ENTRÉES
Total.
Carbone.
Hydrogène.
Azote.
Oxj-gène.
(') Les chiffres supérieurs placés entre accolades sur la ligne de l'urine correspondent aux éléments des principes azotés, les chiffres inférieurs, aux éléments des principes non azotés. Les 2968^,3 d'eau formés dans l'organisme ont été comptés à part pour fa'ciliter la comparaison de l'eau ingérée avec l'alimentation et de l'eau éliminée.
STATIOl'l-: I)K LA NL'TIUTIO.X. 501
IL — SORTIES l'i.
Total. Eau. Carbone. Hydrogène. Azote. Oxygène. Sels.
lespiration .... 1229,0 330 248,8 — ? C51.15 —
.^eau GG9,8 000 2,0 — — T,2 —
\ G.S } \ 2,3 ) \ 15,8 M 9,1 ' cp
-èces 172,0 128 20,0 3,0 3,0 12,0 0
sau formée dans Torganisme 290.3 - - 32,89 - ^^3,41 -
On voit, d'après le tableau des entrées, que dans ralimentatioii les principes azotés sont aux principes non azotés dans le rapport de 1 à 3 Vj.
Ce rapport ,est en effet à peu près conservé dans les rations alimentaires employées pour les adultes dans les différents pays.
Le second tableau montre que la respiration élimine 32 p. 100, la peau 17 p. 100, l'urine i6,.5 p. 100, les fèces 4,5 p. 100 environ de la totalité des produits éliminés.
La part que prennent les différents organes et les différents tissus de l'organisme dans les phénomènes de nutrition n'a pu encore être faite d'une façon satisfaisante, et il a été jusqu'ici impossible de dre.^ser pour cba([ue organe comme on l'a fait pour l'organisme entier, le bilan de la recette et de la dépense, autrement dit la statique de la nutrition ; on sait seulement (jue cette nutrition est plus active dans certains organes ([uc dans d'autres sans qu'on puisse cependant la formuler en chiffres précis.
Il peut être important pour rétiide des actes nutritifs dans les différents organes de connaître le poids des organes et des tissas les pins importants du corps; voici ces poids, en grammes, d'après les recherches de Ivrause et E. Bischoff :
502 riIYSIOLOGIE FOXCTIO N.XELLE.
Muscles et tendons. . . . 35,158?'' Vessie et pénis l'OOS""
Squelette frais 9,753 Pancréas. 88
Teau et tissu adipeux. . , 7,404 Langue avec ses muscles . 83
Sang 5,000 Larynx, trachée et bronches. 79 '
Foie l,8ôG OEsophage 51
Cerveau 1,430 Parotides ^ 50
Poumons 1,200 Moelle épinière 36
Intestin grêle 780 Testicules 3G
Gros intestin 480 Glandes sous-maxillaires. . 18
Gros vaisseaux 361 Prostate 18
Reins 292 Yeux ;I5
Cœur 292 Glande thyroiie 15
Troncs nerveux 290 Capsules surrénales ... 11
Rate 246 Thymus 7 •
Estomac 202 Glandes sublinguales ... 6
Il est très-rare que l'égalité indiquée plus haut existe entre les entrées et les sorties, de sorte qu'en réalité, même chez l'adulte qui a atteint sa croissance, le corps ne peut se maintenir dans le statu quo ai suivit continuellement des variations, soit en plus, soit en moins, variations qui cependant, dans les conditions norinales, ne sont jamais assez considérables pour que son poids augmente ou diminue d'une quantité notable. Les variations de cet équilibre entre les entrées et les sorties peuvent tenir soit aux premières soit aux secondes. Si l'apport alimentaire augmente sans que cette augmentation soit compensée par une élimination correspondante, le poids du corps augmentera et il augmentera proportionnellement à l'excès de la recette sur la dépense. Si au contraire l'élimination s'accroît sans que la dépense soit couverte par une introduction suffisante d'aliments, l'organisme perd de son poids et cette perte est en rapport avec le degré d'écart qui existe entre les sorties et les entrées.
Enfin les variations, soit dans les entrées, soit dans les sorties, peuvent porter non pas seulement sur la totalité des produits qui les composent, mais exclusivement sur quelques-uns de ces produits. Ainsi, par exemple, il pourra y avoir privation totale d'aliments comme dans l'inanition absolue, ou bien on pourra, au lieu de priver un animal de toute alimentation, retrancher seulement dans sa nourriture certains principes, tels que les albuminoïdes, les sels, etc., en y conservant tous les autres; il se produira dans ce cas des troubles particuliers aussi intéressants à étudier pour le physiologiste que pour le médecin.
