F. — MOUVEMENT VIBRATILE
Le mouvement vibratile, découvert par A. de Heyde en 1G83, a été bien étudié par Purkinje et Valentin. Il présente diverses formes : tantôt c'est un mouvement de crochet des cils vibratiles (comme la flexion et l'extension du doigt); d'autres fois une sorte d'ondulation, un mouvement de tourbillon ou une oscillation simple. Ces mouvements ne peuvent être étudiés qu'au microscope; mais on peut facilement rendre leurs elfets visibles à l'œil nu. Si on place sur une muqueuse pourvue de cils vibratiles, la muqueuse du pharynx de la grenouille, par exemple, une poussière colorée, noir de fumée ou bleu de Prusse, on voit, au bout de peu de temps, que cette poussière est entraînée vers l'estomac; des corpuscules, même assez lourds, peuvent être ainsi déplacés par le mouvement vibratile, et pour une région donnée, le transport des particules se fait toujours dans la même direction. Ces mouvements des cils sont très-rapides, jusqu'à 250
à 280 par seconde, et sont tout à fait indépendants du système M nerveux et de la circulation, car ils persistent sur des cellules ^ détachées; mais, par contre, le mouvement s'arrête quand les cils sont détachés de la cellule qui les supportait. Ges mouvements subsistent assez longtemps après la mort, et on les a observés encore au bout de trente heures et plus chez des suppliciés (Ordonez, Gossehn, Robin); chez les animaux à sang froid, ils peuvent persister plusieurs jours. Quand ces mouvements sont arrêtés, une solution diluée de potasse ou de soude les fait reparaître de nouveau iVirchowi. L'oxygène favorise le mouvement vibratile; l'acide carbonique et l'hydrogène le font disparaître (Kûhne). Quels sont la nature et le mode de ce mouvement? Il ne peut y avoir aujourd'hui le moindre doute, et le mouvement vibratile n'est qu'un cas particulier des mouvements du protoplasma. En effet, le contenu des cils se continue, d'après des recherches récentes, avec le contenu de la cellule épithéliale et les cils se comportent avec les différents réactifs de la même manière que le protoplasma (coagulation à + 40°, action des alcalis, etc.). Le mouvement vibratile présente aussi de grandes analogies avec le mouvement musculaire : ainsi il n'est pas aboli par le curare, à moins qu'il ne soit en solution très-concentrée.
Ce mouvement vibratile s'observe dans les voies respiratoires (larynx, trachée et bronches, où il est dirigé vers l'extérieur], la muqueuse nasale, les trompes utérines, etc.
Le rôle du mouvement vibratile ne paraît avoir d'importance chez l'homme que dans les voies respiratoires, pour transporter vers le larynx, pour être expulsées par la toux, les mucosités et les poussières qui ont pénétré dans l'arbre aérien avec l'air inspiré. (Voir aussi le chapitre de la reproduction.)
Bihliosi'ttphi^- — ^ • His : Die Haute und Hohlen des Eôrpers, 1865. — Ch. Robis : Des El'iiients anatoiidqv.es et des Epifhélinmsy 1867. — E. Cabadé -.Essai sur Ta physiologie des l'pith'-liums, 18(h . — Hexle : Syst. Anatomic, t. III. — L. Raxvier : Art. Epilhiilinm, du 2\ouveau Dict. de méd. et de chir. pratiques, t. XIII. — FARABCErr : De VEpidernie et des Epithéliums, 1872.
a. — Tissu musculaire strié.
La fibre musculaire striée (fig. 4G, page 253) représente le plus haut degré de perfectionnement de la substance contractile. La
fibre primitive a la forme d'un cylindre allongé de 0"°',012 à 0""°,02 do diamètre et présente des stries transversales parallèles
très-nettes et une striation longitudinale moins accentuée. Dans les muscles rouges, les stries longitudinales sont trèsapparentes; dans les muscles pâles, au contraire, les stries transversales et les longitudinales sont à peine distinctes.
