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A LA MORT

1° Physiologie du nouveau-né.

A la naissance, les conditions d'existence du fœtus sont complètement et subitement changées, et il s'ensuit dans la circulation des modifications capitales qui mènent à l'établissement de la circulation pulmonaire. Toute communication est interrompue avec le placenta et, par suite, il survient une oblitération des artères ombilicales et de la veine ombilicale jusqu'à l'abouchement de la veine porte et du canal veineux. En même temps, les poumons, en se dilatant pour la première inspiration, sont le siège d'un afflux sanguin considérable; le courant sanguin de l'artère pulmonaire, qui passait presque en entier par le canal artériel dans l'aorte, est détourné vers les poumons; le sang passe de moins en moins dans le canal artériel qui se rétrécit, puis s'oblitère au deuxième ou au troisième jour. Le sang revient en masse des poumons par les veines pulmonaire's qui se dilatent ; le courant sanguin des veines pulmonaires remplit alors l'oreillette gauche et s'oppose à ce que le courant provenant de la veine cave inférieure pénètre dans cette oreillette par le trou de Botal ; ce trou s'oblitère à son tour dès qu'il ne donne plus passage au sang et ainsi s'établit la circulation pulmonaire définitive.

La cause de la première inspiration a été très-controversée. On a vu, dans la physiologie de la moelle allongée (voir page 993),

quelles sont les conditions qui excitent l'activité du centre inspirateur; ces conditions (sang chargé d'acide carbonique, excitations sensitives cutanées, etc.) ne se rencontrent pas pendant la vie fœtale; dès que l'interruption de la circulation placentaire a lieu, l'acide carbonique produit dans les contractions du cœur ne trouvant plus dans le placenta maternel une voie d'élimination, s'accumule rapidement dans le sang et va exciter le centre inspirateur; à cette influence du sang chargé d'acide carbonique s'ajoute l'action excitante de l'air extérieur et du froid sur la peau habituée à la température uniforme et au contact de l'eau de l'amnios. Le nombre des respirations est d'environ 14 par minute, le nombre des pulsations cardiaques est de 130. La température du rectum est de 37"8 ; mais elle baisse dans les premières heures de l" à r5, pour remonter ensuite à 37°5. Le foie a une circulation moins active, il est moins foncé ; la quantité de bile qu'il sécrète augmente, et cette augmentation produit Victère des nouveau-nés. L'urine et les reins contiennent des cylindres constitués par des cellules épithéliales et des urates d'ammoniaque. Les glandes mammaires sécrètent souvent un liquide lactescent. Quelques heures après la naissance, la faim se fait sentir et détermine de l'agitation, des cris et des mouvements de succion; la vie du nouveau-né se partage entre le sommeil et la lactation.

2» Première enfance.

La première enfance s'étend depuis les premiers jours de la naissance jusqu'à l'éruption des premières dents de lait, c'est-àdire jusqu'à sept à huit mois environ. Pendant cette période, la vie est presque exclusivement végétative; l'alimentation journalière représente le cinquième ou le sixième du poids du corps ; la respiration, la digestion, l'absorption alimentaire sont plus actives, relativement que chez l'adulte, et il en est de même pendant toute la période infantile; le système lymphatique prédomine; le sang contient plus de globules blancs et moins de globules rouges; les organes lymphoïdes, la rate, le thymus, les glandes lymphatiques sont très-développés ; les selles sont jaune clair, demi-liquides, peu odorantes, et contiennent de la bile inaltérée, beaucoup de graisse et de la caséine coagulée. L'accroissement des organes et des tissus est considérable; la taille

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augmente de trente centimètres dans la première année, et à la fin le poids du corps a triplé. Le système musculaire prend de la force, et les mouvements volontaires se montrent peu à peu; au septième mois, Tenfant tient la tête et le corps droits, et cherche à saisir les corps à sa portée; son activité psychique s'éveille; au troisième mois, il commence déjà à distinguer les objets extérieurs et à apprécier leur situation et leur direction ; il les fixe, il les suit des yeux; les mouvements d'expression, rire, gesticulation, se dessinent; à cinq mois, il reconnaît les personnes qni l'entourent, et témoigne déjà par ses gestes l'amour ou l'aversion qu'elles lui inspirent.

3^ Seconde enfance.

La seconde enfance s'étend depuislapremière dentition jusqu'au commencement de la dentition permanente, c'est-à-dire jusqu'à sept ans environ. Le nombre des respirations et des pulsations cardiaques diminue peu à peu ; à deux ans, il y a 111 pulsations par minute, à trois ans 10(S, à cinq ans 103. Au déiut de la deuxième année, l'enfant commence à marcher, et graduellement les mouvements volontaires deviennent mieux coordonnés et plus précis; bientôt il parle (voir : pages 610 et 619), et la parole suit pas à pas le développement de l'intelligence. Le sommeil est moins prolongé que dans la période précédente, mais il est presque aussi impérieux. A un an, l'enfant dort plus qu'il ne veille ; de cinq à six ans, il dort encore de 9 à 10 heures. La voix est grêle, aiguë, féminine, et à six ans atteint environ une octave.

4° Jeunesse.

