EAPPORTS DE LA CIBCULATION
ETDE LA RESPIRATION.
Les deux phases de la respiration influencent à la fois la vitesse et la pression du sang.
Pendant Yinspiration, la pression sanguine moyenne diminue dans toutes les parties contenues dans le thorax, cœur, artères et veines, où elle tombe même au-dessous de 0 ; cette diminution
dépression tend donc à favoriser l'arrivée du sang veineux dans les veines caves, l'oreillette droite et le ventricule droit, et à retarder la sortie du sang artériel du ventricule gauche et de l'aorte. Si la dilatation et l'extensibilité des veines caves et du cœur droit étaient égales à celles du ventricule gauche, il v aurait compensation et la circulation n'en serait pas influencée ; mais il n'en est pas ainsi; les veines et l'oreillette droite, étant bien plus extensibles que le ventricule gauche et l'aorte, se dilatent beaucoup plus (voir ^^. 145, page 652), et par suite l'influence accélératrice sur le sang veineux l'emporte sur l'influence défavorable exercée sur le cours du sang artériel; la circulation est donc en somme favorisée. Dans les veines voisines du thorax, il y a même une véritable aspiration, de façon qu'une fois incisées, au heu de laisser écouler du sang, on peut voir, grâce aux dispositions anatomiques qui les maintiennent béantes (Bérard), l'air pénétrer dans leur intérieur et amener une mort presque immédiate.
En même temps l'inspiration augmente la grandeur et la fréquence du pouls, car il arrive plus de sang dans le ventricule droit et par suite dans le ventricule gauche ; mais ces effets ne ?e produisent que dans les inspirations profondes. Si l'inspiration est très-profonde et qu'en même temps on ferme hermétiquement le nez et la bouche, la pression baisse dans le thorax de 50 à 90 millimètres au-dessous de la pression atmosphérique ; il y a alors réplétion exagérée du cœur et ralentissement du pouls. (Donders.)
Vexpiration a une action inverse; la pression augmente dans les veines et dans les artères ; la capacité de ces vaisseaux et surtout des grosses veines intra-thoraciques diminue ; la circulation artérielle est favorisée, la circulation veineuse, au contraire, est ralentie dans les veines caves et dans les grosses veines du cou qui se gonflent; le cœur reçoit alors moins de sang et ses battements deviennent alors moins fréquents et moins énergiques. On peut même, en faisant une forte expiration, la glotte fermée, produire l'arrêt du cœur (Weber), expérience qui n'est pas sans danger.
En résumé, l'inspiration favorise la circulation veineuse, gêne la circulation artérielle ; l'expiration gêne la circulation veineuse, favorise la circulation artérielle ; mais il n'y a pas compensation entre ces influences opposées, et la résultante générale est une
action favorable de la respiration sur la circulation : ceci est tellement vrai qu'un des meilleurs moyens d'activer la circulation consiste à faire des mouvements respiratoires énergiques, et que l'interruption de la respiration amène nécessairement en très-peu de temps un arrêt de la circulation (*).