‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 110 sur 296 · E. — ROLE DE L'ÉPITHÉLIUM DANS L'ÉLIMINATION. 1. EXHALATION · texte numérisé non relu

E. — ROLE DE L'ÉPITHÉLIUM DANS L'ÉLIMINATION. 1. EXHALATION

L'exhalation n'est autre chose que l'élimination des gaz et des substances volatiles. L'exhalation gazeuse physiologique consiste

PHYSIOLOGIE DES EPITHELIUMS. 245

surtout en acide carbonique et vapeur d'eau et se fait spécialement par la surface pulmonaire et accessoirement par la peau et l'intestin. Mais ce ne sont pas là les seules voies, et on peut alfirmer, d'une façon générale, que toute la surface épilhéliale est le siège d'une exhalation carbonique et aqueuse, qui acquiert seulement un maximum d'intensité sur certaines régions; les surfaces glandulaires elles-mêmes ne font pas exception à cette règle, car on a trouvé de l'acide carbonique dans le lait, l'urine et toutes les sécrétions examinées à ce point de vue (voir: Gaz de l'orrjanismc). Quant à l'élimination extra-physiologique des substances volatiles, elle se fait en première ligne par la muqueuse pulmonaire, mais elle peut se faire aussi par toutes les surfaces épithéliales et même par les surfaces glandulaires ; ainsi on retrouve dans l'urine, le lait, des substances odorantes ingérées.

Tandis que l'absorption se fait principalement par les épithéliums tégumentaires, le processus inverse, l'élimination, se fait surtout par les surfaces glandulaires ou glandes. Les cellules glandulaires jouent le rôle essentiel dans la sécrétion ; ces cellules sont appliquées sur la membrane propre de Vacinns, de façon que chaque cul-de-sac glandulaire est entouré d'un réseau capillaire sanguin. Cependant, d'après des recherches récentes (Ludwig et Tomsa), entre les capillaires sanguins et Vaciinis se trouveraient des lacunes lymphatiques, de façon que les acini plongeraient dans ces lacunes lymphatiques et y prendraient les éléments de la sécrétion. Enfin , d'après les observations de Pfltiger sur les glandes salivaires, les cellules glandulaires seraient en connexion intime avec les filets nerveux terminaux; mais ces connexions ont été niées par beaucoup d'histologistcs.

Au point de vue du mode d'activité de l'épithélium glandulaire, le processus général de sécrétion peut se diviser en quatre processus distincts, à chacun desquels correspond un groupe de sécrétions, suivant que tel ou tel mode spécial d'activité glandulaire prédomine dans une sécrétion.

1° Sécrétions par filtration ou transsuclations glandulaires, — Dans ce cas, l'épithélium glandulaire ne fabrique pas de principes nouveaux; il ne fait qu'utiliser les principes existant déjà

246 PHYSIOLOGIE DE L-IXDIVIDD.

dans le sang et dans la lymphe ; ce genre de sécrétion se rapproche beaucoup des transsudations des séreuses; mais il n'y a pas simple filtration : l'action élective de l'épithélium s'exerce au passage et fait varier la proportion des principes de la sécrétion comparativement à la composition du plasma lymphatique ou sanguin. A cette catégorie appartiennent les sécrétions urinaires, la sueur, les larmes, etc.

Les principes les plus importants passant ainsi par fdtration sont .-l'eau, les sels du plasma (chlorures de sodium, de potassium, phosphates, sulfates, chaux, magnésie, etc.). l'acide carbonique, l'albumine tracesi. les matières extractives, créatine, urée, acide urique. la glycose, la cholestérine. etc.

'2° Sécrétions proprement dites avec production de principes nouveaux. — Ici, l'activité glandulaire spéciale intervient beaucoup plus énergiquement que tout à l'heure; la cellule épithéliale n'agit plus comme un simple filtre; elle modifie au passage la nature même dos produits qui la traversent, ou crée à leurs dépens des produits nouveaux. Dans cette classe se rangent la plupart des sécrétions digestives (salive, suc gastrique, etc.).

Les produits ainsi formés par les cellules glandulaires varient pour ainsi dire avec chaque glande sans que jusqu'ici l'histologie et la physiologie aient pu éclaircir leur mode de production. Ainsi on n'a pas encore expliqué d'une façon satisfaisante les transformations chimiques qui font apparaître l'acide chlorhydrique dans le suc gastrique, l'acide sulfocyanhydrique dans la saUve, les acides biliaires dans la bile. La formation de la caséine du lait, des ferments solubles des sécrétions digestives, n'est pas mieux expliquée.