(Ranvier.) La fibre striée est constituée par une enveloppe élastique, le sarcolomme, et un contenu, substance musculaire ou contractile. Cette substance contractile, qui, suivant les réactifs qu'on emploie, se dissocie en disques superf,j,. 46. — Fibre musculaire striée, posés (acidc chlorliydriquc éleudu) ou ( oirpage-a-.) ^^ ^^ faisccau (Ic fibrilles plus fines
(alcool), est en réalité composée par une substance semi-liquide et par des éléments solides, sarcovs éléments de Bowmann ou prismes m^usculaires régulièrement juxtaposés. D'après Briicke, les prismes musculaires auraient la double réfraction et seraient anisolropesi la substance qui réunit les disques contigus serait, au contraire, isotrope et à réfraction simple.
Des recherches récentes, faites avec les plus foris grossissements, ont fait attribuer à la (ibre mnscnlairo une slructure beaucoup plus complexe dont le schéma suivant, emprunté à Engelmann, peut donner nne idée {Jîg. 47, page 25 4). La libre musctilaire se compose de disques alternatifs de substance isotrope (I) et de substance anisotrope (A). Le disque anisotrope A est conpé par une bande claire (li; le disque isotrope I, de son côté, est coupé par nne bande transversale divisée elle-même en cinq stries secondaires, une médiane (3) foncée, strie intermédiaire, limitée par deux lignes claires de substance isotrope qui la séparent de deux autres stries accessoires un peu moins foncées.
La strie intermédiaire (3) est très-élastique, nnie solidement au sarcolcmme et possède la double réfraction. L'espace compris entre deux stries intermédiaires, 3 à 3, constitue ce que Krause appelle une case musculaire {Muskelkastdien), case qui est remplie, suivant lui, par un corps plein (prisme musculaire) immergé dans un liquide. Pour Rouget, la libre musculaire se compose de librilies et chaque fibrille est consti-
Fig. 4i). — a, fibre normale d'un enfant à terme. ' — h, fibre traitée par un acide. 300 diamètres.
•Zoi
PHYSIOLOGIE DE L'LXDIYIDU.
tuée par l'enroulement spiroïde d'un filament légèrement aplati, sorte de ruban contourné en hélice sur lui-même, au bord duquel correspondent les stries transversales obscures, tandis que les stries claires ne sont autre chose que les intervalles des tours de spire ('j.
Fig, 47. — Schéma de la fibre striée. (Voir page 253.)
Le tissu musculaire strié est constitué par la juxtaposition des fibree musculaires primitives; ces fibres, sauf quelques exceptions (cœur, langue), sont parallèles entre elles et réunies en faisceaux contenus dans une gaine connective {pcrimysium interne); ces faisceaux eux-mêmes se groupent en faisceaux secondaires, tertiaires, etc., pour former le muscle qui est lui-même entouré d'une gaîne fibreuse, pcrimijsium externe. . Les fibres musculaires ne vont pas, en général, d'une extrémité à fautre du muscle, à moins que celui-ci ne soit très-court; d'après Rollett, leur longueur ne dépasserait pas 4 centimètres.
Les vaisseaux des muscles sont très-nombreux; les capillaires constituent un réseau de mailles rectangulaires qui entourent les
(') Voir, pour plus de. détails, les Traités d'histologie et les me'moires spe'ciaux de Rouget, Rollett, Cohnheim, Hensen, Krause, Heppner, Merkel, Engelmann, etc.
Fig. 47. — I, substance isotrope. — A, substance anisotrope. — 1, bande claire coupant en deu.x moitiés, 2, 2, la substance anisotrope. — 3, bande foncée coupant en deux la substance isotrope ou strie intermédiaire. — 4, 4, stries accessoires claires.
libres musculaires de façon que chaque libre soit en contact avec deux capillaires sanguins au moins.
Les nerfs des muscles se terminent par un organe spécial, renflement terminal on plaque terminale Hougeti. en contact immédiat avec la substance contractile et pour la structure duquel je renvoie aux traités d'histologie.