La jeunesse s'étend depuis le début de la deuxième dentition jusqu'à la puberté. Les organes transitoires (dents de lait, thymus) disparaissent, l'organisme se rapproche peu à peu de son développement complet, et ce développement porte sur tous les appareils, osseux, dentaire, musculaire, circulatoire, etc. Le poids du corps augmente annuellement de 2'',"25 (garçons) et 2'', 75 (filles) depuis huit ans jusqu'à douze, et de 5^,5 (garçons) et S'', 75 (filles) de douze ans jusqu'à dix-sept; la taille s'accroît

le 5 centimètres par an chez les garçons et de 4 chez les filles. jC nombre des pulsations cardiaques est de 91 à dix ans, de 82 i quinze ans. L'intelligence participe au développement des lutres fonctions , et les notions acquises à cette époque se fixent Lvec une très-grande facilité dans la mémoire. Quoique les organes génitaux ne soient pas encore dans leur période d'évoulion, les caractères psychiques distinctifs des sexes s'accusent léja d'une façon très-nette dans les jeux et les occupations de la eunesse.

b° Adolescence.

L'établissement delà puberté marque la limite entre la jeunesse st l'adolescence. L'évolution rapide des organes génitaux modifie )rofondément toute la constitution ; le système pileux se déveoppe ; la voix prend des caractères particuliers ; la sécrétion ébacée augmente ; la graisse du corps diminue; la taille prend ouvent un accroissement brusque ; la capacité vitale s'accroît rès-vite, en un mot toutes les parties du corps se hâtent, pour insi dire, de suivre le développement des organes génitaux et l'atteindre leur maximum de puissance et de virilité. Jusqu'ici, a vie n'avait qu'un but, le but de la conservation individuelle; m nouveau but apparaît alors, la conservation de l'espèce, et le lesoin instinctif par lequel il se révèle, modifie profondément activité psychique de l'adolescent. Des sentiments, des désirs, des motions, des idées nouvelles occupent et dominent l'intelligence.

6° Age viril.

Jusqu'ici l'assimilation l'avait emporté sur la désassimilation; le orps s'accroissait continuellement. Maintenant il n'en est plus de Qême ; la croissance s'arrête ; l'assimilation l'emporte encore ur la désassimilation, mais l'excès de matériaux nutritifs introiuits ne sert plus, comme auparavant, à l'accroissement de l'indiidu, il sert à l'accroissement de l'espèce ; il est destiné à fournir es matériaux de la reproduction qui serviront à constituer de iouveaux êtres. L'âge viril comprendra donc la période de irilité de l'homme, période qui peut s'étendre depuis vingt-deux usqu'à soixante ans. Mais dans cette longue période, il convient

de distinguer plusieurs stades ; un stade d augment, dans lequel toutes les fonctions principales montrent un accroissement d'énergie et de vigueur, un point culminant, de trente-cinq à quarante-cinq ans environ, dans lequel l'organisme se maintient dans le statu quo, à son maximum de développement physique et intellectuel, enfin un stade de décroissance dans lequel la plupart des fonctions marchent plus ou moins vite vers la vieillesse. L'homme conserve pendant toute cette période, et même au delà, le pouvoir reproducteur, mais il n'en est pas de même pour la femme, chez laquelle la période de l'âge mûr se trouve séparée en deux parties par la ménopause (âge critique, âge de retour).

7° Vieillesse.

Il est difficile de préciser le moment où l'âge mûr se termine pour faire place à la vieillesse ; c'est qu'en effet le déclin est déjà commencé depuis longtemps ; il ne fait que s'accélérer, et cette accélération peut être plus ou moins tardive, plus ou moins rapide; mais il est rare, sauf certains cas exceptionnels, qu'elle se produise brusquement et que l'homme fait devienne un vieillard d'un moment à l'autre. Les causes de ce* déclin ont été étudiées ailleurs (page 336), il suffira ici de tracer un tableau rapide des principales fonctions chez le vieillard. Le sang esl plus pauvre en principes fixes, en globules et en albumine, plus riche en cholestérine -, la respiration est moins active; la capacitt vitale diminue ; la température du corps est un peu augmentée, quoique le vieillard soit plus sensible au froid ; tous les phénomènes digestifs sont plus lents, plus difficiles ; la circulation n'es plus parfaite; les artères ossifiées, les veines dilatées, répartissen le sang d'une façon inégale et amènent des troubles dans I( fonctionnement de la plupart des organes ; les dents se déchaussent et se perdent ; les cartilages s'ossifient; la peau se ride devient sèche et dure, et la respiration cutanée s'accomplit incomplètement ; les cheveux blanchissent et tombent ; la taille et le poidi du corps diminuent ; la maigreur se prononce de plus en plus Les mouvements musculaires ont perdu leur énergie et leur pré cision ; la tête et les mains tremblent; la marche est moins assu rée;le rachis s'incurve; le larynx s'ossifie, les cordes vocale; perdent leur élasticité ; la voix devient cassée et chevrotante ; lî

coiitraciilUé des fibres lisses des différents appareils organiques se perd peu à peu; la miction est dillicile, les digestions laborieuses, la défécation pénible. La sensibilité s'éraousse; l'œil devient presbyte, hypermétrope; la latitude d'accommodation se réduit peu à peu à zéro ; les milieux transparents se troublent (arc sénile); l'oreille est dure; le toucher moins délicat; les facultés intellectuelles s'affaiblissent; la mémoire se perd, etc., et ce déclin, s'accentuant toujours déplus en plus, amène la caducité et la décrépitude, si quelque affection intercurrente ne vient pas, ce qui arrive ordinairement, termhier l'existence. Les conditions histologiques de cette rétrogradation fonctionnelle de la vieillesse paraissent être la diminution de la quantité d'eau et la dégénérescence graisseuse de la plupart des éléments anatomiques, l'infiltration calcaire de certains tissus et en résumé une atrophie générale.

IBil»liOg;i'niiliio. — Quételet : Physique sociale. Voir aus.si les traités d'hygiène.

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