‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 159 sur 296 · STATIQUE DE LA M'TIUTION · texte numérisé non relu

STATIQUE DE LA M'TIUTION

individuelles; chez l'homme, les chiffres donnés sont très-différents, et il est diflicile de préciser une moyenne : on cite des cas dans lesquels la vie s'est prolongée jusqu'à trois semaines. Chez les oiseaux et les petits mammifères la mort arrive, en général. au bout (le ueuf jours; elle est plus rapide chez les jeunes animaux, et d'autant plus lente que le corps est plus riche en graisse. Chez les animaux ix sang froid, l'inanition peut être supportée beaucoup plus longtemps : ainsi, des grenouilles peuvent vivre plus de neuf mois sans nourriture {').

On peut rapprocher de l'inanition les phénomènes d'hibernation. Pendant rhibernation, qui peut durer jusqu'à 103 jours, l'animal ne prend aucune nourriture et il est intéressant de rapprocher des chiffres tlonnés plus haut les chiffres ci-dessous, qui indiquent, d'après Valentin, la perte de poids pour cent subie par les différents organes à la fin de l'hibernation (marmotte).

Graisse 99.31

Glande d'hibernation ....*.. G8,78

Foie 58,74

Muscles • . . . . 30.00

Os 11.09

Pour les reins et le cerveau la perte était pres([ue insensible.

2" Alimentation insuffisante.

L'alimentation peut être insuffisante de deux façons : ou bien elle peut contenir tous les aliments simples indispensables pour la nutrition de l'individu (eau, sels, albuminoïdes, hydrocarbonés et graisses), mais en quantité trop faible, ou bien l'un ou l'autre de ces aliments simples peut manquer complètement.

Dans le premier cas {inanitialion) , \q> phénomènes se rap-

(') Les animaux à sang froid présentent, du reste, au point de vue de la persistance de leurs propriéte's de tissu, une vitalité beaucoup plus «rrande que celle des animaux à sang chaud. On a vu déjà que l'irritabilité musculaire et l'excitabilité nerveuse subsistaient chez eux longtemps après la mort. Une expérience curieuse de Cohnheim démontre d'une manièfLfrappante cette ténacité des propriétés vitales. 11 injecte dans le système circulatoire d'une grenouille une solution de chlorure de sodium à 0,75 p. 100, jusqu'à ce que tout le sang de l'animal ait été entraîné par l'injection et qu'il ne reste plus dans les vaisseaux que la solution saline; cette grenouille salée continue à vivre pendant plusieurs jours comme une grenouille normale.

prochent beaucoup de ceux de l'inanition proprement dite; seulement, leur intensité et leur rapidité d'apparition sont en rapport avec la quantité du déficit alimentaire. Cette inanition lente peut même se prolonger presque indéfiniment sans (|ue la mort en soit la terminaison nécessaire, si, comme dans la misère, la proportion d'aliments, insufllsantepour développer dans sa plénitude l'activité vitale, suiTit cependant pour entretenir l'exislence. Dans le second cas, quand un des aliments simples mentionnés plus haut vient à manquer complètement, et le cas ne se réalise guère (lue dans des recherches expérimentales, il survient des phénomènes particuliers qui ont été étudiés par plusieurs physiologistes et surtout parPettenkçfer et Voit, phénomènes qui donnent des indications précieuses sur les actes intimes de la nutrition.

[° Privation d'eau dans Talijacntation. — La privation absolue d'eau (boissons et eau des aliments solides) dans l'alimentation d'un animal équivaut bientôt à une inanition complète; les sécrétions ne tardent pas à s'arrêter, spécialement la sécrétion rénale; l'éUmination par la peau et les poumons paraît aussi diminuer; enfin la mort arrive avec des accidents qui ont été indiqués page 359.

2'' Privation de sels dans V alimentation. — La privation absolue de sels dans l'alimentation amène dés troubles profonds dans l'organisme, troubles dont il a déjcà été parlé dans le chapitre des aliments (p. 360). Quand la suppression, au lieu déporter sur l'ensemble des principes minéraux, porte sur un seul de ces principes (chlorure de sodium, potasse, etc.), les accidents varient suivant le rôleaUmentaire de chacun d'eux (voir p. 360etsuiv.).

3" Privation dUilhinninoïdes dans ï alimentation. — Une nourriture composée exclusivement de graisse ou d'hydrocarbonés, à l'exclusion de tout principe azoté, ne peut suffire longtemps pour entretenir l'existence. Le fait le plus important, dans ce cas, c'est la diminution de l'urée, diminution pins marquée encore avec les hydrocarbonés qu'avec la graisse. Cette diminution d'urée tient non-seulement à l'absence d'aliments azotés, mais encore à une désassimilation moins active des substances albuminoïdes de l'organisme; en effet, la quantité d'urée excrétée est plus faible qu'elle ne le serait dans l'inanition pure et simple; la graisse introduite par l'alimentation a donc détourné à son profit une partie des oxydations internes et épargné d'autant la consommation des principes azotés de l'organisme.

STATIOL'E DE LA .NUTRITl O.X. 507

4" Privation d'aliments non azotrs. — Chez les herbivores et les omnivores, les ahments azotés, ingérés seuls et à Texclusion des hydrocarbonés et des graisses, ne peuvent suffire à l'existence, leurs organes digestifs n'étant pas disposés pour digérer et absorber la quantité d'albuminoïdes nécessaires pour l'entretien de la vie. Mais chez les carnivores il n'en est plus de même, et les albuminoïdes, à eux seuls, peuvent suffire, au moins pendantuii certain temps, à condition qu'ils en ingèrent des quantités considérables. Ainsi Pettenkofer et Voit ont pu maintenir un chien (le 30 à 35 kilogrammes dans le statu quo pendant 49 jours, en lui donnant par jour 1,500 grammes de viande (dégraissée).

Dans ces conditions, la quantité d'urée excrétée dépend de l'alimentation, et tout l'azote de la viande ingérée se retrouve sous forme d'urée dans l'urine.

Quand on augmente encore la ration de viande, il arrive un moment où l'animal engraisse : tout l'azote de l'alimentation reparait bien dans l'urine à l'état d'urée, mais il n'en est pas de même du carbone qui ne se retrouve pas intégralement dans l'urine et dans les produits de l'expiration: une partie du carbone ingéré a donc servi à la formation de la graisse.

Le tableau suivant donne une idée des recherches de BischofT et Voit sur ce sujet et montre à quelles proportions peut monter, dans ces conditions, la production de l'urée. Les expériences ont été faites sur un chien : les chiffres donnent les quantités en grammes pour vingt-quatre heures :

Changement

Viande

Quantité

Quantité

.le

iuf^érée.

ingérée.

d'urine.

d'urée.

poids du corps,

Page 1