G. — CONTRACTION MUSCULAIRE
Myographie. — On appelle myographie Tétude de la contraction musculaire à l'aide des appareils enregistreurs'; le muscle, en se contractant, fournit lui-même le graphique de son mouvement. Les appareils ont reçu le nom de myographes. Le mouvement d'un muscle se décomposant en deux mouvements secondaires, un raccourcissement et un gonflement. les appareils se diviseront en deu.x classes suivant qu'ils enregistreront le premier ou le second mouvement.
A. Appareils enregistreurs du raccourcissement MuscuLAmE. — 1° Myogr-aplie d'Helmholtz [fig. 48, page 263). Ce myographe, le premier en date, consiste en un cadre métallique mobile autour d'un pivot horizontal et équilibré par un contre-poids. Au milieu de ce cadre s'attachent par un crochet Je tendon du muscle en expérience et une balance qu'on peut charger de poids variables. A l'extrémité opposée à son axe de rotation, le cadre supporte une pointe écrivante dont la disposition se voit sur la flgure et qui trace les mouvements d'ascension et de descente du muscle sur un cylindre enregistreur vertical. Le défaut principal de cet instrument était sa trop grande masse. — 2° Myographe de Marey {fig. 49, page 264). La pièce priucipale de l'appareil est constituée par une plaque métallique horizontale mobile le long d'une tige verticale. Cette plaque supporte l'axe d'un levier enregistreur très-léger, qui se meut dans un plan horizontal; sur ce
levier glisse une coulisse munie à sa partie supérieure d'un bouton auquel s'attache par un Gl le tendon du muscle en expérience (ordi-
Fig. 4S. — Myographe d'Helmholtz. (Voir page 262.)
uàirement le gastro-cnémien de la grenouille), de sorte qu'en approcbant ou écartant cette coulisse de l'axe du levier, on amplifie plus ou moins ses mouvements. Sur le pivot qui sert d'axe au levier enregistreur s'enroule un fil qui, après avoir passé sur une petite poulie, supporte un plateau qu'on charge de poids pour graduer le travail du muscle. Ce plateau remplace le ressort élastique qui se trouvait dans les anciens myographcs. Cette plaque du myographe supporte en outre une lame de liège sur laquelle se fixent la grenouille et l'excitateur électrique, comme on le voit dans la figure. En outre, une disposition particulière permet de l'abaisser ou de la soulever légèrement par un simple mouvement de bascule, de façon que, sans rien déranger aux pièces de l'appareil, on peut, dans le cours de l'expérience, interrompre le contact du levier écrivant avec le cylindre enregistreur. Pour avoir des graphiques de longue durée et en imbrication oblique, tout l'appareil est placé sur le chariot qui se meut sur le chemin de fer parallèlement au cylindre enregistreur. (Voir la figure.) La préparation
de la grenouille consiste, après lavoir fixée sur la planchette de liège, à mettre à nu le tendon du gastro-cnémien qu'on détache de son inser-
Fig. 49. — Myographc de Marey. (Voir page 262.)