STATIQUE DE LA iNUTRITIUX. 503
Il en sera de même pour les produits d'élimination ; quoique nous ne puissions agir que d'une manière très-incomplète sur l'élimination des produits de déchet comparativement avec la facilité que nous avons de varier l'alimentation, nous pouvons cependant, dans de certaines limites, diminuer ou augmenter l'intensité des diverses excrétions et arriver ainsi à des résultats physiologiques importants.
A. — INFLUENCE DE LALIMEXTATIGX SUR LA NUTRniGX.
1" Inanition.
Dans l'inanition (privation absolue d'aliments), la substanee de l'organisme se détruit peu à peu; la désassimiiatioii continue à se faire dans les tissus et les organes et, pour réparer ces ])ertes, ceux-ci ne peuvent s'adresser qu'au milieu intérieur, au sang; mais le sang cesse bientôt, faute d'alimentation, de fournir aux tissus les principes nécessaires à leur réparation. Il arrive donc un moment où il n'y a plus que désassimilation sans assimilation correspondante ; à partir de ce momenl, les organes et les tissus perdent de leur poids, seulement cette perte de poids n'est pas la même pour les divers organes; elle se fait très-rapidement pour ceux dans lesquels la nutrition est très-active, beaucoup moins vite pour ceux où la nutrition est très-lenle. Cependant, deux autres conditions interviennent encore : d'une part, la nature chimique même du tissu: d'autre part, la nature des principes réparateurs que le tissu doit prendre dans le sang. Ainsi la graisse, substance très-oxydable, disparaît la pi'emière dans l'organisme, d'autantplus que la faible proportion de graisse contenue dans le sang est loin de sullire à une réparation même incomplète du tissu adipeux. Les substances albuminoïdes, au contraire, perdront moins rapidement de leur poids, tant à cause de leur désassimilation plus lente qu'à cause de la provision d'albumine qu'ils trouvent dans le sérum sanguin. Le sang sera donc le premier atteint dans l'inanition; pourtant, à cause de sa fixité de composition, les proportions de ses divers principes constituants ne varient pas autant qu'on pourrait le supposer au premier abord. Il diminue de quantité, se concentre, perd de son albumine, tandis que la quantité relative de globules rouges et de fibrine ne varie
50^^ THYSIOLOGIE FO.\CTIO^^-ELLE.
pas sensiblement; mais il y a diminution absolue du nombre des globules rouges. Parmi les organes et les tissus, ceux qui sont le siège de la réserve organi.iue (voir page 341) sont atteints d'abord par Imanition; puis, quand cette réserve a disparu Jes autres organes diminuent îx leur tour. Les deux tableaux suivanP^ empruntés à Chossat et à Voit, donnent la perte de poids pour cent subie par les différents organes à la fin de Pinanition.
Chossat. YoiL
^^^''^'■sse 93,3 97,0
^'^^(^ré^^ 64,ï 50,0
-^^uscles 42^3 305
Rf^'is 3t,9 25,0
Centres nerveux .... 10 99
En même temps, les sécrétions diminuent de quantilé et deviennent plus concentrées; l'urine est fortement acide même chez les herbivores, et la proportion de l'urée baisse d'abord vite puis plus lentement, jusqu'à la mort. Les échanges gazeux respiratoires sont moins intenses, la proportion d'acide carbonique expiré devient plus faible ainsi que l'absorption d'oxygène ; seulement, les oxydations dans l'organisme portant alors surtout sur la graisse, une partie de l'oxygène absorbé ne se retrouve pas sous forme d'acide cai-bonique. Ces troubles de la nutrilion s'accompagnent de troubles correspondants dans la production de forces vives; la température s'abaisse et cet abaissement serait, d'après Chossat, de (),;] degré par jour pour les animaux à sang chaud; l'activité musculaire perd peu à peu de son énergie, et celte faiblesse générale atteint bientôt le cœur et les muscles inspirateurs; les respirations sont plus rares, le pouls faible et moins fréquent. L'innervation, et surtout l'innervation cérébrale, paraît le moins atteinte; c'est, du moins, ce qui semble résulter de ce fait que les fonctions intellectuelles s'exercent presque jusqu'à la mort et que le cerveau est de tous les organes celui qui perd le moins de son poid.^^. La mort dans l'inanition arrive au bout d'un temps variable, suivant les espèces animales et les conditions