3° Sécrétions par desquammation glandulaire. — Dans les sécrétions précédentes, la cellule glandulaire conserve son intégrité; elle ne fait qu'abandonner à l'extérieur les principes qui la traversent ou qu'elle a formés : ici, la cellule elle-même tombe et s'élimine, et contribue par conséquent à former le produit de sécrétion. Celte desquammation glandulaire, tout à fait comparable à la desquammation épithéliale qui se remarque sur l'épiderme cutané , est en général précédée d'une transformation chimique des cellules glandulaires; cette transformation est tantôt graisseuse, comme dans les sécrétions sébacées, tantôt muqueuse, comme dans les mucus. La graisse et la muciue constituent les produits spéciaux de ce groupe de sécrétions.

PHYSIOLOGIE DES ÉPITII EL I UMS, 2i7

4*^ Sécrétions morphologiqves. — Ici, l'élément essentiel de la sécrétion est un élément morphologique, une cellule ou un dérivé de cellule, et le liquide qui tient Télément anatomique en suspension est l'accessoire. Tel est le liquide du testicule qui renferme un élément anatomique, le spermalozoïde.Il s'agit plutôt ici d'un cas particulier de formation cellulaire que d'une véritable sécrétion.

Caractères physiques des sécrétions. — La consistance des sécrétions varie depuis une fluidité comparable à celle de leau distillée (larmes) jusqu'à une viscosité excessive (salive sublinguale) et môme jusqu'à un état demi-solide (matière sébacée); beaucoup de sécrétions ont une consistance un peu filante due à la présence de la mucine.

Couleur et transparence. — Quelques sécrétions sont incolores (larmes, sueur, etc.); d'autres sont colorées par des matières colorantes dissoutes, comme l'urine et la bile; d'autres enfin ont une coloration blanche, comme le lait; mais elle n'est pas due à une matière colorante spéciale; elle tient à la suspension dans le liquide d'une innombrable quantité de globules graisseux ; dans ce cas, le liquide est opaque, tandis qu'habituellement les sécrétions, même colorées, sont parfaitement transparentes. L'opacité, ou le trouble des sécrétions, peut être due aussi à la suspension dans le liquide de particules salines insolubles (urine des herbivores). Quelques sécrétions, comme l'uiine, présentent une légère JJiiorescence.

Caractères chimiques des sécrétions. — Les sécrétions sont neutres, acides ou alcalines; la bile est neutre; la salive, le suc pancréatique, etc., sont alcalins; le suc gastrique, la sueur, etc., sont acides.

La proportion d'eau et des matières solides dans les diverses sécrétions olï're des variations considérables; en général, la proportion de substances solides est la plus faible dans les sécrétions l)ar filtration ; elle augmente dans les sécrétions proprement dites pour atteindre son maximum dans les sécrétions par desquammation et surtout dans les sécrétions morphologiques. Le tableau suivant donne, pour 1,000 grammes do liquide, les proportions d'eau, de principes soUdes, d'albuminoïdes, de principes

azotés et non azotés, de graisse et de sels pour les différentes sécrétions. Les trois dernières analyses ont été prises sur le chien.

solide

Albu-

minoi-

des.

Urine

Sueur

Larmes ....

Bile

Lait

Colostrum . .

Sperme ....

Salive mixte .

Suc gastrique.

Suc pancréat.

Suc entérique

Acide . .

Acide . .

Alcaline .

Neutre .

Aniphotère Alcaline.

Neutre. .

Alcaline.

Acide . .

Alcaline .

Alcaline.

•t'.tô 5

Princi pes

Principes non Graisses. Sels.

a?.oies.

traces. — 0,317 0,013

traces.

Quantité de la sécrétion. — La quantité de liquide sécrété varie pour chaque sécrétion. Considérable en général pour les sécrétions par filtration et les sécrétions proprement dites, elle est plus faible pour les deux dernières catégories. Cette quantité n'est pas en rapport avec le volume de la glande et avec son poids, comme on peut le voir par le tableau suivant.

Quantité Quantité' par Poids

en

24 heures.

Page 1