A. — DE LA LUMIERE
Les sensations visuelles ne sont pas liées essentiellement à l'action de l'excitant lumière; même, dans l'obscurité la plus absolue, à toute excitation mécanique, physique ou chimique de la rétine et du nerf optique , correspond une sensation lumineuse; la lumière est seulement l'excitant physiologique normal. L'étude de la lumière étant du ressort de la physique, je ne ferai que rappeler brièvement les notions indispensables.
La lumière est duc aux vibrations de féther. On appelle rayon lumineux la direction suivant laquelle se transmettent les vibrations de Téther. Cette transmission de la lumière se fait en ligne droite avec une vitesse de 300,000 kilomètres par seconde dans Tair (vitesse de la lumière), et de chaque point lumineux partent comme d'un centre une infinité de rayons qui vont dans toutes les directions de fespace. Les vibrations de l'éllier sont transversales, c'est-à-dire perpendiculaires à la direction des rayons lumineux. A la durée, ou ce qui revient au même, au nombre des vibrations correspond une sensation particulière : celle de couleur, qui est pour la sensation lumineuse ce que la hauteur est pour le son. La durée de ces vibrations est infiniment courte, et, par suite, dans une seconde, il y a un nombre considérable de vibrations, et la rétine se comporte avec les vibrations lumineuses comme le nerf acoustique avec les vibrations sonores; au delà et en deçà d'un certain nombre, la rétine n'est plus impressionnée par les vibrations transversales de féthcr; la limite inférieure des vibrations visibles est donnée par le rouge, qui correspond à 435 trillions de vibrations par seconde; la limite supérieure par le violet, qui correspond à 764 trillions de vibrations. Au-dessous de 434 trillions, la rétine n'est plus impressionnable, quoique les vibrations inférieures puissent encore produire de la chaleur (rayons calorifiques); au-dessus de 764 trillions, la rétine est insensible, quoique ces rayons (rayons chimiques) puissent encore impressionner certaines substances (nitrate d'argent). La figure 184 donne les courbes d'intensité correspondantes aux trois espèces de rayons. Le spectre lumineux est compris entre les raies A et H, le spectre ultra-
ronge va de 0' à A, le spectre ultra-violet de H à T. Les courbes représentent les intensités calorifique, lumineuse et chimique (pour le nitrate d'argent), suivant les diverses régions du spectre.
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Fig. 184. — Courbes d'intensilé calorifique, lumineuse et chimique des différeutes régions
du spectre solaire.
Le nombre des vibrations du violet, limite supérieure des sensations lumineuses (aigu), n'est pas même le double de celui du rouge, qui en est la limite inférieure (grave). On voit donc que l'échelle des vibrations visibles ou des rayons lumineux, moins étendue que l'échelle des vibrations sonores, comprend à peine une octave du grave à laigu.
Les rayons ultra-violets peuvent aussi impressionner la rétine si on se place dans certaines conditions, de façon à accroître leur intensité; ils peuvent alors devenir visibles.
La lumière blanche est une lumière composée; on peut, en lui faisant traverser un prisme, la décomposer eu un certain nombre de vibrations, autrement dit, isoler les vibrations simples qui la composent, comme les résonnateurs divisent un sou complexe en sons simples. Les rayons qui correspondent aux diJTérents nombres de vibrations étant inégalement réfrangibles, le faisceau de lumière blanche se clisperse et laisse apparaître les couleurs simples qui le composent; on a alors ce qu'on appelle le spectre solaire. Les rayons violets sont les plus réfrangibles et se trouvent dans le spectre, du côté de la base du prisme; les rayous rouges, les moins réfrangibles, du côté du sommet.