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TACTILE

La sensibilité tactile de la peau yarie, comme on l'a vu plus haut, suivant les différentes régions. Les causes qui influencent cette sensibilité sont de deux ordres : les unes dépendent de la peau elle-même, les autres de l'état des corps avec lesquels elle est en contact. L'épaisseur et la dureté de l'épiderme diminuent cette sensibilité, mais sa présence est indispensable. L'hyperémie et l'anémie de la peau, son refroidissement (anesthésie localisée)^ produisent le même résultat. La présence du duvet et des poils accroît la sensibilité à la pression : il faut un poids plus lourd pour produire la sensation de contact sur les parties rasées que sur les parties garnies de poils. Les bains d'eau chargée d'acide carbonique augmentent la sensibilité ; de très-faibles courants d'induction la diminuent.

La température du corps en contact exerce aussi son influence ; un poids donné paraît plus lourd qu'un poids égal plus chaud ; les deux pointes du compas sont mieux perçues quand leur température est inégale, et on les distingue encore même quand leur distance est plus petite que le minimum d'écart.

Vexercice modifie considérablement la sensibiUté tactile, et cette modification s'effectue même très-rapidement : en quelques^ heures, la sensibihté de la face palmaire peut être quadruplée ; les progrès sont d'abord très-rapides, puis plus lents ; il est vrai que la sensibihté ainsi acquise se perd très-vite et revient en quelques heures au degré normal ; cependant, par un exercice régulier et réitéré, Mes progrès deviennent permanents. On sait à quelle finesse de toucher arrivent les aveugles. Un fait singulier, c'est que l'exercice d'une partie modifie en même temps et augmente la sensibilité de la partie symétrique non exercée, fait qui prouve que les modifications anatomiques amenées par l'exercice ont lieu, non dans les organes périphériques, mais dans les centres nerveux eux-mêmes.

L'exercice augmente aussi bien la sensibilité à la pression que la sensibilité à la distance ou la faculté délocalisation. Pour juger la sensibilité à la pression, on place deux poids inégaux, soit

simultanément sur des points symétriques de la peau, soit successivement sur le même point, et le sujet apprécie, sans le secours de l'œil, la différence des deux poids. D'après Weber, on peut distinguer des différences de l/40^ pourvu que les poids ne soient ni trop légers ni trop lourds. Les augmentations de poids sont plus facilement perçues que les diminutions.

h^ 2^alpation rectifie et perfectionne les sensations tactiles, et comme la main en est l'agent principal, on a voulu localiser dans cet organe le sens du toucher, sens répandu sur toute la surface de la peau. La palpation est un phénomène complexe dans lequel interviennent non-seulement les sensations tactiles, mais l'action musculaire, et auquel des actes cérébraux trèscompliqués donnent un caractère essentiellement intellectueL

L'habitude émousse non la sensibihté, mais la sensation tactile ; une impression prolongée finit par ne plus déterminer de sensation ; nous ne sentons plus nos vêtements qui sont journellement en contact avec la peau ; il suffit même d'un temps Irès-court pour que la sensation disparaisse quand le contact se prolonge, surtout si le corps en contact éveille en nous une sensation déjà connue.

L'influence de la fatigue sur les sensations tactiles a été peu étudiée.

Les sensations tactiles sont souvent le point de départ de réflexes qui varient suivant les régions excitées et le mode d'excitation. Tout le monde connaît les réflexes (rires, convulsions) produits par le chatouillement ; il en est de même pour les muqueuses; tels sont l'éternuement par le contact de la pituitaire avec certains corps, la toux par la titillation du conduit auditif externe, etc.

Le rôle du toucher dans les phénomènes inteUectuels sera étudié dans le chapitre de la psychologie physiologique.

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