îion au calcanéum, après l'avoir attaché au fil du levier enregistreur; puis on isole le nerf du muscle dans une certaine longueur et on le place sur les deux électrodes de l'excitateur électrique recourbés en crochet. Tour empêcher les mouvements volontaires du train postérieur, on sectionne la moelle de l'animal avant rexpériencc. Le myographe de Marey est aujourd'hui un des instruments les plus employés dans les laboratoires de physiologie. Il existe actuellement un grand nombre de myographes qui ne diffèrent des deux précédents que par des détails secondaires. Une disposition utile est la chambre humide de Pfluger, dans laquelle le muscle et le nerf se trouvent dans un air saturé d'humidité pour éviter leur dessiccation. — 3'' Myographe double oit comparatif de Marey. Pour comparer la contraction musculaire normale à la contraction musculaire modifiée sous l'influence de divers agents (chaleur, froid, etc.), Marey a imaginé le myographe double qui ne diffère du myographe ordinaire que par l'adjonction d'un
deuxième levier, de sorte que les deux gastro-cnèmiens de la grenouille sont reliés chacun à un levier; les deux leviers sont superposés , et les deux graphiques se juxtaposent sans se confondre , ce qui permet d'apprécier très-facilement leurs différences de forme et par suite les différences de la contraction musculaire des deux côtés. — 4° Myographe cotnparateur de 0. Nasse. 0-. iSasse a imaginé un instrument qu'il appelle comparateur et qui permet de mesurer la force comparative de deux muscles. L'appareil se compose d'un demi-anneau métallique qu'on peut charger de poids à volonté ; il est supporté par une poulie dont l'axe occupe son grand diamètre, ci sur laquelle s'enroule un Cl dont les deux extrémités vont s'attacher aux deux muscles qu'on veut comparer et qui soulèvent par conséquent le même poids. L'une des extrémités de l'axe de la poulie porte une aiguille qui se meut vis-à-vis d'un cercle gradué; quand les deux muscles se contractent également, la poulie reste immobile et l'aiguille au 0. Quand l'un des muscles est plus fort que l'autre, la poulie tourne, et la déviation de l'aiguille, qu'on peut facilement enregistrer, indique la différence de force des deux muscles. — 5" 3/yographe de E. Cyon ifig. 50'. Le myographe de Cyon peut être appliqué
lig. 50. — Myographe de Cyon.
sur le vivant. Le long d'une tige de fer, A. se meut verticalement une tige horizontale, B, qui se fj.\e à volonté à l'aide d'une vis de pression, C. A la tige B se trouve suspendu un ressort à boudin, D, en laiton qt;i se termine inférieurement par une gouttière métallique, E, destinée à
recevoir le pouce. Ce ressort communique avec un système de leviers F, F, auxquels se transmet chaque traction exercée sur lui, mouvement. qui va s'écrire sur le cylindre enregistreur. Le bras est placé dans un moule en plâtre qui le tixe et ne permet que les mouvements de l'adducteur du pouce, La contraction de ce dernier muscle se fait par l'excitation du nerf cubital.
B. Appareils enregistreurs du gonflement musculaire. — 1° Le gonflement musculaire peut être enregistré, comme dans la figure 51, page 267, par un levier qui repose sur le muscle près de son axe de rotation ; le gonflement du muscle, au moment de la contraction, soulève le levier dont l'extrémité va tracer, sur le cylindre enregistreur, le graphique très-amplifié du gonflement musculaire (Aeby, Marey). — 2° Pince mtjographique de Marey. Cet appareil a l'avantage de pouvoir s'appliquer sans avoir besoin de mettre le muscle à nu. Dans sa disposition primitive, il se composait de deux branches articulées entre elles par leur partie médiane; une de ces branches pouvait basculer sur l'autre comme un fléau de balance. A une extrémité, ces branches se terminaient chacune par un disque métallique en communication avec les pôles d'une pile, et le muscle (adducteurs du pouce) était placé entre ces deux disques. A l'extrémité opposée, la branche fixé supportait un tambour du polygraphe de Marey, la branche mobile une petite vis verticale. Quand le muscle se contractait, il écartait les deux branches; celles-ci se rapprochaient à Textrémité opposée, et la vis venait presser sur le tambour du polygraphe; la pression se transmettait alors par un tube à un second tambour muni d'un levier enregistreur. Dans la disposition nouvelle, la pince myographique peut s'appliquer à diff"érents muscles et non plus seulement aux muscles du pouce. Les deux disques métalliques entre lesquels se place le muscle sont supportés par deux branches qui peuvent se rapprocher ou s'écarter par un simple glissement, comme dans le compas de cordonnier. Un des disques est supporté par un ressort d'acier et supporte une vis qui, lorsque le muscle se contracte, presse sur le tambour du polygraphe comme dans l'instrument précédent. La pince myographique enregistre très-fidèlement les mouvements qui ne sont pas trop rapides.
Les recherches des physiologistes, et principalement de Marey, ont montré que la contraction musculaire peut se décomposer en une série de petites contractions partielles ou secousses fusionnées par l'élasticité musculaire. Pour étudier le phénomène de la contraction, il est donc nécessaire de l'analyser, c'est-à-dire d'étudier à part ces petites contractions partielles.
i'HVSIOLOr.lE DU TISSr MISClLAIUE.