que sa tempéralurc moyenne reste constante ; s'il en produit ?, 1 équihbrc s'établira encore si la perte est aussi de 2 calories par minute; seulement, dans ce cas, la température moyenne augmentera.

Deux conditions amassent donc sur cet équilibre de température, les variations dans la production de chaleur, les variations dans la déperdition.

Les variations dans la production de chaleur tiennent au plus ou moins d'activité des différents foyers de chaleur de Torga-

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vite du cœur s'accroît et fait passer plus de saug par les capillaires et surtout par \q^ capillaires de la peau, dont les artériole^ se dilatent ; il en résulte une déperdition plus grande de la chaleur par la peau ; en outre, la sueur est sécrétée en abondance et son évaporation amène aussi une perte de calorique ; en même temps, les respirations ont plus d'ampleur et le sang qui traverse les capillaires des vésicules se refroidit dans les poumons; enfin la sensalion de chaleur que nous éprouvons nous porte à augmenter encore la déperdition de chaleur par des vôlcmcnts légers, bons conducteurs, par des bains, etc. Quand la température baisse, les phénomènes inverses se produisent: les artériolei; cutanées se rétrécissent et ne laissent passer par la peau, surface réfrigérante par excellence de l'organisme, que le minimum de sang indispensable à son fonctionnement ; le sang reste dans les parties plus profondément situées et peu accessibles au refroidissement; nous diminuons encore la déperdition de la chaleur par des vêtements mauvais conducteurs, par réchauffement artificiel de l'air qui nous entoure ; enfin, nous augmentons la production de chaleur ])ar l'exercice musculaire et par une alimentation abondante riche en hydrocarbonés et en corps gras.

D'après Licbermelster et Hoppe, une soustraction subite de chikor (comme par une douche froide par exemple) amènerait une augmentation de température. Si on mouille le pelage d*un chien, on remarque une augmentation de température pendant tout le temps de Tévaporation ; si on empêche l'évaporatlon par une enveloppe de caoutchouc» il n'y a pas d'augmentation de température.

Application d*an enduit imperméable sur la pean. — Quand on recouvre la peau d'un animal d'un enduit imperméable (gélatine, Te^ nis, etc.), cet animal ne tarde pas à succomber ; cbet les lapins il sofflt, pour que la mort arrive, que Fcnduit couvre un sixième senlement de la surface cutanée. Les animaux présentent, au bout de quelques heures, de la dyspnée ; la respiration et le pouls diminuent de fréquence ; il survient de la paralysie et des convulsions, et la température (dans le rectum) s'abaisse à 19° ou 20^; les urines sont albumincuscs. A Taulopsie, on trouve une congestion de différents organei et une dilatation notable des vaisseaux de la peau et du tissu cellulaire sous-cutanè.

La cause de la mort n*cst pas encore bien expliquée. On Ta attribuée à la rélention de principes volatils nuisibles (perêpirabile retenivm) qui n'auraient pu être éliminés; combinaison volatile azotée, ammoniaque, urée décomposée, etc. On a trouvé sous la pean des parties

sciatique), et s'explique par un rétrécissement réflexe des ^'ai^ seaux : tantôt l'abaissement porte sur la température générale de l'organisme (comme dans la douleur) et est plus difficile â interpréter.

On voit, par ces données expérimentales, que le système nerveux agit surtout par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs sur la répartition et sur la déperdition de chaleur. Agit-il directement sur la production de chaleur? CL Bernard croit à un effet calorifique distinct de la circulation ; pour lui le grand sympathique est à la fois un nerf vaso-moteur, constricteur des vaisseaux et un nerf frigorifique, et ces deux actions seraient indépendantes l'une de l'autre ; si on sectionne le sympathique au cou, après avoir lié les veines de l'oreille pour interrompre la circulatioD. l'iiiigmentation de. température ne s'en montre pas moins. L«s nerfs vaso-moteurs, comme la corde du tympan, auraient une action opposée à celle des nerfs constricteurs et seraient des nerfs caloriGques ; en un mot, suivant l'expression de Ci. Bernard, rorganisme vivant pourrait faire sur place du chaud ou du froid à Taide de son système nerveux. Les idées de Cl. Bernard ne sont pas adoptées par la plupart des physiologistes.

.Y a-t-il maintenant dans la moelle ou dans Tencéphale, en dehors des centres vaso-moteurs proprement dits, des centres spéciaux régulateurs, chargés de maintenir l'équilibre entre h production et la déperdition de chaleur? La question est actuellement à peu près insoluble. Quelques auteurs (Naunyn, Qniocke) ont bien admis dans le cerveau des centres d'arrêt d'où partiraient des fibres modératrices ralentissant ou enrayant les processus thermiques, mais les expériences sont encore trop incomplètes pour qu'on puisse en tirer des conclusions précises.

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